Algérie, le "hirak" continue

Dans le monde...

Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Plestin » 17 Avr 2019, 15:47

J'ai passé trois jours la semaine passée, au "Colloque international de la plasturgie et de la navigation de plaisance" de la Fédération Nationale des Industries Chimiques de la CGT, qui se tenait dans le Maine-et-Loire entre Angers et Cholet. (J'entends déjà certaines remarques, donc je précise : "navigation de plaisance" consiste à fabriquer les bateaux, pas à en faire :roll: )

Contrairement à de précédents colloques de ce type (pharmacie, caoutchouc), le côté "international" était très limité, il n'y avait que deux délégués de l'UTS du Sénégal et deux délégués de l'UGTA d'Algérie. Autant ceux du Sénégal étaient intéressants, autant ceux d'Algérie n'étaient que des apparatchiks venant faire du tourisme (ils se sont d'ailleurs éclipsés une demi-journée pour voir Angers ; ils me rappellent leurs équivalents Serbes aux deux colloques précédents). Il y avait un responsable de la Fédération Pétrole Gaz Chimie et le secrétaire général du syndicat UGTA de la société pétrolière SONATRACH.

Vu l'état des choses en Algérie, leur intervention était attendue. Allaient-ils nous dévoiler quelque chose de l'ambiance là-bas ? Défendraient-ils ou, au contraire, critiqueraient-ils le régime de Bouteflika (dont ils faisaient partie) ? Qu'allaient-ils nous dire sur la plasturgie dans le pays ?

La seule intervention de leur part a eu lieu lorsque était traité le sujet des conditions de travail. Après avoir rappelé que le secteur pétrole-gaz-chimie employait 170.000 personnes dans le pays et que l'UGTA y comptait 25 syndicats d'entreprise, l'un deux a précisé que, comme presque tout relevait du secteur public, et non de patrons privés, on n'y avait pas de problèmes particuliers concernant les conditions de travail et pas les mêmes problèmes que ceux décrits par les délégués des usines françaises, contrairement aux autres secteurs économiques où il y a davantage de privé. Le secteur public est préservé, paraît-il... Et puis, "nous sommes bien structurés et nous sommes un syndicat participatif".

Ah si, j'oubliais : dans l'entreprise nationale de plastiques (au sens strict), il n'y a que 2.000 emplois. Il y en avait 5.000 dans les années 1980, mais cela a beaucoup chuté... à cause du terrorisme.

Et puis... C'est tout !

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes des bureaucrates de l'UGTA.

Au même moment, des manifestants algériens devaient être en train de courser des responsables de l'UGTA en leur disant de dégager.
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Gayraud de Mazars » 17 Avr 2019, 15:54

Salut mon cher Plestin !

Plestin a écrit :Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes des bureaucrates de l'UGTA.
Au même moment, des manifestants algériens devaient être en train de courser des responsables de l'UGTA en leur disant de dégager.


Bien dit camarade, ras le bol de tous ces bureaucrates où qu'ils se trouvent ! :D

Fraternellement,
GdM
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Plestin » 18 Avr 2019, 07:19

Il y a eu précisément, hier 17 avril, une grande manifestation de syndicalistes de l'UGTA aux cris de "Sidi Saïd dégage" (il s'agit du secrétaire général de l'UGTA). Dans la petite vidéo ci-après, on peut entendre notamment l'interview d'un manifestant en français entre les minutes 2:00 et 3:40 qui réclame que l'UGTA soit "rendue aux travailleurs" :

https://www.youtube.com/watch?v=WkgCHkE1S_M
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par com_71 » 18 Avr 2019, 07:57

lutte ouvrière, 17 Avril 2019 a écrit :Algérie : la pression populaire accentue la crise du régime

Ravaler la façade du régime avec des anciens du clan Bouteflika, organiser des élections présidentielles le 4 juillet, voilà la transition démocratique du chef d’état-major Gaïd Salah, que tente d’imposer Bédoui, le Premier ministre. Le bras de fer entre le régime et peuple algérien continue. Celui-ci a massivement rejeté ce qui est vécu comme une nouvelle manœuvre.

La contestation s’est amplifiée durant toute la dernière semaine. Mercredi 10 avril, à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique, les agents des différentes administrations, hospitaliers, enseignants, ont manifesté contre Bensalah, qui assure la présidence par intérim, et aussi pour dénoncer l’usage des canons à eau et à son, ainsi que les lacrymogènes utilisés la veille contre les étudiants.

