Diversité... des oiseaux

Et lutte contre les pseudo-sciences et les obscurantismes

Re: Diversité... des oiseaux

Message par Cyrano » 05 Mai 2020, 20:11

Amusant, j'avais pas fait gaffe pour l'illustration des corbeaux de Léo Ferré, paroles Arthur Rimbaud, SVP, je cherchais rapido la chanson. Un copain

Quand je dis nicher pas loin, ça peut être 100 mètres... à vol d'oiseau, ou plus. Mais ce n'est pas loin. Il y avait un dortoir à environ 700 à 800 mètres de chez moi, mais il semble avoir été déserté?
J'avais mis un peu de nourriture, mais deux pies ont été plus rapides. Et si une pauvre colombe veut s'approcher, les deux pies vont virevolter autour d'elle, presque à la frôler, dégage connasse, c'est chez nous ici.

Autre façon de reconnaître un corbeau freux: il marche, dandinant son cul plumeux - je n'ai jamais vu une corneille marcher, elles préfèrent sautiller, pffff, les nulles, comme un merle (mais je les regarde moins, peut-être certaines corneilles s'essaient à la marche - les poules y arrivent, alors...).
Dommage: pas de Grand Corbeau dans ma région.

« L'oiseau qui voit un ballon se dit peut-être : “Je voudrais voler comme lui, sans ailes.” C'est le progrès. »
Jules Renard, dans son merveilleux Journal.

«Même quand l'oiseau marche on sent qu'il a des ailes.» Par un Antoine-Marin Lemierre (visez le prénom!), théâtreux et poète oublié.
Cyrano
 
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Re: Diversité... des oiseaux

Message par Plestin » 18 Mai 2020, 19:59

Comme promis au camarade Cyrano, voici une belle promenade chez les Corvidés.

J'ai déjà mis des photos de la corneille noire et du corbeau freux, voici de courtes vidéos.

Ici, la corneille noire (Corvus corone) :

https://www.youtube.com/watch?v=3E0xJZl6tJQ

Ici, le corbeau freux (Corvus frugilegus) :

https://www.youtube.com/watch?v=7ky375SvBZ4

Cyrano a évoqué une autre espèce noire, plus grande (52 à 69 cm), répandue dans presque tout l'hémisphère nord, le Grand corbeau (Corvus corax). Elle se distingue par sa taille, son bec très puissant et il est assez fréquent que les plumes de sa gorge soient ébouriffées. En France (où il est nettement moins fréquent que les corneilles, les freux, les pies et les geais), le grand corbeau est réparti en deux populations, l'une depuis les Pyrénées jusqu'aux Alpes, au Jura et au Massif Central, l'autre en Bretagne et Normandie ; les populations françaises vivent et nichent surtout en montagne, sur les falaises voire dans les carrières.

Ici, le cri du grand corbeau :

https://www.youtube.com/watch?v=KpApJr53Sgo

Ici, une bande de grands corbeaux sur une dépouille dans la neige en Suède (de temps en temps, quelques corneilles mantelées - de mêmes dimensions que notre corneille noire - viennent se mêler à eux ; remarquez la différence de taille !) :

https://www.youtube.com/watch?v=pxDt-69hllU

La corneille noire a une répartition géographique discontinue avec une population ouest-européenne et une autre asiatique (de l'Asie centrale à la Sibérie et au Japon). Entre les deux, très précisément, vient s'intercaler une autre corneille, la corneille mantelée (Corvus cornix) qui est noire et grise et que l'on peut rencontrer à Berlin, en Italie, en Pologne, en Irlande etc. (et même dans le sud de la Corse) :

https://www.youtube.com/watch?v=WYo6dazeyzM

Répartition géographique de la corneille noire :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Corneille ... ne_map.jpg

Répartition géographique de la corneille mantelée :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Corneille ... ix_map.jpg

Cette situation, et la grande similitude des deux corneilles en dehors de l'aspect du plumage, ont fait longtemps hésiter quant au statut de la corneille mantelée : sous-espèce de la corneille noire ou espèce à part entière ? Depuis 2002, la corneille mantelée est à nouveau considérée comme espèce à part (ce qui justifierait peut-être que les populations orientales de la corneille noire le soient également). Dans les zones de contact entre les deux espèces, celles-ci peuvent pourtant produire des hybrides fertiles, mais ils sont de constitution plus fragile que les espèces mères.

On trouve aussi en Europe et en France trois autres espèces de corvidés capables de prouesses aériennes : le choucas des tours (Coloeus monedula), le crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax) et le chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus). Le chocard à bec jaune est un oiseau de montagne, le crave à bec rouge fréquente les montagnes mais aussi les falaises littorales et d'autres milieux escarpés (ruines...), tandis que le choucas habite de nombreux milieux (mais affectionne les falaises, les clochers, les carrières... pour nicher). Le chocard et le crave peuvent être de véritables acrobates en vol.

Ici, dans une petite vidéo en anglais, comment distinguer (facilement) la corneille noire ("carrion craw") du choucas des tours ("jackdaw") ; le choucas est un peu plus petit, a l'oeil clair, un plumage de différents tons de noir et de gris (gris plus clair à l'arrière de la tête) et son cri est très différent de celui de la corneille ou des corbeaux.

https://www.youtube.com/watch?v=0cQfOvC6byY

Une vidéo espagnole sur le choucas des tours, capable de former des bandes nombreuses (comme les étourneaux) :

https://www.youtube.com/watch?v=YtxV09SnSSM

Un petit reportage "pour les enfants" mais néanmoins très bien fichu, sur le chocard à bec jaune et le choucas des tours :

https://www.youtube.com/watch?v=Cv7NZPqKlCQ

Une belle vidéo sur le crave à bec rouge :

https://www.youtube.com/watch?v=GPRqyybsbCk&t=2s

Une étude italienne a montré la non-concurrence alimentaire entre le crave à bec rouge et le chocard à bec jaune là où elles cohabitent :

Régime du crave à bec rouge :
- En juin, chenilles de papillons.
- En été, pupes de tipules (ces insectes ressemblant à de grands moustiques inoffensifs, parfois surnommés "cousins"), larves de diptères (mouches, moustiques) et de coléoptères.
- En hiver où il n'y a guère d'insectes, bulbes de certaines petites fleurs.

Régime du chocard à bec jaune :
- En juin, pupes de tipules ("cousins").
- En été, sauterelles.
- En hiver, baies et cynorrhodons (ex. : les "faux fruits" de l'églantier).

