Explosion chez Saipol à Dieppe

Explosion chez Saipol à Dieppe

Message par Plestin » 18 Fév 2018, 10:49

Une grave explosion a eu lieu dans l'usine Saipol de Dieppe (Seine-Maritime), elle a fait deux morts.

Saipol est une société relevant de la chimie, spécialisée dans la fabrication de biodiesel et de tourteaux pour l'alimentation animale à partir de graines de colza, tournesol et autres oléagineux. Elle a pas mal d'usines en France, à Dieppe (la plus vieille) mais aussi près de Rouen, Saint-Nazaire, Bordeaux, Nogent-sur-Seine, Sète...

La graine reçue à Dieppe par voie maritime est pressée pour en extraire l'huile, ce qui permet de récupérer les 2/3 de l'huile présente, mais le 1/3 restant est extrait avec un solvant (hexane), inflammable. Je ne sais pas si c'est l'explication, mais l'explosion a eu lieu lors du nettoyage d'une cuve ayant servi à l'extraction par solvant. Les deux morts faisaient partie d'une entreprise sous-traitante (on retrouve souvent la problématique de la sous-traitance dans les accidents survenant dans la chimie, c'était déjà le cas chez AZF Toulouse).

https://actu.fr/normandie/dieppe_76217/ ... 69882.html

L'usine de Dieppe alimente en matière première celle de Grand-Couronne (Rouen) où est fabriqué le biodiesel.

J'aurai bientôt plus d'infos.

Ci-dessus, une précédente présentation de l'usine de Dieppe dans une publication de la commune, bien entendu sans l'ombre d'une critique (bien qu'on soit dans la mairie PCF de Sébastien Jumel, député et ex-tête de liste régionale du Front de Gauche), mais c'est néanmoins intéressant et le processus y est décrit en détail.

https://cdn.dieppe.fr/dashboards/pdfs/9 ... 1485514343
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Re: Explosion chez Saipol à Dieppe

Message par Plestin » 18 Fév 2018, 11:23

L'entreprise sous-traitante dont les deux travailleurs sont décédés est la SNAD : une filiale spécialisée dans le nettoyage industriel du (grand) groupe de sous-traitance industrielle Ortec, un habitué de l'intervention sur des plateformes chimiques.
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Re: Explosion chez Saipol à Dieppe

Message par Plestin » 18 Fév 2018, 13:31

Et c'est le ministre de l'agriculture, Stéphane TRAVERT, qui se déplace en ce moment en urgence sur le site.

De l'agriculture ? Pourquoi donc ?

Parce que SAIPOL, c'est une société industrielle émanant directement de la filière française des cultivateurs de colza et de tournesol. Elle fait partie du groupe Avril, qui possède aussi Lesieur. Et c'est du "lourd" en matière économique. Pour illustrer : avant qu'il décède il y a exactement 1 an, Xavier BEULIN, le patron de la FNSEA, était membre du conseil d'administration d'Avril. On est au coeur du riche lobby agricole français...

L'usine de Dieppe bien qu'elle soit toute petite et n'emploie que 38 CDI, est aussi l'un des deux gros générateurs d'activité pour le port de commerce de Dieppe (44 bateaux sur 95 en 2016, 26 bateaux sur 92 en 2017).

Au-delà de l'accident, le ministre va-t-il parler gros sous ?
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Re: Explosion chez Saipol à Dieppe

Message par Plestin » 19 Fév 2018, 08:12

Les victimes : un technicien expérimenté et un jeune travailleur de 25 ans. Et aussi un blessé et 8 psychiquement traumatisés.

