Les signes de la crise qui vient

Marxisme et mouvement ouvrier.

Re: Les signes de la crise qui vient

Message par Plestin » 27 Oct 2017, 16:38

La BCE avait déjà "réduit" ses rachats de dettes publiques et privées en début d'année, passés de 80 milliards d'euros par mois (!) à 60 milliards, elle vient de décider de réduire encore en 2018 à 30 milliards par jour. Ce qui reste pas mal...

En fait, il semblerait qu'elle ait de plus en plus de mal à trouver suffisamment de titres à racheter...

https://www.challenges.fr/finance-et-ma ... ier_509121

La BCE aura racheté 2.300 milliards d'euros d'obligations entre 2015 et fin 2017...

Ce sont des sommes qui donnent le tournis...

(Par comparaison, le budget annuel de l'Organisation Mondiale de la Santé c'est 4,4 milliards de dollars donc environ 4 milliards d'euros...)
Plestin
 
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Re: Les signes de la crise qui vient

Message par Plestin » 27 Oct 2017, 16:40

30 milliards par jour


Par mois, bien sûr !
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Re: Les signes de la crise qui vient

Message par Plestin » 29 Oct 2017, 13:25

Quelqu'un peut éclairer sur l'origine de ces 2.300 milliards d'euros de la BCE ? C'est quoi la limite ? C'est illimité, c'est la planche à billets ?
Plestin
 
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Re: Les signes de la crise qui vient

Message par logan » 31 Oct 2017, 09:51

Le caractère particulier de la crise qui vient est annoncé meme sur France 2 :
https://www.dailymotion.com/video/x6663fr
logan
 
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Re: Les signes de la crise qui vient

Message par logan » 31 Oct 2017, 19:44

Visualisation de la dette mondiale :
La dette chinoise est surestimée par les medias

Image
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Re: Les signes de la crise qui vient

Message par logan » 05 Nov 2017, 07:03

Plestin a écrit :Quelqu'un peut éclairer sur l'origine de ces 2.300 milliards d'euros de la BCE ? C'est quoi la limite ? C'est illimité, c'est la planche à billets ?


Pour faire simple, c'est de la création monétaire, oui.

Théoriquement ce n'est pas ilimité : si la BCE ne trouve plus de vendeurs de dette d'état, elle ne peut plus acheter.
Après récemment la BCE a eu également le droit de racheter des actions, et pas seulement les dettes.
logan
 
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Re: Les signes de la crise qui vient

Message par Sinoue » 23 Nov 2017, 11:26

Avec l’embellie économique, l’industrie française donne des signes de surchauffe
Après des années de sous-investissement, un tiers des industriels sont confrontés aux limites de leurs capacités de production.

LE MONDE ECONOMIE | 23.11.2017 à 10h51 Par Elise Barthet


« Il y a ceux qui ont investi il y a quatre ou cinq ans, et puis il y a les autres, pour qui c’est dramatique. » Florent Monier s’en félicite : Thermi-Lyon, l’entreprise fondée par son grand-père, appartient à la première catégorie. Spécialiste du traitement des matériaux métalliques, elle approvisionne tous les métiers de l’industrie. Automobile, aéronautique, machines agricoles… « Les pièces qu’on usine vont de la vis dentaire à la pièce de machine pour Michelin », assure le PDG. Un poste de vigie idéal pour apprécier la solidité du secteur. Ses fragilités aussi.
Car malgré l’embellie économique, ou plutôt à cause d’elle, l’appareil productif français donne des signes de surchauffe. Pour la première fois depuis 2008, les entreprises se disant confrontées à des difficultés d’offre, autrement dit aux limites de leur capacité de production, sont bien plus nombreuses que celles estimant faire face à des problèmes de demande, selon l’Insee. Un tiers des industriels sont concernés. Un niveau en hausse de 5 points depuis le début de l’année et inédit depuis la crise.
Portées par la reprise, « les contraintes d’offre sont apparues particulièrement soudainement dans l’automobile, l’agroalimentaire, les matériels de transport », note Emmanuel Jessua, du groupe de réflexion proche du patronat Coe-Rexecode. Ces tensions sont d’autant plus inquiétantes que le tissu industriel s’érode depuis une quinzaine d’années en France. L’industrie manufacturière ne représente plus que 10 % du produit intérieur brut (PIB), contre 20,3 % en Allemagne. La crise a durablement affecté les réseaux de sous-traitance, entraîné des pertes en capital humain, en compétences. « On ne peut pas exclure que la base soit si atrophiée qu’il ne soit plus possible d’inverser la tendance », s’alarme l’économiste.
Un climat des affaires au beau fixe
Affaiblie par cet héritage, l’industrie française a-t-elle les reins assez solides pour tenir le rythme de la reprise ? « Il est encore trop tôt pour dire qu’on bute sur nos capacités de production. Si c’était le cas, les salaires et les prix seraient tirés à la hausse, il devrait y avoir des tensions inflationnistes », estime Mathieu Plane, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Les taux d’utilisation des machines et équipements sont, certes, au-dessus de leur moyenne historique, à 84,9 %, mais le climat des affaires est au beau fixe. L’indicateur qui le mesure atteint, selon l’étude de l’Insee parue jeudi 23 novembre, son plus haut niveau depuis dix ans (112 points).