Le jeudi 11 avril, répondant à l’appel à la grève des syndicats autonomes, des cortèges de travailleurs d’entreprises publiques ont sillonné les villes du pays. Ils étaient par exemple des centaines à Boumerdès et des milliers à Bejaïa. Pour éviter les infiltrations de policiers en civil ou de voyous manipulés, les travailleurs sont de plus en plus organisés dans des cortèges d’entreprise.

Vendredi 12 avril, des millions de personnes ont crié « Bensalah, Belaïz, Bédoui, dégagez tous ! Pouvoir au peuple ! » Gaïd Salah était aussi dénoncé : « Gaïd Salah, le peuple n’est pas dupe, on a dit : vous dégagerez tous ! » ou, s’adressant aux policiers : « Pacifique, pacifique, policier enlève ta casquette et rejoins-nous ! »

Durant sept semaines, des manifestations toujours plus nombreuses se sont déroulées pacifiquement sans aucune intervention policière. Vendredi 12, il en a été ainsi dans toutes les villes du pays, sauf à Alger où la police, usant de canons à eau et de lacrymogènes, a bloqué un point précis de la manifestation : le tunnel des facultés, baptisé par les manifestants le « tunnel du hirak ». Par ailleurs, les policiers ont procédé à des arrestations de manifestants ou de militants, qui ont tous été relâchés au bout de quelques heures. Cette attitude du pouvoir tranche avec celle des semaines précédentes. Bédoui veut à tout prix imposer sa transition démocratique et tente de reprendre le terrain perdu. En provoquant les manifestants, il veut tout à la fois décourager les nombreuses familles présentes et sans doute reprendre en main une police qui semble perméable au mouvement populaire.

Les manifestants ne veulent pas céder aux provocations policières, ils tiennent au caractère pacifique du mouvement. S’organiser, se coordonner, mettre en place des vigiles, ne pas céder aux provocations, c’est ce qu’ont décidé de faire les jeunes des quartiers populaires d’Alger ainsi que les étudiants lors de leurs assemblées générales des différents campus du pays. Mardi 16 avril, ces derniers étaient de nouveau dans la rue dans tout le pays et des milliers à Alger devant la Grande Poste. Les policiers présents en masse ont cédé le terrain.

Le nouveau gouvernement et l’élection présidentielle prévue le 4 juillet sont totalement contestés. Les magistrats et les maires refusent de s’impliquer dans son organisation. Chaque sortie de ministre en province donne lieu à des protestations de la part de la population. À Alger, le ministre des Travaux publics a dû rebrousser chemin. D’autres ont été chassés par la population à Bechar. Le ministre de l’Énergie était, lui, attendu à l’aéroport de Tebessa. Complètement rejetés, ils sont contraints de se cacher et ne peuvent plus sortir de leurs bureaux.

Dans ce contexte de crise politique, Belaïz, le président du Conseil constitutionnel, vient d’annoncer sa démission. La crise politique s’accentue. Les manifestants, méfiants après toutes ces manœuvres, refusent une transition qui vienne d’en haut. Dans ces conditions, les élections présidentielles auront-elle lieu ?

En tout cas, des appels à la grève sont relayés sur les réseaux sociaux et par les syndicats autonomes.

Une manifestation était prévue mercredi 17 avril, contre le secrétaire de l’UGTA, Sidi Saïd, qui vient d’annoncer lors d’un congrès qu’il ne se représentera pas à la tête du syndicat. C’est insuffisant, disent les travailleurs, « il va placer des hommes comme lui ». Ils veulent que le syndicat leur appartienne : « On en a marre de la politique de cooptation et de désignation des représentants des travailleurs par en haut. » Les manifestations du vendredi 19 avril s’annonçaient importantes et devant constituer une nouvelle étape pour ce mouvement qui conteste tout le système politique et ne veut pas se contenter de promesses et de faux-fuyants.

Leïla Wahda
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Gayraud de Mazars » 18 Avr 2019, 08:42

Salut camarades,

SYNDICALISTES ALGERIENS CONTRE SIDI SAID
Le mercredi 17 avril 2019

https://www.dzvid.com/2019/04/17/rassem ... -de-lutte/

http://www.fischer02003.over-blog.com/2 ... -said.html

Rassemblement des travailleurs pour une Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA) de classe et de lutte

Pour une UGTA de classe et de lutte et contre l'UGTA de la compromission avec l’oligarchie, c'est le message essentiel du rassemblement du Mercredi 17 Avril 2019 observé par des milliers de travailleurs devant le siège de l'UGTA.

En effet, à l’appel des syndicalistes, des milliers de travailleurs se sont donné rendez-vous Mercredi 17 Avril 2019 devant le siège de l'UGTA pour faire dégager le secrétaire général Abdelmadjid Sidi-Saïd et sa bande de bureaucrates qui ont mis l’organisation syndicale des travailleurs au service des patrons, des oligarques et du gouvernement.

