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La Riposte - Hommage à notre camarade Jacques Lesne...

Message par Gayraud de Mazars » 27 Mai 2017, 11:29

Salut camarades,

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Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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La Riposte - Hommage à notre camarade Jacques Lesne...

Message par Gayraud de Mazars » 27 Mai 2017, 11:33

Salut camarades,

Déclaration de l'UD CGT 93...

Cher(e)s camarades,

C'est avec beaucoup de tristesse que nous avons reçu le décès de Jacques LESNE, militant infatigable du respect des droits des travailleurs, et plus particulièrement des plus précaires. C'est dans le cadre des luttes des travailleurs sans papiers que beaucoup d'entre nous ont eu le plaisir de le côtoyer. Un camarade à l'écoute, disponible, consciencieux, un brin taiseux mais qui laissait rarement sa part pour faire et agir. Que cela soit sur les piquets de grève, dans les permanences, ou confronté à la gestion des dossiers administratifs, Jacques aura donné beaucoup de temps et d'énergie pour faire valoir les droits des salariés sans papiers.

Une lutte qu'il n'oubliait jamais de lier politiquement au combat de la classe ouvrière contre les forces patronales et du capital. En s'appuyant sur son engagement durant ces dernières années, ce sont des dizaines et des dizaines de salariés qui ont pu arracher leurs régularisations. Des travailleurs à qui il laissera un souvenir impérissable. C'est au nom de toutes la CGT de la Seine Saint Denis que je souhaitais adresser mes plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

Aujourd'hui nous avons de la peine, mais en ta mémoire Jacques, et pour rester fidèle à nos engagements pour la justice, l'égalité et la solidarité nous continuerons à lutter et à lever le poing camarade.

Fraternellement
Pour l'UD CGT 93
Hervé Ossant
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Re: La Riposte - Hommage à notre camarade Jacques Lesne...

Message par Gayraud de Mazars » 01 Juin 2017, 14:13

Dernière édition par Gayraud de Mazars le 01 Juin 2017, 14:16, édité 1 fois.
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Re: La Riposte - Hommage à notre camarade Jacques Lesne...

Message par Gayraud de Mazars » 01 Juin 2017, 14:13

Salut camarades,

Article en hommage à notre camarade Jacques Lesne...

Jacques Lesne (1943-2017)

http://www.lariposte.org/2017/05/jacque ... 1943-2017/

Né en pleine seconde guerre mondiale, dans une France occupée par les nazis, Jacques Lesne (1943-2017) était un militant de la CGT et du Parti Communiste. Il restera aussi, et jusqu’à sa mort, un adhérent de La Riposte. Pendant plusieurs années, il était membre de son Comité Central.

Jacques était un marxiste qui a consacré toute sa vie consciente à la défense des travailleurs, à la lutte contre le système capitaliste et contre toutes les formes d’oppression. Dans une manifestation, mais encore plus dans une grève, une occupation d’usine ou dans des situations « tendues » avec la police, il était vraiment dans son élément. Rien ne le rendait plus heureux que de voir des travailleurs prendre leurs affaires en main et se soulever contre l’exploitation. C’est sans doute pour cette raison que quand il parlait de ses activités militantes avec la CGT, on sentait sa combativité teintée d’une certaine joie. L’un de ses traits de caractère les plus frappants était sa confiance inébranlable dans la capacité des travailleurs à lutter et à comprendre les idées du socialisme.

Mais Jacques était bien plus qu’un militant « de terrain ». C’était un homme de réflexion, un homme profond, intense, qui visait plus haut et plus loin que l’immédiateté de la lutte quotidienne. Il voulait renverser l’ordre social existant. Il savait que cet objectif ne pouvait être atteint sans un mouvement révolutionnaire de masse et, dans cette perspective, voulait contribuer à la préparation politique et psychologique des travailleurs. Comprenant parfaitement que la lutte contre le capitalisme est aussi une lutte idéologique, il s’intéressait vivement aux questions historiques, théoriques et philosophiques.

Jacques écoutait beaucoup et parlait peu. Mais quand il parlait, chaque mot comptait, et il ne ratait pas sa cible. Il avait la précision et la puissance d’expression d’un homme aux convictions forgées et confirmées par de longues années d’expérience. Il n’éprouvait jamais le besoin de meubler ses interventions d’effets de style et d’allusions savantes. C’était le contenu, et non la forme, qui commandait l’attention de ses interlocuteurs. Typiquement, après avoir calmement formulé une idée d’une solidité incontestable, il ajouterait : « C’est ça, non ? Ou alors je me trompe, peut-être… » Ce mélange de modestie, d’un côté, et de fermeté implacable de l’autre, résumait bien sa personnalité.

