Algérie, le "hirak" continue

Dans le monde...

Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Gayraud de Mazars » 11 Mars 2019, 18:53

Salut camarades !

Tout va très vite maintenant. Sous les coups de boutoir révolutionnaires des travailleurs et de la jeunesse en grande colère, Bouteflika renonce à briguer un 5e mandat, la présidentielle reportée en Algérie ! Le gouvernement est à l'agonie ! Que fera l'armée ?

Gouvernement ouvrier et paysan en Algérie ! Révolution socialiste...

Fraternellement,
GdM
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par com_71 » 11 Mars 2019, 22:04

Gayraud de Mazars a écrit :Le gouvernement est à l'agonie !


Tu veux dire Bouteflika ? ;)
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Gayraud de Mazars » 12 Mars 2019, 17:07

Salut Com_71 !

Bouteflika, le président algérien, renonce à l'élection pour mieux rester au pouvoir encore... Est ce un marché de dupes ? Que de contradictions dans la démarche !

Quant au gouvernement algérien remanié, avec des hommes liges, fidèles au régime, il sort aussi de cette crise affaibli à mon sens ! Révolte des travailleurs et de la jeunesse qui n'est pas terminée...

Comme le titrait à juste titre, le lundi 11 mars 2019, l'Editorial des feuilles d'entreprise de Lutte Ouvrière, "Le renoncement de Bouteflika, un encouragement pour le peuple algérien".

Quant à la ligne suivie par le PCF sur la question algérienne comment la comprendre, si elle parle de démocratie, de révolte du peuple en long, large et en travers, elle n'évoque jamais le socialisme. C'est désolant.

Fraternellement
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Plestin » 16 Mars 2019, 15:14

Toujours des manifestations énormes en Algérie. Bouteflika a renoncé à se présenter et reporte l'élection mais du coup, c'est une prolongation de son 4ème mandat.

Ici, "un 4ème vendredi de mobilisation record" selon TV5 Monde :

https://www.youtube.com/watch?v=zHotnBTVX-c
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Plestin » 18 Mars 2019, 12:47

Selon le site Linternaute.com du 18 mars 2019 :

- La mobilisation ne faiblit pas. Alors que des manifestations monstres ont une nouvelles fois eu lieu vendredi dernier, jour traditionnel de la mobilisation anti-Bouteflika, des Algériens sont toujours dans les rues du pays en ce début de semaine pour dénoncer, encore et toujours, la prolongation du mandat du président actuel, rendue possible par le retrait de sa candidature et le report des élections.

- Ce lundi, des manifestations ont lieu en Algérie. TSA (Tout sur l'Algérie) évoque des employés de la Poste dans la rue à El Oued, des enseignants et des étudiants à Boumerdes, des imams à Bouira. A Alger, un rassemblement de travailleurs du secteur de la formation professionnelle a lieu devant la Grande Poste.

- Pendant ce temps, l'état de santé de Abdelaziz Bouteflika reste toujours un immense point d'interrogation pour toute l'Algérie, lui qui ne s'est pas exprimé publiquement depuis 2014. Rentré en Algérie il y a une semaine après une hospitalisation à Genève, le président algérien de 82 ans aurait quitté la Suisse dans un état préoccupant, à en croire la Tribune de Genève. Le chef d'Etat serait depuis "à peine conscient, sous assistance respiratoire, sa tête, coiffée d’un bonnet noir, tombant sur son épaule”, écrit le média helvète.
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Plestin » 26 Mars 2019, 14:15

Le limogeage du directeur de la télévision publique fait grand bruit.

Dans Le Monde du 26 mars 2019 :


En Algérie, le patron de la télé publique, accusé par ses journalistes de « censurer » les manifestations, a été renvoyé

Ni l’agence de presse officielle, ni un cadre de la télévision nationale n’ont donné les raisons officielles de l’éviction de Toufik Khelladi.

Le Monde avec AFP

Le directeur général de la télévision nationale algérienne, Toufik Khelladi, a été limogé, lundi 25 mars, en pleine contestation de ses journalistes contre la « censure » dans la couverture des manifestations réclamant le départ du président Abdelaziz Bouteflika.

Ni l’agence de presse officielle APS qui a annoncé son limogeage ni un cadre de la télévision nationale qui l’a confirmé à l’AFP, n’ont précisé les raisons de l’éviction de M. Khelladi de son poste qu’il occupait depuis 2012, après avoir dirigé la radio nationale.