Sur le terrain, Florent Monier confirme : « La demande européenne et mondiale tire les commandes. Près de 70 % des pièces sur lesquelles nous travaillons pour nos clients sont ensuite dédiées à l’exportation ». Sur dix mois, le chiffre d’affaires de l’entreprise a progressé de 8 % comparé à la même période l’an passé. « Le souci, ce sont les délais de livraisons, qui ont été multipliés par deux, et les difficultés pour trouver du personnel. »
Des problèmes de recrutement
Selon Coe-Rexecode, 42,1 % des industriels disent faire face à des problèmes de recrutement, un chiffre en hausse de 8,2 points sur un an. « Pendant les quatre années qui ont suivi la crise, on a investi dans notre appareil productif mais peu formé de jeunes, reconnaît le dirigeant de Thermi-Lyon. Dans la vallée de l’Arve, où se trouvent de nombreux sous-traitants de l’automobile, le taux de chômage est extrêmement faible. On a vraiment du mal à trouver des gens expérimentés. »


Pour Daniel-Lilian Matthey, PDG du fabricant d’outils coupants de précision Magafor, les tensions portent essentiellement sur les postes de la maintenance. L’industriel a su anticiper la reprise mais doit faire avec un parc de machines vieillissant. « Je suis bougrement embêté pour embaucher des ouvriers, regrette-t-il. Le métier a été cannibalisé par les ascensoristes. C’est plus simple aujourd’hui d’acheter des machines neuves ».
« Tout peut changer soudainement »
Le chef d’entreprise dénonce aussi la « spéculation » à laquelle se livrent, dit-il, ses donneurs d’ordre. « Pour reconstituer leurs stocks, ils commandent plus que ce dont ils ont besoin ». Résultat : « On a des carnets remplis comme on n’en a pas vu depuis 2008 », abonde Bruno Grandjean, président de la Fédération des industries mécaniques et patron de Redex. Mais « tout le monde appuie sur le frein et l’accélérateur en même temps. Tout peut changer soudainement, comme en 2008, lorsqu’on était passé de l’euphorie au marasme total ».


Une prudence qui expliquerait, selon Patrick Artus (Natixis), que les prévisions d’investissements marquent le pas en 2018 après une hausse de 4 % en 2017. Or, seule leur progression pourrait contenir les contraintes d’offre qui s’exercent déjà. « Il faut s’attendre à ce que notre balance commerciale continue de se dégrader », estime l’économiste. Les importations de biens d’équipement et de matériels de transports ont bondi ces derniers mois pour compenser les manques du marché français. La « reconquête industrielle » prônée par l’exécutif s’annonce longue.
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Re: Les signes de la crise qui vient

Message par logan » 06 Fév 2018, 08:25

Après une "surchauffe" plus boursière que réelle, la crise financière vient de faire son premier pas.
Wall street a perdu 4.6% dans la nuit.

