Algérie, le "hirak" continue

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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 19 Déc 2019, 01:41

De part et d'autre de la Méditerranée :

tsa 17-12 a écrit :Manifestants éborgnés par les policiers : vague d’indignation et de solidarité

Un cache-oeil pour dénoncer les violences policières contre les manifestants. Ce mardi, lors de leur 43e marche à Alger, ils sont plusieurs dizaines d’étudiants à se couvrir un œil avec un patch en signe de solidarité avec les manifestants éborgnés en fin de semaine dernière par la police dans plusieurs wilayas.

La violente charge policière, lors des manifestations du jeudi 12 décembre, jour de l’élection présidentielle, contre des manifestants pacifistes en Kabylie, à Tizi, Béjaia et à Boumerdès, faisant plusieurs blessés dont certains ont perdu un œil, a soulevé une vague d’indignation au sein de l’opinion publique et des organisations des droits de l’Homme.

« On a enregistré près d’une dizaine de blessés entre le mercredi et jeudi 12, à Bouira (M’chdallah, Ath Laksar), Béjaïa (Oued Ghir, Tichy et Akbou) et Tizi-Ouzou (Bouzeguene). Ce sont des jeunes manifestants pacifiques qui ont reçu des balles en caoutchouc dans l’œil, lors des affrontements avec les forces de l’ordre. Ils ont été tous évacués en urgence vers des hôpitaux proches, certains ont perdu la vue définitivement », explique Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH) dans une déclaration à TSA. Il exprime au nom de la LADDH « toute sa solidarité avec les blessés et se réjouit de la solidarité populaire qui commence à se manifester à leur égard ».

« La LADDH, ajoute M. Salhi, réitère son constat contrairement au communiqué de la DGSN, qu’il y a eu un recours disproportionné à la force. Par conséquent, elle appelle les services de l’État pour un suivi et une prise en charge médicale mais aussi sociale de tous les blessés, les victimes et leurs familles. Aussi ces blessés ne doivent pas être oubliés par le Hirak ».

« L’un d’eux m’a fixé et m’a tiré dessus »

Les témoignages des victimes accablent les policiers. Un jeune Béjaoui, Kader Ait Amari, a témoigné sur Berbère télévision des circonstances de sa blessure. Il a reçu droit dans l’œil une balle en caoutchouc lui causant une grave blessure.

« J’étais dans la boutique d’un ami. Il faisait nuit. J’ai tendu l’oreille à l’extérieur pour m’assurer si les choses s’étaient calmées. Je suis sorti pour fuir et trouver refuge à la maison lorsque je vois devant moi un cordon de CRS avec des boucliers qui encerclent les lieux. L’un d’eux m’a fixé et m’a tiré dessus », a affirmé le jeune garçon.

À Bouira également, on compte plusieurs blessés dont certains ont subi une perte irréversible d’un œil, selon le CNLD. « Les événements douloureux survenus jeudi 12 décembre ont causé des blessés importants (tirs avec bombes lacrymogènes et balles en caoutchouc) où trois personnes ont perdu l’œil et qui se trouvent toujours au niveau de l’Hôpital de Bouira. Il s’agit de : Ouchene Amar (34 ans, marié avec 02 enfants, Haïzer) ; Djemai Amazigh (20 ans, lycéen, Ath Laâziz) ; Dahmouni Lounis (20 ans, Ath Laksar – Ouled Rached) ainsi qu’une 4e personne, Sinacer Abdelwahab (14 ans, Haïzer) sorti avec une fracture de la mâchoire. Au total il y en a 250 citoyens de Haïzer blessés lors des émeutes de jeudi dernier », écrit le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Vers des actions en justice

En guise de soutien aux victimes des dernières violences, le CNLD informe que l’avocate Maître Lounis Ourida invite les familles des blessés, « à se rapprocher des médecins-légistes aux fins d’établir des PV faisant ressortir le lien de causalité entre la perte de l’œil ou autre blessure, et la balle en caoutchouc, ou bombe à lacrymogène, et ce pour pouvoir asseoir un dépôt de plainte ».

