Chaos de l'éducation Nationale !

Re: Chaos de l'éducation Nationale !

Message par Gayraud de Mazars » 01 Oct 2020, 09:16

Salut camarades,

Une fois n'est pas coutume, un article du site Révolution Permanente, Courant Communiste Révolutionnaire du NPA...

Interview de Blanquer au Figaro : un aperçu de la rentrée depuis la planète Mars

Retour sur l’interview du ministre de l’éducation nationale sur la rentrée. Une vision très « originale » sur la situation dans les écoles, collèges et lycées.
Par Christa Wolfe
Le mercredi 30 septembre 2020
Publié sur le site de Révolution Permanente

https://www.revolutionpermanente.fr/Int ... anete-Mars

Image
Photo : LP/Philippe Lavieille

Plusieurs choses caractérisent le ministre de l’éducation nationale depuis 2017 : d’abord, le privilège donné aux médias pour informer les personnels, ensuite la grande déconnexion qui ne cesse de s’amplifier entre les propos du ministère et la réalité vécue dans les établissements. A force d’accélérer, il semble que le ministre a enfin réussi à décoller et dans le Figaro hier, il donne un aperçu de ce qu’il voit se faire à l’école depuis la planète Mars : tout va bien, tout est normal et ses préoccupations sont "profondément éducatives et sociales".

Blanquer est branché sur un autre monde, à défaut d’avoir trouvé le "nouveau monde" de Macron. Au Figaro, il dit sa fierté d’avoir "préparé l’ouverture de toutes les écoles" et d’avoir fait revenir en classe tous les élèves, alors que "peu de pays sont parvenus à le faire". Et en effet, puisque le style de la bourgeoisie française, qui s’affirme depuis le début de la crise sanitaire, consiste à forcer la reprise économique en abandonnant les questions de santé aux responsabilités individuelles - c’est-à-dire, finalement, à traiter la question de l’épidémie comme un désagrément qui ne doit surtout pas parasiter les intérêts pressants des patrons - il est plus facile de faire revenir tout le monde à l’école : on a qu’à faire comme si la pandémie n’existait pas.

C’est ce que fait le ministre, d’ailleurs, un peu plus loin dans l’interview, quand il énumère les chiffres magiques des classes fermées qui vont en diminuant : "10 écoles fermées cette semaine, contre 19 la semaine dernière, et 89 il y a quinze jours". En lisant cette suite de chiffres, on est tenté de se dire : mince, aller à l’école est à soi seul un instrument de prévention, on y est de moins en moins malade alors que partout ailleurs, les contaminations augmentent ! Sauf que depuis les quinze jours qu’évoque adroitement le ministre, les règles de calcul ont changé, la définition des "cas contact" a été révisée : c’est comme dans tous les tours de magie, il y a un truc.

Derrière cette brillante démonstration mathématique, la réalité grimace un peu, quoi qu’en dise le ministre : en Ile de France, de nombreux établissements ont choisi d’exercer leur droit de retrait ou de grève depuis la rentrée, faute de moyens de faire face à la situation sanitaire.

La liste est longue : collège Voltaire de Sarcelles, lycée Simone-de-Beauvoir de Garges-les-Gonesse, à Bondy en Seine-St-Denis, 34 professeurs sur les 35 du collège Brossolette ont voté la grève mardi 22 septembre, à Chennevières-sur-Marne dans le collège Molière, 81% des professeurs se sont mis en grève, au Lycée Jacques Feyder à Épinay sur Seine, une vingtaine de professeurs ont débrayé à 10h lundi 21, et elle continue : le collège Cap-de-Gascogne à St-Seveur, le collège Plaisance à Créteil, le collège les Escholiers à Montpellier, le collège Descartes à Antony, etc…

A Bordeaux, où la ville est en alerte maximale, la "rentrée normale" de Blanquer se passe comme partout, au mépris de la santé des personnels et des élèves. Dans la même région, à Poitiers, le lycée Victor Hugo a diffusé un communiqué pour exiger des moyens (gel, masques) et des personnels supplémentaires. Voilà ce qui donne donc des motifs de fierté au ministre de l’éducation nationale.

