Les signes de la crise qui vient

Marxisme et mouvement ouvrier.

Re: Les signes de la crise qui vient

Message par logan » 27 Oct 2017, 07:44

com_71 a écrit :A part les mots employés, qui peuvent effectivement être symboliques et marquer qu'une marche est franchie, on peut trouver une analogie de nature entre l'appropriation fiscale par l'état d'une partie du revenu de la propriété immobilière (situation actuelle) et l'appropriation pure et simple par l'état d'une partie de la propriété immobilière (situation anticipée), débouchant par voie de conséquence sur l'entrée dans les caisses de l'état... d'une part des revenus immobiliers.

Enfin, c'est l'impression que ça me fait, que tout est une question de degré, de niveau de la part perçue par l'impôt (dans le premier cas) à comparer avec la part expropriée (dans le second cas). Dans les deux cas, c'est chercher l'argent où il est !


Encore une fois il ne faut pas trop s'attacher à la lettre de ces recommandations. Mais la radicalité des solutions proposés à la resorbption de la dette publique montre la radicalité du problème.

Je pense que oui, quand même, il y a différence de nature entre un simple impôt sur la vente/donation d'un terrain immobilier et la réquisition partielle de chaque terrain ! C'est clairement mettre un pied dans le sacro-saint droit de propriété.

Mais c'est aussi une forme de déclaration de guerre aux propriétaires foncier. En gros la rente foncière liée à l'immobilier est une captation de plus-value, mais ne crée elle-même aucune plus-value. C'est une perte pour le capital. C'est dans ce sens que le capital cherche l'argent là ou il est.

Jacquemart pourra préciser ce point car je crois qu'il en connait un rayon au niveau de la propriété du sol et de ses contradictions avec le régime capitaliste.

Donc l'état envisage de prendre l'argent d'une part chez les grands propriétaires fonciers (Le 1% qui détient plus que les 50% moins lotis), récoltant la rente.

Mais plus de la moitié de bailleurs possèdent 1 ou 2 biens immobiliers seulement !
L'état veut donc s'emparer également de la propriété foncière des ouvriers, employés, cadres qui ont pour seul patrimoine une maison, un appartement.

Un autre aspect du problème est qui se plaint (potentiellement) ? La bourgeoisie a un état pour la défendre, il faut le payer, et en bon "marchands", c'est normal qu'elle souhaite que ce poids ne s'exerce pas trop sur elle. Ces plaintes (sur une spoliation projetée) ne recouvrent-elles pas des peurs de la bourgeoisie, qui détient une grande part du patrimoine immobilier ?

Oui ce n'est pas un hasard si la revue "Challenges" dénonce cette recommandation.
Mais 2/3 des français possèdent un bien immobilier. Eux aussi sont visés.
logan
 
Message(s) : 252
Inscription : 23 Fév 2004, 13:47

Re: Les signes de la crise qui vient

Message par Plestin » 27 Oct 2017, 16:38

La BCE avait déjà "réduit" ses rachats de dettes publiques et privées en début d'année, passés de 80 milliards d'euros par mois (!) à 60 milliards, elle vient de décider de réduire encore en 2018 à 30 milliards par jour. Ce qui reste pas mal...

En fait, il semblerait qu'elle ait de plus en plus de mal à trouver suffisamment de titres à racheter...

https://www.challenges.fr/finance-et-ma ... ier_509121

La BCE aura racheté 2.300 milliards d'euros d'obligations entre 2015 et fin 2017...

Ce sont des sommes qui donnent le tournis...

(Par comparaison, le budget annuel de l'Organisation Mondiale de la Santé c'est 4,4 milliards de dollars donc environ 4 milliards d'euros...)
Plestin
 
Message(s) : 432
Inscription : 28 Sep 2015, 17:10

Re: Les signes de la crise qui vient

Message par Plestin » 27 Oct 2017, 16:40

30 milliards par jour


Par mois, bien sûr !
Plestin
 
Message(s) : 432
Inscription : 28 Sep 2015, 17:10

Re: Les signes de la crise qui vient

Message par Plestin » 29 Oct 2017, 13:25

Quelqu'un peut éclairer sur l'origine de ces 2.300 milliards d'euros de la BCE ? C'est quoi la limite ? C'est illimité, c'est la planche à billets ?
Plestin
 
Message(s) : 432
Inscription : 28 Sep 2015, 17:10

Re: Les signes de la crise qui vient

Message par logan » 31 Oct 2017, 09:51

Le caractère particulier de la crise qui vient est annoncé meme sur France 2 :
https://www.dailymotion.com/video/x6663fr
logan
 
Message(s) : 252
Inscription : 23 Fév 2004, 13:47

Re: Les signes de la crise qui vient

Message par logan » 31 Oct 2017, 19:44

Visualisation de la dette mondiale :
La dette chinoise est surestimée par les medias

Image
logan
 
Message(s) : 252
Inscription : 23 Fév 2004, 13:47

Re: Les signes de la crise qui vient

Message par logan » 05 Nov 2017, 07:03

Plestin a écrit :Quelqu'un peut éclairer sur l'origine de ces 2.300 milliards d'euros de la BCE ? C'est quoi la limite ? C'est illimité, c'est la planche à billets ?


Pour faire simple, c'est de la création monétaire, oui.

Théoriquement ce n'est pas ilimité : si la BCE ne trouve plus de vendeurs de dette d'état, elle ne peut plus acheter.
Après récemment la BCE a eu également le droit de racheter des actions, et pas seulement les dettes.
logan
 
Message(s) : 252
Inscription : 23 Fév 2004, 13:47

Re: Les signes de la crise qui vient

Message par Sinoue » 23 Nov 2017, 11:26

Avec l’embellie économique, l’industrie française donne des signes de surchauffe
Après des années de sous-investissement, un tiers des industriels sont confrontés aux limites de leurs capacités de production.