Pour les travailleurs, l’heure est à la réappropriation de leur organisation de lutte, en chassant les bureaucrates, à commencer par Abdelmadjid Sidi Saïd. « Pour un vrai syndicat », ont scandé les travailleurs qui considèrent que leur organisation a été déviée de sa mission de combat et de défense des intérêts des couches laborieuses..

Il faut rappeler que malgré les mobilisations à la base et les innombrables et multiples batailles, souvent victorieuses, menées par les sections syndicales de l’UGTA au niveau des différents secteurs, la centrale syndicale, bureaucratique et traître, a souvent réussi à étouffer les luttes des travailleurs et à vider l’organisation de sa substance combative.

Les milliers de travailleurs qui constituent la base de l’UGTA n’oublieront jamais que leur direction bureaucratique et traître a accompagné docilement les politiques libérales des différents gouvernements faites d’austérité, de privatisation, de remise en cause des acquis sociaux et de fermeture des entreprises.

Il faut rappeler que l’appel à ce rassemblement a été lancé par plusieurs dirigeants syndicaux dont les secrétaires généraux des unions de wilaya de Saïda, de Tlemcen, de Tizi Ouzou, de Béjaïa et d’Ouargla, et les membres de la Commission Exécutive Nationale (CEN) de plus de vingt et une wilayas, la Fédération Nationale des Travailleurs de la Mécanique, de la Métallurgie, de l’Electricité et de l’Electronique (FNTMMEE) et les unions locales de Rouiba et d’Hassi Messaoud.
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Alger-Khartoum-Bamako, nouvelle phase révolutionnaire.

Message par Gayraud de Mazars » 21 Avr 2019, 16:06

Salut camarades,

Alger-Khartoum-Bamako, nouvelle phase révolutionnaire.
Publié le 20 avril 2019 par aplutsoc

https://aplutsoc.org/2019/04/20/alger-k ... tionnaire/

Bien creusé, vieille taupe !

Si journalistes et grands de ce monde ont annoncé « l’entrée dans le XXI° siècle », correspondant au 1914 du siècle précédent, dès les crimes de masse du 11 septembre 2001, l’on peut dire que l’entrée dans le XXI° siècle des exploités et des opprimés, le XXI° siècle de l’immense majorité luttant pour un avenir humain qui passe par son émancipation, s’est vraiment effectuée avec l’ouverture des « révolutions arabes », soulèvements démocratiques et nationaux de masse portés par les masses paupérisées et par la jeunesse, qui balayèrent la Tunisie, l’Égypte, la Libye, le Yémen, le Bahreïn et la Syrie début 2011, avec des répercussions mondiales.

La répression sanguinaire en Syrie appuyée ou cautionnée par toutes les puissances impérialistes et soutenue directement par une intervention militaire russe massive, l’intervention militaire saoudienne au Yémen (avec des armes françaises qui ne tuent personne selon Mme Florence Parly !!!), et la confiscation de la mobilisation massive de toute la population égyptienne de l’été 2013 par un coup d’État militaire qui, en faisant rentrer les gens chez eux au motif de combats anti-islamiques, a instauré le régime d’al-Sissi, semblaient avoir fait refluer cette gigantesque vague.

Elle vient de relever la tête et une fois de plus se vérifie la vieille maxime : « Bien creusé, vieille taupe ».

Alger.

Ce qui se passe en Algérie est qualifié de « seconde révolution algérienne« . En Algérie, on appelle première révolution la guerre d’indépendance et sa victoire de 1962 contre l’impérialisme français. La première révolution a été confisquée par la caste militaire et kleptomane de l’armée-Etat-parti FLN. Les Algériens avaient une expérience rude et profonde qui a pu expliquer que l’ouverture de la révolution en Tunisie fin 2010-début 2011 n’y ait pas directement provoqué une explosion généralisée (bien qu’elle ait été suivie de mouvements nombreux dans tout le pays et dans les zones limitrophes) : l’utilisation par la caste au pouvoir de la percée électorale des islamistes dans des élections libres octroyées en catastrophe est une terrible expérience que l’Algérie avait déjà faite, et qui s’est reproduite en mode accéléré, sous diverses formes, notamment en Tunisie et en Égypte depuis 2011.

Ceci donne d’autant plus de puissance et de portée internationale au soulèvement général de toute l’Algérie qui se produit aujourd’hui, lequel assume une pleine conscience de la nécessité de chasser et de détruire toute la caste au pouvoir, de tenir les islamistes à distance, tout en reprenant les modalités d’action au point où le peuple égyptien avait dû les laisser en juillet 2013, à savoir, ni plus ni moins : les plus grandes manifestations de toute l’histoire si l’on rapporte le nombre de manifestants à la population !