Installer la responsabilité individuelle à tous les niveaux : le lycée Blanquer

A propos de la réforme du lycée, Blanquer insiste sur les "possibles ouverts" par la déstructuration des filières et les parcours individualisés. On en conclura - mais on est mauvaise langue - que la sociologie est très peu étudiée sur la planète Mars : les journalistes relèvent que la fin des filières renforcent les effets de pression liée au genre sur les choix des élèves, puisque les filles choisissent beaucoup moins que les garçons les spécialités réputées conduire aux filières d’excellence, notamment les mathématiques. Alors que Blanquer dit se soucier "profondément" de l’éducation et de la société, il fait donc mine d’ignorer que dans une société "profondément" inégalitaire, que ce soit sur les questions de genre, de racisme ou de revenus, décréter la liberté consiste évidemment à aggraver encore plus les inégalités. Mais le discours sur la liberté permet aussi de rendre celles et ceux qui échouent responsables de leur échec : "et quoi, vous étiez tous libres de réussir !"

C’est d’ailleurs l’angle de la responsabilité individuelle qui montre le mieux le paradigme de la gestion de crise suivi par le gouvernement : au moment de distinguer entre les élèves des écoles et les étudiants des Universités, le ministre n’hésite pas à accuser les étudiants d’avoir une vie sociale qui augmente les risques de contaminations. Le discours est clair : puisque la vie économique doit continuer, le gouvernement décrète qu’elle est inoffensive sur le plan sanitaire. Mais les soirées festives, les manifs et les rencontres au café, voilà l’ennemi. Face à la pandémie, le gouvernement joue donc l’économie contre la société, en mettant en place les fondations de cette société dystopique qui hante l’imaginaire capitaliste : une société où nous ne sommes plus que des instruments du profit et où les relations sociales sont quasi-inexistantes si elles ne sont pas nécessaires au travail et au profit. C’est "la guerre" disait Macron, au début du confinement - lorsque la bourgeoisie parle de guerre, il faut entendre qu’elle est prête à sacrifier bien des choses et des personnes aux intérêts bourgeois.

C’est contre cette volonté politique de faire payer la crise sanitaire aux salariés, dans les services publics et partout ailleurs, qu’il faut exiger de l’Etat qu’il offre des conditions sanitaires correctes dans les écoles et les universités, des moyens matériels et humains à l’école et à l’hôpital - bref, qu’il obéisse à ses propres règles en tant qu’institution de service public et employeur, plutôt que de faire sans cesse des cadeaux aux patrons.


Fraternellement,
GdM
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Re: Chaos de l'éducation Nationale !

Message par Gayraud de Mazars » 17 Oct 2020, 15:57

Salut camarades,

Direction des collèges et lycées : manager plutôt qu'éduquer
Brève de Lutte Ouvrière, le vendredi 16/10/2020

https://www.lutte-ouvriere.org/breves/d ... 52254.html

Un décret paru en catimini cet été permet de recruter dans l'Éducation nationale des chefs d'établissement n'ayant rien à voir avec l'éducation.

Le concours est ouvert à tous, issus du privé ou de l'associatif, afin d'ouvrir la profession à des personnes « au profil managérial et moins exclusivement pédagogique », précise le ministère.

Comme dans la santé, les services dits « publics » le sont de moins en moins. Mettre des directeurs dont l'objectif est de gérer selon des critères économiques, voire en termes de rentabilité, l'éducation, c'est préparer d'éventuelles privatisations. Synonyme de dégradation de la qualité de l'éducation des élèves.


Fraternellement,
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Re: Chaos de l'éducation Nationale !

Message par Gayraud de Mazars » 03 Nov 2020, 18:10

Salut camarades,

Alors que dans beaucoup de villes des collèges, des lycées se mettent en grève dès cette rentrée...

Blanquer ne manque pas d’air !
Brève de Lutte Ouvrière
02/11/2020

https://www.lutte-ouvriere.org/breves/b ... 52572.html

Un protocole renforcé va, paraît-il, s'imposer dans les établissements scolaires puisque le gouvernement a décidé de les laisser fonctionner. Depuis septembre, le ministre Blanquer répète que tout est prévu et que tout ira bien. En fait, les enseignants et le personnel devront se débrouiller avec les moyens du bord, déjà bien limités en temps normal, et dramatiquement insuffisants avec l'épidémie.

À brasser du vent, Blanquer n'évitera pas la tempête, qu'il aura bien mérité.


Blanquer aux professeurs : silence dans les rangs
Brève de Lutte Ouvrière
03/11/2020

https://www.lutte-ouvriere.org/breves/b ... 52607.html

Dans une volte-face subite, Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, a supprimé au dernier moment le temps d'échange entre les professeurs, prévu le 2 novembre jour de la rentrée scolaire. À la colère et à l'émotion provoquées par l'assassinat de Samuel Paty, s'est ajouté le sentiment d'être méprisés.

