Incendie criminel à Londres

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Incendie criminel à Londres

Message par com_71 » 14 Juin 2017, 23:23

Incroyable ! 24 heures après, une dizaine d'étages supérieurs sont encore en flammes. Contrairement à ce qui est dit, il semble (visuellement) que la cause ne soit pas prioritairement l'isolation extérieure du bâtiment, mais à l'intérieur. Qui sont les criminels qui ont pu utiliser des matériaux visiblement d'une haute charge calorique (polyuréthane ?) pour la construction ou la rénovation. Le propriétaire ou bailleur ? Possible, mais les risques sont bien connus (mortels pour les habitants, sans doute quelques années de prison pour lui). Ou une mafia sévissant à l'intérieur des entreprises du BTP ?

Le contrôle des travailleurs sur le fonctionnement des entreprises pourrait permettre de lutter contre ces situations. Les travailleurs du bâtiment connaissent les matériaux et leurs risques, les employés des bureaux d'architectes aussi... Il a manqué, là encore, la détermination nécessaire pour se mettre en travers de la réalisation de ce four à déclenchement différé...
Si on parle de "révolution", "peuple révolutionnaire", "démocratie révolutionnaire", 9 fois sur 10 c'est mensonge ou aveuglement. La question est, Quelle classe fait la révolution ? Une révolution contre qui ? Lénine
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Re: Incendie criminel à Londres

Message par artza » 16 Juin 2017, 10:14

Un article de Bordiga qui n'est pas sans rapport avec l'incendie de Londres

https://www.marxists.org/francais/bordiga/works/1953/00/bordiga_19530000.htm
artza
 
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Re: Incendie criminel à Londres

Message par com_71 » 16 Juin 2017, 13:15

Incendie meurtrier à Londres
Brève LO
15/06/2017

Un incendie spectaculaire a ravagé une tour de 27 étages et ses 120 appartements dans un quartier populaire de Londres. En à peine quelques heures, il a complètement détruit les logements où vivaient des familles aux revenus très modestes. Le bilan encore provisoire est de 12 morts et 78 blessés, mais il est fort probable qu’il s’alourdira.

Si on ne connaît pas l’origine exacte de l’incendie, les habitants qui ont survécu pointent du doigt l’état lamentable du bâtiment. Absence d’alarme incendie, revêtement inadapté, problèmes électriques… Récemment, les locataires avaient dénoncé cette situation auprès du gestionnaire de l'immeuble. Mais les problèmes de familles populaires, et leur vie même, comptent pour peu de choses.
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Re: Incendie criminel à Londres

Message par com_71 » 18 Juin 2017, 13:27

Sur BBC news "Ceux de la classe des travailleurs ne sont pas écoutés".

http://www.bbc.com/news/uk-40291372
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Re: Incendie criminel à Londres

Message par com_71 » 18 Juin 2017, 18:51

artza a écrit :Un article de Bordiga qui n'est pas sans rapport avec l'incendie de Londres

https://www.marxists.org/francais/bordiga/works/1953/00/bordiga_19530000.htm


Bordiga a commenté deux catastrophes d'ampleur, le naufrage de l'Andréa Doria, et la catastrophe minière de Marcinelle :

https://www.marxists.org/francais/bordi ... 560824.htm
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Re: Incendie criminel à Londres

Message par com_71 » 20 Juin 2017, 13:44

l'Alsace.fr a écrit :Selon la BBC et le Guardian, les plaques, qui ont été commandées dès 2015 pour la rénovation, ont été fabriquées par la multinationale Arconic (anciennement Alcoa). En Europe, elles sont produites sur le site de Merxheim, tout près de Guebwiller (Haut-Rhin). L’usine, qui prospère depuis 1962 dans ce petit village, s’est spécialisée dans la fabrication de plaques d’aluminium prélaqué. Cette spécialisation lui permet d’équiper les bâtiments les plus prestigieux au monde, hôtels de luxe, aéroports, le stade de patinage des JO de Sotchi…

L’un de ses produits phares, le Reynobond®, est une sorte de sandwich constitué d’une plaque de composite entourée de deux plaques d’aluminium. C’est ce produit-là qui est incriminé dans l’incendie de Londres, dans sa version d’entrée de gamme.

Pour des immeubles de faible hauteur

Le Reynobond® PE est constitué en son cœur de polyéthylène ; il est recommandé pour des immeubles de faible hauteur, moins de dix mètres, stipule le fabricant. Pour les autres bâtiments, il recommande ses deux autres versions, le FR qui comporte des retardants et surtout, pour les immeubles de plus de trente mètres, le A2, totalement ignifuge. Pour mémoire, la tour Grenfell mesure plus de soixante mètres. Les deux derniers produits de la gamme « respectent les normes européennes en matière de prévention du risque incendie » , indique encore Arconic dans sa notice technique.