Autre corvidé peut-être le plus commun en France, la pie bavarde (Pica pica) est si répandue qu'elle donne l'impression de bien mieux résister que les petits oiseaux aux changements environnementaux actuels. En réalité, elle est devenue plus commune et donc plus visible dans ou à proximité des villes, mais ses effectifs s'effondrent à un rythme plus rapide à la campagne ce qui fait que l'effectif global des pies bavardes est en forte baisse en France ; or, la France est le pays d'Europe de l'Ouest abritant la plus grosse population de pies. Contrairement à certains autres pays, la pie n'y est pas protégée et son piégeage est autorisé, car l'oiseau qui fait des dégâts dans les nids d'oiseaux plus petits est souvent considéré comme nuisible. Les jugements les plus récents tendent toutefois à contester le statut de "nuisible" chaque fois qu'un département veut le faire reconnaître.

Ici, la pie bavarde et son cri :

https://www.youtube.com/watch?v=xGVml1_rDX0

Voici encore les deux autres espèces de corvidés que l'on peut rencontrer en France : le geai des chênes (Garrulus glandarius) et le cassenoix moucheté (Nucifraga caryocatactes).

Le geai des chênes est l'un des oiseaux les plus communs dans les campagnes d'Europe de l'Ouest. Il vit dans presque toute l'Europe, en Afrique du Nord et dans une grande partie de l'Asie. Son régime alimentaire est varié (insectes et autres petits animaux, oeufs d'oiseaux...) mais il apprécie beaucoup les faînes de hêtre, les châtaignes et surtout les glands. C'est l'un des rares oiseaux à faire des stocks de nourriture pour l'hiver. Il mémorise les emplacements de ses cachettes de nourriture grâce à des points de repère et, s'il n'y en a pas, il en crée (tas de cailloux...) Malgré tout il en oublie près de la moitié (ou échoue à retrouver une cachette si les points de repère ont été enlevés). Cela permet à de nombreux glands de germer et de donner naissance à des plantes viables. Un seul geai des chênes est capable d'enfouir tous les ans près de 4.600 glands ou faînes et cela fait de cet oiseau... le premier reboiseur européen de chênes et de hêtres !

Il a été remarqué que plus le milieu qu'il fréquente (forêt, campagne...) est fragmenté, plus le geai des chênes se fait pilleur de nids de petits oiseaux (fauvettes ou autres).

Ici, une vidéo sur le geai des chênes :

https://www.youtube.com/watch?v=9KhOzWGpvvc

Le cassenoix moucheté vit depuis l'est de la France, les Balkans et le sud de la Scandinavie jusqu'en Extrême-Orient. En France on le rencontre dans une partie des Alpes, du Jura et des Vosges. Comme le geai, il est capable de faire des réserves pour l'hiver et de retrouver ses cachettes (même sous la neige) grâce à des points de repère. Son régime alimentaire est encore plus orienté vers les végétaux que celui du geai, notamment les fruits à coques tels que les noix et surtout les noisettes, mais aussi les graines des pins et des épicéas. Lui aussi aide à la propagation des espèces d'arbres dont il stocke les graines.

Ici, une vidéo tournée en Suède sur le cassenoix moucheté, qui fait une grosse consommation de noisettes :

https://www.youtube.com/watch?v=sfO09Wg26Xg


Avec les Corvidés, on a affaire à des oiseaux qui se font remarquer par leur intelligence (déf. wikipédia : l'intelligence est l'ensemble des processus retrouvés dans des systèmes, plus ou moins complexes, vivants ou non, qui permettent de comprendre, d'apprendre ou de s'adapter à des situations nouvelles (...) L'intelligence peut être également perçue comme la capacité à traiter l'information pour atteindre des objectifs), leur grande capacité d'adaptation à la proximité humaine (du moins pour certaines espèces), leur taille (la famille compte les plus grands des oiseaux dits "chanteurs" ou passereaux), leur combativité aussi car bien que victimes des rapaces ils peuvent vendre chèrement leur peau et sont parfois capables de venir à bout de leur agresseur.


Des oiseaux "intelligents"

Une vidéo (il n'y a pas de son) d'une série d'expériences de l'Université d'Auckland (Nouvelle-Zélande) sur les capacités du corbeau calédonien (Corvus moneduloides), espèce vivant en Nouvelle-Calédonie, le but pour l'oiseau étant d'accéder à un morceau de nourriture :

https://www.youtube.com/watch?v=ZerUbHmuY04

Extrait de Wikipédia sur le corbeau calédonien :

Fabrication d'outils

Les corbeaux calédoniens sont capables de fabriquer des crochets en bois leur servant à récupérer de la nourriture. Pour ce faire, ils choisissent de préférence une plante qui peut être définitivement déformée comme Desmanthus virgatus, puis ils en détachent une brindille et en taillent la base pour lui donner une forme nettement arrondie. Ceci fait, ils accentuent parfois la courbure de l'extrémité incurvée en la pliant. Cette torsion peut être effectuée en maintenant l'outil sous une patte et en tirant dessus avec le bec, ou en appuyant l'outil sur une surface dure, ou encore en coinçant l'extrémité fonctionnelle dans un trou et en tirant latéralement sur l'autre. Ils sont capables de rectifier la forme de l'outil a posteriori, si celui-ci se révèle peu efficace durant la tâche à effectuer, ce qui montre que la fabrication dépend de leurs besoins.

Les expérimentateurs ont pu vérifier que la forme arrondie du crochet en bois est essentielle pour ces oiseaux. En effet, lorsqu'ils leur présentaient des outils qui sont droits à une extrémité et courbée à l'autre, les corbeaux calédoniens choisissaient systématiquement l'extrémité courbée. Une hypothèse expliquant cette préférence est que les crochets sont mieux centrés dans leur champ de vision que les brindilles droites ; elles leur sont donc plus ergonomiques.


A propos du choucas des tours, dans wikipédia :

Les mœurs du choucas ont été remarquablement étudiées et décrites par Konrad Lorenz, un des pères de l'éthologie. Récemment, il a été montré que ces oiseaux sont sensibles à la direction du regard d'un humain et aussi que certains individus ont mis au point des outils, comportements qui semblaient jusqu'alors limité aux grands singes. Lorenz a également montré — dans le cadre de ses travaux sur l'empreinte — qu’un choucas élevé par un humain rejoindra s’il le peut une troupe de choucas dès qu’il sera en état de voler ; néanmoins, à sa maturité sexuelle, il adoptera un comportement de cour à l’égard d’êtres humains, et non de ses congénères.