Mais dans bien des établissements, les professeurs ont imposé le débat, parfois par la grève. Outre la situation générale préoccupante, ils dénoncent un protocole sanitaire insuffisant, avec la poursuite des cours avec parfois jusqu'à 30 ou 35 élèves, sans dédoublement, dans des locaux exigus, et cela malgré l'épidémie et le confinement.

Les valeurs républicaines selon Blanquer, c'est "travaille et tais-toi!" Mais il a découvert qu'il ne suffit pas d'élever la voix pour être obéi...


Communiqué de presse AUXERRE, le 03 novembre 2020

Les enseignants du collège Paul BERT à AUXERRE en grève à partir du mercredi 04 novembre 2020 !

Les enseignants du Collège Paul BERT à AUXERRE, réunis ce jour ont pris la décision de se mettre en grève à partir du mercredi 4 novembre pour dénoncer le pseudo protocole sanitaire mis en place à cette rentrée de novembre.

Nous exigeons, de réelles mesures de protection, pour les élèves, pour leurs familles et les personnels.
Nous exigeons le recrutement des personnels nécessaires à la prise en charge pédagogique et à la sécurité des élèves.
Nous n’accepterons pas d’être sacrifiés à la préservation de l’économie.
Nous dénonçons le mépris manifesté par l’état quant à l’hommage national à notre collègue assassiné.
En effet le vendredi soir nous avons appris que l’organisation avait été changée ; les collègues, traumatisés pour beaucoup on été bien seul pour la minute de silence.

Nous appelons tous les établissements scolaires et les parents à se mobiliser.


Fraternellement,
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Re: Chaos de l'éducation Nationale !

Message par Gayraud de Mazars » 10 Nov 2020, 17:07

Salut camarades,

Alors que ce mardi 10 novembre 2020, était partout dans le pays la "grève sanitaire" dans l'Education Nationale qui fut suivie dans les collèges selon le SNES/FSU par 45% des collègues, le ministre Blanquer n'a pas encore bougé d'un iota sur la situation dans les écoles primaires et les collèges, alors qu'il a reculé en parti pour les lycées... Un poids, deux mesures !

Déjà on pouvait lire hier :

Écoles : un protocole renforcé... pour la galerie
Brève de Lutte Ouvrière le 09/11/2020

https://www.lutte-ouvriere.org/breves/e ... 52715.html

Image

Ce lundi 9 novembre doit entrer en vigueur le « protocole sanitaire renforcé » mis en place par Blanquer. Il se résume, dans le secondaire, à faire en sorte que les élèves ne changent pas de salle entre deux cours ; mais la division des effectifs en demi-classes pour obtenir une distanciation acceptable n'existera que là où des directions et des enseignants ont pris en charge, eux-mêmes, le problème.

Mais aucune salle inoccupée dans d'autres bâtiments publics n'a été réquisitionnée, aucun personnel supplémentaire embauché ni pour aider à maintenir les distances ni pour assurer le nettoyage.

Après les protestations de la rentrée, les enseignants sont appelés à une grève nationale demain mardi, pour protester contre le mépris du gouvernement à leur égard, mais aussi et surtout pour imposer le respect de règles que les ministres nous présentent, à longueur de journée, comme vitales.


De plus...

Une fédération de parents épingle l’abandon des élèves
Brève de Lutte Ouvrière du 10/11/2020

https://www.lutte-ouvriere.org/breves/u ... 52761.html

Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE (Fédération de parents d'élèves), dénonce « le non-investissement massif dans l'éducation pour prévoir cette situation, dont nous savions qu'elle allait arriver ».

Pour aider et encadrer les élèves qui ne seront pas en cours, il demande des embauches massives et la mise à disposition de locaux appartenant à l'État ou aux collectivités. C'est la voie de la raison, celle de l'évidence, mais pas celle que suit l'État.

Servir le grand patronat est contradictoire avec le maintien de services répondant aux besoins de la population.


Fraternellement,
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Re: Chaos de l'éducation Nationale !

Message par Gayraud de Mazars » 11 Nov 2020, 07:14

Salut camarades,

Excellente intervention de la camarade Nathalie Arthaud lors de la grève dans l'Education Nationale d'hier...

Paris : Interview de Nathalie Arthaud
Dans la manifestation des enseignants
4 min, Vidéo, du 10/11/2020

https://www.lutte-ouvriere.org/multimed ... 52763.html

Fraternellement,
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Re: Chaos de l'éducation Nationale !

