Quand l'union sacrée écolo profite à l'extrême-droite

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Quand l'union sacrée écolo profite à l'extrême-droite

Message par com_71 » 16 Déc 2019, 10:54

en Allemagne

intervention au congrès de LO a écrit :...Une bonne partie de ces attaques patronales, notamment dans l’automobile, ainsi que des attaques gouvernementales, ont pris un déguisement : celui de la soi-disant lutte contre le changement climatique. Il faut dire que le mouvement de la jeunesse Fridays for future a été très suivi en Allemagne et particulièrement tenace. Pendant six mois, des dizaines, puis des centaines de milliers de jeunes ont manifesté tous les vendredis matin, exprimant leurs craintes quant à l’évolution de l’état de la planète. Au point culminant en septembre, il y avait 1,4 million de manifestants, avec d’un côté de la colère contre la logique du profit et l’envie de changer collectivement tout « le système », de l’autre côté des idées individualistes sur le thème « à chacun de changer de comportement ».

Puis le mouvement a été politiquement récupéré par les Verts, et finalement par quasiment l’ensemble des partis. Les partis de la grande coalition ont essayé d’enrayer leur déclin électoral en naviguant sur la vague écologiste. Depuis des mois, ils ne parlent quasiment plus de rien d’autre. Sur le plan électoral, cela ne les a guère aidés. Mais ils en ont profité pour faire passer un paquet de lois prétendument pour le climat, qui augmentent la note de chauffage et d’essence pour les classes populaires, pendant qu’on arrose le patronat de la somme astronomique de 50 milliards d’euros en quatre ans. Et, de Die Linke jusqu’à la droite la plus réactionnaire en Bavière, des patrons aux syndicats, tous vont dans le même sens, faisant naître une ambiance type union sacrée pour lutter contre l’ennemi commun, le changement climatique.
Une union sacrée antiouvrière qui profite à l’extrême droite

Il n’y a qu’un seul parti pour s’opposer à cette politique et qui apparaît du coup comme le seul défenseur des travailleurs et des déshérités : c’est l’AfD (Alternative für Deutschland, Alternative pour l’Allemagne), l’extrême droite. À la manière d’un Trump, l’AfD veut laisser les patrons polluer comme bon leur semble, postulant que cela renforcerait la compétitivité de l’industrie allemande et garantirait ainsi l’emploi. Un exemple qui illustre bien cette dynamique est l’arrêt de l’extraction du lignite (une variété de charbon) en Rhénanie et surtout dans une grande région de l’Est.

Sous prétexte que l’extraction sera interdite en 2035, les trusts de l’énergie ont annoncé des licenciements tout de suite. Lors des dernières élections cet automne, tous les partis sauf l’AfD ont expliqué aux travailleurs que ce sacrifice serait nécessaire pour sauver le climat, mais que, grâce aux subventions étatiques, ils trouveraient sûrement tous un nouvel emploi. L’AfD en revanche revendiquait la poursuite de l’activité minière, et apparaissait donc comme le seul défenseur des salariés. Cela a contribué à son succès électoral. Dans bon nombre de communes touchées par la question du lignite, l’AfD a obtenu dans les 40 % des voix.

Il faut dire que le syndicat de ce secteur, l’IG BCE, les a bien aidés. À plusieurs reprises, il a mobilisé pour repousser la fin de l’extraction du lignite et réclamer des subventions pour les patrons. Et il n’a pas hésité à accueillir un cortège de l’AfD dans une manifestation en Rhénanie – du jamais vu dans une manifestation syndicale – tellement syndicat et extrême droite étaient sur la même longueur d’onde de vouloir « sauver l’industrie allemande du fanatisme écologique ». Et il y a deux semaines, quand des militants écologistes ont organisé des manifestations un peu musclées contre la poursuite de l’extraction de lignite en Allemagne de l’Est, patronat et syndicat ont organisé ensemble un événement contre les écologistes, en harmonie avec bien des politiciens locaux, dont ceux de l’AfD étaient les plus virulents. Des groupes néonazis de la région faisaient également campagne, et un groupe de policiers s’est fièrement photographié devant un tag des néonazis contre les écologistes...


https://mensuel.lutte-ouvriere.org//201 ... 37978.html
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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