film sur les fonderies du poitou

film sur les fonderies du poitou

Message par ulm » 09 Sep 2014, 12:02

Vienne - Ingrandes - 2011 deux mois de grève a la fonderie du Poitou Alu !

Mardi 9 septembre à 22h35!, France 2 diffuse un film qui raconte le mouvement de grève à la Fonderies du Poitou Alu "Tête-Haute, 8 mois de bagarre"


Fin 2011, le groupe industriel français Montupet, sous-traitant de Renault en culasses pour voitures, fait une proposition à ses salariés des Fonderies du Poitou : une baisse de 25% de leur salaire ou rien. On n'a pas été d'accord ! Mais alors, pas d'accord du tout de perdre 25 % sur des salaires qui ne dépassaient bien souvent pas 1500 € au bout de 20 ou 30 ans d'ancienneté.
Nous sommes donc rentrés en grève. Cette grève n'a pas plu aux patrons, responsables politiques de tous bords et pouvoirs publics qui nous ont crains, car nous avions eu le soucis de la populariser notre lutte en allant par exemple s’adresser directement aux travailleurs dans plusieurs usines du département, du groupe Montupet, quitte a faire plier les barrières récalcitrantes et autres obstacles qui se présentaient devant nous !
Devant notre mobilisation. Le patron a finalement remballé l'usine en se mettant en cessation de paiement. Alors il a fallu se bagarrer encore jusqu'au printemps pour empêcher que le redressement judiciaire ne se transforme en liquidation pure et simple. Et au mois de juin 2012, on a hérité d'un patron nouveau Saint-Jean-Industries, qui lui essaie évidemment de nous faire le coup du sauveur en nous imposant de nouvelles mesures de compétitivités sous prétexte que le donneur d'ordre Renault l'exigerait !
Pour nous, il reste le souvenir des occupations de l’usine et manifestations qui ont rythmé les huit semaines de grève et les les mois de redressement judiciaire avec toujours la ferme intention de se faire entendre le plus fort possible en gueulant « Des baisses de salaires on en veut pas ! Des licenciements, on n’en veut pas ! » et aussi « y’en a ras le bol, de ces guignols, qui ferment les usines et ferment les écoles » car « de cette société là, on en veut pas ! ». Et on est fiers de la bagarre qu'on a menée avec le courage, la détermination, la volonté d’agir collectivement, la fraternité et la solidarité au delà même Châtelleraudais et de la région. Oui : deux mois de grève, ça laisse le temps de découvrir les copains autrement mieux que quand on bosse le nez dans le guidon. Ca laisse le temps aussi de comprendre qu'on ne peut être sauvés que par nos propres forces, nos propres luttes.
Des attaques comme celle qu'on a subie, des travailleurs en subissent tous les jours dans tout le pays, et dans l'Europe entière d'ailleurs.
Alors contre ce système capitaliste fou et contre tous ceux qui veulent nous faire payer une crise dont nous ne sommes pas responsables, tous ensembles, c’est dans les usines, et c’est dans la rue qu’ça s’passe, on va pas s’laisser faire, vive la lutte !
ulm
 
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la fierté ouvriere en action

Message par ulm » 09 Sep 2014, 12:15

Alex Jamain, Éric Bailly, Patrice Villeret, Jean-Yves Huet, Tony Garot, Patrice Mochon... Pendant huit mois, ces noms et ces visages ont peuplé nos colonnes, les écrans télévisés et les ondes radiophoniques.
Syndicalistes - pour la plupart à la CGT - ils ont été les fers de lance de la lutte entamée en septembre 2011 contre le projet de la direction de Montupet, qui avait racheté en 2010 la Fonderie du Poitou aluminium d'Ingrandes, de baisser les salaires de 25%.
Tous ces visages, et beaucoup d'autres, vous les retrouverez ce soir en visionnant le documentaire réalisé par Yves Gaonac'h (lire ci-dessus). En immersion totale, le réalisateur poitevin nous plonge au coeur des huit mois de conflit: des occupations du site en passant par les déplacements à Châteauroux (siège d'une autre entreprise de Montupet), les manifestations à Poitiers ou ailleurs, jusqu'aux Champs-Élysées et leur visite au siège de Renault. Il faut voir alors la joie de gamins de ces ouvriers pas peu fiers que des motards de la République leur ouvrent la route. C'est en effet un voyage au coeur de la fierté ouvrière qu'Yves Gaonac'h propose. Des ouvriers, qui au-delà du maintien de leur salaire, se sont battus pour qu'on ne les prenne par pour quantité négligeable. Tête haute, ils voulaient rester. C'est ainsi qu'ils se montreront au pays entier ce soir.

« Tête haute, huit mois de bagarre », ce soir sur France 2,
à 22h30.
ulm
 
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Re: film sur les fonderies du poitou

Message par artza » 13 Sep 2014, 07:30

Montupet -- Fonderie du Poitou Alu -- Ingrandes (Vienne) : huit semaines de grève, ça rend fort !

