Vaccins. P. Sansonetti calme et pondéré...

Et lutte contre les pseudo-sciences et les obscurantismes

Re: Vaccins. P. Sansonetti calme et pondéré...

Message par Plestin » 19 Sep 2017, 19:42

Tout à fait d'accord.
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Re: Vaccins. P. Sansonetti calme et pondéré...

Message par com_71 » 19 Sep 2017, 20:29

Plestin a écrit : Le même Sanofi a pourtant commencé à travailler sur un vaccin contre le virus Zika qui a fait récemment parler de lui au Brésil : les travaux étaient financés en grande partie par l'armée américaine. Mais, le nombre de cas de Zika chutant, les budgets américains ont été réduits... et Sanofi a donc stoppé ses recherches !


Dans le sillage de l'épidémie brésilienne, il y a eu (ou il y a ?) l'épidémie de Zika dans la Caraïbe, donc dans les Antilles françaises. Si on en a un peu entendu parler en France, dans le même temps, au début, cela a été totalement occulté aux Antilles mêmes. Et quand on en a parlé, du bout des lèvres, quand les autorités médicales ont préconisé un renforcement des suivis et contrôles prénataux des femmes enceintes, les naissances d'enfants atteints de microcéphalie (de l'ordre officiellement maintenant d'une dizaine en Martinique), ont été délibérément cachées.
On peut penser que cette discrétion est due au poids très important de l'Eglise dans la vie, publique comme privée, antillaise. La maladie compromettait le développement de l'encéphale des foetus, donc impliquait l'éventualité d'un accroissement des avortements thérapeutiques, auxquels l'Eglise reste hostile, comme à tous les avortements...
Que de méprisables eunuques ne viennent pas soutenir que l'esclavagiste qui, par la ruse et la violence, enchaîne un esclave est devant la morale l'égal de l'esclave qui, par la ruse et la violence, brise ses chaînes ! Trotsky
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Re: Vaccins. P. Sansonetti calme et pondéré...

Message par Plestin » 20 Sep 2017, 06:56

Oui, quand on entend parler d'une baisse du nombre de cas, ça peut bien sûr être une baisse en trompe-l'oeil, du fait d'une réalité masquée.

En tout cas c'est suffisant pour que l'armée américaine diminue ses subventions, et pour que Sanofi stoppe les recherches... Mais bon, comme le disait un ancien slogan de ce groupe, "l'essentiel, c'est la santé", non ? Du côté de la santé des bénéfices, en tout cas, cette année, ça va bien... Un nouveau record est attendu !
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Re: Vaccins. P. Sansonetti calme et pondéré...

Message par Plestin » 30 Sep 2017, 18:50

Concernant le vaccin contre le papillomavirus (principalement pour la prévention du cancer du col de l'utérus), le camarade Byrrh a écrit :

Je n'ai pas trouvé d'explication concernant le fait que cette vaccination ne s'adresse pas à tous les jeunes hommes. Et à vrai dire, sans présumer de leur orientation sexuelle, il me semblerait logique de vacciner tous les jeunes gens, filles et garçons, avant l'âge de leur premier rapport.


Eh bien oui précisément, quatre pays ont décidé d'aller dans ce sens : les Etats-Unis, le Canada, l'Australie et l'Autriche. L'agence européenne du médicament a émis une recommandation favorable, mais pour l'instant aucun autre pays que l'Autriche ne l'a suivie !

Les papillomavirus (du moins, certains) sont responsables de cancers du col de l'utérus, de loin les plus fréquents, mais aussi, d'autres cancers génitaux, de cancers anaux et de cancers de l'oropharynx, chez la femme comme chez l'homme.

En France, seuls les jeunes hommes homosexuels ou bisexuels sont susceptibles de bénéficier du vaccin, sous prétexte que les autres hommes bénéficient de la protection indirecte conférée par la vaccination des femmes. Cet argument est un recul vis-à-vis des femmes par rapport à l'approche vaccinale altruiste traditionnelle (se vacciner même si l'on n'est pas exposé à la maladie, parce qu'une couverture vaccinale plus élevée dans la population protège mieux celles/ceux qui ne sont pas vaccinés). On pourrait vacciner les hommes y compris pour mieux protéger les femmes !

(Sans compter que cette façon de raisonner sur les pratiques sexuelles de chacun est un peu absurde, tant la vie réelle est loin de "rentrer dans les cases").