Tout est en place pour le transfert de richesses des poches de petits porteurs et des épargnants vers les grands capitalistes.
La situation rappelle le krach de 1987, masi avec une immense différence : l'endettement généralisé des états et le marasme économique général.
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Re: Les signes de la crise qui vient

Message par Zelda_Zbak » 06 Fév 2018, 14:27

Logan, j'ai pensé à toi ce matin en voyant les news. Comme quoi je lis ce fil... Je ne dis pas que je comprends tout, mais je lis, et j'ai la trouille.
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Re: Les signes de la crise qui vient

Message par Duffy » 06 Fév 2018, 19:41

Le Monde daté de demain

Il faut aller jusqu'au dernier paragraphe pour sortir des euphémismes et de l'auto-persuasion.

C'est l'occasion de discuter de ce que l'avenir nous réserve nécessairement, en tous cas...

Wall Street : comment expliquer le recul des Bourses dans le monde

Malgré les bons indicateurs de l’économie américaine, la Bourse de New York a été victime d’un mouvement de panique lundi.

Madi 6 février, la Bourse de New York hésitait sur la direction à suivre, ses indices vedettes oscillant fortement depuis l’ouverture entre pertes et gains.

Wall Street a ouvert, mardi 6 février, sur une note fébrile, hésitant entre l’envie de continuer le plongeon entamé la veille et celle de rebondir. Après plusieurs mois d’euphorie boursière, l’indice vedette de la place de New York a chuté, lundi 5 février, perdant 4,6 %, à 24 345 points, tandis que le Nasdaq, l’indice technologique, perdait 3,8 %. Pour le Dow Jones, c’était la pire séance depuis août 2011.

Le Washington Post n’a pas manqué de relever que Donald Trump a « présidé à la plus importante chute récente, en termes de points, du Dow Jones : entre le vendredi 30 janvier et le 5 février, le Dow Jones a perdu 2 100 points, soit 8 % ».

Le plongeon de lundi tranchait avec l’autocélébration des jours précédents. Pendant son discours sur l’état de l’Union, le président américain avait claironné que « la Bourse battait record sur record », s’attribuant au passage une bonne part du mérite. Depuis son élection, le 8 novembre 2016, l’indice Dow Jones a progressé de 42 % et a atteint, le 26 janvier, un record historique au-dessus de 26 400 points.

Le choc à Wall Street lundi s’est propagé aux marchés mondiaux, faisant craindre une spirale négative, mais la solidité économique actuelle plaide davantage pour un accès de faiblesse passager.

Une correction attendue

Catherine Karyotis, enseignante-chercheuse à Neoma Business School, revient pour Le Monde sur le plongeon de Wall Street :

« Il y a une correction face aux records inédits des indices boursiers. En plus du Dow Jones, l’indice Nikkei a atteint le 23 janvier un plus haut depuis 27 ans. Cette correction démontre une fébrilité des marchés, plus qu’une panique. »

L’enseignante signale que le VIX (indicateur de volatilité), qui permet de mesurer le niveau de peur des investisseurs, est passé de 18 à 37 (il était de 89,53 le 24 octobre 2008, au moment de la crise des subprimes), ce qui démontre une certaine nervosité des marchés et la peur des investisseurs avec la fin du « quantitative easing » en Europe (le rachat de dettes publiques et privées par les banques centrales) et la perspective de hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis.

Christophe Blot, directeur adjoint au département analyse et prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), commente la chute observée lundi :

« Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : la forte augmentation des prix observée ces dernières semaines était déconnectée de l’économie réelle si bien que le risque de correction existait. Ensuite, les acteurs de marché ont réagi à l’annonce sur l’évolution des salaires [américains]. A ceci, s’ajoutent les stratégies mises en œuvre sur les marchés avec des algorithmes qui amplifient les mouvements. »

Retour de l’inflation et hausse des taux d’intérêt

L’emballement a débuté vendredi avec l’annonce d’une augmentation significative des salaires américains en janvier (la plus forte depuis 2009) qui a ravivé les craintes d’une poussée de l’inflation et d’un relèvement des taux d’intérêts par la Réserve fédérale (Fed, la banque centrale des Etats-Unis). Derrière ces inquiétudes, c’est surtout un désengagement plus rapide que prévu des banques centrales que les investisseurs redoutent, après de longues années de perfusion monétaire.