Vendredi 28 octobre à 5 h 30, lorsque les travailleurs de l'équipe du matin ont franchi l'entrée en un cortège serré pour reprendre le travail, ils ont mis fin à une grève de huit semaines jour pour jour, la plus longue qu'aient connue les Fonderies du Poitou depuis leur création par Renault en 1980. Et en dépit des incertitudes qui pèsent sur l'avenir-même de la Fonderie Alu, c'est avec un solide moral qu'ils l'ont fait.
En commençant la grève le 2 septembre, les travailleurs n'étaient sûrs que d'une chose : s'ils n'engageaient pas la lutte, leur patron -- le groupe de fonderie Montupet -- allait leur imposer une baisse de 25 % des salaires dans le but d'accroître la rentabilité. Là où d'autres avant eux avaient cédé au chantage dans l'espoir illusoire de préserver leurs emplois, les travailleurs de la fonderie n'ont pas fléchi. Et au fil des semaines, au fil des actions vers les travailleurs de nombreuses entreprises, leur conviction n'a fait que se renforcer. Il arrive un point où il faut dire « ça suffit », où il faut cesser de reculer. Subir les dures conditions du travail de fonderie, l'exposition aux produits dangereux, les horaires d'équipe pour se retrouver payés au smic au bout de trente ans, ça ne passait pas !
Les derniers jours de la grève ont été tendus, éprouvants. Depuis la manifestation réussie à Châtellerault le 20 octobre, la grève était devenue plus statique, les grévistes venant aux nouvelles devant les locaux du Comité d'entreprise. Il y avait certes de la fatigue, mais aussi le fait que certains syndicalistes militaient pour la reprise. Pour ces derniers, en reprenant le travail, il s'agissait de faire à l'administratrice nommée dans le cadre de la mise en redressement judiciaire de la Fonderie, et à d'éventuels repreneurs, la démonstration de la viabilité de l'entreprise.
Du côté des grévistes, une idée revenait comme un leit-motiv : on ne peut pas reprendre après plus de sept semaines de grève sans la moindre garantie.
C'est dans cet état d'esprit que se tint mercredi 26 octobre une assemblée générale qui allait peser lourd pour la suite. Le secrétaire de l'UD-CGT mit son poids dans la balance pour convaincre de reprendre le travail dès le lendemain jeudi 27, jour où devait se tenir à Paris une rencontre avec le ministre de l'Industrie Besson. Ce syndicaliste expliqua en substance que puisque Montupet s'était déclaré en cessation de paiement, puisqu'il avait manifesté son intention de lâcher la fonderie d'Ingrandes, il s'agissait maintenant de partir à la conquête du marché des culasses pour Renault, de damer le pion à Montupet désormais redevenu le concurrent qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être.
De l'assemblée générale, une intervention succéda défendant l'idée qu'on ne pouvait pas reprendre ainsi sans la moindre garantie. Et puisque la grève avait été assez forte pour poser un problème aux pouvoirs publics, il fallait rester en grève au moins le lendemain pour donner à la délégation qui rencontrerait le ministre le poids d'une grève encore vivante. Après des discussions très animées, l'intersyndicale reprit la proposition de poursuivre la grève le jeudi, proposant de voter le principe d'une reprise du travail vendredi 28 au matin, à confirmer en assemblée le 27. Cette proposition fut votée à la quasi-unanimité, avec le sentiment de ne pas avoir lâché la proie pour l'ombre. Nombre de grévistes exprimaient l'idée que de toute façon, quoi qu'il advienne, le pire aurait été de ne pas avoir engagé la lutte contre le plan de Montupet.
À l'assemblée du jeudi, les grévistes apprirent plusieurs nouvelles. Le protocole d'accord de fin de conflit, que personne ne pouvait paraît-il signer du côté patronal du fait de la défaillance de Montupet, avait trouvé des signataires en la personne de l'administratrice judiciaire et du mandataire judiciaire. Ce protocole, comportant principalement la renonciation au plan de compétitivité, une concertation dans un délai de quinze jours sur « l'organisation hiérarchique » des services de direction qui devrait aboutir à la mise à l'écart des plus exécrés des cadres dirigeants, et la renonciation à toute sanction pour fait de grève, fut signé par les représentants des syndicats, sous la médiation du préfet de région et du directeur départemental du Travail.
De son côté, le ministre de l'Industrie expliqua à la délégation syndicale avoir obtenu du PDG de Renault, Carlos Ghosn, l'engagement d'attribuer des commandes à la fonderie d'Ingrandes. Il dit en outre avoir fait engager un audit de la fonderie dès le 24 octobre, dont les résultats devaient lui être fournis dans les tout prochains jours. Il annonça enfin avoir sollicité le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) et le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles pour chercher des repreneurs.
Bien sûr, ces engagements ne valent que ce que valent des paroles de ministres, et chacun sait que la menace d'une fermeture pure et simple de la fonderie n'est pas écartée. Mais ce qui donne confiance aux travailleurs de la fonderie, ce qui gage en quelque sorte les engagements des uns et des autres, c'est le poids encore vivant de huit semaines de grève, la force soudée en un seul bloc au fil des semaines qui en résulte. C'est cette force qui leur a permis d'entrer dans la fonderie lors de la reprise en scandant une fois encore les slogans de la grève, et qui leur a donné assez de détermination pour aller dire à deux doigts des moustaches aux chefs non grévistes qu'ils n'avaient pas intérêt à s'en prendre à un seul d'entre eux.
Correspondant LO

Voilà pour remettre rapidement les choses en mémoire. Franchement ce docu n'est pas très bon et y comprendre quelque chose à part le bon droit des travailleurs des Fonderies de défendre leur emploi et leur salaire...
artza
 
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Re: film sur les fonderies du poitou

Message par ulm » 14 Sep 2014, 08:31

effectivement le film est décevant
ulm
 
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