« J’informe ces victimes, que je me porte volontaire pour les assister et les aider. Ce travail est déjà entamé avec les jeunes de Haïzer (Bouira), et Larbaâ Nath Irathen », a fait savoir l’avocate.

Des anonymes et des personnalités connues ont affiché leur solidarité avec les blessés à travers des photos les montrant cacher du creux d’une main un œil. On compte parmi les personnalités solidaires notamment le chanteur kabyle Zedek Mouloud et le commentateur sportif Hafid Derradji.

Le coup de gueule de Yasmina Khadra

De son côté, l’écrivain algérien Yasmina Khadra s’est fendu d’un post très critique sur son compte Facebook dans lequel il dénonce « une agression aussi lâche et disproportionnée contre la marche pacifiste observée à Oran » et ailleurs dans le pays. Pour lui, « rien ne justifiait » une agression pareille.

« Rien, sinon le zèle et l’irresponsabilité. Éborgner des personnes dont le seul tort est de ‘’VOIR CLAIR’’ les enjeux qui menacent le destin d’une nation qui n’a de cesse de subir le ridicule et l’absurdité, une nation qui a compris que les lendemains ne pardonnent pas aux peuples inattentifs, est un comble », écrit l’auteur de « L’attentat ».

Pour Khadra, « aucune tranquillité ne peut prétendre à des garanties sans la liberté ». L’auteur de « À quoi rêvent les loups », estime que « l’Algérie est dans une impasse puisque personne ne veut revoir sa copie. Et Dieu sait combien, dans la pétaudière, la voix de la sagesse est triste à pleurer ».


https://www.tsa-algerie.com/manifestant ... olidarite/
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 24 Déc 2019, 12:26

Algérie: les étudiants manifestent malgré le décès du général Gaid Salah
Alger (AFP) - Un millier de personnes, étudiants et citoyens, manifestent à nouveau mardi à Alger contre le régime, malgré le deuil national décrété au lendemain du décès du puissant général Ahmed Gaïd Salah, considéré comme le "gardien" du système dont la contestation veut se débarrasser.

Les étudiants ont maintenu leur manifestation hebdomadaire -la 44e consécutive- malgré le deuil national de trois jours décrété à la suite du décès soudain du chef d'état-major de l'armée. En dépit, également, de la réprobation de certains badauds sur les trottoirs qui, au passage du cortège, ont estimé "honteux de ne pas respecter" ce "deuil", selon une journaliste de l'AFP.

En revanche, aucun slogan ou pancarte ne vise directement le défunt, pourtant habituellement conspué depuis plusieurs mois dans les manifestations du "Hirak", le puissant mouvement populaire de contestation qui agite l'Algérie depuis le 22 février.

Chef d'état-major depuis 2004 de l'armée algérienne, institution au coeur du pouvoir en Algérie, le général Gaïd Salah est décédé lundi matin à 79 ans, d'une crise cardiaque.

Après avoir arraché en avril la démission du président Abdelaziz Bouteflika, dans l'espoir de calmer le "Hirak", le général Gaïd Salah avait exercé de fait ouvertement le pouvoir. Il avait rapidement balayé catégoriquement les revendications des manifestants, tout en accentuant la répression de la contestation à coups d'arrestations et d'incarcérations.

Comme l'ont répété, avec les mêmes mots, plusieurs étudiants à l'AFP: "la mort de Gaïd Salah ne change rien" pour le "Hirak".

"Nous ne sommes pas contre une personne, mais contre un système", a expliqué Kahina, 22 ans, étudiante en biologie.

Toutefois, "nous avons convenu qu'il n'y aurait pas de slogans ou de pancartes anti-Gaïd par respect pour les morts", a-t-elle ajouté.

Imene, étudiante de 20 ans, souligne, elle aussi, que les revendications des étudiants ne sont pas contre lui (Gaïd Salah) mais contre le système en place. "Lui est entré les mains de Dieu, maintenant".

Les slogans continuent néanmoins de viser le haut commandement militaire, structure opaque qui dirige de façon plus ou moins ouverte, selon les périodes, l'Algérie depuis son indépendance en 1962.

