L'extrême-gauche de Grande-Bretagne...

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Re: L'extrême-gauche de Grande-Bretagne...

Message par Gaby » 27 Juin 2016, 03:52

Je pensais avoir un très net souvenir du référendum de 2005, et pourtant, je suis sidéré de voir ce qu'on peut lire chez les intellos type "non de gauche" qui parlent du Brexit. Je viens de lire quelqu'un qui dit que "l'euroscepticisme" est là où la "radicalisation" se passe, qu'il faut en être, etc. Des mots tellement creux, on parle de "radicalisation contre les élites" afin de mieux amalgamer ses échecs avec les succès des nationalistes.
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Re: L'extrême-gauche de Grande-Bretagne...

Message par Gayraud de Mazars » 27 Juin 2016, 13:13

Salut Gaby,

Comme me l'écrivait un camarade à juste titre :

"Les notions fumeuses du réformisme (véhiculées par Corbyn et, ici en France, par les dirigeants du PCF, entre autres) sur la possibilité de réformer l’Union Européenne favorisent l’exploitation réactionnaire de l’échec de l’Union Européenne et de l’échec du capitalisme en général.

La régression sociale ravive et exacerbe les tensions entre les Etats et les haines et jalousies raciales, nationales et religieuses.

Ces tendances se manifesteraient de toute façon dans la période actuelle, indépendamment du caractère de la direction du mouvement ouvrier.

Mais le fait que celui-ci n’offre aucune alternative au capitalisme ne peut que les amplifier et faciliter leur développement.

Ainsi, les courants nationalistes gagnent du terrain dans tous les pays du continent, pendant que les organisations du mouvement ouvrier sont paralysées par des programmes et des directions qui ne remettent pas en cause le capitalisme, se plaçant dans une posture essentiellement défensive et conservatrice.
"

Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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Re: L'extrême-gauche de Grande-Bretagne...

Message par Zorglub » 27 Juin 2016, 22:29

Se pourrait-il que nombre de travailleurs aient voté pour le Leave parce qu'on leur a rabâché, de l'extrême-droite jusqu'à une bonne partie de l'extrême-gauche, que se jouait quelque chose d'important ? Sans la classe ouvrière, c'était une farce bourgeoise, avec, c'est une démonstration des dégâts du chauvinisme et qu'il n'y a quasi-personne (WF et ?) pour offrir une politique de classe face à ces bouffonneries.
Le Leave a peut-être eu une forte majorité dans les quartiers populaires cela ne le transforme pas par magie en un camouflet ouvrier. C'est Ukip qui triomphe. Tout comme la sympathie qu'avait pu susciter l’ascension de Corbyn dans une partie de la classe ouvrière ne l'a pas rendu moins politicien bourgeois.
Quant à y voir une défaite du FMI, de la BCE, une défaite avec un chèque à 250 G£, la bourgeoisie en redemande.

Edito LO a écrit :Brexit : le bal des démagogues
Le référendum organisé au Royaume-Uni a donné une majorité pour quitter l'Union européenne. C’est une victoire pour tout ce que la Grande-Bretagne et l’Europe comptent de réactionnaires anti-immigrés, de nationalistes et de souverainistes. Et il suffit de voir la mine réjouie d’une Marine Le Pen pour comprendre que cela ne va pas dans le bon sens.

Dans ce référendum, les intérêts des travailleurs n’étaient représentés ni par un camp, ni par l’autre. Le camp du « in » défendait l’appartenance à une Europe faite pour les capitalistes et les banquiers. Les travailleurs conscients d’avoir affaire à une caste politique et à des institutions qui n’ont jamais été de leur côté ne pouvaient pas l’approuver.

Mais se ranger dans le camp du Brexit revenait à conforter le vote anti-immigration et raciste et à cautionner les calomnies déversées sur les immigrés accusés de profiter des aides sociales et de prendre l’emploi des Britanniques. C’était, dans les deux cas, un mauvais choix.