Qu’on en juge. L’Algérie a 42 millions d’habitants aujourd’hui. La vague de manifestation actuelle débute à Kherrata le 16 février. Le vendredi 22 février, 800 000 manifestants dans le pays. Le 1° mars, 3 millions. Le 8 mars, 5 millions. Le 15 mars, 14 millions. Depuis, cette levée en masse se développe en manifestations locales sur fond de grève générale étudiante, avec de nombreuses grèves dans les entreprises et un mouvement de reconquête du syndicat étatisé qu’est l’UGTA, pour le rendre aux travailleurs.

Les hautes sphères militaires ont d’abord fait renoncer la momie Bouteflika à sa candidature puis l’ont fait démissionner. Clairement, il y a maintenant face à face l’immense majorité et la caste militaro-kleptomane.

Le vrai chef provisoire de l’exécutif, le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, a testé la répression le 12 avril : gazages, charges, arrestations, humiliations de militantes féministes, le tout ayant accentué la mobilisation générale. La répression ne marche pas, ou alors il faudrait tirer et faire de l’Algérie une nouvelle Syrie. La caste a peur et cherche sans doute à assurer une « transition » qui lui permette de se préserver, à la façon de l’armée brésilienne après 1985 (et l’on voit aujourd’hui que celle-ci n’avait jamais retiré complètement ses positions et tire les ficelles de Bolsonaro que ses propres partisans perçoivent comme une marionnette).

La caste a raison d’avoir peur car le peuple algérien veut la chasser tout entière. La jeunesse sait ce que veut dire le message de la vétérante de la guerre d’indépendance Djamila Bouhired : « Ne les laissez pas voler votre victoire !«

Khartoum.

Mais il y a plus, beaucoup plus. C’est dans toute l’Afrique que l’on regarde vers l’Algérie. La caste algérienne est en effet, après la caste égyptienne (qui l’a historiquement parrainée), la plus vieille et la pire des castes de rentiers-militaires-népotistes-kleptomanes qui saignent leur pays, à l’échelle du continent. C’est un modèle. Or, la guerre d’indépendance algérienne a stimulé et permis toutes les indépendances africaines des années 1958-1962. La seconde révolution algérienne sonne dans toute l’Afrique comme le signal des secondes luttes d’indépendance contre les pouvoirs en place.

Elle est d’emblée en connexion avec sa révolution-soeur, celle du Soudan.

A Khartoum les manifestations, initialement déclenchées par la hausse des prix, durent depuis décembre 2018. Mais la répression avait déjà fait des dizaines de morts et avait vu arriver des renforts spéciaux, sous la forme de mercenaires du groupe Wagner, lié à Poutine et aux firmes minières russes, intervenant déjà en République centrafricaine. C’est l’élan de la révolution algérienne qui semble bien avoir directement galvanisé le peuple soudanais et suscité une reprise, plus massive que jamais, des manifestations à Khartoum.

Début avril, des milliers de manifestants ont commencé à camper devant le siège de l’état-major. Les méthodes soudanaises ont combiné les manifestations ultra-massive à la manière égyptienne de 2013 et algérienne d’aujourd’hui, avec l’installation d’un bastion symbolique défiant directement le cœur du pouvoir, à la manière de la place Tarhir et du Maïdan.

Le Nord-Darfour, région tristement victime de ce régime depuis des années, connaissait des soulèvements et, dans l’Est du pays – et non loin de l’Érythrée où la situation politique est en pleine évolution en relation avec la poussée révolutionnaires qu’a connue l’Éthiopie depuis deux ans -, à Kassala et à Port-Soudan, les manifestants ont pris d’assaut les locaux de la police politique (NISS, « bureau de renseignement et de sécurité ») et ouvert les prisons. Les chefs du NISS pris de panique, ont annoncé la libération de tous les prisonniers politiques à l’échelle nationale. C’est alors (11 avril) que l’état-major a démissionné le dictateur Omar el-Béchir, depuis emprisonné (et ainsi protégé de la colère populaire), puis annoncé une « transition de deux ans » sous son égide.

Les manifestations de masse continuent donc : le mot d’ordre de « pouvoir civil » signifie clairement que les spécialistes de la « transition » que sont ces messieurs les militaires-kleptomanes doivent partir et que c’est la démocratie sans frein, avec des élections constituantes libres, comme en Algérie, qui s’impose et que veut le peuple.

