"Tribune des Travailleurs" - POID

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Message par bradley » 20 Juil 2017, 15:27

Dans tous les domaines, la noire réaction
Editorial de la Tribune des travailleurs du 19 juillet 2017
Editorial de Daniel Gluckstein –

Tout a été bouclé le 13 juillet, lorsque l’Assemblée nationale a adopté en première lecture la loi d’habilitation des ordonnances*. La suite (vote du Sénat, navette parlementaire et vote définitif le 28 juillet) relève de l’anecdote : le texte – qui ne fait que reprendre le projet initial du gouvernement – ne bougera plus (lire page 3).

Certains avaient promis une formidable bataille d’amendements capable de faire changer d’avis la majorité. À ceux-là, les travailleurs sont en droit de dire : certes, il y a eu des discours, parfois pertinents, parfois discutables (lire page 3) ; mais au bout du compte, faut-il s’étonner que, sous la Ve République, l’Assemblée vote tout ce que le président décide ?

D’autres avaient assuré que la « concertation » permettrait d’infléchir la loi dans un sens plus favorable aux intérêts ouvriers. À ceux-là, les travailleurs feront observer que la concertation n’a en rien modifié le projet initial du gouvernement.

Les événements de la semaine écoulée le confirment : dans tous les domaines, le gouvernement Macron-Philippe, c’est la noire réaction.

À l’Assemblée nationale, des amendements sont rejetés au motif officiel (lire page 4) que c’est à la concertation gouvernement-syndicats qu’il revient d’écrire le détail de la loi, et pas aux députés. Revendiquée par la ministre Pénicaud, cette « coconstruction de la loi » par les syndicats ouvre la voie au corporatisme. L’indépendance du mouvement ouvrier et la défense de la démocratie exigent de sortir de ce piège, au plus vite !

Dans le même temps où il fait voter la loi d’habilitation, Macron, en l’espace de quelques jours, confirme la liquidation de la Sécurité sociale d’ici à six mois, annonce des coupes massives dans les budgets publics (Union européenne oblige), prête allégeance à Trump pour généraliser les interventions militaires, pérennise l’état d’urgence et franchit un pas majeur vers la liquidation des communes !

Notre journal s’honore de ne pas appartenir à la cohorte de ceux qui ont appelé à voter Macron, au motif du « moindre mal ». « Entre la peste et le choléra, on ne choisit pas », titrait La Tribune des travailleurs entre les deux tours de la présidentielle. Quinze jours plus tard, c’est un « Illégitime » en grands caractères qui barrait le portrait de Macron en première page après une « élection » rejetée par l’immense majorité des travailleurs et des jeunes.

Aujourd’hui, au risque de déplaire à ceux qui persistent à présenter ce président comme légitime, nous dirons, à l’instar du petit garçon du conte pour enfants : « L’empereur est nu. » Autrement dit : ce gouvernement et ce régime sont illégitimes.

Que se rassemblent pour le combat les forces de la classe ouvrière unies avec les organisations sur le mot d’ordre : À bas les ordonnances ! Alors on verra ce qui l’emportera, de l’arrogance d’un Macroléon, ou de la puissance du front unique ouvrier scellé contre sa politique.

C’est aujourd’hui la seule question qui vaille d’être mise à l’ordre du jour.



* Plus vite, donc, que ne l’annonçait l’éditorial
bradley
 
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Re: Editorial de la "Tribune des Travailleurs"

Message par bradley » 26 Août 2017, 15:15

Les banquiers sont lucides
Par Daniel Gluckstein –

« Et si les salariés faisaient la révolution ? » : cette hypothèse est formulée dans une note de conjoncture publiée ce 19 août par la banque Natixis* qui évoque « des inégalités de revenu toujours plus fortes, la déformation du partage des revenus en faveur des profits, la hausse de la pauvreté, la faible hausse du salaire réel depuis 2000 et la hausse de la pression fiscale ». Et le directeur de Natixis de s’inquiéter : « si les salariés se “révoltaient” »,il en résulterait « une hausse rapide des salaires » pour les travailleurs, mais aussi « des effets très négatifs sur les détenteurs d’obligations ».

Inquiets, les banquiers ne disent finalement pas autre chose que ce que Karl Marx a établi en son temps : la lutte de classe est le moteur de l’histoire. Insensibles aux discours des prétendus Bonaparte « au-dessus des classes » et « fédérant le peuple » autour d’eux, les banquiers de Natixis savent qu’à force d’aggraver l’exploitation et de créer de plus en plus de misère il arrive un moment, un peu plus tôt, un peu plus tard, où la marmite explose.

Cette issue étant inéluctable, les travailleurs n’auraient-ils rien d’autre à faire qu’à attendre ? Certainement pas !

Car chaque jour qui passe, la situation s’aggrave. Chaque jour qui passe, le gouvernement frappe.