A propos de certaines espèces de corneilles et d'autres corvidés, dans wikipédia :

Selon une étude de chercheurs de l'université de Washington à Seattle, les corneilles ainsi que certains corvidés sont capables d'identifier des visages humains et s'en souviennent si l'un d'entre eux représente une menace pour elles ; elles peuvent enseigner aux autres corneilles de leur groupe à reconnaître ces visages considérés comme dangereux.


Cela me rappelle un souvenir de service militaire en Allemagne. Nous étions en campagne et un officier s'est amusé à tuer une corneille noire avec son arme, puis à entortiller son cadavre ailes déployées dans une haie de barbelé ; les autres corneilles, furieuses, ont arraché les balais d'essuie-glaces de plusieurs véhicules garés à proximité. L'officier abruti s'est fait passer un savon par son supérieur...

La pie bavarde est l'un des rares oiseaux pouvant réussir le "test du miroir" (au même titre que les grands singes, les dauphins ou les éléphants) qu'on associe généralement à une conscience de soi (alors que la plupart des oiseaux perçoivent leur image dans le miroir comme un rival). Toutefois, l'interprétation du test sur les pies est controversé. :?

Certaines pies ont appris à percer les sacs-poubelle pour se nourrir de leur contenu.


Des oiseaux dont plusieurs espèces savent s'adapter à la présence de l'homme

Exemples de proximité avec l'Homme. Ici, une pie bavarde (Pica pica) mangeant dans la main de l'homme :

https://www.youtube.com/watch?v=rpq099sUOGo

Ici, une jeune pie en difficulté, prête à se laisser secourir par l'homme :

https://www.youtube.com/watch?v=vjfj-u3qWQU

Ici, des craves à bec rouge sur la cathédrale de Ségovie (Espagne) :

https://www.youtube.com/watch?v=RfEKvoI4mlQ

Ici, un corbeau familier (Corvus splendens) alias corneille de l'Inde, sur une plage du Tamil Nadu ; c'est une espèce qui recherche la proximité de l'homme et est très répandue dans tout le sous-continent indien ; elle ressemble à une corneille mantelée dont le manteau serait gris très sombre :

https://www.youtube.com/watch?v=1WAl0S6TOMs

Des oiseaux coriaces et batailleurs

Les corvidés sont des oiseaux coriaces et batailleurs, entre eux bien sûr mais aussi spécialement face à leurs grands ennemis que sont les éperviers et les chats.

Ici, une corneille noire harcelant un épervier en vol :

https://www.youtube.com/watch?v=p7PVub1-g2I

Un choucas des tours capturé par un épervier femelle résiste comme il peut. (Attention pour les personnes sensibles, images difficiles, surtout à la fin) :

https://www.youtube.com/watch?v=AzQxkze5RKE

"Scène d'horreur pour chat" avec deux corneilles mantelées :

https://www.youtube.com/watch?v=WANZBs8Za0Q

Deux pies bavardes et un grand corbeau harcèlent un épervier mâle ayant capturé un choucas ; solidarité entre trois espèces de corvidés, ou juste volonté d'en découdre avec un ennemi commun ?

https://www.youtube.com/watch?v=sJBIMwHDjXE


Les couleurs des corvidés

Les couleurs des Corvidés peuvent être variées. Il y a beaucoup d'espèces dans les tons noirs et blancs, voire bruns ou roux (geais...), mais souvent avec des reflets bleus ou verts - notre banale pie bavarde en est un exemple typique. Certains ont le bec et les pattes colorés. Surtout, il existe toute une série d'espèces où les couleurs sont vives, notamment avec de magnifiques tons de bleu vif ou parfois de vert ou de jaune.

Chez les corbeaux et corneilles, les teintes dominantes restent toutefois le noir, le blanc et le gris. Voici quelques espèces exotiques :

- On trouve largement dans une grande partie de l'Afrique le... Corbeau pie (Corvus albus), qui est un corbeau de couleur pie, noir avec le ventre et le dos blancs :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Corbeau_p ... d_Crow.jpg

- La plus massive de toutes les espèces de Corvidés (et de tous les passereaux) est le Corbeau corbivau (Corvus crassirostris), qui mesure 64 cm de longueur en moyenne. Ce corbeau vit dans les montagnes d'Ethiopie et d'Erythrée. Il a la nuque blanche et un bec très, très épais. Son cri est étrange, avec un son étouffé.

https://www.youtube.com/watch?v=qqrDRcrjB_g

- Le corbeau brun (Corvus ruficollis), l'une des nombreuses espèces de corbeaux africains, filmée ici en Mauritanie, a un plumage à dominante noire qui devient brun foncé sur le cou et la tête :

https://www.youtube.com/watch?v=e1lxXqaMHo8

- Il existe plusieurs espèces de corbeaux et corneilles en Australie, mais toutes se distinguent par leur iris blanc. Ici le corbeau d'Australie (Corvus coronoides), au cri étrange :

https://www.youtube.com/watch?v=2in0vObSWfM

- La corneille de Cuba (Corvus nasicus), des couleurs classiques mais encore un autre cri étrange :

https://www.youtube.com/watch?v=jzoRWJgAplU

Chez les pies, le noir et le blanc sont souvent les teintes de base mais il existe plusieurs espèces à coloration variée. Parmi elles, les pirolles sont vraiment de magnifiques oiseaux avec des tons bleus ou verts marqués et les pies-bleues arborent une belle couleur bleu azur sur les ailes et la queue.

Dans cette très belle vidéo, on peut voir successivement les photos des 17 espèces de pies, pirolles et pies-bleues (toutes les espèces sauf une) ainsi que des cartes retraçant leur répartition géographique. Il s'agit, dans l'ordre, des espèces suivantes : 1. Pie bavarde (Pica pica). 2. Pie d'Amérique (Pica hudsoni). 3. Pie à bec jaune (Pica nuttalli). 4. Pie d'Arabie (Pica asirensis). 5. Pie du Maghreb (Pica mauritanica). 6. Pie orientale (Pica sericea). 7. Pirolle de Taïwan (Urocissa caerulea). 8. Pirolle à bec rouge (Urocissa erythrorhyncha). 9. Pirolle à bec jaune (Urocissa flavirostris). 10. Pirolle de Whitehead (Urocissa whiteheadi). 11. Pirolle de Ceylan (Urocissa ornata). 12. Pirolle verte (Cissa chinensis). 13. Pirolle "à ventre jaune" ou pirolle verte d'Indochine (Cissa hypoleuca). 14. Pirolle à queue courte (Cissa thalassina). 15. Pirolle de Bornéo (Cissa jefferyi). 16. Pie-bleue à calotte noire (Cyanopica cyanea). 17. Pie-bleue ibérique (Cyanopica cooki).

https://www.youtube.com/watch?v=9e2EJX7zQBU

- La pie-bleue ibérique (Cyanopica cooki) qui vit dans le sud-ouest de l'Espagne et le sud du Portugal, a longtemps été considérée comme une simple variété de la pie-bleue à calotte noire d'Extrême-Orient, malgré la très grande distance qui les séparent ; depuis peu, suite à des analyses génétiques, elle a été élevée au rang d'espèce :

https://www.youtube.com/watch?v=qaL1zeChF1Q

- Ici, une pirolle de Taïwan aux prises avec une scolopendre de belle taille :

https://www.youtube.com/watch?v=-Q_EaQFsIZA

Chez les geais, la diversité des couleurs s'accroît encore mais le bleu a beaucoup d'importance chez plusieurs espèces américaines.

