Chimie : le patronat aux anges, merci Macron

Chimie : le patronat aux anges, merci Macron

Message par Plestin » 17 Jan 2018, 08:52

Ci-dessous, l'interview par une revue professionnelle de la directrice générale de l'UIC (Union des Industries Chimiques), le syndicat patronal de la chimie en France. C'est la fête ! Au passage on apprend aussi qu'une partie de la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP) a disparu...


Trois questions à Magali Smets, directrice générale de l'UIC
Chimie Pharma Hebdo, le 15 janvier 2018 par Par Julien Cottineau


Que retenir de l'année 2017 ?


Nous nous dirigeons vers une année record pour l'industrie de la chimie en France. À fin octobre, la croissance atteignait 5 % en volume et l'excédent commercial 7,2 Mrds €. Pour l'UIC, cette année aura marqué un tournant. Nous avons adopté une feuille de route détaillée pour accélérer la croissance de notre industrie et renforcer la part de l'investissement productif, avec quatre priorités : simplifier la réglementation, accéder à une énergie compétitive, mieux répondre aux enjeux santé-environnement et faciliter l'adaptation des compétences avec l'évolution des métiers. Le contexte également est important. Les premières réformes du gouvernement vont dans le bon sens, notamment la réforme du Code du travail et le maintien du CIR. On peut aussi se féliciter de la nouvelle dynamique donnée à la politique industrielle avec le lancement du Conseil national de l'industrie. Sur le plan de la simplification, certains dossiers ont abouti, avec l'adoption par exemple du guide pratique pour les intermédiaires sous conditions strictement contrôlées. Nous avons obtenu aussi une simplification des modalités de suivi des équipements sous pression, et on peut également souligner la disparition, dans la loi de finances 2018, de deux composantes de la TGAP*. En 2017, l'UIC a, par ailleurs, renforcé le dialogue avec ses parties prenantes. Nous avons lancé un site Internet sur les perturbateurs endocriniens, organisé un colloque parlementaire et avons continué d'apporter un soutien important à nos membres à travers un suivi continu des évolutions réglementaires et l'organisation de journées de formation. Nous nous sommes mobilisés pour accompagner nos adhérents sur l'échéance d'enregistrement de Reach 2018, avec 10 conférences en ligne. Enfin, je retiens le lancement et le succès de la plateforme chimie.work - une Bourse à l'emploi des industries chimiques - pour attirer des jeunes. Plus de 3 000 offres ont été publiées, 2 400 candidats ont posté leur profil.


Qu'attendre de 2018 ? Encore plus de croissance ?


La dynamique positive va se poursuivre. Mais notre industrie a atteint des taux d'occupation de capacités de 84 %, ce qui peut nous conduire à faire preuve de prudence. Nous allons continuer à décliner notre feuille de route. Le gouvernement a montré sa volonté d'avancer sur la simplification et nous espérons donc de nouvelles mesures. Nous souhaiterions notamment qu'un statut spécifique pour les plateformes industrielles de la chimie soit mis en place pour qu'elles gagnent en attractivité. De nouvelles feuilles de route pour les comités stratégiques de filière seront, par ailleurs, adoptées fin février. Nous avons engagé une réflexion avec BpiFrance pour la mise en place d'un accélérateur de croissance des PME de la chimie. Nous espérons concrétiser cette initiative, en intégrant un volet sur le numérique. Nous travaillons aussi avec l'ADEME pour accélérer la transition énergétique de notre industrie, en menant une étude sur la production de vapeur bas carbone et compétitive. Plus largement, l'industrie de la chimie innove pour proposer des solutions pour relever les grands défis environnementaux. Je pense à l'essor de la chimie du végétal, aux nouvelles solutions de l'économie circulaire et au plan batteries du gouvernement qui permettra de développer la mobilité électrique et dans lequel nous sommes engagés. Enfin, nous souhaitons dynamiser notre approche Responsible Care. Nous avons entamé une actualisation de ce référentiel afin qu'il devienne un futur label RSE exploitable par les entreprises.


Quels sont les principaux défis actuels pour les PME françaises ?


Leur première préoccupation est de recruter et de trouver les bonnes compétences. Il y aussi le flot de contraintes qu'elles doivent gérer au quotidien, ce qui ramène au besoin de simplification de la réglementation. Plus largement, ces PME doivent pouvoir « accélérer » leur croissance et c'est le but de la réflexion menée avec BpiFrance. Il y a aussi la question de l'accès à une énergie compétitive : la loi de transition énergétique a déjà posé un cadre, mais avec la loi hydrocarbures ou le plan climat, les préoccupations reviennent et nous devons être force de proposition. Enfin, il y a la transformation numérique, sujet sur lequel l'UIC a lancé des actions de sensibilisation. Nous devons aller plus loin, en valorisant de belles histoires, en présentant des vitrines, qui permettront de motiver les autres à s'engager.

Propos recueillis par Julien Cottineau

(*)Taxe générale sur les activités polluantes

Plestin
 
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