LE MONDE ECONOMIE | 23.11.2017 à 10h51 Par Elise Barthet


« Il y a ceux qui ont investi il y a quatre ou cinq ans, et puis il y a les autres, pour qui c’est dramatique. » Florent Monier s’en félicite : Thermi-Lyon, l’entreprise fondée par son grand-père, appartient à la première catégorie. Spécialiste du traitement des matériaux métalliques, elle approvisionne tous les métiers de l’industrie. Automobile, aéronautique, machines agricoles… « Les pièces qu’on usine vont de la vis dentaire à la pièce de machine pour Michelin », assure le PDG. Un poste de vigie idéal pour apprécier la solidité du secteur. Ses fragilités aussi.
Car malgré l’embellie économique, ou plutôt à cause d’elle, l’appareil productif français donne des signes de surchauffe. Pour la première fois depuis 2008, les entreprises se disant confrontées à des difficultés d’offre, autrement dit aux limites de leur capacité de production, sont bien plus nombreuses que celles estimant faire face à des problèmes de demande, selon l’Insee. Un tiers des industriels sont concernés. Un niveau en hausse de 5 points depuis le début de l’année et inédit depuis la crise.
Portées par la reprise, « les contraintes d’offre sont apparues particulièrement soudainement dans l’automobile, l’agroalimentaire, les matériels de transport », note Emmanuel Jessua, du groupe de réflexion proche du patronat Coe-Rexecode. Ces tensions sont d’autant plus inquiétantes que le tissu industriel s’érode depuis une quinzaine d’années en France. L’industrie manufacturière ne représente plus que 10 % du produit intérieur brut (PIB), contre 20,3 % en Allemagne. La crise a durablement affecté les réseaux de sous-traitance, entraîné des pertes en capital humain, en compétences. « On ne peut pas exclure que la base soit si atrophiée qu’il ne soit plus possible d’inverser la tendance », s’alarme l’économiste.
Un climat des affaires au beau fixe
Affaiblie par cet héritage, l’industrie française a-t-elle les reins assez solides pour tenir le rythme de la reprise ? « Il est encore trop tôt pour dire qu’on bute sur nos capacités de production. Si c’était le cas, les salaires et les prix seraient tirés à la hausse, il devrait y avoir des tensions inflationnistes », estime Mathieu Plane, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Les taux d’utilisation des machines et équipements sont, certes, au-dessus de leur moyenne historique, à 84,9 %, mais le climat des affaires est au beau fixe. L’indicateur qui le mesure atteint, selon l’étude de l’Insee parue jeudi 23 novembre, son plus haut niveau depuis dix ans (112 points).


Sur le terrain, Florent Monier confirme : « La demande européenne et mondiale tire les commandes. Près de 70 % des pièces sur lesquelles nous travaillons pour nos clients sont ensuite dédiées à l’exportation ». Sur dix mois, le chiffre d’affaires de l’entreprise a progressé de 8 % comparé à la même période l’an passé. « Le souci, ce sont les délais de livraisons, qui ont été multipliés par deux, et les difficultés pour trouver du personnel. »
Des problèmes de recrutement
Selon Coe-Rexecode, 42,1 % des industriels disent faire face à des problèmes de recrutement, un chiffre en hausse de 8,2 points sur un an. « Pendant les quatre années qui ont suivi la crise, on a investi dans notre appareil productif mais peu formé de jeunes, reconnaît le dirigeant de Thermi-Lyon. Dans la vallée de l’Arve, où se trouvent de nombreux sous-traitants de l’automobile, le taux de chômage est extrêmement faible. On a vraiment du mal à trouver des gens expérimentés. »


Pour Daniel-Lilian Matthey, PDG du fabricant d’outils coupants de précision Magafor, les tensions portent essentiellement sur les postes de la maintenance. L’industriel a su anticiper la reprise mais doit faire avec un parc de machines vieillissant. « Je suis bougrement embêté pour embaucher des ouvriers, regrette-t-il. Le métier a été cannibalisé par les ascensoristes. C’est plus simple aujourd’hui d’acheter des machines neuves ».
« Tout peut changer soudainement »
Le chef d’entreprise dénonce aussi la « spéculation » à laquelle se livrent, dit-il, ses donneurs d’ordre. « Pour reconstituer leurs stocks, ils commandent plus que ce dont ils ont besoin ». Résultat : « On a des carnets remplis comme on n’en a pas vu depuis 2008 », abonde Bruno Grandjean, président de la Fédération des industries mécaniques et patron de Redex. Mais « tout le monde appuie sur le frein et l’accélérateur en même temps. Tout peut changer soudainement, comme en 2008, lorsqu’on était passé de l’euphorie au marasme total ».


Une prudence qui expliquerait, selon Patrick Artus (Natixis), que les prévisions d’investissements marquent le pas en 2018 après une hausse de 4 % en 2017. Or, seule leur progression pourrait contenir les contraintes d’offre qui s’exercent déjà. « Il faut s’attendre à ce que notre balance commerciale continue de se dégrader », estime l’économiste. Les importations de biens d’équipement et de matériels de transports ont bondi ces derniers mois pour compenser les manques du marché français. La « reconquête industrielle » prônée par l’exécutif s’annonce longue.
Sinoue
 
Message(s) : 42
Inscription : 25 Déc 2008, 13:10

Précédent

Retour vers Histoire et théorie

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité

cron