- Ici, un geai de Lidth (Garrulus lidthi), espèce très proche du geai des chênes mais vivant uniquement dans quelques petites îles du sud du Japon :

https://www.youtube.com/watch?v=cZyLtyekE5s

- Le geai des pinèdes (Gymnorhinus cyanocephalus) est un oiseau au plumage bleu terne, vivant dans l'ouest des Etats-Unis, que l'on ne rencontre que dans les forêts de pins et de genévriers.

https://www.youtube.com/watch?v=-NAD_klLxaA

- Le magnifique geai bleu (Cyanocitta cristata) répandu dans le centre et l'est de l'Amérique du Nord, ici sur une mangeoire :

https://www.youtube.com/watch?v=QR-ePtyqDqo

- Et l'autre espèce très proche, le geai de Steller (Cyanocitta stelleri), que l'on trouve dans l'ouest de l'Amérique du Nord, ici s'abreuvant dans une vasque :

https://www.youtube.com/watch?v=J8XjQ1kg9r4

- Répartition géographique des deux espèces nord-américaines les plus répandues, le geai bleu et le geai de Steller :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyanocitt ... bution.svg

- Ici, le geai du Mexique (Aphelocoma wollweberi) :

https://www.youtube.com/watch?v=Tb93RCagwIw

- Le geai masqué (Cyanolyca mirabilis), qui vit également au Mexique :

https://www.youtube.com/watch?v=o3nHoNF7GuY

- Le geai turquoise (Cyanolyca turcosa), une espèce de la cordillère des Andes (Colombie, Pérou, Équateur), filmé ici en Équateur :

https://www.youtube.com/watch?v=4fJGb5b7JYU

- Le geai à face blanche (Calocitta formosa), un oiseau d'Amérique centrale vivant du côté Pacifique ; ici, deux spécimens en captivité :

https://www.youtube.com/watch?v=BFOi_O8xL2M

- Le geai acahé (Cyanocorax chrysops) vit en Bolivie, au Paraguay, en Uruguay et dans les régions frontalières de l'Argentine et du Brésil ; filmé ici dans la province d'Entre Rios en Argentine :

https://www.youtube.com/watch?v=fTwDnCBkLcg

- Le geai vert (Cyanocorax yncas) ou "geai des Incas" vit en Amérique centrale et dans le nord-ouest de l'Amérique du Sud :

https://www.youtube.com/watch?v=M_rkAut6KiM

Les mésangeais sont des oiseaux proches des geais mais ressemblant un peu à des mésanges géantes :

- Le mésangeai imitateur (Perisoreus infaustus) vit dans les forêts de conifères depuis la Scandinavie jusqu'à la Sibérie :

https://www.youtube.com/watch?v=gxB_ZfNiU5g

- Le mésangeai du Canada (Perisoreus canadensis) vit en Alaska, au Canada et dans certaines régions du nord des États-Unis ainsi que dans les Rocheuses :

https://www.youtube.com/watch?v=Q29MMDrm9tc

Il y a encore bien d'autres espèces de corvidés. Parmi eux, les podoces sont des oiseaux vivant dans les steppes d'Asie centrale, parfois appelés "geais terrestres" car ils se déplacent volontiers en courant sur le sol.

- Ici, un petit reportage iranien qui permet de voir quelques rares images de ces étonnants oiseaux, entre deux interviews. Il s'agit du podoce de Pleske (Podoces pleskei) qui vit uniquement en Iran.

https://www.youtube.com/watch?v=OrAgU9tl8Vg
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Re: Diversité... des oiseaux

Message par Cyrano » 19 Mai 2020, 07:55

Ça, c'est cool, tout ça pour «les chers corbeaux délicieux».
J'appréciais beaucoup la compagnie de mon corbeau. Il est parti voici quelques années. Il me plait à croire que parfois, tôt la matin, l'oiseau noir martial qui parfois visite ma cour, c'est lui.
Je me souviens très bien de la première fois où il est venu sur mon poignet: la vache ! à voir la taille des papattes j'me disais: si il referme ses mimines, ça doit serrer! Il poussait des petits miaulements tout doux à chaque fois que je caressais le velour de sa tête. Et on restait tout les deux, comme deux idiots, chacun content de la présence de l'autre.

Mon chat est très con, par contre. Ça y est il demande à sortir, j'ouvre la porte. Ho? il pleut un peu? Il ne sort pas, il tourne son cul et va à l'autre porte, celle qui donne dans la cour. On sait jamais, un micro climat. Mais il pleut aussi. Il doit se dire que ma cour a un climat de merde.
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Re: Diversité... des oiseaux

Message par Plestin » 10 Juil 2020, 15:11

Je fais ici un point sur une grande famille d'oiseaux chanteurs bien connue, les Fringillidés, dont le représentant-type est censé être le pinson des arbres (mais cet oiseau a diverses particularités comportementales qui le distinguent des autres espèces). La famille regroupe aussi d'autres pinsons, les verdiers, les chardonnerets, les linottes, les tarins, les serins, les roselins, les gros-becs, les bouvreuils, les becs-croisés... avec un grand nombre d'espèces communes dans leur zone de répartition (mais aussi des espèces plus rares).

Les connaissances sur les Fringillidés sont généralement bonnes et bien documentées dans les sources récentes, mais j'ai pu aussi trouver dans une source ancienne déjà citée (une encyclopédie animale très détaillée issue de l'adaptation par Larousse d'un ouvrage italien de 1968) des passages intéressants issus de connaissances du terrain qui gardent de l'intérêt aujourd'hui et ne se retrouvent pas forcément mises en avant dans les travaux actuels, par exemple sur les anciennes pratiques de chasse aux pinsons en Allemagne ou aux canaris dans les îles Canaries. Je les ai mises sous forme de citations en italique.

