LE PCR a écrit :Cette nuit, à 2 heures (à Caracas), l’impérialisme américain a lancé une attaque criminelle sur le sol vénézuélien. On rapporte six grandes explosions à Caracas, la capitale. D’autres frappes ont touché El Higuerote, Miranda, La Guaira et Aragua. Des hélicoptères américains ont survolé Caracas. Trump a annoncé l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse, qui ont été exfiltrés du Venezuela. Ceci a été confirmé par Delcy Rodriguez, la Vice-présidente du Venezuela. Voilà ce qu’on sait à cette heure.
Ces événements ne sont absolument pas une surprise. Ils découlent d’une politique cynique, froidement calculée, qui reflète les véritables intérêts et l’agressivité de l’impérialisme américain.
Cette attaque est l’inévitable culmination d’une longue série d’agressions unilatérales contre un Etat souverain, le Venezuela, qui n’a jamais constitué la moindre menace militaire contre les Etats-Unis.
Ces derniers mois, il y a eu des actes de piraterie flagrants, le bombardement et le mitraillage de petites embarcations en mer des Caraïbes, et le massacre délibéré des malheureux occupants de ces bateaux. Il est pratiquement certain que les victimes étaient d’innocents pêcheurs. Quoi qu’il en soit, ces actions sont une violation flagrante de ce qui s’appelle, ironiquement, le « droit international ». A cela s’est ajouté la saisie de navires transportant du pétrole vénézuélien – et leur confiscation (en fait, leur vol) par les Etats-Unis.
Ces six mois d’intimidations et d’escalade militaires, à l’initiative de l’impérialisme américain et de l’administration Trump, est une agression unilatérale que rien ne justifie. Elle n’a rien à voir avec la lutte contre le narcotrafic, comme nous l’avons expliqué. Elle n’a rien à voir, non plus, avec « la démocratie », dont les Etats-Unis se moquent éperdument.
Trump, l’homme qui se proclame « faiseur de paix », l’homme qui a promis d’en finir avec les guerres inutiles, a bombardé le Nigeria le jour de Noël. A présent, il bombarde le Venezuela et, de nouveau, menace militairement l’Iran. Au Venezuela, l’agression militaire se double de l’enlèvement criminel du chef de l’Etat.
L’objectif central de cette agression est de prévenir le monde entier que les Etats-Unis ont l’intention de dominer et subjuguer l’ensemble du continent américain – et de punir sévèrement tous les gouvernements qui y feraient obstacle.
Ces événements auront de très sérieuses conséquences. On entend dire qu’il s’agirait « seulement » de capturer le Président Nicolas Maduro et de l’exfiltrer hors du Venezuela. De telles actions, dont le caractère criminel est indéniable, font davantage penser aux méthodes d’une mafia qu’à celles de la diplomatie internationale. Nous avons là un exemple clair de ce qu’ils appellent « l’ordre international fondé sur le droit » – qui signifie, en réalité, l’imposition de règles arbitraires par Washington, conformément aux intérêts de l’impérialisme américain.
Tout pays, gouvernement ou dirigeant qui ose s’opposer à ces « règles » s’expose aux menaces, sanctions, blocus, bombardements et même, comme on le voit, à un enlèvement digne d’une mafia. Telles sont les « règles » que les Etats-Unis et leurs acolytes européens veulent imposer au monde entier.
Cependant, l’expérience nous apprend qu’il est difficile de prévoir l’issue d’une intervention militaire de ce type. La guerre est une lutte entre des forces vivantes. La façon dont va se solder ce conflit avec le Venezuela ne dépend pas seulement de Donald Trump, car les guerres ont leur propre logique, et il est difficile d’en prévoir la conclusion.
Le bombardement d’infrastructures militaires et civiles ne peut pas manquer de faire des victimes civiles. Ceci provoquera un sentiment général de révulsion et de haine contre l’agresseur américain. Il est possible que ce sentiment soit canalisé vers une action militaire : cela dépend de nombreux facteurs, dont le moral des masses vénézuéliennes.
Padrino, le chef des forces armées du Venezuela, a annoncé qu’il y avait eu des victimes civiles, et il a appelé à la résistance nationale contre cette agression impérialiste flagrante. Il a affirmé que toutes les forces armées seraient mobilisées et déployées. « Ils nous ont attaqué, mais ils ne nous ont pas soumis », a-t-il déclaré.
Ceci dit, il faut regarder les choses en face. Le Venezuela est un petit pays qui n’est pas de taille face à la colossale puissance militaire de l’impérialisme américain.
Le facteur décisif sera la façon dont les masses vénézuéliennes répondent à l’appel de Padrino. Il est impossible de le prévoir faute d’informations suffisamment précises, à cette heure. Nul doute qu’une large fraction de la société – les travailleurs, les paysans, les pauvres des villes et tous ceux qui ont bénéficié de la révolution bolivarienne – seraient toujours prêts à se battre, si une direction sérieuse leur est donnée. Mais est-ce que cela suffira ?
Cuba est trop faible pour apporter une aide militaire substantielle au Venezuela. Quant à ses principaux alliés, la Russie et la Chine, ils en sont géographiquement très éloignés. Ce conflit ressemble donc à celui de David contre Goliath. Il va sans dire que, dans ce conflit, le soutien de la classe ouvrière internationale sera d’une très grande importance. En particulier, l’attitude des masses latino-américaines sera décisive.
Un avertissement clair est lancé aux autres pays du continent : ils sont appelés à se soumettre à l’impérialisme américain. Cela s’applique tout particulièrement à la Colombie et à son président, Gustavo Petro.
Il est vrai qu’il y a beaucoup de gens, à gauche, qui n’ont aucune confiance dans l’actuel gouvernement de Caracas. Mais ce n’est pas le bon critère pour déterminer notre attitude dans ce conflit. Indépendamment de notre appréciation du gouvernement de Nicolas Maduro, notre devoir le plus élémentaire est de soutenir fermement le Venezuela face à l’agression militaire de l’impérialisme américain.
En soutenant inconditionnellement le Venezuela, dans le présent conflit, nous n’exprimons pas davantage de confiance dans la politique de Maduro que nous n’exprimions de confiance dans le régime réactionnaire et corrompu des Mullahs, en Iran, pays que nous avons fermement soutenu face à l’agression militaire décidée par Trump et Netanyahou. Notre position ne dépend pas de ce que nous pensons, politiquement, de tel ou tel gouvernement, mais des principes fondamentaux de l’internationalisme prolétarien. Toute vacillation, dans ce domaine, est un crime contre la classe ouvrière et une trahison de l’internationalisme prolétarien.
Le mouvement ouvrier international doit se mobiliser et rejeter fermement cette agression impérialiste unilatérale. Il y aura sans doute des rassemblements de protestation, aujourd’hui, devant les ambassades américaines à travers l’Amérique latine et au-delà. L’Internationale Communiste Révolutionnaire mobilisera toutes ses forces dans la défense inconditionnelle du Venezuela.
Notre position est claire : Pas touche au Venezuela ! Yankee, go home ! A bas l’impérialisme américain !
Révolution numéro 86