Vendredi, le président de l’antenne régionale de la Réserve fédérale de San Francisco, John Williams, s’est félicité d’un retour de l’inflation : « Même si la plupart des gens ne veulent pas que les prix montent, c’est un grand soulagement de voir que la courbe de Phillips n’est pas caduque », a-t-il déclaré, faisant référence à une courbe économique qui lie mécaniquement la baisse du taux de chômage à la remontée des prix (inflation) à travers les hausses de salaires.

Il a affirmé qu’avec le rythme de croissance actuel aux Etats-Unis – 2,5 % en rythme annuel cette année selon ses prévisions –, la Fed « va continuer à remonter les taux d’intérêt ». « Cela va favoriser la stabilité de l’économie et réduire le risque de surchauffe », a-t-il souligné.

Bons chiffres de l’économie américaine

En pleine déconfiture de Wall Street, Jerome Powell, qui a été choisi par Donald Trump pour devenir le 16e président de la Fed, a dépeint, lundi, un tableau optimiste de l’économie américaine : « le taux de chômage est bas, l’économie progresse et l’inflation est basse ».

En déplacement dans l’Ohio, lundi, Donald Trump s’est abstenu de commenter la panique. Mais son entourage s’est voulu rassurant : « les fondamentaux de l’économie sont bons », a assuré la porte-parole de la présidence, Sarah Sanders. Un autre porte-parole de la Maison Blanche, Raj Shah, a déclaré que « les marchés fluctuent dans le court terme (…), nous le savons tous ».

De fait, l’économie américaine reste bien orientée : la croissance du produit intérieur brut (PIB) a été de 2,3 % en 2017 et le taux de chômage est à un plus bas niveau depuis 17 ans à 4,1 %.

« L’économie américaine se porte bien sur les fondamentaux que sont la croissance et la hausse des salaires. C’est la répartition de la croissance qui reste le point faible, avec la persistance des inégalités », confirme Xavier Ragot, président de l’OFCE.

Contagion en Europe ?

Mardi, les marchés européens ont à leur tour reculé, la Bourse de Paris terminant dans le rouge à – 2,35 %, celle de Francfort à – 2,32 % et l’indice de Londres à – 2,64 %.

« Le phénomène ne concerne pas seulement la Bourse de New York : les Bourses des anciens pays industrialisés notamment ont embrayé, les krachs ou corrections se propageant », confirme Catherine Karyotis.

« La chute va entraîner des turbulences pendant quelques jours avant une stabilisation des marchés à un niveau plus faible », estime pour sa part Xavier Ragot.

Christophe Blot détaille :

« On observe une propagation, sachant que la situation n’est pas la même aux Etats-Unis et dans la zone euro où les prix n’ont pas flambé. La situation macroéconomique n’est pas non plus la même. L’économie américaine a enclenché la reprise en 2010-2011, le chômage a baissé, mais le taux d’activité n’a pas retrouvé son niveau d’avant la crise. »

Risque de crise du surendettement

« La chute devrait durer encore quelques jours, affirme Catherine Karyotis. Mais on va sans doute vers une correction sérieuse, voire une crise prochaine, compte tenu d’un surendettement général. »

Une étude sortie en 2012 par McKinsey faisait état d’une dette, tous agents confondus (ménages, Etats, entreprises, institutions financières) de près de 200 000 milliards de dollars ; cinq ans plus tard, l’Institute of International Finance corrobore ces chiffres en évoquant la même dette égale à 324 % du PIB mondial. Catherine Karyotis poursuit :

« Le monde est depuis 10 ans sous perfusion financière : en attestent les totaux de bilan des banques centrales qui atteignent 4 500 milliards de dollars pour la Fed et 4 600 milliards de dollars pour la BCE fin 2017. »

En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) devrait poursuivre ses rachats de dettes publiques et privées à hauteur de 30 milliards d’euros par mois jusqu’en septembre. Mais, au-delà, ces derniers devraient progressivement se réduire, pour s’interrompre courant 2019.

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