Certains oiseaux que nous avions déjà vus, comme les mésanges, étaient d'incroyables consommateurs d'insectes et jouaient de ce fait un rôle "d'insecticides naturels" en réalisant un prélèvement très significatif sur les populations d'insectes, participant à les contrôler. Les Fringillidés, eux, jouent un rôle similaire en ce qui concerne le contrôle de la population des mauvaises herbes et sont en quelque sorte des "herbicides naturels". Quelques-uns se nourrissent exclusivement de graines mais la plupart enrichissent leur menu, notamment avec des insectes (surtout pendant la saison de reproduction où les insectes sont souvent un aliment de choix pour nourrir les petits), des bourgeons, des fruits et baies... Il peut quand même y avoir certaines espèces considérées comme nuisibles pour les cultures ou les vergers, ce qui est parfois la conséquence de la présence irrégulière de leur nourriture habituelle.

Cette famille d'oiseaux se caractérise par un chant plus ou moins mélodieux et un bec qui a pu évoluer dans des directions très différentes permettant parfois des adaptations alimentaires poussées.

Ce sont aussi des espèces qui peuvent réaliser des migrations, mais celles-ci sont plus ou moins erratiques, pas forcément systématiques et en tout cas bien moins abouties que chez d'autres familles d'oiseaux. Quelques espèces ont développé des particularités en matière de reproduction (étalée sur l'année, voire toute l'année) et c'est parfois lié à la capacité de trouver, grâce aux migrations, des ressources alimentaires toute l'année.

Pinson des arbres (Fringilla coelebs)

Le pinson des arbres est extrêmement commun en Europe et en France. Mâle et femelle sont tous deux reconnaissables à la double barre blanche sur l'aile et, en vol, aux bords blancs de la queue. Le mâle est beaucoup plus coloré. C'est un oiseau forestier qui a colonisé tous les milieux arborés jusqu'aux parcs et jardins des grandes villes et l'espèce n'est pas considérée comme menacée.

Le pinson est à la fois granivore et insectivore et il complète son menu avec quelques bourgeons et fleurs. "Les dommages que le Pinson cause à l'agriculture sont pratiquement nuls : tout au plus pourrait-on les constater dans les vergers et les potagers où, sautillant sur les plates-bandes, il picore parfois les semences. En revanche, il se rend très utile en éliminant les graines des mauvaises herbes et les Insectes nuisibles dont il nourrit sa progéniture."

Le pinson des arbres est sédentaire dans le sud de l'Europe, en partie migrateur en Europe centrale et régulièrement migrateur dans le nord. L'espèce a une particularité sur ce plan : en dehors de la période de reproduction, les mâles vivent d'un côté et les femelles et les jeunes de l'autre, ce qui conduit à des migrations séparées. Les mâles adultes sont davantage sédentaires que les femelles et les jeunes et ils migrent moins loin. Les migrations s'effectuent en bandes parfois très nombreuses. Les mâles reviennent les premiers et choisissent l'emplacement du futur nid puis attendent le retour des femelles.

Le chant du pinson des arbres, plus élaboré que celui d'espèces proches, est fondamental en tant que lien entre les individus et il existe de nombreux "dialectes" reconnaissables par l'homme et permettant de distinguer facilement deux populations voisines. Les divers groupes tendent ainsi à s'isoler via le dialecte, malgré tout il existe un important brassage lié au fait que différents groupes se côtoient, en particulier dans les zones de migrations.

En période nuptiale, le pinson se comporte aussi différemment des autres membres de la famille des Fringillidés. La cour du mâle est relativement simple sur le plan des postures, du vol ou de l'exhibition du plumage et il n'y a guère d'offrandes de nourriture à la femelle. Pendant la couvaison, effectuée par la femelle, le mâle chante pour marquer son territoire et repousser les intrus de la même espèce.

Ici, le chant du pinson mâle :

https://www.youtube.com/watch?v=COllwlh-jXo

Ici, le nourrissage des oisillons au nid par les deux parents (le mâle est plus coloré) :

https://www.youtube.com/watch?v=LBmq0nQLxVU

Ici, un ralenti de vol de pinson mâle (quelques secondes) lors d'un nourrissage à la main ; en vol on distingue très bien les zones blanches sur les ailes et la queue :

https://www.youtube.com/watch?v=bP_2LVak0pE

Pinson du Nord (Fringilla montifringilla)

Autre espèce répandue dans une partie de l'Europe, le pinson du Nord est un bel oiseau qui n'est présent en France qu'en hiver mais peut former d'importantes colonies. Dans les années 1940, un gigantesque dortoir a été observé en Suisse, comprenant 25 millions d'oiseaux.

Le pinson du Nord est beaucoup moins querelleur que le pinson des arbres, même en période nuptiale où les mâles peuvent former de petits groupes qui ne se battent pas entre eux. Son chant est nettement moins élaboré que celui du pinson des arbres mais il adopte des postures mettant en valeur son plumage pour séduire la femelle.

Le pinson du Nord se nourrit surtout de graines (et d'insectes en période de reproduction) et fait dès l'automne une grosse consommation des faînes de hêtres, riches en huile, qui l'aident à passer l'hiver.

"La chasse au Pinson du Nord donnait lieu autrefois, surtout en Allemagne, à de véritables festivités. Aux premiers signes de son arrivée, les villages semblaient pris de frénésie et les hommes s'armaient de sarbacanes spéciales lançant de petites billes d'argile. La nuit venue, tireurs, accompagnateurs et spectateurs se rendaient tous ensemble en forêt ou dans les bois, où ils erraient à la lumière des torches et des lanternes jusqu'à ce qu'ils découvrent quelque bande de Pinsons perchés sur les hêtres. Les porteurs de torches les éclairaient et les tireurs se servaient de leur sarbacane. Heureusement, cette pratique a aujourd'hui disparu."