Le monde ouvrier a déjà perdu beaucoup car la campagne pour le Brexit a aggravé les divisions qui opposent les travailleurs britanniques aux travailleurs européens ; les immigrés de longue date à ceux récemment arrivés. Cette évolution réactionnaire est un danger qui menace tous les travailleurs d’Europe.

Partout, l’extrême droite propose de suivre l’exemple britannique. C’est le cas du Front national qui agite le chiffon rouge de l’immigration et fait de Bruxelles le bouc-émissaire de tous nos maux pour vanter le retour à la « souveraineté nationale ».

Mais que peut signifier cette souveraineté nationale pour les exploités quand leur emploi, leur salaire, leur retraite sont dépendants du bon vouloir patronal ! Et comment peut-on croire que le retour au franc améliorerait le niveau de vie des travailleurs quand les patrons n’ont de cesse de le baisser !

Que ce soit dans l’Union européenne ou en dehors, un banquier reste un banquier, un patron reste un patron. Faire croire aux travailleurs qu’ils pourraient échapper à l’exploitation ou trouver un peu
de protection auprès de leur État national est un leurre.

Sur le plan économique, le « divorce » engendré par le Brexit ne sera que de pure forme. Les capitalistes britanniques et européens ont intérêt à préserver leurs relations économiques. Dès demain, ils s’activeront pour que leurs représentants politiques écrivent d’autres traités et signent d’autres accords. Mais, pour les exploités, ce sera toujours le même chantage à la compétitivité.

Si les travailleurs se laissent détourner de leurs intérêts de classe avec de faux débats, ils seront toujours perdants. Et ils risquent de l’être une fois de plus, avec la nouvelle vague spéculative que le Brexit a déclenchée. Car nous avons vu comment la tempête boursière de 2008 a débouché sur une crise économique mondiale, payée par les travailleurs au travers des licenciements et des fermetures d’usines.

Les politiciens britanniques sont aussi menteurs et démagogues que ceux d’ici. Boris Johnson, l’ancien maire de Londres, qui était il y a quelques années partisan de l’UE, s’est transformé, le temps de la campagne, en un de ses plus farouches adversaires. Maintenant que le Brexit est voté, il est beaucoup moins pressé de quitter l’UE ! Ce Monsieur est en effet surtout pressé de remplacer David Cameron au poste de Premier ministre.

On pourrait en dire autant de bien d’autres, ici en France. Le rejet des institutions européennes sert de tremplin pour accéder au pouvoir. Il faut se méfier comme de la peste de ces démagogues qui détournent la colère sociale des véritables responsables et qui distillent le poison de la division dans la classe ouvrière.

La seule façon d’aller de l’avant est de préparer les travailleurs à combattre leur ennemi intérieur, les patrons, leurs gouvernements et leur système. En s’unissant, quelle que soit leur nationalité, ils représentent une force capable de se défendre. C’est sur le terrain de la lutte de classe que se jouent les intérêts des exploités. C’est sur ce terrain qu’ils doivent se battre.
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Re: L'extrême-gauche de Grande-Bretagne...

Message par artza » 30 Juin 2016, 10:36

Dans l'Anticap. du 30 juin:

Après le Brexit des défis pour la gauche britannique et européenne


J'ai failli ne pas aller plus loin ;) mais la curiosité n'est pas un défaut et on en apprend toujours plus qu'on croyait:

Au Royaume-Uni, la gauche anticapitaliste était divisée sur l'attitude à avoir, sur le vote et sur la campagne à mener. ... Nous ne reviendrons donc pas ici sur les détails de ces argumentations. ...Presque partout l'extrême-droite rêve de reproduire ce qui vient de se passer en Grande-Bretagne. ...Il est donc essentiel pour les anticapitalistes de clarifier notre attitude par rapport à l'UE...


Bref, nos camarades du NPA ou de l'Anticap. ou le citoyen Ross Harold ont besoin de se clarifier les idées...
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Re: L'extrême-gauche de Grande-Bretagne...

