Belles feuilles

Marxisme et mouvement ouvrier.

Re: Belles feuilles

Message par artza » 01 Nov 2015, 11:12

Une réflexion de J-P Cannon à propos des relations entre les hommes d'église et le mouvement ouvrier (L'histoire du trotskysme américain).

...il est très difficile de faire quelque chose d'un pasteur. Je ne dis pas cela pour plaisanter et je le dis avec plus de peine que de colère. J'ai vu plusieurs tentatives en ce sens, mais aucune n'a réussi. Muste était, si l'on veut, la dernière et la meilleure chance d'y arriver. Et même lui, qui était le meilleur espoir de tous, n'y est finalement pas arrivé à cause de ce terrible passé religieux qui l'avait gâché pendant les années de sa formation. Consommer l'opium de la religion est très mauvais en soi- Marx a correctement défini cette dernière comme de l'opium. Mais faire le trafic de l'opium de la religion, comme les pasteurs le font, c'est bien pire. C'est une occupation qui déforme l'esprit humain. Aucun pasteur, parmi les nombreux qui ont adhéré au mouvement ouvrier radical en Amérique à travers son histoire, aucun d'entre eux n'a bien tourné et est devenu à la fin un véritable révolutionnaire. Aucun.
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Re: Belles feuilles

Message par com_71 » 12 Août 2017, 22:47

Trotsky lisant la correspondance de Marx et Engels :

Marx et Engels furent des révolutionnaires jusque dans la moelle des os. En outre, il n'y eut en eux pas ombre de sectarisme ou d'ascétisme. Tous deux, et particulièrement Engels auraient pu, à n'importe quel moment, déclarer que rien d'humain ne leur était étranger. Mais les larges vues révolutionnaires dont ils étaient innervés leur permirent toujours de s'élever au-dessus des vicissitudes du sort, au-dessus des oeuvres de l'homme. Rien de mesquin n'était compatible non seulement avec eux, mais avec leur seule présence. Aucune bassesse ne pouvait s'attacher même à leurs semelles. Leurs appréciations, leurs sympathies, leurs plaisanteries, même les plus ordinaires, sont toujours enveloppées de l'air pur des hauteurs, de noblesse spirituelle. Ils peuvent porter sur un homme un jugement meurtrier, mais ils ne colporteront pas des cancans. Ils peuvent être impitoyables, mais ils ne seront pas félons. Pour tout ce qui est d'un éclat extérieur, des titres, des grades, des qualifications honorifiques, ils n'ont qu'un tranquille mépris. Ce que des philistins et des êtres vulgaires prenaient en eux pour de l'esprit aristocratique faisait justement et seulement leur supériorité de révolutionnaires. Supériorité dont la caractéristique essentielle était une absolue indépendance organique à l'égard de l'opinion publique officielle, toujours et en toutes circonstances. A lire leurs lettres, plus encore qu'à lire leurs ouvrages, je sentais que ce qui me liait intimement au monde de Marx et d'Engels était précisément ce qui m'opposait, sans possibilité de conciliation, aux austro-marxistes.


https://www.marxists.org/francais/trots ... e/mv18.htm
Si on parle de "révolution", "peuple révolutionnaire", "démocratie révolutionnaire", 9 fois sur 10 c'est mensonge ou aveuglement. La question est, Quelle classe fait la révolution ? Une révolution contre qui ? Lénine
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Re: Belles feuilles

Message par com_71 » 22 Août 2017, 15:41

Belles feuilles... si l'on peut dire :

...l'ordre et la paix qui ne refleuriront que par la ferme et sévère exécution des lois, c'est-à-dire le précieux privilège de prendre nous-mêmes Paris d'assaut en lieu et place des Prussiens et d'arroser de sang ces fleurs délicates de l'ordre et de la paix... (Applaudissements et cris d'enthousiasme)


(Jules Favre ministre des Affaires étrangères de Thiers, à l'assemblée de Versailles, 13 mai 1871)
source : La Commune au jour le jour, d'Elie Reclus, dont je recommande encore la lecture.
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Belles feuilles Marx, Principes sociaux du christianisme

Message par com_71 » 11 Sep 2017, 13:44

Marx en 1847 :
Les principes sociaux du christianisme ont eu maintenant dix-huit
siècles pour se développer et n’ont pas besoin d’un supplément de
développement par des
conseillers au consistoire prussiens.
Les principes sociaux du christianisme ont justifié l’esclavage
antique, magnifié le servage médiéval
et s’entendent également, au
besoin, à défendre l’oppression du prolétariat, même s’ils le font avec
de petits airs navrés.
Les principes sociaux du christianisme prêchent la nécessité d’une
classe dominante et d’une classe opprimée et n’ont à offrir à celle-ci
que le vœu pieux que la première veuille bien se montrer charitable.
Les principes sociaux dus christianisme placent dans le ciel ce
dédommagement de toutes les infamies dont parle notre conseiller,
justifiant par là leur permanence sur cette terre.
Les principes sociaux du christianisme déclarent que toutes les
vilenies des oppresseurs envers les
opprimés sont, ou bien le juste
châtiment du péché originel et des autres péchés, ou bien les épreuves
que le Seigneur, dans sa sagesse
infinie, inflige à ceux qu’il a
rachetés.
Les principes sociaux du christianisme prêchent la lâcheté, le
mépris de soi, l’avilissement, la
servilité, l’humilité, bref toutes les
qualités de la canaille ; le prolétariat,
qui ne veut pas se laisser traiter
en canaille, a besoin de son courage, du sentiment de sa dignité, de sa
fierté et de son esprit d’indépendance beaucoup plus encore que de
son pain.
Les principes sociaux du christianisme sont des principes de cafards
et le prolétariat est révolutionnaire.
En voilà assez pour les principes sociaux du christianisme.


(Le communisme de l'"Observateur rhénan", article paru dans le n° 73 du 12 septembre 1847 de la
Gazette allemande de Bruxelles)
.
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