Ici, des pinsons du Nord mâles et femelles (mêlés à des verdiers mâles et femelles) ; en plumage nuptial le mâle adulte a la tête entièrement noire :

https://www.youtube.com/watch?v=Mz19pD3Z0og

Ici, un groupe de pinsons du Nord sur une mangeoire en Angleterre ; hors période nuptiale, le plumage des mâles se rapproche de celui des femelles et la tête est grise et noire. On peut voir une femelle puis un mâle de pinsons des arbres se mêler brièvement à la troupe, ainsi qu'un merle noir à la fin :

https://www.youtube.com/watch?v=cBAQDci70dA

Ici, le chant du pinson du Nord, beaucoup moins élaboré que celui du pinson des arbres :

https://www.youtube.com/watch?v=riQLX2Tb7L4

Verdier d'Europe (Chloris chloris)

Le verdier est l'un des oiseaux les plus communs en Europe, y compris en France. Le mâle est très reconnaissable à son plumage vert olive nuancé de gris et à la bande jaune vif de ses ailes ; la femelle est plus grisâtre avec un peu de vert olive sur le dos mais présente aussi la bande jaune sur les ailes.

"Les graines de diverses plantes, particulièrement les graines oléagineuses, constituent sa nourriture préférée, qu'il picore directement au sol. Il peut faire quelques dégâts dans les plantations de chanvre et dans les potagers, mais il fait aussi disparaître beaucoup de mauvaises herbes."

Ici, le chant du verdier mâle :

https://www.youtube.com/watch?v=ZAScGkZoxRU

Ici, la femelle et le mâle à la mangeoire en Limousin :

https://www.youtube.com/watch?v=HPhb76Gdp6E&t=2s

Tarin des aulnes (Spinus spinus)

Parmi les plus petits membres de la famille, le tarin des aulnes se nourrit de graines d'aulnes, d'ormes, de bouleaux voire de conifères, ainsi que de chardons, de pissenlits... mais nourrit ses oisillons avec des insectes (pucerons, chenilles...)

C'est un oiseau partiellement migrateur. "Les reprises de Tarins bagués ont montré que les nombreux Oiseaux qui viennent passer l'hiver en France sont originaires de Scandinavie, d'Allemagne septentrionale et du nord de l'Italie. Les déplacements ne sont pas comparables à ceux des grands migrateurs, tels que les Hirondelles. On a observé que des Tarins italiens allaient aussi bien vers l'Ouest que vers le Nord (Tchécoslovaquie) ou même vers l'Est (Pologne)".

Le mâle possède une bavette noire plus ou moins importante (parfois très réduite) et la taille de celle-ci est corrélée avec le rang social de l'oiseau dans un groupe.

Ici, le tarin des aulnes filmé en Périgord (un mâle presque sans bavette et, furtivement, une femelle au début de la vidéo), décortiquant les fruits de l'aulne pour se nourrir des graines :

https://www.youtube.com/watch?v=johw8UgEY7g

Chardonneret élégant (Carduelis carduelis)

Oiseau relativement commun et au plumage joliment coloré, le chardonneret se reconnaît aisément à la barre jaune de son aile et à sa face rouge. Il y a peu de différences de plumage entre mâle et femelle (le mâle a la zone rouge de la face un peu plus étendue). C'est un oiseau des milieux ouverts et des lisières, qui pâtit de la disparition des friches qui lui procurent une partie de sa nourriture. Il n'est cependant pas menacé.

"Il se nourrit de toutes sortes de graines, en particulier celles du bouleau, de l'aulne et surtout du chardon, ce qui lui a valu son nom. L'été, il ajoute à sa nourriture habituelle une grande quantité d'Insectes, qui servent aussi à l'alimentation des petits. Il se rend ainsi utile en toutes saisons, en détruisant des Insectes et des graines d'herbes nuisibles."

Le chardonneret apprécie aussi les graines de bardane, de tournesol, de nombreuses autres plantes herbacées et, dans les jardins, les graines de cosmos lorsque la fleur est fanée. Il est plus strictement granivore que d'autres oiseaux de la famille et nourrit y compris les oisillons avec des graines.

Le chardonneret a longtemps été braconné au filet pour être vendu comme oiseau de cage, pratique désormais interdite dans la plupart des pays d'Europe. Il était apprécié pour son plumage, son chant et sa capacité à se croiser avec les canaris pour donner de jolis hybrides chanteurs.

Ici, un chardonneret chantant :

https://www.youtube.com/watch?v=YWLYVUCbu4o

Ici, dans un pays des Balkans (probablement en Bosnie), des chardonnerets en captivité se nourrissent ; "l'herbicide" en pleine action !

https://www.youtube.com/watch?v=B74JtEepruY

Ici, le bec conique et fin du chardonneret lui permet d'aller déloger les graines des chardons :

https://www.youtube.com/watch?v=vjQCWuQO3gc

Venturon montagnard (Carduelis citrinella)

Le venturon montagnard est un oiseau de montagne qui vit essentiellement à la lisière des forêts (surtout de conifères) . Il est reconnaissable à son plumage à dominante jaune-vert (comme le verdier mais sans bande jaune sur les ailes) avec la nuque et les côtés du cou d'un gris uniforme. On le rencontre au-dessus de 700 m d'altitude (surtout entre 1.200 et 2.000 m) mais, l'hiver, il descend souvent dans les vallées. C'est une espèce dont la répartition géographique est limitée aux massifs montagneux de quelques pays européens (France, Espagne, Italie, Allemagne, Suisse, Autriche) et qui tend à disparaître de la partie nord de son aire (Forêt Noire notamment), souffrant de la baisse de diversité florale des prairies de montagne peut-être liée à l'abandon du pâturage extensif. Le venturon se nourrit de graines de plantes herbacées (pissenlits, chardons, germandrées, oseille, flouve odorante...) mais aussi de certains arbres, notamment des conifères (pins), ainsi que d'insectes.

"Au début de l'automne, jeunes et adultes se rassemblent en bandes de 40 à 50 individus qui se mettent à la recherche de terrains riches en graines. Quand ils les ont trouvés, ils n'en bougent plus."

Ici, le venturon montagnard (femelle et mâle) dans différentes situations ; vers la fin de la vidéo, un mâle de tarin des aulnes (calotte et bavette noire) s'invite brièvement :

https://www.youtube.com/watch?v=JKjPKHRhakM

Une espèce voisine, le venturon corse (Carduelis corsicana) au dessous plus franchement jaune et au manteau plus brun, vit dans les broussailles sèches, les bruyères, les maquis et les pinèdes de Corse, de Sardaigne et des îles toscanes (dont l'île d'Elbe).

Linotte mélodieuse (Linaria cannabina)

Cet oiseau est très connu à travers l'expression "tête de linotte" (peut-être due à sa négligence en matière de dissimulation du nid) mais sauriez-vous dire à quoi ressemble une linotte ?