Les autorités françaises ont aussi l'air de considérer le risque de cancers de l'oropharynx dû au papillomavirus (qui concerne aussi bien les femmes que les hommes homo-, bi- ou hétérosexuels) comme non avéré. Pourtant, l'évolution des connaissances en cancérologie tend à montrer le contraire. Par exemple, les essais cliniques en cours sur de nouveaux traitements immunologiques des cancers de l'oropharynx commencent à montrer une efficacité supérieure sur les cancers de l'oropharynx positifs pour le papillomavirus, par rapport à ceux négatifs.

Bref, les autorités françaises semblent retardataires sur la question.

Comme pour d'autres vaccins, les suspicions d'effets secondaires graves (sclérose en plaques etc.) ont été levées par des études cliniques plus récentes.

Par contre, pour les femmes, l'efficacité du vaccin (sur l'apparition de lésions pré-cancéreuses) n'étant pas totale, des frottis réguliers restent recommandés.

Par ailleurs, il faut tenir compte d'autres facteurs : le prix du vaccin est très élevé, et c'est un frein à son utilisation large. Le vaccin pour toutes les femmes dans le monde, ce n'est pas pour demain ! Un nouveau vaccin arrive, efficace contre 9 variétés de papillomavirus (au lieu de 4), en France il est autorisé mais pas encore commercialisé, sans doute que labo et pouvoirs publics sont encore en désaccord sur le prix et le remboursement...
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Re: Vaccins. P. Sansonetti calme et pondéré...

Message par Plestin » 11 Oct 2017, 15:51

Concernant l'élargissement de l'obligation vaccinale à 11 maladies, consulter le dossier de Santé Publique France, très bien fait (cliquer dans l'inscription "dossier pédagogique" en bleu dans le texte) avec les arguments favorables pour chacune des maladies concernées : coqueluche, diphtérie, hépatite B, Haemophilus influenzae B, méningocoque, pneumocoque, oreillons, poliomyélite, rougeole, rubéole, tétanos :

http://invs.santepubliquefrance.fr/Doss ... 1-maladies

Le cas des flambées de rougeole en France est emblématique (merci les anti-vaccination...) Idem pour le méningocoque.

Les arguments sur l'hépatite B sont intéressants, on pourrait se dire "pourquoi vacciner les nourrissons et ne pas attendre la pré-adolescence" ; la réponse est là !
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Re: Vaccins. P. Sansonetti calme et pondéré...

Message par Plestin » 15 Oct 2017, 09:51

Un retour très intéressant sur la façon désastreuse dont a été gérée la vaccination contre l'hépatite B, provoquant une forte défiance (imméritée) contre ce vaccin : article de janvier 2014 sur le site mesvaccins.net


Vaccination contre l’hépatite B : retour sur la polémique

Publié le 30 jan. 2014 à 20h15 • Mis à jour le 3 fév. 2014 à 18h40
Auteur : Jean-Louis KOECK

Il y a maintenant près d'une vingtaine d'années, surgissait dans les médias une violente polémique sur la vaccination contre l'hépatite B, accusée de déclencher des cas de sclérose en plaques. Cette polémique était d'autant plus surprenante qu'elle était limitée à la France. Au fur et à mesure des années, aucun élément scientifique n'étant venu confirmer cette suspicion, les craintes se sont amendées mais ont laissé jusqu'à aujourd'hui encore des séquelles, de nombreuses personnes s'interrogeant sur la sécurité du vaccin anti-hépatite B.

Cet article retrace les éléments du concours de circonstances qui a conduit à l'échec de la politique vaccinale contre l'hépatite B en France pendant de nombreuses années.

La chronologie des événements peut être résumée de la manière suivante. En 1993, l'Organisation mondiale de la santé recommande la vaccination universelle contre l'hépatite B. En décembre de la même année, le Conseil supérieur d'hygiène publique de France (CSHPF) et le Comité Technique des Vaccinations (CTV) recommandent cette vaccination en France pour les nourrissons, avec un rattrapage pour les adolescents âgés de 11 à 17 ans et pour les personnes à risques.