"Un Etat civil et non militaire", "Les généraux à la poubelle et l'Algérie aura son indépendance", "On continuera pacifiquement et on enlèvera les militaires d'El Mouradia", siège de la présidence algérienne, ont scandé les manifestants.


https://fr.news.yahoo.com/alg%C3%A9rie- ... 44293.html
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 24 Déc 2019, 12:39

Le dernier message de Ben Salah

Présidentielle : Gaïd Salah commente l’élection de Tebboune
14 Déc. 2019 à 16:49

Le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah a réagi ce samedi à l’élection de Abdelmadjid Tebboune comme président de la république.

« En cette louable occasion, je tiens à exprimer à tous les fidèles citoyens du peuple algériens, attachés aux principes et valeurs éternelles de Novembre, les plus hautes marques de considération, de gratitude et de reconnaissance pour leur participation massive dans cette importante échéance électorale et leur choix réussi, en toute transparence, intégrité et conscience, de Monsieur Abdelmadjid Tebboune, en tant que Président de la République ; l’homme qui convient et expérimenté, apte à mener notre pays l’Algérie vers un avenir meilleur », a écrit Gaid Salah dans un message de félicitations adressé aux forces armées.

Tout en souhaitant « toute la réussite et le succès dans ses nobles missions nationales » à Tebboune, Gaid Salah a affirmé que « l’Armée Nationale Populaire demeurera mobilisée et appuiera le président que le peuple a élit, et ne déviera jamais de ses engagements constitutionnels, tout en restant au aguets contre les ennemis de la patrie, afin de préserver le legs des vaillants Chouhada ».

Le vice-ministre de la Défense nationale, en tant « président du Comité d’Etat-Major opérationnel » a adressé « ses sincères félicitations à l’ensemble des éléments de l’ANP et des différents corps de sécurité, qui « ont contribué, chacun dans le cadre de ses fonctions et dans les limites de ses prérogatives, avec détermination, fidélité et abnégation, à la sécurisation de ces élections ».

Il a rappelé « les efforts que l’Armée Nationale Populaire a consentis et ne cesse de consentir, suivant un plan stratégique étudié a pris en considération la préservation des institutions de l’État et la protection des édifices publics et des biens des citoyens, outre l’accompagnement clairvoyant de la justice et la sécurisation des marches pacifiques, dix mois durant, en veillant à ce qu’aucune goutte de sang ne soit versée ».

Pour lui, la « cohésion et l’interaction entre le peuple et son armée a contribué à aller de l’avant afin d’éradiquer la bande qui a semé les grains de la corruption et a pillé les richesses de la patrie et les potentiels de la nation ».


https://www.tsa-algerie.com/presidentie ... -tebboune/
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 24 Déc 2019, 12:57

Communiqué du PT au lendemain de l'élection de Tebboune :

https://www.dzvid.com/2019/12/14/pt-la- ... evolution/
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 27 Déc 2019, 21:23

Aujourd'hui (45e vendredi), des milliers de portraits d'Abane Ramdane (assassiné en 1957 au Maroc, figure "civile" de l'insurrection algérienne) dans les rues. Qui est à l'origine de ce pied de nez aux militaires ?

https://www.tsa-algerie.com/45e-vendred ... quau-bout/
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 02 Jan 2020, 11:39

LO 31 Décembre 2019 a écrit :Algérie : Gaïd Salah est mort, le Hirak se poursuit

Le 23 décembre, quelques jours après la tenue d’une élection présidentielle qu’il avait imposée malgré le rejet massif de la population, Ahmed Gaïd Salah, qui était devenu l’homme fort de l’Algérie après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, est mort à l’âge de 79 ans.

Cet ancien combattant de la guerre d’indépendance contre la France avait été nommé chef d’état-major de l’armée en 2004, par ce même Bouteflika. Gaïd Salah avait soutenu la candidature de celui-ci à un 5e mandat. C’est cette énième candidature d’un homme impotent et muet depuis des années, vécue comme l’humiliation de trop, qui a entraîné depuis le 22 février des manifestations exprimant une colère populaire longtemps contenue.