Le plumage affiche des couleurs discrètes plutôt brunes sur le dessus et grises sur la tête, durant une bonne partie de l'année mais, pendant la saison de reproduction, le mâle exhibe un plumage nuptial marqué par des plumes allant, suivant les individus, du beige rosé au rouge écarlate sur le front et la poitrine.

En France, la linotte est plus abondante en hiver (pendant les migrations). Les Linottes sont très sociables et peu querelleuses même pendant la saison des amours. "Les Linottes vivent dans les zones broussailleuses, à l'orée des bois. Dans les pays de vignobles, elles nichent en grand nombre à proximité immédiate des rangées de ceps, et leur densité atteint parfois un niveau remarquable."

"Bien qu'elles se nourrissent uniquement de graines, on ne peut pas dire que les Linottes soient des Oiseaux nuisibles pour l'agriculture. Elles mangent surtout des graines de mauvaises herbes, mais aussi celles de diverses plantes de nos jardins, de crucifères sauvages, de chanvre, de colza et de graminées."

Ici, des linottes mâles (à plumage plus ou moins coloré) et femelles :

https://www.youtube.com/watch?v=bAu4ds9zLLw

Ici, un couple de linottes au nid :

https://www.youtube.com/watch?v=5pAQ7XEmY0M

Une espèce voisine, la linotte à bec jaune (Linaria flavirostris), vit en Europe du Nord, au Moyen-Orient et en Asie centrale. Les populations scandinaves migrent vers le sud en atteignant la Belgique et parfois le nord de la France. Le bec de cette espèce est jaune pendant une grande partie de l'année (plumage internuptial) mais gris en période de reproduction (plumage nuptial). Contrairement à la linotte mélodieuse, le mâle n'a pas de plumes rouges sur la poitrine et le front, mais son croupion est de couleur rosée.

https://www.youtube.com/watch?v=gPtEJao73-M

Sizerin flammé (Acanthis flammea)

Le sizerin flammé est un petit oiseau nordique très grégaire. C'est l'une des espèces les plus répandues en Scandinavie, dans les bois d'ormes, de saules et surtout les forêts de bouleaux ainsi que dans la toundra. Il n'est présent en France qu'occasionnellement (plus souvent au Nord qu'au Sud) au moment des migrations, qui sont elles-mêmes irrégulières et inconstantes. Il existe toutefois une sous-espèce appelée le sizerin cabaret (Acanthis flammea cabaret), au dos plus brun que gris, qui se reproduit d'une part en Angleterre et d'autre part en France, surtout dans les Alpes ; elle est parfois considérée comme une espèce à part.

Ici, l'aire de répartition du sizerin flammé (y compris la variété "cabaret") :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sizerin_f ... ea_map.svg

Les sizerins anglais ont récemment (p/r à 1968) appris à se nourrir de bourgeons d'arbres fruitiers et ont commencé à faire des dégâts dans les vergers. Ce comportement s'est également manifesté chez les sizerins d'origine anglaise importés en Nouvelle-Zélande et s'est étendu à ce pays.

Le sizerin mâle ou femelle a des plumes rouge foncé sur le front et une bavette noire. Le mâle a des plumes roses ou rouges sur la poitrine. Le corps est plus strié que celui de la linotte.

Ici, des sizerins flammés (mâle et femelle) s'alimentant :

https://www.youtube.com/watch?v=Wm9axtJEEXo

La suite des Fringillidés (canaris, serins, bouvreuils, roselins, gros-becs, becs-croisés etc.) au prochain numéro...
Plestin
 
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Re: Diversité... des oiseaux

Message par Plestin » 17 Juil 2020, 06:00

Suite de la famille des Fringillidés...

Canari ou Serin des Canaries (Serinus canaria)

Savez-vous à quoi ressemble un canari à l'état sauvage ? C'est un oiseau dont le mâle est vert-jaune avec le dessus gris-brun rayé de noir et la poitrine jaune (la femelle est moins vivement colorée). Il vit dans les îles les plus occidentales de l'archipel des Canaries, ainsi qu'à Madère et aux Açores.

"Lorsque les soldats d'Henri III de Castille occupèrent les Canaries au début du XVè siècle, ils y trouvèrent des petits Oiseaux chanteurs qu'ils rapportèrent à leurs familles, en Espagne. La vogue des Canaris date de cette époque."

"Le Canari est une proie facile pour les chasseurs. Essentiellement grégaires, les jeunes tombent dans n'importe quel piège, pourvu qu'on utilise comme appeau un Oiseau de la même espèce. Les habitants des Canaries les capturent à l'aide de cages spéciales, divisées en deux compartiments ; l'un contient l'appelant et l'autre constitue le piège proprement dit. La chasse est surtout productive dans les régions boisées, à proximité de l'eau, aux premières heures de la matinée".

Ici, un canari sauvage mâle chantant, filmé sur l'île de La Gomera (Canaries) :

https://www.youtube.com/watch?v=s9hWU3MZdfI

Ici un canari sauvage s'alimentant, filmé sur l'île de Grande Canarie :

https://www.youtube.com/watch?v=JJYNIDSiUTk

Les mutations à plumage jaune paille survenues dans les élevages européens vers l'an 1700 se sont répandues et sont devenues majoritaires dans les populations domestiques, c'est pourquoi aujourd'hui lorsque l'on parle de canari chacun imagine d'abord un oiseau jaune. Il y en a toutefois de nombreuses variétés domestiques différant par leur couleur, leur posture et leur chant.

Ici, un montage recensant les principales variétés de canaris domestiques (désolé pour les fautes d'orthographe mais c'est à la fois une vidéo relativement complète et assez courte) :

https://www.youtube.com/watch?v=z5F6m0V0ZrQ

Ici, le large éventail de coloris des canaris "agate" :

https://www.youtube.com/watch?v=d3dWeadMGKw

Ici, l'un des plus étranges canaris de posture, le Gibber italicus :

https://www.youtube.com/watch?v=8lVw5bqZRmc

Dans les mines de charbon, les canaris étaient autrefois utilisés comme indicateurs de la présence de grisou (s'il y avait trop de grisou dans l'air, ils mouraient rapidement et c'était le signe qu'il fallait évacuer). En Allemagne, dans les mines de la région du Hartz (ou Harz) dans le centre-nord du pays, une variété nouvelle de canari "de mineur" est apparue, chantant le bec fermé à cause de la poussière et imitant les bruits de l'entourage minier. Ici, un reportage de France 3 Champagne-Ardennes sur un éleveur de canaris Harz :

https://www.youtube.com/watch?v=jp7vZdqqwA4

Le canari peut être facilement croisé avec les espèces voisines. "Les mâles s'accouplent volontiers avec des femelles domestiques, même d'espèces différentes, et il est assez facile d'obtenir des hybrides de Pinsons, de Chardonnerets, de Verdiers, de Linottes, de Tarins et de Cardinaux."