Message par com_71 » 30 Juin 2016, 18:43

LO a écrit :Union européenne : un futur qui ressemble au passé
29 Juin 2016

Depuis le 24 juin et le vote en faveur du Brexit, les responsables politiques, administratifs, économiques et financiers de l’Union européenne s’agitent comme du pop-corn dans une poêle. Dans tous les pays, les nationalistes pavoisent, mais les politiciens au pouvoir, agissant pour le compte du grand patronat, essaient plutôt de calmer les esprits.

Leur première préoccupation est d’éviter un emballement spéculatif, commencé la nuit même du dépouillement du scrutin et poursuivi depuis. Les fonds spéculatifs se sont en effet jetés sur la monnaie britannique et sur toutes les valeurs susceptibles d’être affectées par la situation, à commencer par les valeurs bancaires. La livre sterling s’effondre, les banques baissent, les Bourses reculent. Pour tenter de colmater la brèche, les responsables politiques et financiers n’ont, comme toujours, que deux remèdes : les bonnes paroles et les milliards. La Banque d’Angleterre, suivie des autres banques centrales et de la Banque centrale européenne, annonce donc qu’elle est prête à injecter des centaines de milliards d’euros pour aider les banques privées à faire face. Au mieux, cela gonflera encore un peu plus la bulle spéculative ; au pire, cela la fera éclater immédiatement, au risque d’entraîner le monde dans une nouvelle récession, comme en 2008, voire dans une crise catastrophique. L’instabilité de l’économie capitaliste est telle que la simple stupidité politique du Premier ministre d’un pays impérialiste peut catalyser l’explosion.

Outre le système financier, le Brexit menace également la construction politique de l’Union européenne, en donnant des ailes aux démagogues réactionnaires de chaque pays. Hollande, Merkel et Renzi, le Premier ministre italien, réunis à Berlin le 27 juin, ont donc promis un nouvel élan, dans le cadre de l’Union européenne, pour contrecarrer les progrès des nationalistes. Mais, ensemble ou séparément, mettant en œuvre la politique du grand capital, ils ne feront rien de mieux que ce qu’ils ont fait jusqu’à aujourd’hui. Hollande, Merkel et compagnie continueront à faire peser le poids de la crise sur les travailleurs. Ces mêmes politiciens continueront à prétendre que l’Europe est responsable de cette situation. D’autres, sur leur droite, voire sur leur gauche, démagogues de tout poil, renchériront dans l’absurdité nationaliste. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, référendums et sorties de l’Union peuvent se multiplier.

La superstructure politique de l’Union européenne n’est que l’habillage, le décorum de l’union réelle, celle constituée par les grands groupes capitalistes pour encadrer leur concurrence et élargir la base de leur puissance. Aujourd’hui, cette union-là n’est pas immédiatement menacée, tout simplement parce qu’elle correspond aux besoins et aux possibilités actuelles du grand capital. Pour le bon fonctionnement du marché capitaliste européen, les diplomates, les fonctionnaires de l’Union, les dirigeants des entreprises trouveront de nouveaux arrangements, quitte à écrire de nouvelles lois. Ils ont déjà commencé, et c’est pour cela qu’ils prennent leur temps pour rendre effectif le divorce, si même ils ne parviennent pas, en fin de compte, à l’éviter. Pour cette fois, il ne s’agit pas de partager les biens du ménage, mais de continuer à les faire fructifier ensemble.

Les travailleurs seront donc les seuls à payer l’addition ; d’abord, par les politiques d’austérité qui vont se poursuivre, en Grande-Bretagne comme sur le continent ; ensuite, par les divisions introduites dans leurs rangs et par l’affaiblissement qui en découle ; enfin, par le sombre avenir que le Brexit et ses suites pourraient préparer.

La montée des nationalismes dans les différents pays européens est une menace directe pour les travailleurs. En dressant les différentes catégories de travailleurs les unes contre les autres, en tentant de transformer une partie de la classe ouvrière en garde-chiourme de l’autre partie, les partis nationalistes laisseraient les mains libres aux exploiteurs. Les politiques nationalistes dresseraient les pays les uns contre les autres, comme cela commence à être le cas en Europe centrale, faisant des réfugiés et des minorités des victimes expiatoires toutes désignées. Les tensions suscitées par les groupes nationalistes, à l’échelle d’un pays ou d’une région, pourraient de surcroît conduire à la constitution de gouvernements à poigne. Là encore, les travailleurs et les pauvres en général, natifs ou pas, seraient les premiers à en pâtir.