Il nous grondait de temps en temps, surtout quand il pensait que nous passions à côté de l’essentiel. « Ne perdez pas trop de temps sur des polémiques contre les idées et les dérives pratiques des réformistes », disait-il. « La plupart des travailleurs ne leur prêtent pas beaucoup d’attention, de toute façon. Il faut surtout expliquer nos idées révolutionnaires et notre programme aux travailleurs. Tant qu’ils ne les auront pas compris, il n’y aura pas de socialisme. Il faut aller vers les luttes, sur les piquets de grève. Sinon, même si nous avons d’excellentes analyses, nous ne serons jamais écoutés. »

Il y a une étape dans le parcours militant de Jacques dont il ne parlait presque jamais. Dans les années 70, dans le nord du continent latino-américain, son internationalisme l’avait amené à participer à des actions armées. Cela n’avait rien à voir avec des attentats sporadiques, déconnectés du mouvement ouvrier et contre-productifs auxquels se livraient certains groupes de « révolutionnaires » latino-américains de l’époque. Il s’agissait de défendre les travailleurs et paysans contre les tueurs des propriétaires terriens capitalistes qui voulaient les chasser de leurs foyers et de leurs terres. Descendant dans les villages, des tueurs à gages semaient la terreur. Il fallait combattre le feu par le feu. Jacques et d’autres communistes se sont portés volontaires. « Je n’ai pas envie de m’expliquer là-dessus », me disait-il. « Des actions de ce type fascinent les gens ici en Europe. Mais cela n’a rien de fascinant. J’ai fait ce qu’il y avait à faire et c’est tout. Garde ça pour toi. Tu peux en parler plus tard, si tu veux. Mais il vaut mieux attendre que je ne sois plus là. »

Les idées communistes de Jacques ne lui laissaient pas d’autre choix que de s’inscrire dans l’opposition interne à la direction réformiste du PCF. Il avait vécu la période stalinienne du PCF, pendant laquelle ses chefs justifiaient les crimes de Staline et présentaient l’URSS et les régimes dictatoriaux de l’Europe centrale comme autant de modèles du socialisme. Ensuite, il a vu l’abandon de toute référence au socialisme et l’acceptation de l’« économie de marché » – c’est-à-dire le capitalisme – à l’époque de Robert Hue et depuis. Le rôle honteux des dirigeants du parti dans la mise en œuvre des privatisations sous le gouvernement de Lionel Jospin le révoltait. Il a retrouvé dans les idées et le programme de La Riposte l’expression de ses propres idées communistes et révolutionnaires.

Au Comité Central de La Riposte, son expérience et sa réflexion ont grandement contribué à façonner notre manière de travailler et de présenter nos idées. Mais quand Jacques sentait que sa maladie progressait, il ne voulait plus faire partie du CC. J’ai essayé de le convaincre de rester. Mais il considérait qu’il était inadmissible de faire partie d’une instance dirigeante sans être sérieusement impliqué dans ses travaux. Jacques était d’une très grande intégrité. Il ne cherchait ni places ni étiquettes. Seul comptait pour lui l’avancement de la lutte.

Ce n’est que très rarement que je rédige des textes publics à la première personne. Mais il m’est impossible de parler de Jacques Lesne de façon distante et neutre. Pour moi, il était non seulement un camarade de très grande valeur, mais aussi un ami et un confident comme je n’en ai pas connu beaucoup d’autres au cours de ma vie. Comme pour bien d’autres camarades, il était pour moi une source d’encouragement, de soutien moral et d’inspiration. Il y avait entre nous, pratiquement dès le départ, une grande complicité.

La dernière fois que nous avons pu passer plusieurs heures ensemble, nous avons, comme à chaque fois, parlé des livres que nous avions lu – je me souviens qu’il venait de finir Le Grand Jeu, de Léopold Trepper, qui lui avait fait une forte impression –, de questions politiques et de bien d’autres sujets. Mais puisque nous savions tous les deux, désormais, que sa vie tirait vers sa fin, nous avons parlé assez longuement de nos parcours respectifs, des événements et des expériences qui avaient fait de nous ce que nous étions. Nous avons également parlé de la mort, en nous disant qu’il n’y avait à craindre la mort que si on n’avait rien fait de sa vie. Jacques, justement, ne craignait pas de mourir. Il était, à juste titre, fier de son parcours, et d’avoir passé sa vie au service de la plus grande et la plus noble des causes. Il m’a parlé de la place qu’occupait sa compagne, Chantal, dans sa vie et dans son cœur. Il m’a dit aussi que quand il passait en revue les différentes étapes de sa vie, il se rendait compte qu’il ne s’était jamais senti aussi heureux et épanoui que lorsqu’il s’occupait de ses trois filles, Pauline, Eva et Laura, pendant leur enfance.

