Appel aux militants du PCF : Ni Macron, ni Le Pen

Appel aux militants du PCF : Ni Macron, ni Le Pen

Message par Gayraud de Mazars » 25 Avr 2017, 16:59

Salut camarades,

Voici la position de La Riposte courant marxiste du PCF, sur le second tour de la présidentielle de 2017... Bonne lecture !

Appel aux militants du PCF : Ni Macron, ni Le Pen !
Par Greg Oxley, PCF Paris 10.

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http://www.lariposte.org/2017/04/appel- ... acron-pen/

Malgré le bon score de Jean-Luc Mélenchon, le résultat du premier tour de l’élection présidentielle signifie que les travailleurs et le mouvement ouvrier n’ont désormais que des ennemis devant eux.

Emmanuel Macron est un politicien totalement au service des banques et de l’ensemble des capitalistes. Il n’y a pas un seul atome de contenu positif ou progressiste dans son programme, qui constitue une déclaration de guerre contre la gauche, contre les organisations syndicales et contre toutes les conquêtes sociales du passé. Il prétend incarner l’union nationale ou, comme il dit, « patriotique », mais en réalité il représente les intérêts particuliers d’une partie – très minoritaire et très puissante – de la population contre une autre. Il envisage de nombreuses mesures pour enrichir davantage les plus fortunés et augmenter les profits des capitalistes, et imposera la régression sociale pour les autres. Sa politique est une politique de division. Dans ce but, et à l’image du gouvernement Hollande, il ne se privera pas de jouer la carte raciale et nationaliste pour diviser les travailleurs entre eux. Toute sa politique sociale et économique est imprégnée de cette stratégie de division. La destruction des quelques sauvegardes qui subsistent dans le droit du travail, la généralisation de la précarité et l’acharnement contre les chômeurs visent à attiser la concurrence entre les salariés. S’ils veulent conserver leur emploi et sortir du chômage, il leur faudra accepter des conditions susceptibles de tenir à distance d’autres candidats. Selon Macron, les fonctionnaires ont trop de privilèges, les syndicats revendicatifs détruisent des emplois et les grévistes nuisent à l’intérêt national.

Quant à Marine Le Pen, son programme économique et social est – mise à part sa position sur l’union européenne – très proche de celui de Macron, à cette nuance de près que son nationalisme et son racisme sont plus explicites et assumés. Macron et Le Pen sont les deux faces d’une même médaille. Le passage de ces deux candidats réactionnaires au deuxième tour signifie que, pour nous, la bataille de l’élection présidentielle est déjà perdue. Les élections législatives auront lieu comme prévu, mais pour l’essentiel, la lutte contre la régression sociale et le capitalisme devra se mener dans les entreprises et dans la rue. La composante programmatique et stratégique de cette lutte extra-parlementaire devient plus que jamais l’enjeu décisif de notre combat.

Mais voilà que Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, invite les travailleurs à rallier la candidature de Monsieur Macron ! Sa déclaration a choqué beaucoup de militants communistes, mais elle n’est pas vraiment surprenante. En 2016, Pierre Laurent a manœuvré pour embarquer le PCF dans une « primaire de toute la gauche » avec le Parti Socialiste. Dans la pratique, cela signifiait que le PCF aurait soutenu dès le premier tour un candidat du PS qui pouvait être, à l’époque, Hollande, Valls, Montebourg ou Hamon, dans le but de contrer Mélenchon. Par la suite, et dans le même but, il envisageait de soutenir le nationaliste réactionnaire Arnaud Montebourg. Lorsque ces projets se sont avérés impossibles, il s’est résigné à soutenir Mélenchon. Et maintenant que celui-ci – malgré une campagne remarquable – n’est plus dans la course, il apporte son soutien à Macron.

Pierre Laurent admet que Macron est un ennemi, un partisan de la régression sociale, mais pense qu’il faut tout de même faire le maximum pour le porter au pouvoir. Le prétexte de ce ralliement est d’empêcher la victoire du Front National : « Marine Le Pen veut un monde dangereux où toutes les aventures guerrières deviendraient possibles, où toutes les rivalités nationalistes seraient encouragées. Avec Donald Trump, Vladimir Poutine, Bachar El Assad, et les extrêmes droites européennes comme alliés, elle menacerait la sécurité du monde si elle présidait la France, un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Nous ne le voulons pas. »