Un trait fort de la révolution soudanaise est la place souvent dirigeante dans les manifestations prise par les femmes, avec la figure symbolique de Alla Salah, dont l’image s’inscrit dans les mythes nationaux du pays (elle évoque en effet une « reine » nubienne de l’Antiquité). Ce fait politique est de la plus haute importance et fait écho à la place croissante des luttes des femmes pour leur émancipation à l’échelle mondiale.

La chute du dictateur soudanais interfère immédiatement avec les « négociations de paix » qu’au grand dam de l’impérialisme français la Russie avait commencé à parrainer, concernant la République centrafricaine, à Khartoum, et qui ne peuvent guère continuer ouvertement. En outre, Al-Bachir passait, au moins jusqu’à ce que le pape les reçoive opportunément début avril, pour celui qui pouvait faire « s’entendre » les deux chefs de guerre du Sud-Soudan financés par les entreprises minières et pétrolières concurrentes, Salva Kiir, président en exercice, et son adversaire Riek Machar. Sa chute a immédiatement provoqué un appel de Riek Machar à un report de la formation d’un gouvernement de coalition qui était prévu, sous tutelle de l’ONU, pour le 12 mai. Des ONG et des organisations de défense des femmes victimes des viols et crimes de guerre au Sud-Soudan, préconisent, pour leurs propres raisons, un tel report, n’ayant aucune confiance dans ceux qui formeraient un tel gouvernement, et appelant à l’intervention populaire directe dans le « processus de paix ».

Bamako.

Alger-Khartoum : cet axe révolutionnaire amorce la transformation de l’espace saharien, maghrébin et sahélien, actuellement espace des trafics, de la traite des migrants, des pillages islamistes et des manœuvres militaires françaises, en un espace de lutte commune des populations contre tous leurs oppresseurs.

Cette poussée révolutionnaire globale arrive vraiment au bon moment pour le Mali. Le Mali est traumatisé par le massacre du samedi 23 mars dernier, où des individus habillés en « chasseurs dogons » ont tué un village entier et des centaines de peuls. Il ne s’agit pas là de « rivalités traditionnelles », pas plus que les massacres de Tutsis (et des Hutus refusant de participer à la curée) n’étaient, en 1994 au Ruanda, le dénouement de « rivalités ancestrales ». Au Mali tout le mode perçoit que de tels évènements, au nom de la lutte contre l’islamisme attribué (faussement) aux peuls, relèvent d’une décomposition profonde et d’une transformation de pans entiers de l’appareil d’État en mafias. Et tout le monde estime que la France, qui s’était posée en sauveuse du pays quand des bandes islamistes (largement composées de flics de Kadhafi promptement reconvertis) étaient venues attaquer le delta intérieur du Niger en 2012, porte la responsabilité de ne vouloir en aucun cas que se constitue une vraie démocratie dans quelque pays africain et sahélien que ce soit. En réaction au massacre et pour interdire que l’enchaînement des massacres ne se poursuive, des dizaines de milliers de manifestants ont déferlé à Bamako.

Ils font écho, consciemment, à Alger et à Khartoum, et là est pour eux l’issue.

Ni l’armée française, ni les mercenaires russes, ni les bandes islamistes, ne sont porteurs de quelque protection que ce soit pour tous les peuples du Sahara, du Maghreb et du Sahel.

L’impérialisme français protège le régime algérien et couine, par la voie du ministre Le Drian, contre les infiltrations de mercenaires russes. Mais de fait, il est conduit à une coopération contre-révolutionnaire et anti-démocratique avec eux. Il y a d’ailleurs, sur ce plan, un grand précurseur, dénommé Alexandre Benalla ! N’oublions pas en effet qu’au Nord du Tchad, dans le Tibesti,l’armée française aide le dictateur Idriss Déby à faire le ménage contre les populations toubous afin de faire de la place pour l’exécution des contrats miniers qu’il a négocié. Si l’on dessine une figure Alger-Khartoum-Bamako, sans oublier la volonté du peuple burkinabé, qui a réalisé une révolution démocratique en 2014, d’être maître de son destin, alors on peut constater que le Tchad, plaque tournant de la présence militaire française, est le maillon qui doit tomber …

Un verrou nommé al-Sissi.