L’Europe que le Brexit annonce, celle des gesticulations des nationalistes, de l’impuissance des politiciens, de la toute-puissance du capital, c’est celle des années 1930.
Paul GALOIS
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Re: L'extrême-gauche de Grande-Bretagne...

Message par artza » 01 Juil 2016, 07:11

Informations ouvrières du 30 juin interview d'une membre du Parti travailliste, syndicaliste élue d'un Trades concil (genre d'union locale?) qui déclare entre autre:
C'est très décevant que Corbyn fasse campagne pour le maintien dans l'UE. ...Historiquement il est contre l'UE, et je pense qu'il l'est toujours. Je pense qu'il est le mieux à même de nous conduire hors de l'UE
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Re: L'extrême-gauche de Grande-Bretagne...

Message par Zorglub » 05 Juil 2016, 12:24

Un article du Monde, sur l'augmentation des actes racistes en Grande-Bretagne depuis le référendum.

C'est sans doute "l'exacerbation de la lutte de classe" que le Leave provoquerait selon certains...

Du coup, The Sun ose lancer une campagne contre le racisme... Un gage de progrès.

Le Monde | 05.07.2016 à 10h07 • Mis à jour le 05.07.2016 à 11h57
La police a enregistré une hausse de 57  % des plaintes pour délits  liés à la haine raciale. Et la tendance ne fait que s’agraver.
Qui peut s’en étonner, après trois mois d’une campagne référendaire focalisée sur l’immigration européenne ? Les manifestations de xénophobie se multiplient dans le Royaume-Uni post-Brexit. « On est en Angleterre ici ! Les étrangers ont quarante-huit heures pour foutre le camp ! Qui est étranger ici ? Aucun étranger ? », hurlait un homme excité à l’adresse des clients dans la file d’attente d’un supermarché Tesco, le samedi suivant le vote du 23 juin, à Gloucester (Ouest). Au même moment, à Huntingdon, dans le Centre, quelque deux cents Polonais recevaient un message glaçant : « Halte à la vermine polonaise. » Et la façade du centre culturel polonais de Hammersmith, à Londres, était barbouillée d’un grand « Go home ! » à la peinture jaune. « Ce centre existe depuis les années 1960. Pourquoi maintenant ?, s’interroge Elzbieta Pagor, la bibliothécaire. Le référendum a tout simplement fait exploser les gens. »

Dans les quatre jours suivant le scrutin, la police a enregistré une hausse de 57 % des plaintes pour des délits liés à la haine xénophobe ou raciale. Les chiffres restent heureusement peu élevés : 85 plaintes contre 54 durant les mêmes jours du mois précédent. Mais la tendance n’a fait que s’aggraver : 331 affaires signalées en une semaine contre 63 en moyenne. « Le climat dans les rues n’est pas bon », résume Sayeeda Warsi, une lord conservatrice qui avait quitté la campagne du « Leave » en dénonçant « ses mensonges et sa haine ».
Inquiétude de l’ambassade de Pologne

L’ambassade de Pologne (800 000 ressortissants au Royaume-Uni) s’en est inquiétée. Des anonymes ont inondé de fleurs le centre culturel polonais « pour s’excuser ». Devant la Chambre des communes, David Cameron a condamné la multiplication d’« odieuses agressions xénophobes ». Et Sadiq Khan, fils d’un immigré pakistanais élu en mai maire de Londres, a promis la « tolérance zéro » à l’encontre de « quiconque tenterait d’utiliser le résultat du référendum pour chercher à nous diviser ». Mais ses paroles de « bienvenue aux Européens » sont si appuyées qu’elles finissent par devenir presque inquiétantes.