La différence entre l’entrée de gamme et le FR serait de deux livres sterling au mètre carré, croient savoir les médias britanniques, qui ont interrogé le revendeur au Royaume-Uni. De là à en déduire que le propriétaire de la tour a voulu faire des économies au mépris de la sécurité, il y a un pas qu’ils n’hésitent pas à franchir. La société Arconic, de son côté, n’a pas souhaité faire de commentaire.
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Re: Incendie criminel à Londres

Message par Byrrh » 20 Juin 2017, 15:22

l'Alsace.fr a écrit :Le Reynobond® PE est constitué en son cœur de polyéthylène ; il est recommandé pour des immeubles de faible hauteur, moins de dix mètres, stipule le fabricant. Pour les autres bâtiments, il recommande ses deux autres versions, le FR qui comporte des retardants et surtout, pour les immeubles de plus de trente mètres, le A2, totalement ignifuge. Pour mémoire, la tour Grenfell mesure plus de soixante mètres.

Selon le site d'un Centre d'Incendie et de Secours, le polyéthylène est parmi les plastiques les plus inflammables.

Quelle preuve éclatante du mépris complet pour la vie des classes populaires... De la même façon, combien d'immeubles en France sont encore équipés de colonnes de gaz en plomb (lequel fond à 327°C en cas d'incendie) ? Suite à plusieurs catastrophes dans des immeubles de Paris et de ses environs (des immeubles de pauvres, de travailleurs immigrés), GRDF a remplacé à ses frais certaines installations parfois centenaires situées en amont des compteurs, mais essentiellement en Île-de-France. Dans mon immeuble, où tout est en bois (parquets sur solives, escaliers des communs, certaines cloisons plâtrées), j'ai une colonne de gaz en plomb qui passe dans mon appartement, vraisemblablement installée vers la fin des années 70 en remplacement d'une autre conduite datant de 1912, juste avant que l'utilisation du plomb ne soit interdite par l'arrêté ministériel du 2 août 1977 pour les installations neuves ou les remplacements d'installations anciennes (https://www.legifrance.gouv.fr/affichTe ... e=20160711). Dans Lutte ouvrière : https://journal.lutte-ouvriere.org/2001 ... _2419.html et https://journal.lutte-ouvriere.org/2007 ... 14945.html
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Re: Incendie criminel à Londres

Message par com_71 » 21 Juin 2017, 22:28

lutte ouvrière a écrit :Grande-Bretagne : la vie des pauvres ne vaut pas cher
21 Juin 2017

79 morts : tel est le bilan encore provisoire de l’incendie qui a ravagé la tour Grenfell, le 14 juin, un HLM de 120 appartements sur 24 étages, situé dans la municipalité londonienne de Kensington.

Depuis, au fur et à mesure qu’apparaissent les causes du sinistre, la consternation a fait place à l’indignation, puis à la colère, contre les politiques des gouvernements passés et présents, faisant de ce drame un scandale politique majeur.

Quatre décennies d’incurie criminelle


La tour Grenfell a été construite dans les années 1960-70, dans le cadre d’un vaste programme visant à éliminer les taudis des centres-villes. Bien que construite à l’économie, elle obéissait encore à certaines normes en matière d’incendie : un système de portes et de sas coupe-feu isolait les appartements et les étages les uns des autres, de façon à ce que le foyer d’un incendie reste circonscrit assez longtemps pour permettre aux pompiers d’intervenir. Et en gros cela fonctionnait, tant que le feu démarrait dans la tour.

Avec les années Thatcher, les normes furent revues à la baisse et les sas pare-feu disparurent, pour augmenter le nombre de logements par étage. Puis les services municipaux gestionnaires des HLM et leur maintenance furent privatisés. Les anciennes portes pare-feu cessèrent de fonctionner, les escaliers de secours furent supprimés, ou disparurent sous les amas d’ordures que les services de voirie privatisés ne collectaient plus qu’une fois par semaine. Et comme, pour inspecter la sécurité, il n’y avait plus que des officines privées qui ne voulaient pas faire de vagues pour conserver leurs contrats, il n’y eut plus que les comités de locataires pour tirer la sonnette d’alarme à propos de la sécurité.

Au début des années 2000, on découvrit une nouvelle façon de ravaler la façade des tours HLM : on les emballa dans une couche interne d’isolant thermique qu’on recouvrit d’une couche externe esthétique, incrustée de poussière d’aluminium pour répartir la chaleur sur toute la surface. Cela permettait de relooker la tour et d’améliorer son isolation thermique, et tout cela pour pas cher.