M. Khelladi faisait face depuis près d’un mois à une fronde sans précédent de ses salariés, notamment les journalistes, qui dénoncent la « censure » sur les chaînes nationales, apparue au grand jour avec la couverture des manifestations d’ampleur contre M. Bouteflika, déclenchées le 22 février.

Comme leurs collègues de la radio nationale, les salariés de la télévision publique dénoncent des « pressions » de leur hiérarchie qui les a contraints à initialement passer sous silence ces manifestations inédites, puis à en faire état mais en atténuant les mots d’ordre.

« Une télé libre ! »

Leurs protestations sont elles aussi largement inédites, les manifestations de mécontentement au sein des établissements publics étant jusqu’ici essentiellement liées à des revendications salariales ou aux conditions de travail.

Lundi, pour la troisième semaine de suite, plusieurs dizaines de salariés de la télévision nationale ont manifesté devant son siège, à Alger, et observé une minute de silence, la main symboliquement posée sur la bouche pour dénoncer les entraves à leur métier.

« Y en a marre de la censure ! », ont-ils scandé en réclamant une télévision « libre et démocratique ».

« Nous ne voulons plus être un service pour le gouvernement. Nos équipes sont sur les manifestations, mais c’est ici [au siège de la télévision nationale] qu’opèrent les ciseaux de la censure », a dénoncé le journaliste Abdelmajid Benkaci.

Sa collègue Melina Yacef a reconnu « une petite ouverture au niveau des émissions de débat », tout en réclamant « un véritable » changement, en particulier pour les journaux télévisés, accusés de faire la part belle au point de vue officiel : « Nous voulons une télévision publique ouverte à tous les partis, toutes les obédiences, tous les Algériens », a-t-elle ajouté.

Une rédactrice en chef de la radio nationale et une présentatrice du journal de la télévision publique ont quitté leurs fonctions depuis le début des manifestations.

Outre les défilés monstres chaque vendredi dans tout le pays, de multiples manifestations catégorielles d’ampleur diverses ont lieu régulièrement depuis le 22 février dans la capitale algérienne.

Après les avocats samedi, les architectes, les vétérinaires, des employés communaux et des magistrats de la Cour des comptes ont également manifesté lundi à Alger.

« La source de tous les pouvoirs »

« Le peuple est la source de tous les pouvoirs. Nous joignons notre voix à celle du peuple », pouvait-on lire sur une pancarte devant le siège de la Cour des comptes, devant laquelle étaient rassemblés une vingtaine de magistrats, selon des images de la télévision privée El-Bilad.

L’un des magistrats, Abdelkader Bedjaoui, a dénoncé une marginalisation « sans précédent depuis 1995 » de cette institution chargée du contrôle « des finances de l’Etat, des collectivités territoriales et des services publics ».

La Cour a toujours milité pour son indépendance, réclamant plus de moyens « notamment pour lutter contre la corruption », a-t-il affirmé devant ses collègues en robe, soulignant que le peuple est « avide de liberté et de transparence dans la gestion de la vie publique ».

Les mandats de M. Bouteflika ont été marqués par des scandales de corruption, touchant parfois ses proches. Selon l’indice de perception de la corruption 2018 de l’ONG Transparency International, l’Algérie est classée 105e sur 180 pays.

De nouveaux rassemblements étudiants sont attendus mardi.
Plestin
 
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Gayraud de Mazars » 27 Mars 2019, 09:24

Salut camarades,

BOUTEFLIKA DÉGAGÉ ! On attend la suite en Algérie...

Le chef de l'armée algérienne a suggéré de mettre en application l'article 102 de la constitution. Celle-ci prévoit l'état d'empêchement du président de la République, Bouteflika.

Le chef d'état-major de l'armée algérienne a demandé mardi 26 mars que soit engagée la procédure prévue par l'article 102 de la Constitution, quand le président de la République "pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions".

"L’ARMÉE ALGÉRIENNE N'EST PAS CONSTITUÉE D'UN BLOC MONOLITHIQUE HOMOGÈNE".
"Les forces algériennes sont traversées par des courants stratégiques différents aux contours mouvants".

Entretien avec l'historienne Saphia Arezki, auteure de "De l’ALN à l’ALP. La Construction de l’armée algérienne de 1954 à 1991" (Barzakh, 2018). ("Le Monde". 20.3.2019) :

Durant les quatre semaines de mobilisation contre le pouvoir, l’Armée nationale populaire (ANP) a fait volte-face. Après avoir dénoncé l’ingratitude des manifestants vis-à-vis du président Bouteflika, elle s’enorgueillit désormais « de son appartenance à ce peuple brave et authentique », dont elle dit partager les valeurs et principes.