Nous avons perdu Jacques. Mais d’une certaine façon, même dans sa mort, il nous a apporté quelque chose. C’est ce que je ressens, personnellement, en tout cas. Je veux dire qu’en me faisant penser à lui et aux grandes aspirations sociales et humaines qu’il incarnait, sa mort a renforcé ma propre volonté révolutionnaire. Elle m’incite à vouloir être pleinement digne de lui, de son amitié. Par ce modeste écrit, et par les pensées de tous les camarades qui ont eu le privilège de le connaître, nous rendons hommage à Jacques Lesne, à l’homme qu’il était, au militant qu’il était. Mais pour ma part, le meilleur hommage que nous puissions lui rendre est de poursuivre la lutte révolutionnaire qui était la sienne et qui sera, pour toujours et jusqu’à la victoire, la nôtre.

Greg Oxley, PCF Paris 10. Rédaction de La Riposte.
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Re: La Riposte - Hommage à notre camarade Jacques Lesne...

Message par Zelda_Zbak » 02 Juil 2017, 17:25

Merci pour cet article de Greg, Gayraud.
Il y a une étape dans le parcours militant de Jacques dont il ne parlait presque jamais. Dans les années 70, dans le nord du continent latino-américain, son internationalisme l’avait amené à participer à des actions armées. Cela n’avait rien à voir avec des attentats sporadiques, déconnectés du mouvement ouvrier et contre-productifs auxquels se livraient certains groupes de « révolutionnaires » latino-américains de l’époque. Il s’agissait de défendre les travailleurs et paysans contre les tueurs des propriétaires terriens capitalistes qui voulaient les chasser de leurs foyers et de leurs terres. Descendant dans les villages, des tueurs à gages semaient la terreur. Il fallait combattre le feu par le feu. Jacques et d’autres communistes se sont portés volontaires. « Je n’ai pas envie de m’expliquer là-dessus », me disait-il. « Des actions de ce type fascinent les gens ici en Europe. Mais cela n’a rien de fascinant. J’ai fait ce qu’il y avait à faire et c’est tout. Garde ça pour toi. Tu peux en parler plus tard, si tu veux. Mais il vaut mieux attendre que je ne sois plus là. »
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La Riposte n°87 - janvier/février 2018

Message par Gayraud de Mazars » 08 Jan 2018, 16:09

Salut camarades,

La Riposte journal communiste n°87 vient de sortir...

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La Riposte n°88 -Défendre les services publics !

Message par Gayraud de Mazars » 22 Mars 2018, 19:04

Salut camarades,

Cet éditorial du journal de La Riposte a été diffusé à des milliers d'exemplaires, notamment à Paris, dans les manifestations réussies de ce jeudi 22 mars 2018, où la lutte des classes reprend des couleurs rouge de colère !

Défendre les services publics ! Non à la régression sociale !
Par Greg Oxley, PCF Paris 10

https://www.lariposte.org/2018/03/defen ... n-sociale/

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Depuis la publication du rapport Spinetta, au mois de février, le gouvernement, le MEDEF et les médias ont déclenché une campagne de propagande vicieuse contre les cheminots et l’ensemble des fonctionnaires. Les soi-disant privilèges des cheminots sont dénoncés dans le but d’exciter le ressentiment et la jalousie à leur encontre de la part du grand public. La puissante machinerie de la « communication » gouvernementale présente la SNCF comme un gouffre financier dont les déficits seraient comblés par les contribuables. Selon le gouvernement, sa réforme ferroviaire mettrait fin à ce gâchis insupportable.

En se focalisant sur le statut des cheminots, le gouvernement veut cacher le fait que sa politique est avant tout une attaque contre la SNCF en tant que service public. Les capitalistes, dont les intérêts façonnent la politique du gouvernement, considèrent que tout ce qui n’est pas une source de profit ne mérite pas d’exister. Cette logique sous-tend toutes les recommandations du rapport Spinetta. Chaque ligne, chaque gare, chaque activité de la SNCF, prises isolément, doivent être financièrement rentables, sous peine de disparaître. Ceci revient à programmer la dislocation progressive du réseau ferroviaire français, ouvrant la voie à la privatisation des morceaux les plus lucratifs. Le gouvernement préconise le passage du statut actuel de la SNCF, où l’État est propriétaire, à un statut où l’État est actionnaire. C’est la même démarche que celle qui a préparé les privatisations d’Air France et de France Télécom. Clairement, l’enjeu de ce conflit va bien au-delà du statut particulier des cheminots. Il s’agit avant tout de défendre la SNCF en tant que service public, dans l’intérêt non seulement des salariés du rail, mais aussi et surtout dans l’intérêt des usagers et de tous les citoyens.