Mais, en 2009, les 14 étages d’une tour HLM de Londres, Lakanal House, furent ravagés par les flammes, lorsque cet emballage s’enflamma en quelques minutes. Il y eut neuf morts.

Rendant ses conclusions quatre ans plus tard, la commission d’enquête recommanda que les doubles revêtements utilisés pour ravaler quelque 4 000 tours HLM dans le pays soient ignifugés. Mais rien ne fut fait. Pire, dans leur enthousiasme à « faire un feu de joie des réglementations inutiles », comme ils disaient, les gouvernements Cameron et May rendirent facultative l’installation, jusque-là théoriquement obligatoire, d’extincteurs automatiques à eau pour ralentir la progression des flammes !

Ce qui devait arriver arriva. Le drame de la tour Grenfell aurait pu se produire dans des centaines d’autres tours, tout comme il s’était produit à Lakanal House, et pour les mêmes raisons.

Mépris pour les pauvres

Mais à cette incurie criminelle, à cette complaisance cynique à l’égard du parasitisme de la bourgeoisie, s’ajoute une dimension sociale particulièrement révoltante : le mépris affiché des autorités envers les pauvres.

Car la tour Grenfell dépend d’une des municipalités les plus riches d’Europe, celle de Kensington. On y trouve la rue la plus chère de Londres, la star du football David Beckham, le gratin de la bourgeoisie et de l’aristocratie britannique, sans compter les pied-à-terre des familles royales du Golfe. C’est dire si l’îlot de la tour Grenfell, parmi les plus pauvres du pays, y fait tache.

D’ailleurs, ce fut avant tout pour offrir une vue plus agréable à ses riches voisins que la tour Grenfell fut ravalée en 2014. Mais cela n’a pas empêché la municipalité de laisser son sous-traitant choisir des revêtements à bas prix et parmi les plus dangereux, dont l’un n’était pas ignifugé et l’autre, fabriqué par une filiale de Saint-Gobain, était connu pour brûler en dégageant du cyanure d’hydrogène, un gaz mortel. La seule chose qui comptait n’était-elle pas de minimiser le coût de ce ravalement : moins de 10 millions d’euros, soit à peine plus que le prix d’un F5 dans les immeubles luxueux de Kensington ! Après tout, ce n’était que quelques centaines de pauvres anonymes.

Mais, même après le drame, on a continué à voir s’étaler le même mépris. D’abord, celui de Theresa May, gardant le silence pendant trois jours. Mais aussi celui de la municipalité : bien qu’ayant l’obligation légale de reloger les sinistrés, elle a proposé à certains des abris à l’autre bout de Londres, voire dans des villes de province, comme Manchester ou Birmingham. Et cela alors que Kensington a la plus forte densité de logements vides de la capitale et que sa municipalité a un droit de réquisition en pareil cas.

Quant au gouvernement, il a fini par promettre une aide de 6 000 euros par foyer, mais seulement pour ceux dont l’appartement a été complètement détruit, et à condition qu’ils aient un compte en banque. Or nombre de travailleurs pauvres n’en ont pas, en particulier parmi les immigrés à qui les banques refusent d’en ouvrir un, sans parler des retraités ou des interdits bancaires. Autant dire qu’en fait d’aide, les plus pauvres n’auront rien.

Alors la colère gronde. May en a d’ailleurs fait les frais : quand elle a fini par se rendre sur les lieux, les sinistrés se sont chargés de l’en chasser. Ce sont aussi les mêmes sinistrés et d’autres locataires HLM de Kensington qui ont saccagé une partie de l’hôtel de ville avant de marcher sur Downing Street, la résidence de May.

Oui, les pauvres ont toutes les raisons de se révolter contre ce système capitaliste pourrissant et assassin.

François ROULEAU
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Re: Incendie criminel à Londres

Message par com_71 » 22 Juin 2017, 14:28

Combien de tours potentiellement infernales au Royaume-Uni ?
Michel MOUTOT AFP 22 juin 2017

Londres (AFP) - L'incendie de la tour Grenfell la semaine dernière à Londres, qui a fait au moins 79 morts, a mis en lumière la possible dangerosité d'autres buildings du même type en Angleterre, et les lacunes de la réponse des autorités locales.

Les tests effectués sur des immeubles recouverts des mêmes panneaux isolants, mis en cause dans la propagation du feu sur la tour Grenfell, ont révélé que quelque 600 immeubles en Angleterre pourraient en être également recouverts, ce qui a été confirmé dans trois cas, a indiqué jeudi Downing Street, sans évoquer le reste du pays...
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