L'histoire de l’armée, composante majeure de la vie politique algérienne, explique sa place centrale dans l’Etat algérien.

Vous rappelez dans vos travaux que l’armée a joué un rôle majeur dans la genèse de l’Etat algérien. L’histoire actuelle s’écrit-elle donc dès les années 1960 ?

Saphia Arezki En 1962, à la fin de la guerre, l’armée était la seule force structurée et organisée dans ce pays exsangue, où un quart de la population avait été déplacée. C’est effectivement à l’aune de ce contexte que l’armée des frontières, avec à sa tête Ahmed Ben Bella [le premier président algérien], va s’emparer du pouvoir.

Vos recherches déconstruisent le mythe d’une Armée de libération nationale (ALN), devenue Armée nationale populaire (ANP), très monolithique…

L’une des idées reçues sur l’armée algérienne est effectivement qu’elle est constituée d’un bloc monolithique homogène. L’expression « les généraux » exprime d’ailleurs parfaitement ce fantasme d’un tout uniforme. A travers mes recherches, j’ai dégagé des itinéraires individuels, des trajectoires types de militaires qui montrent que l’armée est en réalité composée de nombreux groupes aux contours mouvants. Elle ne se résume donc pas à une simple dichotomie entre les anciens de l’armée française d’un côté, et ceux du Moyen-Orient de l’autre. Dans les faits, les relations, les amitiés ont beaucoup joué et ont parfois créé des tensions entre les différents personnages, éloignant par là l’image d’un bloc compact.

Comment s’est construite cette armée professionnelle ?

Ça a été le premier défi. Au déclenchement de la guerre, le 1er novembre 1954, on ne dénombrait même pas 1 000 hommes dans ses rangs. Certains avaient été dans l’Organisation spéciale [bras armé du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques], d’autres dans le maquis depuis la fin des années 1940, et quelques-uns, dont Ben Bella, avaient fait le service militaire français. Mais le reste, c’étaient avant tout des hommes qui n’avaient aucune expérience combattante. L’historien Mohamed Harbi dit d’ailleurs d’eux : « Je ne considère pas les combattants issus de la résistance intérieure comme des militaires. Ce sont des civils qui ont porté des armes. Ils sont les plus nombreux. »

En outre, il faut se souvenir que le taux d’analphabétisme était de 85 % en 1954 dans le pays, ce qui justifiait l’urgence d’une professionnalisation. Dans ce contexte, à partir de 1957, ceux qui avaient un petit niveau d’études sont envoyés à l’étranger dans la perspective de construire la future armée nationale. On les y forme à l’aviation et à la marine, deux composantes absentes de l’ALN. Ce qui témoigne bien que l’objectif était de former des cadres en prévision de l’après-guerre.

Cette professionnalisation va d’ailleurs se poursuivre après la guerre grâce à des coopérations avec l’URSS, l’Egypte, et aussi la France. Mais l’objectif de la professionnalisation de l’armée et de la coopération avec des puissances étrangères, c’est l’« algérianisation » des cadres afin de garantir à l’ANP son indépendance. Ce processus est long et les premiers résultats commencent à devenir vraiment visibles à la fin des années 1970.

Propos recueillis par Yassin Ciyow


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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par yannalan » 27 Mars 2019, 15:33

On forme aussi une jolie promotion "Tapis Rouge" à l’école du KGB, ils travailleront à la tête de la Sécurité Militaire, surnommée "Sport et Musique" par les algériens...
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Algérie : l’armée à la manœuvre

Message par Gayraud de Mazars » 27 Mars 2019, 16:59

Salut camarades,

Il n'est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun ! nous dit bien l'Internationale...

Algérie : l’armée à la manœuvre
Brève de Lutte Ouvrière du 27/03/2019

Le général Ahmed Gaïd Salah, à la tête de l'armée algérienne depuis 15 ans, vient de s'apercevoir que l'article 102 de la constitution prévoie que le président, s'il est atteint par une « maladie grave et durable » qui le place « dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions », soit remplacé. Or Bouteflika n'a plus prononcé un mot en public depuis six ans...

Après la tentative de mettre fin aux manifestations et aux grèves en promettant que Bouteflika prenne sa retraite... un jour, en se gardant de préciser la date, ce sont à présent les généraux exerçant le pouvoir dans son ombre qui le poussent vers la sortie.