Nous devons batailler, tout d’abord, pour démonter point par point la propagande gouvernementale et médiatique et expliquer les véritables enjeux de la politique du gouvernement. Édouard Philippe déclare que la dette de la SNCF est de 50 milliards d’euros, ce qui représente, dit-il, l’équivalent du budget annuel de l’Education Nationale. Mais il oublie de préciser que le déficit de la SNCF est le résultat direct du désengagement financier de l’État depuis de nombreuses années. En effet, au nom de la réduction de ses propres déficits, l’État a transféré la responsabilité des investissements à la SNCF. Par exemple, le développement du réseau des lignes à grande vitesse a été décidé par des gouvernements successifs sans qu’ils débloquent les financements nécessaires. L’État s’est déchargé sur la SNCF qui, n’ayant pas les ressources financières nécessaires, a dû emprunter massivement pour y faire face. Les seuls intérêts sur la dette de la SNCF lui coûtent 1,7 milliards d’euros par an. La dette de la SNCF – considérablement alourdie par les intérêts versés aux banques – lui a sciemment été imposée par les pouvoirs publics. La CGT a parfaitement raison quand elle déclare que la dette ferroviaire est en réalité une dette d’État.

Élisabeth Borne, ministre des Transports, martèle sans cesse le coût, exorbitant selon elle, de la SNCF. Elle ferait mieux de parler de tout ce que rapporte la SNCF à l’ensemble des citoyens, ce qui ne saurait être réduit à la rentabilité financière de l’entreprise en tant que telle. Le réseau ferroviaire est un facteur extrêmement important dans la vie économique et sociale du pays. Casser la SNCF, c’est porter un coup terrible à l’infrastructure productive du pays tout entier.

On ne peut pas s’attendre – sauf dans l’esprit tordu des extrémistes du « libéralisme » capitaliste – que le système ferroviaire soit en mesure de s’autofinancer. Au plus bas mot, l’entretien et le développement du réseau nécessiteraient entre 3 et 4 milliards d’euros d’investissements par an. Au-delà des recettes générées par l’activité ferroviaire, l’État devrait fournir les moyens financiers nécessaires. Il ne s’agit pas de la rentabilité d’une entreprise, mais du maintien et du développement d’un élément indispensable de l’ensemble des infrastructures économiques et sociales du pays. Présenter le problème en termes de la dette et de la rentabilité de la SNCF n’est qu’une vaste manipulation de l’opinion publique.

L’un des arguments mobilisés pour justifier la politique du gouvernement est « l’obligation » de l’ouverture du secteur ferroviaire à la concurrence, en conformité avec la législation européenne. Indépendamment des lois européennes, nous devons lutter contre la mise en concurrence de la SNCF et pour le développement d’un service public des transports unique et intégré, dans l’intérêt de la population et de l’économie nationale. Mais il se trouve que la législation européenne n’oblige en rien l’ouverture à la concurrence. Les textes en vigueur autorisent les pouvoirs publics à attribuer des missions de service public aux opérateurs existants, sans passer par des appels d’offres. L’ouverture à la concurrence n’a rien à voir avec la législation européenne. C’est un choix délibéré du gouvernement.

La direction de la SNCF pousse dans le même sens. Depuis des années, elle applique des méthodes et des critères de gestion au détriment des missions de service public.

Concernant le statut des cheminots et, plus généralement, celui de l’ensemble des fonctionnaires, le gouvernement cherche à dresser les salariés du secteur privé contre les « nantis » du secteur public. Mais ce n’est pas parce que les salariés du secteur public auront moins que les autres auront plus. Bien au contraire.

Quel drôle de spectacle que de voir les milliardaires du MEDEF et leurs marionnettes au gouvernement railler contre les privilèges et les inégalités ! Et si on parlait de l’opulence indécente de ceux qui vivent de l’exploitation des autres, ou du « régime spécial » des ministres ? En excitant la jalousie de ceux qui n’ont pas de sécurité d’emploi ou de retraite dignes de ce nom contre ceux qui sont un peu moins mal lotis, les capitalistes veulent diviser les travailleurs pour mieux leur imposer un nivellement par le bas. Ils ne seront satisfaits que lorsque nous serons tous « à égalité » dans une condition proche de l’esclavage salarié, sans droits, sans garanties et complètement à la merci des employeurs. Si les cheminots et les fonctionnaires sont vaincus, l’ensemble des travailleurs en pâtira. Leur cause est la cause de tous.