Car les « petits incidents », rapportés ou non à la police, abondent. Sur les réseaux sociaux, un mot-clé spécifique #PostRefRacism a même été créé. Blancs, Noirs, Asiatiques, musulmans, juifs y vont tous de leur histoire désagréable. « Foutu étranger, retourne dans ton pays ! », lance un automobiliste sur une vidéo, apparemment tournée après un différend de la circulation. « Je suis né ici », proteste l’agressé, qui se voit répondre : « Alors, parle correctement anglais ! »
« Quand allez-vous quitter ce pays ? »

Une Britannique d’origine ghanéenne s’est heurtée à un groupe de jeunes gens désireux de « reblanchir la Grande-Bretagne ». Qari Asim, imam d’une mosquée de Leeds, a dénoncé le silence de la campagne du « Leave » à propos des manifestations de xénophobie. « Des membres de ma communauté qui sont des Britanniques de troisième génération se sont entendu demander : “Quand allez-vous quitter ce pays ?” » Il en est persuadé, « les répercussions de ce vote historique se feront sentir pendant des années ». Dans un train près de Brighton, une universitaire qui portait un sac décoré d’écriture hébraïque a été priée par un couple de « dégager en Israël avec les autres youpins ».

A chaque fois, le lien direct avec le référendum est plus ou moins évident. Plusieurs témoins insistent sur le fait que de tels incidents ne sont pas nouveaux. Mais les allusions directes au vote et la concomitance évidente de la recrudescence d’agressions avec le résultat de la consultation ne laissent guère de doute dans de nombreux cas. « Les procès-verbaux qui nous remontent témoignent d’une recrudescence des tensions locales visant directement des communautés de migrants depuis le référendum », a confirmé Sara Thornton, chef du Conseil national des responsables policiers.

Le malaise a atteint un degré tel que le tabloïd The Sun, qui a multiplié depuis des années les titres accrocheurs désignant à la vindicte publique les migrants européens « voleurs d’emplois », n’hésite pas à l’exploiter. Le quotidien a le toupet d’inviter désormais ses lecteurs à participer à une campagne « Tous unis contre le racisme ».
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L'"échec" de T. May mis au crédit de Corbyn...

Message par com_71 » 11 Juin 2017, 13:17

... dans l'hebdo du NPA

Elections au Royaume-Uni : derrière la claque pour May et les conservateurs
Samedi 10 juin 2017

La victoire il y a un an du Brexit a été présentée par beaucoup de gens comme une évolution inexorable du pays vers la droite. L’échec humiliant de Theresa May et la percée spectaculaire de Jeremy Corbyn nous montrent que les choses sont bien plus complexes.

Au lieu d’une majorité accrue – certains parlaient d’une marge de 100 (!) sièges – les conservateurs se retrouvent avec 12 sièges en moins. Sans majorité absolue, ils sont obligés de négocier une coalition fragile avec les loyalistes protestants et très réactionnaires de l’Irlande du Nord (le DUP) avec la perspective de nouvelles élections en cas d’échec d’ici quelques mois. Avec 318 sièges et 42% des voix, les conservateurs restent le premier parti devant les travaillistes, 262 sièges (32 en plus). Par contre en pourcentage, les travaillistes, avec 40% des voix, non seulement talonnent les conservateurs mais augmentent leur score de 10% depuis 2015, le plus grand bond entre deux élections depuis 1945. Corbyn fait même un meilleur score que Gordon Brown (2010) et Tony Blair (2005), les grands défenseurs de la troisième voie social-libérale.

Cap à gauche

Il y a deux mois, les conditions semblaient plus que favorables à la réussite du pari de Theresa May. Les sondages lui donnaient une avance de 20%, la presse tabloïde était en ordre de bataille pour des unes virulentes contre Corbyn le « fantaisiste » ou « Djihadi Jeremy » pour ses positions pro-palestiniennes et anti-guerre. La majorité des députés travaillistes (très droitiers) ne cessaient de critiquer Corbyn et certains de ses « amis » prétendaient que le programme de gauche était bon mais qu’il fallait un dirigeant plus charismatique pour gagner.

