Bolivie - Etat insurrectionnel !

Dans le monde...

Bolivie - Etat insurrectionnel !

Message par Gayraud de Mazars » 21 Mai 2026, 09:13

Salut camarades,

D'une copine, article envoyé en direct de Bolivie...

BOLIVIE : GRÈVE GÉNÉRALE ILLIMITÉE ET BARRAGES ROUTIERS JUSQU’À LA CHUTE DU GOUVERNEMENT DE LA RÉACTION ET DES PATRONS

Bolivia - Insurrection.jpg
Bolivia - Huelgas...
Bolivia - Insurrection.jpg (25.47 Kio) Consulté 200 fois


Depuis début mai, c'est une explosion de luttes tous azimuts en Bolivie avec de multiples appels à la grève générale d'ouvriers, de paysans, d'enseignants, d'associations de quartier, de peuples autochtones qui sont descendus dans la rue pour protester contre les coupes budgétaires dans la santé et l’éducation, contre les expropriations et pour réclamer des augmentations de salaire indexées sur l’inflation.

Mais ce qui a commencé comme un rejet de la loi 1720 (« vol des terres paysannes au profit des grands capitalistes») et de la crise de la hausse du carburant, est devenu aujourd'hui une mobilisation nationale avec des exigences économiques, territoriales et politiques à caractère insurrectionnel.

Avec la violente répression militaire et policière brutale du gouvernement le 16 mai qui a fait quatre morts, de nombreux blessés et entraînés une centaine d'arrestation, la lutte a encore changé de niveau.

Les marches et les blocages de tous les secteurs professionnels dans tout le pays se sont multipliés avec une marche de 28 jours des Communautés autochtones jusqu'à La Paz, plus de 70 points de blocage actuellement dans tout le pays et à El Alto, la banlieue ouvrière de La Paz, l'unité entre ouvriers, paysans et voisins qui a fait reculer la répression policière et militaire. Et puis surtout de toutes ces mobilisation résonne maintenant le cri commun : « À bas Paz !» ( nom du président de droite actuel), et à juste titre.

En six mois, le gouvernement Paz et les patrons ont dévoilé leur véritable plan : déposséder les paysans et les indigènes de leurs terres, piller les ressources naturelles, couper dans les budgets publics, privatiser les entreprises publiques, endetter le pays, tout en baissant les impôts des grandes entreprises.
Peu à peu, s'est ainsi installé de fait un mouvement de grève générale illimitée pour faire tomber le gouvernement. La pression de la base est telle qu'elle contraint les syndicats comme la COB à s'associer et à exiger la chute du gouvernement par la grève générale.

Toute la difficulté, contre les manœuvres politiciennes qui ne vont pas manquer, est aujourd'hui pas seulement de virer Paz pour le remplacer par un de ses semblables, mais d'arriver à un véritable gouvernement des travailleurs et des communautés, que pose la mobilisation des travailleurs dans la situation, en s'appuyant sur les multiples formes d'auto-organisation qui ont surgi, en en faisant surgir d'autres en amplifiant encore la grève générale illimitée et en coordonnant toutes ces formes d'auto-organisation, pour construire une démocratie fondée sur le pouvoir des travailleurs dans la gestion des usines, des mines, de l'agroalimentaire et des banques et du pays avec des terres soient gérées collectivement par les communautés autochtones et paysannes et les grandes entreprises nationalisées sous contrôle ouvrier et populaire.


Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
Avatar de l’utilisateur
Gayraud de Mazars
 
Message(s) : 3020
Inscription : 23 Avr 2014, 12:18

Re: Bolivie - Etat insurrectionnel !

Message par Zorglub » 21 Mai 2026, 14:19

Les manœuvres de gauche sont depuis longtemps à l'œuvre pour que les grévistes et manifestants mettent en avant la démission du gouvernement pour qu'elle puisse prendre la place.
Zorglub
 
Message(s) : 1440
Inscription : 27 Fév 2009, 01:26

Re: Bolivie - Etat insurrectionnel !

Message par Zorglub » 21 Mai 2026, 22:42

Bolivie : le gouvernement face à la colère populaire
Depuis fin avril, la Bolivie connaît un mouvement de révolte de grande ampleur dans lequel se retrouvent ouvriers, paysans et communautés indigènes.