Emmanuel Marcron s’inspire de l’exemple de Margaret Thatcher. Dans les années 1980, Thatcher a tout mis en œuvre pour stigmatiser et discréditer les mineurs britanniques, allant jusqu’à les désigner comme « ennemis de l’intérieur », avant de provoquer une confrontation ouverte quand elle sentait que la situation lui était favorable. De la même façon, le gouvernement Macron-Philippe, encouragé par la facilité relative avec laquelle il a pu imposer la réforme du Code du Travail, cherche à provoquer une épreuve de force avec les cheminots. Par des consultations fictives et le recours aux ordonnances, il veut passer en force.

La défaite des mineurs britanniques en 1985 a été suivie d’une longue période de démoralisation sociale qui a grandement facilité la politique de régression sociale de Thatcher. Selon le calcul du gouvernement Macron-Philippe, briser la résistance des cheminots et des fonctionnaires est le moyen le plus sûr de faciliter son offensive contre les droits et les conditions de vie de l’ensemble des salariés, des retraités, des chômeurs et des jeunes, au profit des capitalistes.

L’issue de cette lutte sera déterminée par la puissance de la mobilisation des travailleurs les plus directement concernés. Après la journée du 22 mars, seul un mouvement de grève de grande ampleur fera plier ce gouvernement. Macron ne cédera pas facilement. Toute sa crédibilité est en jeu.

La stratégie de grèves deux jours sur cinq pourrait s’avérer efficace, mais si ce n’est pas le cas, il faudra durcir et généraliser le mouvement. Les salariés de tous les secteurs de l’économie sont concernés. En agissant ensemble, ils pourront mettre le gouvernement en échec, sauvegarder les services publics et renforcer la position de tous les travailleurs face à la régression sociale.

La lutte contre l’austérité et pour de nouvelles avancées sociales et démocratiques est aussi une lutte politique. Elle soulève la nécessité de briser le pouvoir économique des capitalistes en mettant fin à la propriété capitaliste des moyens de production.

C’est pourquoi nous devrions réintégrer dans notre programme la nationalisation – ou « socialisation » si l’on préfère – et la gestion démocratique des grandes entreprises industrielles et commerciales, ainsi que du secteur financier, ouvrant la perspective d’une société libérée de l’emprise des capitalistes.
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La Riposte - Conférence sur la Révolution française

Message par Gayraud de Mazars » 30 Mars 2018, 16:04

Salut camarades,

Notre camarade Greg Oxley, directeur du journal de La Riposte a effectué une conférence auprès des camarades de Morlaix sur la Révolution française !

http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/ ... -2018.html

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Re: La Riposte - Conférence sur la Révolution française

Message par Kéox2 » 30 Mars 2018, 17:33

Salut camarade GdM,

Un ptit compte rendu ? du monde...
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Re: La Riposte - Conférence sur la Révolution française

Message par Gayraud de Mazars » 31 Mars 2018, 11:56

Salut camarade Kéox2,

Une conférence passionnante de Greg Oxley sur la Révolution Française au local du PCF de Morlaix devant une trentaine de personnes, ce mardi 27 mars 2018

Greg Oxley, animateur du journal La Riposte, militant communiste parisien, guide conférencier pour des voyages culturels à Paris et en Europe, a animé une conférence d'une très grande richesse et clarté sur la Révolution Française (1789-1794) qui a vivement intéressé les participants de cette fin d'après-midi d'éducation populaire, hier soir, entre 18h-20h.

32 personnes étaient présentes, dont 15 qui n'étaient pas membres du PCF, ce que nous considérons comme encourageant (d'autant que de nombreuses autres personnes invitées et intéressées s'étaient excusées, car non disponibles) et elles n'ont pas regretté leur présence tant l'introduction à la Révolution Française de Greg Oxley était limpide et stimulante, ouvrant des perspectives sur le présent, des analogies historiques, et résumant avec un sens de la perspective politique et de la synthèse cette succession d'événements très touffue et si importante pour l'histoire moderne de l'Humanité, avec des thèses fortes de Greg Oxley que nous allons retranscrire.

Morceaux choisis de la Conférence de Greg Oxley sur la Révolution Française
Morlaix, 27 mars 2018

L'actualité encore vivante de la Révolution Française, si elle continue à nous parler, c'est d'abord par le caractère inabouti des promesses révolutionnaires de liberté, d'égalité, de pouvoir par et pour le peuple. Aujourd'hui, il y a sans doute une plus grande concentration de richesses entre les mains d'une minorité que pendant l'Ancien Régime. Les questions qu'a posé la Révolution sont toujours d'actualité. La Révolution Française est aussi un enjeu politique actuel puisque une série d'historiens depuis les années 90 pratiquent une forme de révisionnisme en pensant la révolution sans le peuple, comme si ce n'était pas l'acte et l'accomplissement de la population opprimée.