Une vaccination en milieu scolaire est annoncée fin juin 1994 pour la rentrée de septembre 1994, mais sans définition préalable d'une stratégie précise et argumentée. Une enquête réalisée en 1992-1994 montrait que 40 % des médecins n'étaient pas favorables à la vaccination des nourrissons, tandis que 97 % d'entre eux étaient favorables à la vaccination des adolescents. Mais les adolescents représentaient en 1994 une nouvelle population à vacciner dont les caractéristiques, mal connues, n'ont pas été suffisamment prises en compte. L'information sur la vaccination a été délivrée dans la précipitation aux médecins, au public et aux médias, avec une certaine dramatisation. Le nourrisson, normalement prioritaire, passait au second plan. Mal contrôlée, l'information a été prise en main par les laboratoires producteurs de vaccin qui, en rupture de stock au début de l'opération, avaient rapidement augmenté leur production.

Le résultat fût un dépassement de la cible et la vaccination de nombreux adultes, aboutissant à un tiers de la population française vaccinée, ce qui ne s'est produit dans aucun autre pays. Ainsi, la vaccination a concerné des tranches d'âge où la fréquence de la sclérose en plaques est plus élevée, tandis que l'inscription de cette maladie dans la liste des affections de longue durée durant la même période a pu donner l'impression d'une augmentation du nombre de cas de cette affection démyélinisante.

De plus, des incidents sont survenus lors de la campagne scolaire (par exemple, l'administration d'un vaccin mal dosé). La médecine scolaire et le corps enseignant se sont montrés réticents. Lorsque, fin 1995, des cas de sclérose en plaques sont notifiés chez des sujets vaccinés récemment contre l'hépatite B, un emballement se produit à nouveau mais dans l'autre sens. Des enquêtes sont demandées, des associations anti-vaccinales interviennent et, toujours dans une certaine précipitation et sans concertation avec les instances compétentes, la vaccination en milieu scolaire est arrêtée en octobre 1998. Dès lors, on comprend que toutes les modifications du calendrier vaccinal (passage de 4 à 3 doses pour le nourrisson, intervalle de 10 ans pour le rappel au lieu de 5 ans) furent considérées par certains comme des reculades, la reconnaissance de risques que l'on voulait cacher…

Initialement, les médias n'étaient pas hostiles à la vaccination contre l'hépatite B. Au début des années 1990, les données épidémiologiques concernant l'hépatite B qui auraient permis de justifier la vaccination contre cette maladie étaient insuffisantes. En 1995, en l'absence d'enquête nationale, la prévalence du portage avait été estimée à une valeur comprise entre 0,2 % et 0,5 %, soit environ 100.000 porteurs du virus. Les médias avaient souligné cette insuffisance : lorsqu'un doute est apparu, ils ont été moins enclins à défendre la vaccination contre l'hépatite B et certains d'entre eux sont devenus hostiles.

Il a fallu attendre longtemps après, en 2004, pour qu'une enquête nationale de prévalence du portage de l'Ag HBs soit réalisée, permettant d'estimer celle-ci à 0,65 % dans la population adulte métropolitaine, soit 281.000 adultes porteurs chroniques du virus. Ainsi, le poids réel de l'hépatite B en France métropolitaine était-il près de trois fois plus important que la valeur estimée, et contestée, lors du lancement de la campagne de vaccination !

Les enseignements à retenir de cette affaire pourraient être les suivants :

Dans une campagne de ce type, les autorités de santé doivent s'impliquer clairement ;
L'information concernant l'épidémiologie de la maladie à prévention vaccinale doit être mise à jour et diffusée, notamment dans la presse écrite ;
La politique vaccinale doit être justifiée de façon précise et argumentée ;
Une concertation doit être mise en place avec les partenaires et la stratégie retenue doit être expliquée aux médecins ;
Si une campagne d'information est décidée, la stratégie doit être établie en cohérence avec les autres plans de lutte ;
Une validation scientifique des messages médiatiques est nécessaire ;
Il est nécessaire de s'assurer que les messages de santé publique ne sont pas altérés ;
Les campagnes de communication parallèles par les laboratoires pharmaceutiques doivent être évitées ;
Les messages délivrés doivent être adaptés au contexte socioculturel et aux groupes de population visés ;
Les autres vaccinations réalisées au même âge et les couvertures vaccinales obtenues pour celles-ci doivent être prises en compte.

Par la suite, la couverture vaccinale contre l'hépatite B des nourrissons a fortement progressé depuis le remboursement du vaccin hexavalent Infanrixhexa (diphtérie-tétanos-poliomyélite-tétanos-Haemophilus influenzae type b-hépatite B), passant d'environ 25 % en 2004 à 88 % en 2012, sans donner lieu à une augmentation particulière ou inattendue des effets indésirables.