Les élections d’octobre dernier avaient marqué la déroute de la gauche. Frappés par les conséquences de la crise économique, beaucoup d’électeurs des classes populaires avaient voulu sanctionner le MAS (Mouvement vers le socialisme), qui dirigeait le pays depuis vingt ans. Mais l’actuel président de droite, Rodrigo Paz, qui avait promis « un capitalisme pour tous », ne fait pas mieux. La Bolivie, dont les gisements de gaz exploités s’épuisent, ne profite pas de l’envolée du cours mondial. Les caisses de l’État sont toujours vides et Rodrigo Paz a voulu les remplir en supprimant dès le début de son mandat les prix subventionnés des carburants dont bénéficiait la population. Les prix ont donc doublé, ce qui n’a évidemment pas arrêté les pénuries mais a fait exploser le coût du transport et de l’alimentation.

Une première contestation d’ampleur a eu lieu dès fin décembre. Depuis, le mécontentement reste général. Les transporteurs sont en colère en raison de la qualité de l’essence distribuée dans les stations, si mauvaise qu’elle abîme les moteurs. Les mineurs artisanaux, organisés en coopératives, s’insurgent parce que leur activité est paralysée par les pénuries d’essence et d’explosifs.

La révolte actuelle a été lancée début avril par diverses organisations paysannes en réaction à la présentation d’une nouvelle loi au Sénat, la loi 1720, censée « moderniser l’agriculture ». À l’initiative d’un gros producteur de soja de la bourgeoisie de Santa Cruz, cette loi facilite dans les faits l’acquisition des terres des petits paysans ou des communautés indigènes par les grands propriétaires agro-industriels. Alors que les paysans de la région de Pando, une des plus pauvres du pays, dans le Nord amazonien, à 700 km de La Paz, entamaient une marche jusqu’à la capitale, les producteurs de coca de Cochabamba et la fédération des paysans aymaras de l’Altiplano commençaient à bloquer les .routes, en particulier à El Alto, au-dessus de La Paz.

Trois jours avant l’arrivée de la marche à La Paz, le 1er mai, lors d’un grand rassemblement, les dirigeants de la COB (Centrale ouvrière bolivienne) apportaient leur soutien aux paysans et lançaient une grève « illimitée » dans les mines d’étain, de zinc, de plomb, d’argent et de cuivre, pour des augmentations de salaire de 20 %. La mobilisation commençait également chez les enseignants des écoles publiques rurales et urbaines.

Mi-mai, alors que la COB et les organisations paysannes réclamaient la démission du président, la capitale a été bloquée par une bonne quarantaine de barrages sur les principales voies d’accès. Les manifestations se sont multipliées, donnant lieu, entre autres, à l’invasion du ministère de l’Éducation par les enseignants et à une bataille rangée entre mineurs et policiers aux alentours du Palais présidentiel. Face aux pénuries, le gouvernement a dû mettre en place un pont aérien, avec l’aide de l’armée de l’air argentine. Samedi 16 mai, l’armée a été envoyée pour tenter de lever les multiples barrages routiers. Les affrontements se sont multipliés avec les manifestants, en particulier les mineurs, armés de pierres et de bâtons de dynamite.

Le soutien affirmé de l’ambassade américaine n’est pas d’un grand secours à Rodrigo Paz qui oscille entre tentatives de négociations secteur par secteur et répression. D’un côté, il a annoncé l’abrogation de la loi 1720, puis un accord avec la fédération des coopératives de mineurs et le syndicat des enseignants. Cet accord a aussitôt été désavoué par la base du syndicat. De l’autre, il accuse les travailleurs mobilisés d’être financés par le trafic de drogue, ou bien manipulés par l’ancien président Evo Morales.

Lundi 19 mai, le procureur général de l’État a ordonné l’arrestation du secrétaire exécutif de la COB, Mario Argollo, et les syndicats ont annoncé la mort de quatre manifestants tués par la police. Toute la journée, des affrontements violents ont continué près du Palais présidentiel.

LO 3016
Zorglub
 
Message(s) : 1440
Inscription : 27 Fév 2009, 01:26


Retour vers Actualités internationales

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 12 invité(s)