Comme n'importe dans quelle révolution profonde et sérieuse, le peuple s'est cherché pendant les événements révolutionnaires. Ceux-ci ont comporté deux temporalités différentes, divisés par une période de contre-révolution et dont l'alternance coïncide aussi avec le déclenchement de la guerre européenne. La révolution française n'est pas une montée linéaire, c'est une longue série de soulèvements, de mouvements insurrectionnels, plus ou moins progressistes dans leur manifestation, se déroulant sur de longues années.

Les masses sont ordinairement passives. Pour la plupart des gens, de manière accoutumée, la politique, c'est l'affaire des puissants. La Révolution Française a été un de ces moments rares où les masses ont pris en main leurs propres destinées, sans toujours bien distinguer au départ vrais amis et faux amis. Une révolution est en même temps un apprentissage.

Dans la première phase de la Révolution, orientée par la bourgeoisie mais stimulée par le peuple, le peuple imaginait qu'il avait conquis la liberté et qu'il y avait un compromis possible avec la monarchie. A suivi une phase de rempli révolutionnaire après la première poussée en avant entre juillet et octobre 1789, puis est venue une deuxième phase avec la fuite en Belgique de la famille royale fin 1791 et le début de la guerre révolutionnaire en 1792.

La Révolution Française n'a pas une valeur essentiellement nationale, fondatrice de notre nation, les révolutionnaires ont voulu immédiatement lui donner une portée internationale, universelle, et les ferments de révolution étaient présents aussi dans d'autres pays. Le but de la constitution de 1793 est l'émancipation de l'humanité, la liberté universelle. Les masses étaient de 1789 à 1793 imprégnées de l'idée qu'elles luttaient pour toute l'humanité. C'était une menace pour les puissances européennes de l'époque.

Le contexte: la France à l'époque pré-révolutionnaire.

Entre fin XVIIe et fin XVIIIe siècle, une période de forte expansion économique. Le commerce et la croissance multipliés par cinq, sous la monarchie absolutiste qui n'est déjà plus féodale mais qui utilise aussi l'ascension économique et sociale d'une bourgeoisie commerçante, administrative et juridique, classe émergente, sous un état centralisé. 85% de la population vivait à la campagne. Sur les 28 millions de Français, 1 million de mendiants peut-être, des milliers de glaneurs, quelques vestiges de l'époque féodale dans le statut de certains paysans pauvre, une terre très inéquitablement répartie et utilisée. La bourgeoisie est déjà la classe dirigeante pour une grande part au sein de la société avant 1789, elle a de l'influence politique au niveau des Parlements. C'est aussi à ses calculs politiques et économiques qu'on doit l'intervention du royaume de France au côté des Américains lors de leur guerre d'indépendance dans les années 1770.

Beaucoup disent que la révolution française est une révolution de la prospérité plutôt que de la souffrance. La révolution aurait eu lieu parce que les gens allaient trop bien, en somme. C'est à mieux vrai, la révolution est rarement le fait de couches de la population trop enfoncées dans la misère, le désespoir, l'incertitude du lendemain mais il y avait des gagnants et des perdants du développement économique, des écarts entre les riches et les plus pauvres qui augmentaient. Arthur Young dans son tour de France de 1788 dont les observations ont été consignées dans Voyage en France remarque que littéralement, les pauvres tombent comme des mouches, hommes, femmes et enfants dans certaines régions.

La Révolution politique est également précédée par une révolution d'idée: les certitudes de l'ordre idéologique dominé par l'église et la religion s'érodent, le royaume de France persécute les penseurs des lumières, les menace, les emprisonne, les force à l'exil, mais, pays de la répression et de l'obscurantisme, la France produit aussi des penseurs remarquables - Voltaire, Rousseau, d'Holbach, Diderot, d'Alembert, et leur projet encyclopédique.

Dans cette effervescence idéologique, politique et sociale, l'élément déclencheur de la révolution va être une situation de quasi faillite pour l'état due aux pensions de la haute noblesse et au train de vie de la Cour, à la mauvaise répartition de l'impôt, avant même les dépenses de la guerre d'indépendance américaine. La France n'a pas eu les retours très importants escomptés sur ses investissements pour la guerre des Etats-Unis contre l'Angleterre. Turgot, Necker, Calonne, ont tenté sans succès d'imposer des réformes fiscales étendant l'impôt aux ordres privilégiés.

En 1781, la première fois qu'il était ministre, Necker a fait un appel à l'opinion publique en publiant les comptes de l'Etat. Cela a fait l'effet d'une bombe. Le livre a été distribué clandestinement pour une part et reproduit à des centaines de milliers d'exemplaires: il montrait bien l'arnaque des comptes de l'Etat au profit des plus riches. L'élément déclencheur de la révolution française a été la nécessité de trouver de l'argent. Et, sur cette nécessité, s'est greffé, comme souvent à l'origine des révolutions, une lutte entre deux fractions de la classe dirigeante, en l'occurrence d'abord un conflit entre la cour et la noblesse. Le roi voulait taxer la noblesse pour combler le déficit de l'Etat. La noblesse a un temps mené campagne contre le roi en essayant d'exciter et d'ameuter le peuple pour défendre ses privilèges.