Le petit monde politicien local s'agite et se déchire autour de la question, EELV questionne l'existence même du site et trouve que la vocation de Dieppe devrait être au tourisme et pas à l'industrie... Il faut dire que l'usine est dans le port de commerce, lui-même en plein centre ville. Le PCF (le maire Nicolas Langlois et le député Sébastien Jumel) réclame des garanties quant à l'avenir du site et des salariés... Mais on se souvient que Sébastien Jumel avait caressé un projet d'implantation d'une usine d'engrais azotés du groupe russe Uralchem dans ce même port de commerce, un projet absurde du point de vue de la sécurité des riverains, beaucoup plus dangereux que Saipol et qui avait fini par être abandonné malgré les 55 emplois promis.

La région et le ministre, eux, promettent de soutenir la filière industrielle du biodiesel (un peu secouée en ce moment par le retournement de tendance sur le diesel et par des importations à bas coûts d'Argentine) :

Extrait de Paris Normandie.fr :

à disposition de Saipol « pour réunir les acteurs économiques locaux afin d’étudier toutes les solutions pour poursuivre son activité économique », la Région a elle aussi répondu présent ; le ministre Stéphane Travert, avant même sa visite à Dieppe, assurait « les responsables publics du soutien de l’ensemble du gouvernement et de l’attention portée aux conséquences de ce drame pour les familles, l’entreprise et la filière française de biocarburant ».



Voici l'article en entier. A Dieppe, l'habitude de désigner les habitants par le nom de leur quartier semble fréquente, l'article parle des "Polletais", il s'agit des habitants du quartier du Pollet où se trouve l'usine (dans le journal municipal que j'avais posté plus haut, un article parlait de "l'ouvrier janvalais" à propos de l'opérateur d'extraction, parce qu'il habitait le quartier de Janval) :


Drame de l’usine Saipol à Dieppe : le jour d’après

Anne-Sophie Groué
| Publié 18/02/2018 21:15
| Mise à jour 18/02/2018 21:28

Drame de l’usine Saipol à Dieppe : le jour d’après

Les Polletais ont senti le sol et les murs trembler, les Dieppois ont scruté
le panache de fumée noire...

Fait divers. Au lendemain du terrible incendie qui a causé la mort de deux techniciens à l’usine Saipol du Pollet, Dieppe commence à faire son deuil et à réfléchir à l’avenir du site.

Comment rassurer après le drame ?

« Le site n’est pas classé Seveso mais juste soumis à autorisation administrative d’exploitation et régulièrement contrôlé par la Dreal », a commenté le sous-préfet Jehan-Éric Winckler, qui a indiqué également, « après passage d’une société d’exploitation des réseaux », que l’accident n’avait causé aucune pollution de l’eau. Une affirmation réitérée hier par le ministre Stéphane Travert, qui s’est rendu sur le site : « Aucune pollution atmopshérique ou des eaux n’est intervenue. »

Reste que pour Frédéric Weisz, élu municipal EELV, « l’enquête qui sera diligentée pour connaître les circonstances exactes de l’accident devra notamment établir si les rejets de solvant et de sulfure d’hydrogène, largement répandus au cours de l’incendie, n’ont eu et n’auront aucune incidence sur la santé des riverains. L’enquête devra aussi indiquer si le maintien du site à proximité de zones d’habitations est encore possible. Les élus écologistes travailleront à faire en sorte que toutes les conséquences sur cet accident dramatique soient tirées. Ils solliciteront les associations environnementales pour qu’elles se portent partie civile dans ce dossier et réitèrent leur soutien aux familles des victimes ». Jolanta Avril, elle aussi élue écolo au conseil municipal de Dieppe, relève à son tour : « Nous avons encore très présents à l’esprit, les souvenirs atroces d’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001. La question se pose : faut-il soutenir des projets industriels comme Saipol, Uralchem, etc. dans les centres-villes ou aller plutôt vers le développement durable et touristique ? »

De son côté, le maire de Dieppe, Nicolas Langlois, faisait distribuer dès samedi soir une lettre dans les boîtes aux lettres du Pollet : « Vous êtes habitués à vivre aux côtés d’une activité industrielle qui fait vivre 40 salariés et leurs familles. L’installation est scrupuleusement et régulièrement contrôlée. Toutefois, cet accident dramatique nous a tous éprouvés. C’est pourquoi je vous convie à échanger demain soir dimanche, à 17 h à l’école maternelle Vauquelin. » Le député Sébastien Jumel indiquait, lui : « On ne peut pas laisser dire que c’était une bombe à retardement. Il ne faut pas nourrir la psychose autour de la présence d’une usine, qui génère forcément un risque. »

Rassurer ne sera pas une mince affaire, après le drame de Saipol...