On peut s’accorder avec Gilbert Achcar qui, dans une récente interview (Libération, 11 avril), pointe en direction de l’Égypte :

« La situation économique est insupportable en Égypte. Les gens ne descendent pas dans la rue parce qu’ils sont échaudés par les résultats obtenus depuis 2011. Ils sont revenus à la case départ, voire pire. Mais quand ils voient ce qui se passe à côté, au Soudan et en Algérie, cela leur redonne courage. Tôt ou tard, le mouvement repartira. Le ras-le-bol est général.«

Le régime d’al-Sissi est le cœur de la contre-révolution « arabe ». Un peu plus tôt, un peu plus tard, c’est là que la crise va reprendre. Le soutien à al-Sissi voit communier les Macron et les Poutine. Or, c’est son protégé qui tente actuellement de réunifier la Libye sous une botte militaire, le « maréchal » Afthar, ancien bonze de l’appareil d’État de Kadhafi, se présentant comme le vainqueur de Daesh dans le golfe de Syrtes (titre que revendiquent aussi ses adversaires des milices de Misrata), mais que soutiennent les salafistes et, derrière eux, les régimes saoudien et émirati. Vendredi 19 avril, Trump a annoncé qu’il lui avait téléphoné pour lui dire son soutien.

En Tunisie comme en Algérie et comme au Soudan, le retour au pouvoir d’un général, pardon d’un « maréchal », en Libye, est clairement perçu comme dirigé contre la démocratie et allant, pour ainsi dire, à l’encontre du vrai sens de l’histoire. L’ordre des milices esclavagistes en Libye ne prendrait d’ailleurs pas fin avec Afthar, il serait juste réorganisé et centralisé.

Mais ce qui se joue là dépasse la Libye : c’est bien à l’échelle de toute l’Afrique et de tout le « Proche et Moyen Orient » (comme disent les européens !) que la reprise des révolutions tend à affronter la contre-attaque des militaires.

A Alger, à Khartoum, ils doivent tomber. La poussée révolutionnaire va renforcer la lutte des exploités au Maroc, dans le Rif, reprendre son extension en Afrique, aggraver la crise de l’impérialisme français, et pousser vers ce verrou posé contre toute démocratie depuis 2013, qui s’appelle al-Sissi.

Nos responsabilités en France.

En France, ces développements nous donnent la responsabilité, dans la lutte sociale visant Macron, de mettre l’accent sur sa politique africaine d’Alger et de Bamako à Bangui en passant par N’djamena, et les connexions de celle-ci avec l’affaire Benalla. L’exécutif français en pleine dérive ne doit être épargné à propos d’aucun de ses méfaits, et ses méfaits africains sont les pires.


Fraternellement,
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Re: Alger-Khartoum-Bamako, nouvelle phase révolutionnaire.

Message par com_71 » 21 Avr 2019, 22:40

Oui, la taupe creuse. Son sens de la vision laissant à désirer, elle a toujours à trouver des lunettes ad hoc.
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par com_71 » 24 Avr 2019, 21:53

lutte ouvrière 24 Avril 2019 a écrit :Algérie : face à la mobilisation, le chef de l’armée se pose en sauveur

Mardi 16 avril, le chef d’état-major de l’armée algérienne Gaïd Salah a accusé l’ex-chef des services de sécurité d’être à l’origine de la répression contre les manifestations à Alger et a aussi annoncé l’ouverture d’enquêtes pour corruption.

Gaïd Salah a également fait procéder au limogeage de généraux, à des mouvements de préfets, à l’arrestation de patrons accusés de corruption. Parmi eux on trouve Issad Rebrab, l’homme le plus riche du pays. Gaïd Salah veut ainsi se donner l’image d’un protecteur du mouvement populaire qui voudrait répondre à ses aspirations.

Vendredi 19 avril, les manifestants toujours aussi nombreux lui ont répondu aux cris de « Sorry, Sorry, Gaïd Salah, on n’est pas des cons. Dégagez, ça veut dire dégagez ! ». Dans la rue principale d’Alger, accrochée à la façade d’un immeuble, on pouvait lire sur une immense banderole : « Vous possédez le Parlement, nous, nous avons tout le reste du pays, 2,3 millions de km2. Partout où vous irez, vous nous trouverez. »

En effet, la mobilisation ne faiblit pas et les multiples colères non plus. À Alger, l’effondrement d’un immeuble de la Casbah tombant en ruines a suscité la colère des habitants. En plus des blessés, deux personnes dont un enfant ont trouvé la mort. Le wali (préfet) d’Alger, venu sur les lieux, a été chassé par les habitants. Ils lui reprochent le manque de moyens pour l’entretien de la Casbah, pourtant classée au patrimoine mondial par l’Unesco.