Le rapport d'évaluation du plan national de lutte contre les hépatites virales B et C, 2009-2012 souligne, parmi les actions essentielles pour lutter contre ces infections, la nécessité de renforcer le dépistage de l'hépatite B, mais aussi l'impact de la qualité de l'information et de la communication sur les moyens de se protéger et de traiter (2). Alors que la vaccination contre l'hépatite B est recommandée en France, en population générale et pour des personnes exposées à un risque particulier, le suivi vaccinal en termes de couverture vaccinale doit être amélioré. Il n'y a pas de données disponibles au niveau national, concernant la couverture vaccinale des populations ayant des pratiques sexuelles à risque ou des nourrissons nés de mère porteuse de l'Ag HBs.

En résumé, la vaccination contre l'hépatite B a été constamment contestée en France depuis 1995. Les critiques de la stratégie passée et actuelle mettent en cause les décisions de santé publique. Il y a des doutes de collusion avec l'industrie, et des reproches sur la dramatisation en 1995. D'où l'importance d'un dialogue entre experts et autorités de santé, médecins praticiens et de santé publique, familles et médecins ou pharmaciens, journalistes. Il est nécessaire de communiquer sur les bénéfices et les risques en évitant des débats médiatiques stériles, même si la notion de risque statistique d'un effet indésirable lié au vaccin est difficile à expliquer.
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Re: Vaccins. P. Sansonetti calme et pondéré...

Message par Plestin » 30 Oct 2017, 08:09

Concernant la lutte contre la dengue, le chikungunya et le zika, une autre méthode que la vaccination est en train de prendre de l'importance. Son essor explique aussi sans doute le désintérêt grandissant des fabricants de vaccins et de leurs soutiens publics.

Il s'agit... d'élever des moustiques contaminés par la bactérie Wolbachia, qui réduit considérablement leur capacité à transmettre ces maladies ; puis de les relâcher massivement dans la nature de façon à ce qu'ils contaminent le maximum d'autres moustiques.

Les bactéries de type Wolbachia infectent couramment certains insectes mais ne sont pas des parasites habituels des moustiques, cela a pu être obtenu en laboratoire par des équipes australiennes.

Au Brésil et en Indonésie, d'immenses lâchers de moustiques à Wolbachia ont eu lieu.

En France, une épidémie importante de dengue sévit actuellement en Nouvelle-Calédonie (11 morts depuis le début de l'année 2017). Au lieu d'autoriser le nouveau vaccin de Sanofi, dont le niveau d'efficacité est moyen et le prix relativement élevé, les autorités ont opté pour la méthode bon marché et efficace des moustiques à Wolbachia et, comme il s'agit d'une île, l'éradication de la maladie est visée de cette façon.

http://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellec ... 12591.html
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Re: Vaccins. P. Sansonetti calme et pondéré...

Message par Plestin » 05 Déc 2017, 18:39

Aux dernières nouvelles, le vaccin DENGVAXIA de Sanofi, contre la dengue, est sur la sellette : non seulement il confère une protection moyenne contre la maladie (et pas aussi forte pour chacun des 4 sérotypes du virus), mais il a révélé quelque chose d'assez inattendu : les personnes vaccinées qui n'ont jamais été contaminées par la dengue (soit 10 à 20 % de la population dans les zones où la maladie est très répandue, et bien plus ailleurs) ont un risque accru de faire une forme grave de la maladie, ce qui n'est pas le cas des personnes qui ont déjà été en contact avec le virus.

Le rapport bénéfice/risques devient franchement défavorable. Les Philippines viennent d'annoncer le retrait du marché du vaccin.

Le DENGVAXIA n'est pas près de devenir le "blockbuster" à 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires que Sanofi envisageait à une époque... Au rythme actuel, les stocks produits en quelques mois sont suffisants pour 80 ans de ventes (si on ne tient pas compte de la péremption, à 7 ans) et les travailleurs de l'usine de Neuville-sur-Saône qui est à l'arrêt depuis des mois ne sont pas prêts de la voir redémarrer...

Heureusement pour les patients, la méthode "moustiques" décrite dans le précédent fil a l'air d'être efficace...
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