Manifestement, cette perspective apocalyptique fait terriblement peur à la direction du PCF, au point de la pousser toute tremblante dans les bras protecteurs de Monsieur Macron. C’est vrai que nous « ne voulons pas » Le Pen au pouvoir. Nous ne voulons pas de Macron non plus. Mais l’un des deux sera président dans deux semaines, que nous le voulions ou pas. Et plutôt que de trembler à l’instar de ses chefs, il incombe au PCF d’aider les travailleurs à préparer la résistance contre tous leurs ennemis sur les plans politique et organisationnel. Si Macron gagne, son gouvernement reposera sur une coalition fragile et sera nettement moins stable que les gouvernements précédents. Et si Le Pen gagne, elle dirigera un gouvernement de crise, faible et massivement contesté, dès le premier jour. Et malgré les fantasmes de la direction actuelle du PCF, ni Trump, ni Poutine, ni Al Assad ne pourront l’extraire des graves difficultés qui l’attendent. Pierre Laurent et son entourage ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Il n’y a aucune raison d’avoir peur. Il n’y a aucune raison de rallier Macron. La déclaration de la direction du PCF est une capitulation honteuse que nous récusons complètement. C’est une nouvelle preuve de la faillite politique des chefs actuels du parti. Associer le PCF à la campagne de Macron ne pourra que faire le lit du Front National et aussi, à terme, préparer le lit de mort du PCF. Au lieu de se mettre à la remorque de politiciens capitalistes, le parti a besoin d’une politique indépendante, d’une politique de lutte implacable contre tous les ennemis des travailleurs, qu’ils s’appellent Macron, Fillon ou Le Pen. Mais pour cela, il lui faudrait une direction d’une tout autre envergure que les médiocrités qui le dirigent actuellement. Le redressement du PCF passe par son réarmement politique. Il faut rompre avec le réformisme électoraliste et renouer avec le marxisme. Sinon, le parti ira d’échec en échec, de recul en recul.

La montée des réflexes et sentiments nationalistes qui sous-tendent sa montée en puissance n’est pas difficile à expliquer. D’une façon ou d’une autre, la même tendance se manifeste dans pratiquement tous les pays européens. Elle est la conséquence, d’une part, du désastre social et économique provoquée par le capitalisme. Le libre-commerce et l’ouverture des frontières qui caractérisent l’Union Européenne ne profitent qu’aux capitalistes. Mais la poussée du nationalisme est aussi la conséquence de l’absence d’une alternative sérieuse au capitalisme dans le programme et dans l’action des partis dits « de gauche », qui sont gangrenés par le réformisme, c’est-à-dire par une politique qui prétend pouvoir conserver le système capitaliste et en même temps éradiquer ses conséquences sociales et économiques.

Les travailleurs ont un raisonnement très « pratique » concernant la question sociale. Les élucubrations vaguement « humanistes » des dirigeants du PCF, pour qui il serait préférable que le capitalisme évolue dans le sens d’une « meilleure répartition des richesses » et du « plein emploi », leur sont incompréhensibles. Ils savent comment les entreprises fonctionnent et dans quel but. Ils connaissent le pouvoir et les motivations des patrons. C’est Ils les vivent au quotidien. Et quand ils entendent que l’augmentation massive des salaires, la réduction de la semaine de travail et l’alourdissement des taxes sur le capital mèneraient à une résorption du chômage et le plein emploi sous le capitalisme, ils savent pertinemment que c’est un conte de fées.

Le PCF n’est pas un nouveau parti. Sa position a été minée par l’incohérence de son programme et par le fait que ses représentants font le contraire de ce qu’ils disent quand ils occupent des positions importantes. Ils font des discours contre la privatisation, mais au gouvernement, dans les régions et dans les municipalités, ils privatisent massivement. Ils dénoncent l’austérité et appliquent eux-mêmes l’austérité municipale. Ils se plaignent que la Cinquième République n’est pas assez démocratique, mais votent l’État d’urgence qui la rend moins démocratique encore. Ils sont pour la paix, mais cautionnent des guerres, comme celles de Libye, de Syrie et de l’Irak. Et maintenant, après avoir dénoncé Macron comme un réactionnaire, ils veulent le porter au pouvoir. Faut-il s’étonner que le PCF perd chaque année plusieurs milliers d’adhérents ? La faillite du réformisme est l’un des principaux facteurs dans l’ascension du Front National. S’il n’y a pas d’alternative au capitalisme, les travailleurs doivent faire avec et se soumettre aux exigences de ceux qui ont le pouvoir. S’il n’y a pas assez d’emplois pour tout le monde – avec déjà près de six millions de personnes sans emploi – avec aucune autre solution en vue, ne faut-il pas bloquer l’immigration et instaurer la « préférence nationale » ? L’abandon d’une politique révolutionnaire par le PCF a désarmé les travailleurs face à la propagande nationaliste.

Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, n’est pas tombé dans le piège du « moindre mal ». La politique de Macron aggravera les problèmes sociaux. Son arrivée au pouvoir ne fera rien pour empêcher l’ascension du Front National. Bien au contraire. Nous en appelons aux militants communistes pour rejeter la prise de position de la direction de leur parti. Le PCF devrait expliquer les points communs entre le programme de Macron et celui de Le Pen. Tous deux sont des politiques de division et de régression sociale.

Les communistes devraient prôner le vote blanc ou nul, ou l’abstention, au deuxième tour et inciter les travailleurs à se mobiliser massivement pour résister au prochain gouvernement et pour le chasser au plus vite. Cette approche stratégique doit nécessairement aller de pair avec un combat au sein du parti pour remplacer l’« humanisme » réformiste en vogue dans ses instances dirigeantes par un programme qui relie nos revendications sociales à la nécessité d’exproprier la classe capitaliste. Ni Macron, ni Le Pen ! Rétablissons le socialisme comme l’objectif programmatique et stratégique du PCF et de l’ensemble du mouvement ouvrier !


Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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Re: Appel aux militants du PCF : Ni Macron, ni Le Pen

Message par Gayraud de Mazars » 29 Avr 2017, 16:31

Salut camarades,

Voici la juste position de Lutte Ouvrière quant à la position de la direction du PCF qui s'obstine à appeler à voter Macron pour faire barrage au Front National... Dans le PCF c'est le mauvais temps en ce moment, mais certains se lèvent contre les choix de la Direction de plus en plus isolée dans son propre parti !

Le PCF et le vote Macron : jusqu’à la lie
26 Avril 2017

https://journal.lutte-ouvriere.org/2017 ... 89574.html

Alors même que, au soir du premier tour, Jean-Luc Mélenchon repoussait l’échéance, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, s’est précipité pour appeler à voter Macron au second tour. Le prétexte était tout trouvé : faire barrage à Le Pen. L’excuse est toujours la même : il n’y aurait plus que ce moyen...

Seulement, parmi les militants du PCF, le souvenir est encore frais de la politique de Macron au gouvernement, du mouvement contre la loi El Khomri, des multiples coups portés aux travailleurs. La honte d’avoir appelé à voter Bertrand ou Estrosi aux élections régionales est toujours vivace. Et même le sentiment d’avoir été trompés et d’avoir trompé les travailleurs en les appelant à voter Chirac en 2002 ressort. Ces agenouillements successifs devant des politiciens bourgeois n’ont évidemment servi à rien. Loin d’empêcher la montée des idées réactionnaires, ils ont conforté ceux qui croient que le FN est en dehors du système puisque tous les autres fricotent ensemble contre lui.

Pour faire passer l’amère pilule auprès de ses militants, la direction du PCF en rajoute sur la poussée de Mélenchon. L’Humanité va même jusqu’à la comparer au résultat de Duclos, dirigeant historique du PCF, candidat à l’élection présidentielle de 1969 où il recueillit plus de 21 % des suffrages. Ce résultat disait l’influence du PCF d’alors.

Le recul continu du PCF depuis lors a été certes mesuré par son recul électoral. Mais ce dernier n’était que le reflet de son recul militant, de la perte progressive de son influence dans la classe ouvrière. C’est sur ce recul que les idées réactionnaires ont pu se développer parmi les travailleurs et, parmi elles, l’influence du FN. Les militants du PCF le savent parfaitement et le ressentent douloureusement. Le PCF d’aujourd’hui n’est plus que l’ombre de ce qu’il était en 1969. Se mettre à la remorque des politiciens socialistes a eu un effet, des postes de ministres, et un prix, la démoralisation et l’immense gâchis militant et humain qu’elle a entraîné.

Alors, le bluff de la direction du PCF ne trompe personne, et surtout pas ses militants ouvriers. Après avoir mis ses forces à la disposition d’un Mélenchon, le PCF se retrouve à chercher son sauveur suprême encore plus à droite et à faire voter Macron.

S’agit-il d’un simple réflexe électoraliste, ou cela cache-t-il de subtils calculs en vue des prochaines élections législatives ? Nul ne le sait, et peut-être même pas la direction du PCF elle-même, perdue qu’elle est dans sa recherche de la martingale électorale qui lui permettra de sauver quelques postes de députés et d’élus.

Paul GALOIS
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