Message par Gayraud de Mazars » 13 Nov 2020, 10:36

Salut camarades,

Un article publié dans le journal de Révolution, Section française de la Tendance Marxiste Internationale (TMI)

L’Education nationale en lutte pour un vrai protocole sanitaire !
12 novembre 2020 par Pierre Zamboni – CGT Educ’Action 93

https://www.marxiste.org/actualite-fran ... -sanitaire

Image

Le ministère de l’Education nationale a publié un nouveau protocole « renforcé » pour accompagner l’annonce, par Macron, des nouvelles mesures de confinement. Ce protocole ne comporte aucune mesure drastique et ne se distingue du précédent que par une formule encore plus hypocrite, répétée pour chaque mesure suggérée : éviter le « brassage », garder les distances, nettoyer, ventiler... « quand c’est matériellement possible ».

Puisqu’il est « matériellement impossible » d’éloigner les murs, le brassage des élèves aura fatalement lieu dans les cantines ou dans des salles accueillant jusqu’à 35 élèves. A défaut de moyens humains et matériels supplémentaires, le pic de l’épidémie prévu pour la mi-novembre fera des ravages dans les établissements, mettant en danger la santé de centaines de milliers de personnels et d’élèves, ainsi que leurs familles. Mais pour le gouvernement et le Medef, c’est secondaire. L’important, c’est que les élèves aillent à l’école pour que leurs parents aillent travailler, à n’importe quel prix.

La fameuse « deuxième vague » était annoncée par le conseil scientifique depuis la mi-juin, mais le Ministère n’a rien anticipé. Pire : le nouveau protocole est encore moins protecteur que lors du déconfinement. En outre, le signalement des cas de Covid est revu à la baisse, voire étouffé. Les hiérarchies locales accompagnent cette opacité, tandis que des infirmières scolaires s’alarment, en privé, des nombreux cas symptomatiques renvoyés chez eux sans être signalés officiellement. Après avoir cassé le thermomètre, Jean-Michel Blanquer peut claironner qu’il y a peu de contaminations en milieu scolaire...

Mépris et autoritarisme

Après l’abandon des enseignants à eux-mêmes, lors du premier confinement, puis la campagne médiatique de « prof bashing » sur les « enseignants décrocheurs » orchestrée par le ministre lui-même, cet épisode est la goutte de trop, après une série continue de maltraitances institutionnelles.

Le ressentiment contre les hiérarchies, locales et nationale, s’est fortement accentué pendant les vacances, en se cristallisant autour de la gestion calamiteuse de l’assassinat de Samuel Paty. Alors que notre collègue menacé avait été laissé sans protection par sa hiérarchie, le ministre a refusé de reconnaître la moindre défaillance. Il s’est contenté de lancer des diversions médiatiques contre « l’islamo-gauchisme » et d’imposer la lecture en classe d’une lettre de Jean Jaurès « aux instituteurs », après avoir censuré les passages qui critiquent l’institution scolaire.

La colère des professeurs a été portée à ébullition par l’annulation des réunions prévues le jour de la rentrée, pour laisser les personnels discuter de cet événement. Derrière les motifs sécuritaires avancés, cette annulation a été dictée par la peur que ces discussions organisées simultanément, dans tous les établissements, débouche sur l’expression d’un ras-le-bol général.

C’est pourtant ce qui s’est produit : des échanges, voire des AG improvisées par visioconférence, ont eu lieu le week-end, et des débrayages ont commencé dès la rentrée. La colère liée au cas de Samuel Paty s’est mêlée à la contestation du protocole sanitaire. Les lycéens ont été aussi à l’initiative de blocages, qui ont été fortement réprimés, avec des blessés au LBD et des élèves gardés à vue sans motifs. La violence policière a été systématique, exercée sans distinction dans des lycées de banlieue comme de centre-ville ou de zones rurales.

Face à cette colère, le gouvernement a fini par accepter les demi-groupes pour les seuls lycées, dont les élèves n’ont pas besoin d’être gardés. La réforme du lycée et ses classes sans cesse recomposées, dans la semaine, rend cette mesure d’autant plus nécessaire. Il est probable que Blanquer n’ait fait cette concession que pour désamorcer une mobilisation lycéenne qui prenait de l’ampleur.

Mobilisation générale !

La mobilisation doit se continuer au-delà de la revendication du dédoublement des classes dans tous les établissements. Les personnels mobilisés font aussi émerger des revendications sur la construction de nouveaux établissements et de recrutement de personnel enseignant, de surveillance et d’entretien, tant le manque est déjà chronique hors pandémie.

Il faut tirer les leçons des nombreuses mobilisations récentes, en commençant par souligner qu’encore une fois les syndicats n’ont pas préparé sérieusement cette bataille, alors qu’ils en avaient largement le temps pendant les vacances scolaires. Ce n’est qu’après que la lutte ait éclaté à la base, dans certaines académies, qu’ils ont appelé à une grève nationale avancée dans l’urgence au 10 novembre.