Dieppe s’est réveillée groggy, dimanche matin, au lendemain de l’explosion et de l’incendie à l’usine Saipol du Pollet, lors d’une intervention de maintenance réalisée par deux personnes d’une entreprise sous-traitante de Grand-Couronne, la SNAD. L’accident a causé la mort de ce binôme, a fait un blessé léger et huit choqués (lire notre édition d’hier dimanche)... Comment réagir, le jour d’après ?

Se recueillir

Encore sous le coup de l’émotion, les riverains du site scrutent, hagards ou incrédules, la tour encore fumante. Certains ont pris leurs clics et leurs clacs et ont quitté leur domicile pour le week-end, d’autres au contraire tiennent à rester chez eux. En se serrant les coudes.

Le député Sébastien Jumel, sur place dès midi, insistait sur sa présence empreinte « de tristesse aux côtés des familles, de solidarité aux côtés des salariés ». Le maire Nicolas Langlois appuyait : « Il s’agit là d’un drame humain : deux techniciens sont décédés. Toutes nos pensées vont à ces victimes, leurs familles et leurs proches. » Le président de l’Agglo Patrick Boulier soulignait sa « solidarité aux familles, aux proches des victimes et aux employés de l’usine ». Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, reçu hier dimanche à Dieppe (lire par ailleurs), a fait part, dès samedi soir, de « sa grande tristesse, de sa compassion et de son entière solidarité aux salariés et responsables de l’entreprise ».

Un communiqué du groupe Avril, auquel appartient Saipol, témoignait : « La direction de l’usine et les équipes présentes sur place sont profondément choquées et attristées par cette terrible nouvelle. Nos pensées vont aux familles. » C’est aussi par un communiqué que la Région « adresse ses condoléances aux familles et aux entreprises endeuillées et apporte son soutien plein et entier aux Dieppois ».

Accompagner

Le président de Région, Hervé Morin, fera observer une minute de silence en mémoire des victimes, ce lundi lors de l’assemblée régionale à Caen ; le président de l’agglomération Dieppe-Maritime fera de même mardi au conseil communautaire.

De même, Jean-Philippe Puig, président du groupe Avril auquel appartient Saipol, a annoncé, hier dimanche en aparté de l’intervention du ministre, qu’il serait présent ce lundi matin à l’usine pour rencontrer les salariés et échanger avec eux. « Pour l’instant on doit accompagner notre personnel et comprendre ce qui s’est passé. »

Tous les acteurs présents samedi ont assuré de leur soutien à l’entreprise et à ses salariés : le maire « vigilant sur l’avenir du site », le député (qui a contacté les cabinets des ministres de l’Agriculture et de l’Économie le jour-même) ; la préfecture (et par son biais « la Dreal, la Direccte, la DDTM et l’ARS, pleinement mobilisés auprès de l’exploitant et ses salariés »), tandis que la préfète prenait un arrêté notifiant à l’exploitant les mesures d’urgence à prendre (« Gardiennage, surveillance, purge des circuits, etc. ») ; à disposition de Saipol « pour réunir les acteurs économiques locaux afin d’étudier toutes les solutions pour poursuivre son activité économique », la Région a elle aussi répondu présent ; le ministre Stéphane Travert, avant même sa visite à Dieppe, assurait « les responsables publics du soutien de l’ensemble du gouvernement et de l’attention portée aux conséquences de ce drame pour les familles, l’entreprise et la filière française de biocarburant ».