Les manifestants algériens ne peuvent ignorer que derrière Bouteflika se tiennent des profiteurs, à la tête de l'État, de l'armée, mais aussi des grandes entreprises. Espérons qu'ils saurons éviter de se laisser duper par un ou plusieurs de ces « sauveurs », galonnés ou pas, qui se mettent en place aujourd'hui.


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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Gayraud de Mazars » 11 Avr 2019, 10:44

Salut camarades,

Algérie : une nouvelle étape pour le mouvement
Dans le journal de Lutte Ouvrière, le 10 Avril 2019

Image
Mobilisations de cheminots en Algérie...

https://journal.lutte-ouvriere.org/2019 ... gdcDSle6Z4

Dimanche 7 avril, Bedoui, le Premier ministre, a interdit les manifestations en semaine. Le lendemain, la police procédait à des arrestations lors d’un rassemblement devant la Grande Poste à Alger. Mardi 9 avril, pour la première fois, un important dispositif policier réprimait la manifestation de milliers d’étudiants venus crier « Bensalah, Bedoui, Belaïz, dégagez ! ». Le pouvoir tente-t-il, pour endiguer la contestation populaire, d’amorcer un tournant vers la répression ? En tout cas, dès le lendemain 10 avril, cela déclenchait de nombreuses manifestations de protestation.

Le pouvoir n’a pas encore gagné le bras de fer, car si des millions d’Algériens se sont dit « Bon débarras ! » après la démission de Bouteflika, ils refusent qu’elle serve au bout du compte à sauvegarder le système. Aussi, vendredi 5 avril, de M’sila à Mostaganem en passant par Boumerdès, Sétif et Ouargla, c’est encore massivement qu’ils sont descendus dans la rue pour rejeter la transition que le chef d’état-major Gaïd Salah leur prépare sous l’égide de ceux qu’ils appellent les « 3 B ».

Non aux 3 B, dégagez tous !

Bensalah, le président par intérim, à la tête du Parlement depuis vingt-deux ans, Bédoui, Premier ministre, et Belaiz, président du Conseil constitutionnel, ont tous servi le système tant décrié par la population. Comme le disait un militant des droits humains : « C’est comme si on mettait l’extincteur d’une maison qui brûle entre les mains des pyromanes. »

Les manifestants ne veulent pas d’une transition démocratique qui se fasse sans eux et par en haut. Ils veulent le départ de tous ceux qui, de près ou de loin, sont liés au système. « Bedoui dégage ! Belaiz dégage ! Bensalah dégage ! », « FLN dégage ! RND dégage ! », « Appliquons l’article 7 ! », « Le peuple a décidé, il a dit vous partez, c’est que vous partez ! » L’interdiction de quitter le territoire et l’arrestation de quelques riches hommes d’affaires ne font pas le compte et ne suffisent pas à redorer le blason d’un pouvoir honni.

Dès dimanche, dans quelques entreprises, les travailleurs se sont saisis de l’appel à la grève lancé sur les réseaux sociaux contre le système, contre Sidi Said, le leader de l’UGTA. Les travailleurs en profitent aussi pour avancer des revendications de salaires. C’est le cas des travailleurs d’IMC dans la zone de Rouïba, de la briqueterie de Bouira, de ceux de Socothyde aux Issers. Les mineurs de Tebessa ont quant à eux chassé leurs délégués syndicaux UGTA. Un nouveau slogan est apparu « Vous rendrez tous des comptes ! »

Les manifestants ont raison d’être vigilants car la transition qu’on leur prépare ne peut pas être démocratique. Derrière les 3 B, il y a l’état-major de l’armée et son chef Gaïd Salah. Malgré les mots d’ordre « Armée peuple, frère ! frère ! », beaucoup repris par les manifestants, ou encore « L’armée est la nôtre et on fait ce qu’on veut », l’état-major de cette armée assure la continuité du système et se tient prêt à la répression s’il juge que c’est la meilleure option.

Pour l’instant, face à la puissance du mouvement populaire, on ne sait pas quel sera le choix fait par Gaïd Salah. Lui qui a été un grand ami de Bouteflika, qui a soutenu le cinquième mandat, se présente au contraire comme celui qui veille au changement. S’il est rejeté par une partie des manifestants, il bénéficie du soutien de la presse libérale et de bien des partis d’opposition, qui aimeraient aussi en finir avec la contestation.

Soucieux de ne pas se faire voler leur mouvement, les travailleurs et l’ensemble des couches populaires doivent maintenir la pression, discuter et s’organiser sur les lieux de travail, dans les quartiers, les universités, afin de déjouer les manœuvres d’un pouvoir qui ne renoncera pas à les faire rentrer dans le rang.

Leïla Wahda


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