C'est un climat d'agitation sociale et de comptes déficitaires de l'Etat qui a conduit à la convocation des états généraux. Le roi a essayé de manœuvrer, de faire payer la note en grande partie à la noblesse en s'appuyant sur la bourgeoisie. Mais qui était le roi, sinon le plus grand des aristocrates?

L'emballement

Le 11 juillet 89, le roi demande à la troupe d'entourer la capitale. Il voudrait retrouver le statut quo ante d'avant les états généraux. Il est débordé par des éléments qu'il a lui-même mis en branle. Mais le prend les Invalides et ses deux cent mille fusils cachés dans les caves, et prend la Bastille. Le 14 juillet 1789 n'est que l'acte d'ouverture de la révolution. Une insurrection victorieuse dans la capitale qui a contraint le roi a composer avec la bourgeoisie représentée aux Etats généraux. Le 14 juillet a donné naissance à la Grande Peur dans les campagnes par crainte de la réaction aristocratique. La nuit du 4 août est un épisode de la révolution française sur lequel on raconte beaucoup de bobards. On sentait surtout le besoin de dire quelque chose pour calmer les campagnes. Les droits féodaux ont été abolis officiellement, mais beaucoup n'avaient plus cours, et surtout une loi de 1790 annonçait bien qu'il s'agissait pour le peuple de racheter les droits féodaux. L'Assemblée Nationale était à Versailles. Le 5 et 6 octobre 1789, la marche du pain sur Versailles, avec 30 000 femmes et beaucoup plus d'hommes, des gardes nationaux conduits par La Fayette, ramène la famille royale et l'Assemblée Nationale à Paris. Là où il y a le roi, il y a plus d'argent, plus de nourriture.

La volonté de terminer la révolution sur un ordre bourgeois monarchique

Pour la bourgeoisie, la révolution aurait dû s'arrêter là, le peuple était à sa place, c'est à dire en bas. Les caractéristiques du projet de la nouvelle Assemblée Constituante sont le maintien de la monarchie, de l'esclavage, de la distinction entre citoyens actifs, et citoyens passifs, les producteurs précisément. Seuls les citoyens actifs avaient le droit de vote, et encore que les hommes. Les biens de l'église n'ont pas été vraiment nationalisés pour la répartition de la terre et le profit de tous, ils ont été vendus au plus offrant, aux propriétaires terriens, aristocrates, bourgeois. S'en est suivit une phase de déception, d"abattement, de démoralisation, de retrait de la population de la vie politique.

Le complot contre-révolutionnaire

En dépit des réhabilitations contemporaines ou de sa présentation en coquette malheureuse, frivole et perdue, Marie-Antoinette n'avait rien d'une innocente. Il n'y a qu'à lire ses correspondances pour voir que c'était une femme sanguinaire qui félicitait un officier d'avoir infligé le supplice de la roue à des mutins, qui voulaient un bain de sang, faire pendre jusqu'au dernier les démocrates. Toute la famille royale a passé la révolution à conspirer. En juin 1791, quand elle est arrêtée à Varennes, elle cherche à faire jonction avec les armées contre-révolutionnaires afin d'organiser une attaque sur Paris avec les Prussiens, les Autrichiens, et de rétablir les droits de la monarchie par la violence. La monarchie a tenu encore 14 mois après cette trahison. L'Assemblée Nationale a protégé le roi. Le roi a été placé sous sa protection. Au Champ de Mars, La Fayette fait ouvrir le feu sur les éléments du peuple qui accusent le roi de trahison. La bourgeoisie voulait maintenir le compromis avec l'aristocratie et la monarchie. Dans l'Assemblée Législative, les députés monarchistes sont majoritaires. Cette Assemblée est assez conservatrice. Son but est de contenir le mouvement populaire, de conserver le compromis avec la monarchie, de contenir la menace militaire et de s'en servir pour donner un dérivatif aux colères et pressions populaires. Le Mouvement des Girondins a été important dans l'Assemblée Législative: c'était une mouvance qui représentait essentiellement les intérêts de la bourgeoisie maritime et qui voulait que la révolution s'arrête. Les Brissotins s'orientaient vers une politique de guerre pour écarter cette menace étrangère et établir la stabilité intérieure. Ils ont créer une agitation pour accommoder la population à l'idée d'une guerre. En avril 1792, le roi lui-même a fait la déclaration de guerre contre ses parents et cousins. Le calcul de la Cour était de faire sortir la masse révolutionnaire de Paris, de la placer sous le commandement des aristocrates favorables à l'Ancien Régime, de parier sur un retournement des officiers de l'armée française à la jonction avec les armées ennemies. Cette guerre représentée comme une guerre de défense contre la menace des monarchies, une guerre du droit et de la démocratie, avait en réalité pour une grande part des objectifs contre-révolutionnaires avec une alliance de fait des Brissotins et de la Cour. Un seul homme ou presque s'est opposé à ce complot et à cette politique de guerre: Maximilien de Robespierre, qui a résisté à cette vague patriotique puissante, en disant, sans être guère entendu: si vous vous lancez dans cette guerre, dans ces conditions, vous serez trahis, et cela se retournera contre la révolution. Ne laissez pas l'ennemi, les Tuileries, dans votre dos. Mais Rosa Luxembourg a montré et vu à ses dépens que quand l'idée de guerre prend chez un peuple, il est impossible d'arrêter la machine. Le 20 avril 1792, la moitié des officiers sont passés à l'ennemi, dont La Fayette. Tous les avertissements de Robespierre étaient vérifiés.

