Téléperformance, c'est la première boîte de centres d'appels sous traitants en France, la plus grande entreprise du secteur et la pire, à quasiment tous les points de vu.
Et, alors que cette boîte a jusqu'à 70% d'intérimaires, alors que les salarié-es sont souvent des jeunes (que l'on dit les moins combatifs)... Ils sont en grève!
Moi, ça me donne des espoirs!
a écrit :Economie
Après Lyon, la grève chez Téléperformance gagne Paris
Les salariés du centre d'appel dénoncent les délocalisations et la
précarisation des conditions de travail.
Par Sonya FAURE
mardi 28 décembre 2004
ls sont une trentaine de salariés du centre d'appels Téléperformance à
faire le pied de grue devant le site du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne).
A ressasser leurs conditions de travail toujours plus précaires et les
menaces répétées de délocalisation vers le Maghreb. «La direction se croit
en Tunisie... Elle ne respecte rien : toutes les occasions sont bonnes pour
tirer nos droits vers le bas», explique un militant de SUD.
Le mouvement est parti de Lyon : la semaine dernière, une centaine de
salariés s'étaient mis en grève. Ils ont repris le travail hier, avec la
promesse de rencontrer, cet après-midi, le vice-président-directeur général
de Téléperformance France, qui s'affiche comme le premier prestataire
français de centres d'appels et emploie 4 000 personnes sur quinze sites.
Hier, des employés du Kremlin-Bicêtre ont décidé de débrayer à leur tour. La
direction, pour sa part, restait injoignable hier soir.
Précarisation. «On a commencé à sérieusement s'inquiéter quand un collègue
d'origine tunisienne est revenu d'un séjour à Tunis en nous racontant que
Téléperformance ouvrait un troisième site dans ce pays», explique Karim
Belmahjoub, délégué CGT à Lyon. En août, les salariés lyonnais s'aperçoivent
que des confrères tunisiens répondent également aux appels des clients de
Cegetel, dont Téléperformance est le prestataire. «Ça s'est passé de la même
manière pour la délocalisation des activités Wanadoo, analyse le
syndicaliste. La première année, ils n'ont délocalisé que 20 % de
l'activité. Trois ans plus tard, tous les appels étaient traités en
Tunisie.»
Devant le centre du Kremlin-Bicêtre, on se compte. Une trentaine seulement
sur les 250 présents sur le site, selon SUD... «C'est déjà beaucoup pour
nous, lâche l'un d'entre eux. Ils ont peur...» Les salariés en CDI de
Téléperformance, seuls à participer au débrayage, sont pris en tenaille
entre les menaces de délocalisation et l'extrême précarisation des emplois.
SUD estime que les intérimaires représentent 70 % des salariés des sites du
Kremlin-Bicêtre et de la rue Firmin-Gillot à Paris. «Ils ont même nommé des
superviseurs intérimaires !, s'insurge une gréviste. Une manière de
rabaisser encore les CDI, de les pousser à la démission...» Selon SUD,
Téléperformance France a licencié 430 CDI en 2003.
Plannings. «Nous connaissons parfois nos plannings le jeudi pour la semaine
suivante, nous enchaînons les appels sans souffler, explique une autre. Tout
ça pour 1 050 euros par mois, après trois ans de maison.» Outre des
revendications salariales, les grévistes demandent un treizième mois, la
garantie de ne pas excéder 35 heures par semaine (certains sites atteignent
les 44 heures, en fonction de l'activité) et de ne pas travailler plus d'un
samedi sur deux. Ils veulent également que leur emploi du temps soit établi
un mois à l'avance et réclament des garanties sur le logiciel d'écoute
téléphonique «Nice» : «La direction avait déjà détourné un précédent
logiciel, qu'elle n'avait pas déclaré à la Commission nationale informatique
et libertés, pour justifier de sanctions ou de licenciements de salariés,
témoigne Karim Belmahjoub. Ce qui est illégal.»
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