D’une part, sans Corbyn comme dirigeant il n’y aurait pas eu de manifeste de gauche et d’autre part, la réussite s’est faite non seulement grâce au contenu du manifeste le plus à gauche depuis 1983 (et malgré ses limites, voir l’AntiK N° 387) mais grâce aussi au passé militant d’un homme simple, sincère, perçu comme susceptible de tenir ses promesses et dont les apparitions à la télévision contredisaient la caricature présentée par une grande partie des médias.

Militant anti-guerre

Deux autres questions peuvent expliquer aussi le résultat : les jeunes et les attentats. Corbyn a clairement démontré sa capacité de faire rêver beaucoup de jeunes. « For the many not the few » (Pour le plus grand nombre pas pour la petite élite) était le slogan de la campagne et il se déclinait en une série de mesures très concrètes : pour l’éducation, la santé, le logement et l’emploi avec augmentation des impôts pour les riches. Enthousiasmés par les grands meetings et les débats à la télévision, plus d’un million de jeunes de 18-24 ans se sont inscrits sur les listes électorales après l’annonce de l’élection, dont la majorité pour voter travailliste. Et plus important, 74% d’entre eux ont voté quand seulement 43% ont voté en 2015.

Quant aux retombées des attentats, en général favorables au gouvernement en place et aux réflexes nationalistes et sécuritaires, c’est Corbyn, militant anti-guerre de longue date, qui s’en est sorti le mieux. S’il a insisté sur le fait que Theresa May, en tant que ministre de l’intérieur, avait présidé à la réduction de 20.000 postes de policiers c’est aussi en insistant sur la responsabilité des guerres extérieures menées par les gouvernements précédents que Corbyn a marqué des points auprès du public. 53% de la population était d’accord avec lui. Seulement 24% pensaient le contraire.

Canaliser la colère

Tout cela n’empêche pas bien sûr les manifestations de haine raciste comme les attaques contre les musulmans qui se sont multipliées après les attentats. Par contre, le succès de la campagne de Corbyn montre, non pas l’absence de courants réactionnaires et xénophobes au Royaume Uni mais le fait qu’ils ne sont pas forcément dominants dans la société et qu’ils ne sont pas voués à un développement sans frein. Nous vivons dans des sociétés de plus en plus polarisées où la colère de millions de personnes qui subissent les effets de la crise peut être canalisée dans des directions très différentes. Par le dynamisme de sa campagne et l’espoir qu’elle a soulevé, Corbyn a su attirer des millions de personnes vers des solutions de gauche. Par exemple, le Parti pour l’indépendance du Royaume Uni (l’UKIP) s’est effondré, passant de 12% à 2%. Une partie s’est (re)tournée vers les conservateurs et un Brexit dur mais au moins un tiers a voté travailliste, attiré par un projet qui leur parlait après des années de gouvernements travaillistes qui leur avaient tourné le dos.

Retour de la question sociale ?

La période qui s’ouvre risque d’être de plus en plus instable. May est déjà contestée au sein de son parti et sera bientôt remplacée mais les centaines de milliers de personnes qui ont été dynamisées par la campagne de Corbyn pourraient se mettre à contester la légitimité de l’ensemble du Parti conservateur. Ce sera en particulier le rôle des anticapitalistes et révolutionnaires de faire en sorte que la colère ne soit canalisée vers l’attente de nouvelles élections mais qu’elle s’exprime dans des campagnes concrètes sur le terrain, contre l’austérité, contre la guerre, pour la défense des services publics et tant d’autres choses. Après des années de recul, l’espoir pour la gauche britannique semble de nouveau permis.

Ross Harrold


https://npa2009.org/actualite/politique ... servateurs
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Re: L'extrême-gauche de Grande-Bretagne...

Message par artza » 11 Juin 2017, 16:31

Et l'extrême-gauche britannique SWP et SP, les plus importants, qu'ont-ils dit? Qu'ont-ils fait? Appeler à voter travailliste?
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Re: L'extrême-gauche de Grande-Bretagne...

Message par com_71 » 11 Juin 2017, 17:36

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