Il y a les ordonnances, les menaces sur la Sécurité sociale, l’austérité, les licenciements. Et maintenant, la suppression de 160 000 contrats aidés ! La Voix du Nord rapporte que dix-sept des trente agents de propreté urbaine de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), employés en contrat aidé, voient leur contrat non renouvelé. Ils touchent 680 euros par mois pour 20 heures de travail. 680 euros ? C’est trop ! Ces agents ramassent 50 tonnes d’ordures par mois ? Peu importe. Ils n’auront plus rien ? Peu importe. Supprimez, liquidez, ainsi le veut l’application des critères de Maastricht, la politique d’austérité.

La Voix du Nord note que « les petites grognes viennent en goutte à goutte s’ajouter à la rentrée sociale avec le risque de cocktail explosif ».

Le couvercle tend à se soulever au-dessus de la marmite bouillonnante.

Mais ne nous le cachons pas, il y a aussi tous ceux qui s’arc-boutent pour que le couvercle reste en place, à coups de « dialogue social », de « concertation », de division, de journées d’action bidon.

Les banquiers s’inquiètent et disent aux actionnaires : préparez-vous, nous allons aux chocs les plus violents qui feraient peser une grave menace sur vos dividendes.

Travailleurs, préparons-nous lucidement, consciemment, aux combats qui viennent. Et organisons-nous pour surmonter les obstacles de ceux qui veulent maintenir coûte que coûte le couvercle sur la marmite.

Aider les travailleurs à comprendre les enjeux pour rassembler leurs forces dans le combat uni, le plus tôt sera le mieux. C’est ce à quoi La Tribune des travailleurs s’emploie semaine après semaine, et, avec elle, les militants du Parti ouvrier indépendant démocratique.



* Citée par le site patronal challenges.fr
bradley
 
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Communiqué du POID

Message par lyderic » 09 Sep 2017, 19:24

Communiqué du POID
Balayer les ordonnances,
chasser le gouvernement Macron-Philippe !


Les travailleurs qui se mettent en grève et manifestent avec leurs organisations pour le retrait des ordonnances Macron-Philippe sont dans leur droit.
Dans ces ordonnances qui livrent les travailleurs, entreprise par entreprise, aux diktats des patrons, rien n’est favorable aux intérêts ouvriers.
L’unité des travailleurs et des organisations pour imposer le retrait des ordonnances est une nécessité. Le POID, qui mène campagne sur le mot d’ordre « À bas les ordonnances ! » depuis le début du mois de juillet, est partie prenante de ce mouvement.
Dans sa fureur destructrice, ce gouvernement (dans la suite des gouvernements précédents) s’attaque à tous les aspects de la vie des travailleurs et de leur famille. Pas un jour ne passe sans une nouvelle mesure annoncée contre une catégorie de travailleurs, contre un acquis social, contre un droit arraché de haute lutte par les générations qui nous ont précédés.
Dans le prolongement des ordonnances, le gouvernement a déjà annoncé qu’il allait s’attaquer à l’assurance chômage, à la Sécurité sociale, à la formation professionnelle, à l’apprentissage, aux retraites, au logement, au statut des cheminots, à la fonction publique en général. Il a déjà supprimé 149 000 emplois aidés et compte en supprimer des dizaines de milliers d’autres.
Pas une catégorie n’est épargnée, y compris les plus faibles, les plus précaires, les plus fragiles, les salariés du public comme du privé, les chômeurs et les retraités, les lycéens et les étudiants, les locataires, les assurés sociaux, les petits paysans, les artisans, les commerçants, tous sont attaqués.
Chaque jour un peu plus, ce gouvernement apparaît pour ce qu’il est : un gouvernement des riches, des patrons et des banquiers, un gouvernement du CAC 40 et de la Commission européenne, un gouvernement de la guerre aux ordres de Trump et de l’impérialisme américain.
Ce gouvernement, qui sème, partout et dans tous les domaines, la barbarie et la misère, place les travailleurs et les jeunes en situation de légitime défense.
Il faut balayer les ordonnances et l’ensemble de la politique du gouvernement Macron-Philippe. Il faut aussi que soit balayé ce gouvernement illégitime et minoritaire, rejeté par la population.
Le plus tôt sera le mieux ! Car chaque jour qui passe, ce sont de nouvelles attaques contre le peuple travailleur.
Unité pour le retrait des ordonnances et l’abrogation de la loi El Khomri !
Unité pour la défense de la Sécurité sociale telle que constituée en 1945 et de l’ensemble des droits ouvriers !
Les ordonnances et la politique anti-ouvrière du gouvernement Macron- Philippe doivent être balayées !
Le gouvernement Macron-Philippe doit être chassé !
Le bureau national, réuni à Paris le 9 septembre 2017
Lisez La Tribune des travailleurs
lyderic
 


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