Après l’annonce à la télévision que l’ex-Premier ministre Ouyahia était convoqué par la justice, un rassemblement s’est improvisé devant le tribunal. Les manifestants munis de pots de yaourt ont attendu celui qui, pour imposer son plan d’austérité, avait dit : « Le peuple peut se passer de yaourt. »

À Constantine, des travailleurs de Sonelgaz, la compagnie nationale de l’électricité et du gaz, ont quant à eux chassé le ministre de l’Énergie Mohamed Arkab, au cri de « Vous avez volé le pays, voleurs ! » Mais comme le disait un travailleur, « La mafia ce n’est pas seulement là-haut, c’est aussi ici dans l’usine ». Il désignait les directeurs, les patrons, et aussi les bureaucrates syndicaux.

De son côté, le dirigeant du syndicat UGTA Sidi Saïd est accusé d’avoir cautionné la politique antiouvrière du pouvoir : les plans d’austérité, le blocage des salaires, les attaques contre les retraites et le Code du travail. Aussi, mercredi 17 avril devant le siège de l’UGTA, de nombreux travailleurs se sont rassemblés pour exiger son départ.

Répondant à des appels à la grève lancés sur les réseaux sociaux, les travailleurs communaux de nombreuses villes sont en grève. Ceux de la poste et des télécoms, en grève depuis une semaine dans tout le pays, réclament qu’on leur verse le salaire qui leur est dû.

Le ramadan doit commencer début mai et Gaïd Salah espère sans doute que cela fera refluer la contestation. Mais il agite aussi la menace du chaos économique tout en reprenant à son compte le slogan des manifestants « Armée, peuple Frère Frère. »

La mobilisation en s’approfondissant peut espérer gagner à elle les soldats du rang, mais l’état-major de l’armée reste le pilier de cet ordre social injuste. Il sera le cas échéant prêt à l’écraser. Pour les travailleurs qui sont la base de la pyramide sociale, le combat ne fait que commencer.

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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par Plestin » 27 Avr 2019, 21:21

Une nouvelle organisation dénommée VOS (Voie Ouvrière pour le Socialisme) est née en Algérie. Quelqu'un sait-il à quel courant elle se rattache ?

https://www.dzvid.com/2019/04/26/gauche ... s-est-nee/

La première partie de leur manifeste décrit la situation générale en Algérie. La seconde partie est la suivante :

Les travailleurs peuvent prendre la direction et offrir des perspectives au mouvement

Au-delà de cette force dont nous réjouissons, nous sommes convaincus que sans direction réellement révolutionnaire, notre mouvement risque d’être détourné comme l’a été notre guerre de libération nationale, nos révoltes de 1988 et notre printemps de 2001.

Les travailleurs ont entre les mains la force dont a grandement besoin le mouvement populaire. En plus de leur poids économique et de leur force numérique, les travailleurs sont organisés dans les entreprises. C’est à eux de montrer la voie de l’organisation démocratique pour les autres couches. En s’organisant sous leur propre drapeau, en Assemblées, dans des comités pour élire des délégués parmi leurs semblables les travailleurs peuvent envoyer le signal à l’ensemble du mouvement.

C’est ce rôle de locomotive que doivent jouer les travailleurs dans ce mouvement pour le tirer de l’avant et accroitre ses chances de vaincre contre le régime et contre les manipulateurs. C’est en prenant la direction du mouvement que les travailleurs peuvent dessiner des perspectives réellement révolutionnaires au hirak. Celle d’un mouvement qui va contester le pouvoir des grands patrons nationaux et internationaux qui sont les vrais responsables de notre misère et de notre oppression.
En dépit de la propagande des notables portée par les médias de la bourgeoisie appelant à l’union sacrée, essayant de dissuader les masses et les travailleurs de s’organiser dans leurs propres structures et défendre leurs propres revendications…, des organisations embryonnaires se constituent à la base dans certains quartiers et dans quelques entreprises.

Les mobilisations derrière les appels anonymes et les grèves organisées sauvagement traduisent la volonté des travailleurs de se battre et de s’engager en tant que classe. Cependant, aucune organisation syndicale ne se propose de jouer ce rôle. L’UGTA est complétement transformée en une institution gouvernementale et la majorité de ses sections en guichets de bureaucrates qui au mieux se limitent à la gestion des œuvres sociales. Les syndicats autonomes quant à eux, et au-delà de leur combativité aléatoire et de leur représentativité dans certains secteurs de la fonction publique, se contente de montrer sa force et ne donnent pas de sérieuses perspectives de lutte au monde du travail.

Si les travailleurs ont raison de répondre aux appels de grève de ces syndicats, ils doivent, toutefois, prendre le contrôle à la base de leurs organisations et de leur mouvement. Les travailleurs du privé appelés à se joindre à leurs camarades dans la lutte sous le même drapeau, doivent créer, aussi, des organisations démocratiques, combatives et représentatives de leurs intérêts. C’est ainsi qu’ils peuvent envisager une intervention collective par la grève générale.