Rapidement, Gaïd Salah avait dû pousser Bouteflika à renoncer à briguer un nouveau mandat et à démissionner. Mais par la suite, toutes ses manœuvres pour tenter d’endiguer un mouvement populaire, qui continuait en exigeant la fin du « système », avaient échoué. Ni l’opération mains propres consistant à envoyer en prison un certain nombre de profiteurs trop visibles de ce système ni les tentatives de division, ni les menaces, la censure et les arrestations de militants et de manifestants, ni finalement l’élection présidentielle du 12 décembre, n’ont découragé les manifestants. Depuis septembre, Gaïd Salah lui-même à son tour était d’ailleurs devenu leur cible principale.

Les trois jours de deuil national décrétés pour les funérailles ont encore été l’occasion pour le régime de tenter de redorer un blason bien terni. La mise en scène médiatique de l’enterrement de Gaïd Salah, le 25 décembre, où on a vu des milliers de personnes accompagner le cercueil aux cris de « Armée, peuple, frères, frères », n’a cependant pas arrêté le mouvement populaire. Dès vendredi 27 décembre, les manifestants ont été de nouveau nombreux dans les rues, criant des slogans tels que « Les généraux à la poubelle et l’Algérie aura son indépendance ! », « Un État civil et non militaire ! »

La cible était désormais le nouveau président Tebboune, élu le 12 décembre pour être la nouvelle façade civile d’une armée toujours à la manœuvre. Cette façade s’est étoffée par la nomination d’Abdelaziz Djerad au poste de Premier ministre, un homme qui n’apparaît pas comme compromis dans la gestion récente du pays, mais qui n’en est pas moins lui aussi un pur produit du « système ». Djerad a fait ses preuves durant la décennie noire, tout comme le nouveau chef d’état-major Saïd Chengriha. Après la mort de Gaïd Salah, le nouveau président voudrait donner l’illusion qu’une page se tourne. Mais beaucoup de ceux qui depuis dix mois ont donné vie au Hirak (le mouvement) n’y croient pas et veulent poursuivre la mobilisation.

Les arrestations n’ont d’ailleurs pas cessé, et les droits élémentaires sont toujours bafoués. Le 20 décembre, la condamnation à dix-huit mois de prison de Mohamed Tadjadit a marqué les esprits. Surnommé le « poète du Hirak », il a été déclaré coupable d’atteinte à l’intérêt national pour ses poèmes déclamés sur les marches du Théâtre national ! Mais surtout, rien de fondamental n’a changé dans le quotidien des travailleurs et des classes populaires : quelques grands patrons sont en prison mais la loi patronale est toujours en vigueur. Quelques ministres et hauts fonctionnaires aussi ont été arrêtés, mais le pouvoir des hauts gradés de l’armée, qui ont la main sur la rente pétrolière, est intact.

Après dix mois d’une mobilisation inédite, beaucoup se demandent comment en finir avec ce système corrompu qui les écrase. Comment se débarrasser d’une caste d’officiers et d’affairistes qui ont fait main basse sur les richesses du pays ? Comment vivre librement et dignement et obtenir ainsi ce que les manifestants nomment « une nouvelle indépendance » ? Pour que le mouvement populaire débouche sur une issue favorable pour les classes exploitées, il faudra qu’elles se donnent les moyens de renverser non seulement les dirigeants actuels, mais cet appareil d’État qui est au service de la bourgeoisie algérienne et est aussi le relais de l’impérialisme, de son exploitation et de l’oppression qu’il perpétue.
Leïla Wahda
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 04 Jan 2020, 13:00

tsa 4 janvier a écrit :46e vendredi : le hirak maintient le cap

Pour le premier vendredi de la nouvelle année, le mouvement populaire n’a pas dérogé à la règle qu’il s’est fixée depuis maintenant plus de dix mois : toujours aussi mobilisé et déterminé à faire aboutir ses revendications.

