un ouragan qui ajoute de la misère à la misère

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un ouragan qui ajoute de la misère à la misère

Message par com_71 » 11 Oct 2016, 16:09

brève LO a écrit : Haïti : un ouragan qui ajoute de la misère à la misère
11/10/2016

Une semaine après le passage de l'ouragan Matthew sur Haïti on commence à mesurer l'étendue de la catastrophe. La ville de Jérémy, au Sud-ouest du pays, a été en partie rasée ; le nombre de morts dépasse le millier, et ce n'est qu'une estimation car de nombreux villages restent inaccessibles. Et le choléra est toujours là, plus menaçant que jamais.

Comme après le tremblement de terre de 2010, la population est livrée à elle-même. Ce que cette catastrophe « naturelle » met d'abord en lumière, c'est la pauvreté d'Haïti. C'est l'absence, en permanence, de maisons en dur, de services publics, d'hôpitaux, ne serait-ce que pour assurer les premiers secours.

Selon l'ONU, il faudrait trouver 120 millions de dollars dans les trois prochains mois pour répondre à l'urgence. En comparaison, les USA, la grande puissance voisine, dépense près de 2 milliards par jour pour son budget militaire. Cela suffit à juger la fausse compassion des dirigeants occidentaux sur « l'urgence humanitaire ».
"...est-ce qu'un parti révolutionnaire renonce à exercer une pression sur la bourgeoisie... non, cela va de soi... Mais la voie des réformes convient aux questions secondaires... On ne peut obtenir le pouvoir au moyen de réformes."
L. Trotsky
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Re: un ouragan qui ajoute de la misère à la misère

Message par Plestin » 24 Nov 2016, 08:11

Article paru dans le dernier numéro de Combat Ouvrier (19 novembre 2016) :


Haïti : La colère monte chez les sinistrés alors que le gouvernement prépare les élections

Mardi premier novembre 2016, un enfant de 10 ans a été tué par balle dans la ville de Cayes lors d’une distribution alimentaire sur le port. Alors que la population attendait le déchargement du bateau, l’exaspération grandissait, la police est alors intervenue à coups de matraque et la situation s’est envenimée. Les policiers ont tiré sur la foule et un enfant a été atteint par balle, il est mort sur le coup.

Lors de l’affrontement trois autres personnes ont été tuées. Portant le cadavre de l’enfant, la population a manifesté en sillonnant les rues de la ville. Ils ont érigé des barricades et bloqué la ville pendant plusieurs heures. Depuis le passage de l’ouragan Matthews, en plusieurs occasions, la police ou les forces spéciales ont tiré sur la population. Le 25 octobre, c’était à Dame-Marie. Alors que la population de cette commune ravagée par le cyclone manifestait pour une meilleure distribution de l’aide, la police nationale aidée des forces d’appui de l’ONU en Haïti (Minustah) a fait feu, blessant plusieurs habitants.

L’aide qui arrive est accaparée par les autorités sous couvert de prise en main de la distribution par une filiale nationale. C’est ainsi que dans le parc industriel Sonapi il y a un hangar où les aliments et matériels sont stockés ; et ce sont des parlementaires de tous les bords qui viennent y faire leur marché. Ensuite ils revendent ou distribuent ces produits aux sinistrés en province afin de s’assurer une clientèle pour les élections à venir. Depuis le passage de Matthew, la plaine des Cayes est désolée, il n’y a pas de feuilles aux arbres qui ont résisté, les maisons se sont envolées et certains habitants ont trouvé refuge dans des caveaux de cimetières après avoir enlevé les cercueils.

Les plantations sont détruites. Il n’y aura pas de récolte avant un an et la famine guette. En l’absence d’eau potable, il y a une recrudescence du choléra. La population du Sud, de la Grande Anse, est livrée à elle-même. Certains prennent l’initiative de créer des comités locaux pour faire face avec leurs moyens et faire pression sur l’État pour avoir des interventions et suivre l’acheminement de l’aide. Mais le gouvernement et les partis politiques surfent sur la catastrophe. La priorité du gouvernement provisoire est de réaliser les élections présidentielles le 20 novembre. Il se démène pour trouver des écoles encore debout et propose d’installer des bâches en plastique en guise de bureau de vote alors que la population se demande où elle va trouver à manger et à boire.

La bourgeoisie et ses valets au gouvernement ne s’inquiètent des pauvres, des travailleurs ou des paysans que dans les périodes électorales pour s’assurer du pouvoir. Sinon ils les répriment tant qu’ils ne sont pas organisés. Une illustration de la formule « dan pouri pran avantaj sou banann mi » (les salopards s’en prennent au plus faible)... jusqu’au retour du bâton contre les exploiteurs.
Plestin
 
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