Proclamation

C’est dans cette perspective que nous, militants et militantes de la Voie Ouvrière pour le Socialisme, comptons nous engager. Nous sommes conscients que les illusions d’un capitalisme et de la démocratie abstraite restent très fortes en dépit de la crise de ce système au niveau mondial et malgré les démonstrations répressives que font ces Etats qui passent pour les chantres de la démocratie.

Nous sommes conscients que le rêve socialiste trahi par les bureaucraties socialistes, déformé par les nationalistes et dénigré par les politiciens de la bourgeoisie ne constitue pas l’idéal des masses populaire aujourd’hui et que l’abolition de l’exploitation et l’oppression de l’homme par l’homme, l’égalité des sexes et l’unité des peuples sont perçues aujourd’hui comme des utopies irréalisables quand elles ne sont pas attaquées au nom du conservatisme qui continue de distiller dans notre pays et dans le monde son venin raciste et sexiste pour nous diviser afin de garantir le règne de leurs maîtres.

Nous demeurons convaincus que le socialisme est l’avenir de l’humanité. C’est la seule perspective qui mettra fin à l’anarchie du capitalisme et empêchera notre monde de sombrer dans la barbarie.

Nous sommes, aussi, conscients que les travailleurs algériens qui avaient ébauché dès les années 1920 la lutte contre le colonialisme, lancé la révolte de 1988 et qui jouent un rôle dans le mouvement en cours n’ont pas réussi à se constituer en tant que classe sociale dirigeante. Ils ont toujours cédé la direction de leurs nombreuses luttes aux politiciens de la bourgeoisie et aux bureaucrates qui se sont retournés contre eux et contre les couches défavorisées de la société.

Nous sommes Toujours convaincus que les travailleurs, de par leur place au cœur de l’économie, constituent la seule classe homogène qui dispose de la force nécessaire et qui a intérêt à changer radicalement le système politique, économique et sociale. C’est cette classe qui peut engager la construction d’un nouveau monde débarrassé de l’exploitation, de la misère, des guerres et de l’autoritarisme.

Nous sommes, également, convaincus qu’une direction révolutionnaire est indispensable pour espérer une victoire définitive des travailleurs et des masses populaires. Par la proclamation de notre organisation, nous espérons et souhaitons contribuer à la construction du parti révolutionnaire des travailleurs et des opprimés.

Alger, le 19.04.2019
Plestin
 
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Re: Algérie : la contestation s'amplifie

Message par com_71 » 27 Avr 2019, 22:31

Sur le même site :

DZvideo 27 4 2019 a écrit :Mise au point de Voie ouvrière pour le socialisme (VOS) au journal El Watan

La nouvelle organisation politique de gauche Voie ouvrière pour le socialisme (VOS) a publié sur sa page facebook une mise au point adressée au quotidien francophone El Watan, suite à l’article « Béjaïa : l’armée dans les casernes, pouvoir au peuple » signé K. Medjdoub et jugé diffamatoire. Nous reproduisons ci-dessous et pour le principe la mise au point de VOS :

Droit de réponse-dénonciation

Dans l’édition du 27/04/2019 du quotidien El Watan, figure en page 5, un article signé par K. Medjdoub dans lequel il laisse entendre que nous voulions semer la division dans le mouvement au seul motif que nous avions dénoncé dans un tract diffusé, la manœuvre du comité de soutien au milliardaire Rebrab.

Nos camarades ont, contrairement aux assertions mensongères du journaliste, été bien accueillis par les manifestants, en témoigne le nombre important de tracts distribués et le bon accueil qui leur a été réservé.

L’éthique journalistique vous aurait recommandé de reprendre notre déclaration communiquée à votre service politique. Cependant, et nous tenons à vous le faire savoir, que nous n’avons plus d’illusions sur votre respect de l’éthique depuis bien longtemps. Particulièrement depuis, votre jubilation suite à l’ASSASSINAT du dictateur Kadhafi par les mercenaires et les bombes de l’Otan. Et Votre soutien inconditionnel à l’une des premières fortunes du pays en l’occurrence, Issad Rebrab démontre à quel point vous êtes inféodés au pouvoir de l’argent.

Nous n’allons pas recourir à la justice pour faire valoir nos droits, mais nous comptons sur la conscience du peuple en marche pour sa liberté et nous prenons à témoin la population de Béjaia qui s’est montrée consciente face aux manœuvres des apprentis sorciers visant à instrumentaliser la kabylie dans des luttes d’appareils, entre fractions du pouvoir.
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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