Attendu comme un autre test, au regard de la nouvelle donne politique marquée par la désignation d’un nouveau Gouvernement et la remise en liberté de nombreux détenus d’opinion à l’image du moudjahid Lakhdar Bouregâa, le hirak a de nouveau montré qu’il garde le cap.

C’est en tout cas l’impression qui se dégageait de la forte mobilisation enregistrée ce vendredi dans de nombreuses wilayas du pays.

À Alger, comme toujours, la mobilisation était impressionnante, du moins plus importante que celle de vendredi passé. En milieu d’après-midi, les principales artères étaient noires de monde.

On ignore si la libération la veille, des détenus d’opinion dont certains étaient présents et accueillis en héros à l’image de Hakim Addad ou encore du poète Mohamed Tadjadit, a galvanisé le mouvement. Mais les manifestants, pour cette journée ensoleillée, sont sortis en masse pour réitérer ce qu’ils ne cessent de réclamer depuis le début du mouvement, le changement radical du système et l’instauration d’une démocratie véritable.

« Vous avez libérés les détenus, mais nous, on veut libérer l’Algérie », proclamait une pancarte déployée par un manifestant. Comme pour répondre à la désignation du nouveau gouvernement, passé presque comme un non événement, un autre brandissait une pancarte sur laquelle on pouvait lire notamment : « Vous avez choisi la provocation, nous on a choisi, la continuation ». « On ne se pliera pas ! », « On a dit que vous allez partir, où c’est vous ou c’est nous », proclament d’autres.

Déployant une immense banderole composée de drapeaux nationaux sur lesquels sont noté les wilayas du pays, les manifestants, notamment la déferlante humaine venue de Bab El Oued, n’ont pas manqué de chanter des slogans sur l’unité nationale, non sans lancer un défi aux baltaguias, ces personnes chargées de perturber les marches comme à Bordj Bou Arreridj marquée par quelques incidents, selon plusieurs sources.

« Les Algériens khawa khawa wa echaab mwahed yalkhawana » (les Algériens sont frères et unis, brande de traîtres » ou encore « Baltaguia, mrahba bikoum ou al assima testna fikoum » « Bienvenus aux baltaguis, la capitale vous attend », chantaient en chœur les manifestants.

Comme d’habitude les portraits des détenus dont ils réclament toujours la libération sont présents en force, mais également les héros de la révolution. Comme pour Abane Ramdane le week-end passé, Mohamed Khider assassiné en 1967 à Madrid a eu droit à un hommage à travers des portraits à son effigie.

Autres nouveautés : la réapparition de l’emblème amazigh déployé par un groupe de jeunes bien encadrés par les manifestants comme pour éviter d’éventuels interpellations de la part des services de sécurités déployés, comme d’ordinaire en nombre, mais impassibles.

Comme lors des vendredis précédents, les manifestants ont réitéré leur rejet de la présidentielle du 12 décembre. «Winrahi El Adala, Win Rah elqanoun, nehaw Bouteflika, djabouna Tebboune » (Où est la justice, où est la loi, ils ont enlevé Bouteflika et nous ont ramené Tebboune).

Aussi rejettent-ils le dialogue avec un président qu’ils considèrent « illégitime ». La presse, non plus, n’a pas été épargnée. « Essahafa ya echiyatine, ntouma sbabna ya el medhlouline », « Presse complaisante et indigne, la cause de notre réaction ». Ce n’est que vers dix-huit heures que les manifestants se sont dispersés dans le calme.

En plus d’Alger, des manifestations pacifiques ont eu lieu à Oran, Constantine, Annaba, Blida, Tizi Ouzou, Jijel, Mostaganem, Tlemcen, Sétif, El Oued, Tizi Ouzou, Bejaia, Bouira, Chlef, Biskra, Ouargla, Adrar, Skikda, Médéa, Tébessa, Batna, Bordj Bou Arreridj, M’sila…


https://www.tsa-algerie.com/46e-vendred ... nt-le-cap/
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 04 Jan 2020, 20:57

Pour sourire un peu
https://el-manchar.com/
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