Le dispositif de Cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP), préconisé par la préfète de Région et installé à l’hôpital de Dieppe dès le tout début d’après-midi de samedi à destination des victimes, des salariés de Saipol et de leurs familles, doit rester en place jusqu’à ce lundi matin.

Riverain du site, Robert, 86 ans, avait du mal à rentrer chez lui, samedi : « J’ai travaillé pendant trente-six ans chez Saipol, à l’expédition des huiles, aux produits spéciaux pour la peinture, à la chaufferie, aux presses... Je n’ai jamais eu peur d’aller embaucher. J’habite toujours en face. Je ne connais plus personne qui y travaille, mais qu’est-ce qu’il va devenir, ce site, maintenant ? »


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Re: Explosion chez Saipol à Dieppe

Message par Plestin » 20 Fév 2018, 04:55

La brève LO :

https://www.lutte-ouvriere.org/en-regio ... 04364.html


Dans la presse il est question pour l'instant de "mise en activité partielle de l'usine" ou alors de "mise en arrêt de l'usine pour des mois", et le reclassement provisoire des 38 salariés Saipol sur le site de Grand-Couronne près de Rouen serait exclu.

Oui, le groupe Avril peut et doit payer pour que les 38 salariés ne se retrouvent pas à la rue.
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Re: Explosion chez Saipol à Dieppe

Message par Plestin » 20 Fév 2018, 19:15

L'atelier est sous scellés pour un bon bout de temps, le temps de l'enquête de police qui peut prendre plusieurs semaines voire plusieurs mois. Apparemment, le reste de l'usine est intact et il n'y a pas de dégâts à l'extérieur du site (mis à part le traumatisme pour les riverains !) D'après un gars de l'usine, il y a plus ou moins consensus à la fois des autorités locales et dans la population sur le fait que l'usine doive poursuivre son activité et être reconstruite ; les deux élus EELV qui militent pour la fermeture et pour que Dieppe soit centrée sur le tourisme et le "développement durable" n'auraient qu'une influence très marginale dans la ville. Les syndicats de l'usine de Dieppe (petite, avec une mentalité très paternaliste) ne sont pas des lions et le principal est l'UNSA qui est très pro-direction. Aucun syndicaliste combatif sur ce site.

Les autres sites Saipol sont par ailleurs confrontés à une baisse d'activité importante (sans aucun rapport avec l'accident de Dieppe) et quatre d'entre eux, Grand-Couronne (Rouen), Montoir-de-Bretagne (Saint-Nazaire), Le Mériot (Nogent-sur-Seine) et Sète, doivent même connaître du chômage partiel dans les 6 mois qui viennent, à des degrés divers ; Sète serait le plus touché, presque entièrement à l'arrêt pendant 6 mois. Ce serait en réaction à la crise actuelle que traverse le diesel (baisse de la demande, importations massives d'Argentine qui se reportent sur l'Europe suite à un protectionnisme accru des Etats-Unis, augmentation de la concurrence du client Total qui reconvertit sa raffinerie de La Mède près de Marseille en unité de biodiesel). L'usine de Bassens (Bordeaux) serait un peu protégée par son orientation tournesol qui correspond à une spécialité biodiesel encore prisée en Europe du Nord.

L'air du temps visant à cesser toutes subventions aux biocarburants de première génération (ceux en concurrence avec les usages alimentaires, comme pour le colza, le tournesol etc.) et à réduire le parc automobile diesel inquiète beaucoup les travailleurs des différents sites qui craignent que plusieurs usines ne passent à la trappe. La direction a accéléré le processus de remplacement des CE / CHSCT par les nouveaux CSE en avançant les élections, qui auront lieu en juin, et qui permettront ensuite d'utiliser pleinement et rapidement les nouvelles dispositions offertes par le gouvernement Macron (du genre rupture conventionnelle collective). Et les périodes de chômage partiel sont peu propices à l'organisation d'une riposte...

En 2013, Saipol avait déjà fermé deux usines à Venette (Compiègne) et Cappelle-la-Grande (Dunkerque).