La coordination entre les établissements mobilisés doit se poursuivre, en y intégrant les parents. Ceux-ci sont des travailleurs soumis eux aussi à la gestion désastreuse de la crise sanitaire, économique et sociale – d’où l’importance d’élargir les revendications et de politiser la lutte. Comme l’ont montré les mobilisations de toute la dernière période, il est impossible de remporter une victoire sérieuse dans la situation actuelle sans une mobilisation large, dirigée contre l’ensemble de la politique du gouvernement. La préparation d’une telle lutte doit être mise au centre de la mobilisation actuelle.


Fraternellement,
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Re: Chaos de l'éducation Nationale !

Message par Gayraud de Mazars » 14 Nov 2020, 09:15

Salut camarades,

Lutte Ouvrière en Bourgogne destiné aux travailleurs, sort ce bulletin pour le confinement, extrait...


BOURGOGNE : LA PANDÉMIE NOUVELLE VAGUE ET SES EFFETS SUR LES CLASSES POPULAIRES
Le 11/11/2020, numéro 6

« GRÈVE SANITAIRE » DANS L’ENSEIGNEMENT : IL FAUT DES MOYENS POUR FAIRE FACE À L’ÉPIDÉMIE

Mardi 10 novembre, les syndicats d’enseignants et les associations de parents d’élèves appelaient à une « grève sanitaire » pour obtenir l’application des demi-classes dans les collèges, et l’embauche d’enseignants, de surveillants et d’agents d’entretien.

Le ministre Blanquer avait promis un protocole sanitaire renforcé à la rentrée des vacances de la Toussaint : éviter les brassages d’élèves au maximum en les laissant dans les mêmes salles toute la journée et dans les lycées, organiser une alternance entre des cours sur place et des cours à la maison. Sauf qu’il se déchargeait sur les proviseurs pour tout organiser et qu’il n’y avait rien d’obligatoire. Après plusieurs jours de mobilisation des profs et des élèves, il a fini par accepter le principe de faire des demi-classes dans les lycées, mais pas dans les collèges.

Face à l’épidémie, le gouvernement parle de protocoles et de mesures sanitaires mais la seule chose qu’il met vraiment en place, c’est le confinement, le contrôle des déplacements et les amendes. Il n’est pas question de mettre les moyens nécessaires : pas de lits de réanimation supplémentaires et pas d’embauches dans les hôpitaux. C’est la même chose dans l’Éducation Nationale : il faudrait nettoyer et désinfecter les
salles, les tables, les chaises, et les toilettes plusieurs fois par jour mais comment faire sans embaucher des agents d’entretien supplémentaires ?
Il faudrait surveiller les allées et venues des élèves, l’aération des locaux, faire des autorisations, mais comment faire sans prendre plus de surveillants ? Quant aux demi-classes, cela serait utile, pas simplement du point de vue sanitaire, mais surtout pour améliorer un peu la prise en charge des élèves. Mais comment faire sans embaucher des enseignants, avoir plus de locaux, fournir des équipements aux familles les plus pauvres ?

A chaque étape de cette crise, le gouvernement la gère uniquement par des mesures de contrôle de la population, mais sans jamais mettre les moyens matériels et humains nécessaires. C’est la même chose dans les entreprises où les patrons appliquent encore moins les mesures de protection qu’au printemps dernier. Alors les grévistes ont raison parce que face au Covid, comme face aux attaques du gouvernement et des patrons, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour défendre leur santé et leurs conditions de vie.


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Re: Chaos de l'éducation Nationale !

Message par Gayraud de Mazars » 18 Nov 2020, 10:03

Salut camarades,

Salaires enseignants : Blanquer rend copie presque blanche
Brève de Lutte Ouvrière du mardi 17/11/2020

https://www.lutte-ouvriere.org/breves/s ... 52917.html

Image

Toujours très satisfait de lui, le ministre de l’Éducation vient d’annoncer ce qu’il prétend être une revalorisation salariale des enseignants pour favoriser, dit-il, "l’attractivité" de leur métier. Et ce alors qu'ils sont parmi les moins payés d’Europe. Mais Blanquer n’a concédé que des primes dérisoires, pouvant aller jusqu’à 100 euros pour les débutants, très loin de rattraper la simple inflation depuis 10 ans, et une prime annuelle d’équipement informatique de 150 euros. En matière d’austérité et de mépris, Blanquer n’avance pas masqué.


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