Le roi avait constitué un gouvernement de Girondins, avec des ministres des Feuillants, le parti monarchiste, quand les officiers passés à l'ennemi déboulaient sur Paris. Il y avait une menace mortelle pour la révolution. Chacun dans le camp révolutionnaire savait que qui défiait un roi, questionnait son autorité, s'il avait le malheur de perdre, était mort. En juin et juillet 1792, des ministères contre-révolutionnaires sont installés. Mais souvent, dans les épisodes révolutionnaires, on a eu besoin d'une menace contre-révolutionnaire pour ranimer la révolution elle-même. Les sections, clubs politiques et de pensée bourgeois, les 48 sections parisiennes, ont ouvert leurs portes aux citoyens passifs, intégré le petit peuple. La milice révolutionnaire aussi s'est ouverte au petit peuple.

Le moment de la révolution avancée: les sans-culottes et Robespierre

Le 9 août 1792, la municipalité parisienne se transforme en commune insurrectionnelle. Le peuple n'écoutait plus l'assemblée législative; la commune insurrectionnelle repose sur les sections révolutionnaires, le petit peuple. Le 10 août, les Tuileries sont prises d'assaut et la monarchie renversée de fait. Les girondins se voient sur le dos d'une bête féroce qui veut renverser la monarchie. Ils vont tenter de composer. La deuxième phase de la révolution est une phase de révolution sociale animée par le petit peuple et des hommes comme Marat, Robespierre, Danton, St Just, partisans d'une démocratie plus radicale. Robespierre était le grand penseur de la révolution. Le peuple appelle de ses vieux la dictature révolutionnaire, c'est à dire le pouvoir du peuple lui-même, des mesures sérieuses pour les pauvres, des avancées sociales, faire échec aux contre-révolutionnaires. Il prend l'aristocratie et la bourgeoisie par la gorge, impose une économie de guerre, l'émancipation politique et sociale. La victoire de Valmy, celle d'une armée de volontaires quatre fois plus petite, moins organisée et armée, sur les Autrichiens et les Prussiens, a une résonance énorme. La victoire de Jemmapes suit rapidement. La Convention abolit l'esclavage, la monarchie: en janvier 93, Louis XVI est décapité, en octobre 93, c'est le tour de Marie-Antoinette: c'était des symboles de l'oppression et des points de ralliement pour la contre-révolution.

Dans cette guerre civile nationale et internationale: c'était eux ou nous. La violence révolutionnaire était un mal nécessaire. En même temps, au final, après la bataille de Fleurus, la sécurisation des frontières correspond à une phase de repli du peuple révolutionnaire agissant. Robespierre perd sa base, attaque à droite et à gauche pour maintenir la révolution sur les rails. Un coup d'Etat a lieu contre lui le 27 janvier 1794 et il est exécuté le lendemain. Le danger contre-révolutionnaire écarté, les révolutionnaires d'avant-garde sont bousculés par les conséquences de leurs propres victoires. La Terreur n'avait été qu'une facette de cet immense effort révolutionnaire sans lequel la révolution eut été vaincue.

Suit une longue période de désillusion, de terreur blanche qui a tué beaucoup plus de gens que la terreur rouge, de contre-révolutions finissant avec Napoléon et ses guerres impérialistes, la restauration en deux temps de la monarchie. Les masses qui ont accompli la révolution sont celles qui ont le moins gagné dans l'immédiat. Un siècle de monarchie va suivre la révolution.
(...)
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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Gayraud de Mazars
 
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