Par contre, pour le riche groupe Avril qui possède Saipol, aucune inquiétude à avoir. Ils recherchent déjà comment obtenir des subventions de l'Etat et des collectivités par d'autres voies...
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Re: Explosion chez Saipol à Dieppe

Message par Plestin » 05 Mars 2018, 08:49

.

La CGT (qui n'est pas présente dans l'usine, mais l'est sur d'autres sites du groupe et chez les pompiers) évoque la responsabilité possible de la direction (c'est bien le moins...)

https://actu.fr/normandie/dieppe_76217/ ... 49994.html


Par ailleurs, début de polémique sur la possible diffusion d'amiante dans les environs, issue de la pulvérisation du toit en fibrociment.

https://actu.fr/normandie/dieppe_76217/ ... 44678.html
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Re: Explosion chez Saipol à Dieppe

Message par Plestin » 10 Juil 2018, 07:09

Selon l'inspecteur du travail Gérald Le Corre, cité par Santé & Travail de juillet 2018 :

"L'enquête a montré une multitude d'infractions. Habituellement, la direction fait intervenir la société Ortec. Cette fois, ils ont fait appel à la société SNAD, pour nettoyer un extracteur, alors qu'il n'y avait eu aucune analyse de risque préalable, ni formation de ces intervenants, notamment concernant la manipulation d'hexane".
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Re: Explosion chez Saipol à Dieppe

Message par Plestin » 12 Oct 2018, 19:55

Début septembre, on a appris que Saipol et son sous-traitant SNAD avaient été mis en examen le 24 juillet pour "homicide involontaire par la violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence".

Extrait de FranceTVInfo du 5 septembre :


Des outils non réglementaires à l'origine de l'explosion ?

La SNAD intervenait "dans le cadre d'une opération de maintenance d'urgence", pour débloquer un extracteur de graines, "gêné par un amas de détritus", selon M. Dupas. L'usine dieppoise recelait de l'hexane, un solvant qui peut être inflammable à l'état gazeux.

Selon des éléments de l'enquête dont l'AFP a pris connaissance, une lampe frontale et une spatule utilisées lors de l'intervention ne respectaient pas la norme réglementaire requise dans les zones à atmosphère explosive (ATEX). "Ils pourraient être à l'origine de la source d'inflammation dans l'atmosphère rendue explosive au fil de l'intervention", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

Selon ces mêmes éléments d'enquête l'un des deux salariés décédés ne portait pas, au moment de l'explosion, d'explosimètre.

"Le fils de mon client n'était même pas titulaire des formations nécessaires pour intervenir dans des zones ATEX", a affirmé David Verdier, avocat d'Éric Frontin, le père d'Alexandre Frontin, 25 ans, tué par l'explosion.

La CGT "satisfaite"

La CGT de Seine-Maritime est "satisfaite" de ces mises en examen "mais il faut désormais rechercher les responsabilités pénales des dirigeants, notamment ceux du groupe Saipol-Avril", a affirmé Gérald Le Corre, un des responsables départementaux du syndicat.

L'usine Saipol transformait des graines, principalement de colza, pour en faire de l'huile utilisée dans la fabrication de biodiesel, et des tourteaux pour l'alimentation animale. L'installation n'est pas classée Seveso mais seulement soumise à autorisation administrative d'exploitation.

L'usine est toujours à l'arrêt et la plupart des 40 salariés au chômage technique, selon Avril.


Depuis, Saipol n'a plus de directeur, celui-ci étant parti dans le groupe Mulliez, et l'entreprise tarde à lui trouver un remplaçant. Il faut dire qu'il risque d'avoir pas mal de dossiers chauds à traiter, pas seulement celui de Dieppe... Les histoires de réglementation future sur les biocarburants peuvent réserver quelques surprises à une entreprise dont le modèle économique repose entièrement sur une construction politique mise en place pour soutenir l'agriculture...
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