Ici, un hybride excellent chanteur, chardonneret x canari :

https://www.youtube.com/watch?v=LedlDeavyfg

Ici, le chardonneret rouge ou tarin rouge (Spinus cucullatus), une espèce du Venezuela, de Colombie et du Guyana, qui a servi dès le XIXè siècle à introduire la couleur rouge chez les canaris domestiques et a été (trop) largement capturé dans ce but :

https://www.youtube.com/watch?v=wa0SOZ0ewiU

Ici, le chardonneret noir ou tarin noir (Spinus atratus), une espèce des hauts plateaux andins (Pérou, Bolivie, Chili, Argentine), qui a servi à introduire la couleur noire chez les canaris domestiques. Il est sujet à une maladie parasitaire dont il est porteur sain en milieu naturel mais qui se développe et le tue souvent en cas de stress, ce qui, allié à d'autres facteurs, fait que seulement 2 oiseaux sur 100 survivent à la capture et au transport :

https://www.youtube.com/watch?v=IymqqFM1cys

Ici, le chardonneret de Magellan ou tarin de Magellan (Spinus magellanicus), une espèce commune dans toute l'Amérique du Sud et qui se croise également facilement avec le canari ; ici s'alimentant sur des chardons en milieu naturel :

https://www.youtube.com/watch?v=xUNjKDYWflk

Serin cini (Serinus serinus)

Le serin cini est une espèce proche du canari, qui vit dans le sud et l'ouest de l'Europe et a conquis l'Europe centrale durant le XIXè siècle (probablement en exploitant les possibilités offertes par l'agriculture). Les populations sud-européennes sont sédentaires mais celles d'Europe centrale sont devenues migratrices et retournent dans le sud en hiver.

Ici, la répartition géographique du serin cini en Europe :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Serin_cin ... _distr.png

Cet oiseau ressemble au canari sauvage en plus trapu, avec un plumage à dominante vert olive, un croupion jaune vif et (chez le mâle uniquement) une gorge et une poitrine également jaunes. C'est la plus petite espèce de la famille des Fringillidés (11,5 cm de longueur).

Ici, un groupe de serins cinis à la baignade :

https://www.youtube.com/watch?v=R5DtrrdmD24

Ici, un serin cini s'alimentant :

https://www.youtube.com/watch?v=A-QnMlnlAIs

Bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula)

Le bouvreuil est un très bel oiseau d'aspect trapu, qui vit principalement en forêt et se nourrit de graines (graines d'arbres dont le frêne, graines contenues dans les baies, graines de certaines "mauvaises herbes" comme les orties, l'armoise, le séneçon, le pissenlit...) En hiver quand la nourriture se fait rare, il mange les graines du frêne, du sorbier et du sureau.

Au printemps, il investit volontiers les jardins et vergers et peut faire des dégâts considérables dans les arbres fruitiers (notamment les pommiers, poiriers, pruniers et abricotiers) en mangeant les bourgeons. Cette habitude s'est d'autant mieux enracinée que, contrairement aux graines de frêne dont l'abondance est très variable d'une année à l'autre, il y a toujours beaucoup de bourgeons tous les ans. Les dégâts liés aux bouvreuils ne sont pas nouveaux et l'oiseau était déjà chassé pour cette raison au Moyen-Âge, notamment en Angleterre.

Le bouvreuil s'est mis à pulluler dans certaines régions d'Europe dans les années 1960-70 du fait de la raréfaction de son principal prédateur, l'épervier. Puis sa population a amorcé un net déclin, ce qui est attribué à la diminution de son habitat naturel (haies, lisières des forêts), aux pesticides, voire au réchauffement climatique... Cette chute serait plus importante en France que dans le reste de l'Europe.

Le bouvreuil a un "passé" d'oiseau de cage, surtout en Allemagne et Angleterre, qui a presque disparu aujourd'hui :

Extrait de wikipédia :

Au XIXe siècle, le bouvreuil était souvent conservé sur le lieu de travail. La prédominance des maisons de commerce anglaises avec des connexions étendues a fait en sorte qu'elles ont déterminé les prix commerciaux, au détriment des grossistes allemands. Cette concurrence a réduit la marge bénéficiaire des petits commerçants soucieux de la qualité, qui avaient développé au fil du temps un important secteur d'activité grâce au commerce des bouvreuils. Dans le Vogelsberg et en Thuringe, on a appris au Bouvreuil à siffler certains chants. Les petits bouvreuils, en particulier de la sous-espèce P. p. coccinea, étaient considérés comme particulièrement capables d'apprendre. Les oiseaux étaient pris dans les nids avant de s'envoler pour leur faire répéter des chants, par étapes, plusieurs fois par jour. Une fois qu'ils l'avaient maîtrisé, la procédure était répétée avec une nouvelle partie du chant, jusqu'à ce que la chanson soit complète. Les bouvreuils doués pouvaient maîtriser jusqu'à trois chansons. De plus, les jeunes bouvreuils ont appris à imiter d'autres oiseaux chanteurs, en particulier le canari. Les oiseaux élevés étaient exportés d'Allemagne vers les États-Unis.

Ici, des bouvreuils dans la nature (la femelle à poitrine gris rosé est beaucoup moins colorée que le mâle à poitrine rouge) :

https://www.youtube.com/watch?v=Os9HgdBUZ-Y

Ici, le chant du bouvreuil :

https://www.youtube.com/watch?v=kjBhwGWoo0Q

Gros-bec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes)

Le gros-bec est un oiseau d'aspect lourd, sédentaire, qui n'aime pas bouger et, lorsqu'il est dérangé, ne vole pas bien loin.

"Il se nourrit de diverses graines enfermées dans des enveloppes très dures, avec une prédilection pour les fruits du merisier, du hêtre et du charme. Avec une adresse remarquable, il ouvre les fruits, jette la chair et ne mange que la graine contenue dans le noyau. Ce dernier est amené jusqu'à l'arrière du palais par des mouvements de tête et de langue appropriés, qui ont pour effet de placer sa ligne de soudure verticalement, dans l'axe du bec. Les deux moitiés de la coque sont séparées par une pression des mandibules. Cette pression, exercée sans aucun appui, uniquement par la force musculaire, a été calculée ; elle est de 45 kg environ pour un noyau de cerise ou de prune, et peut atteindre 72 kg pour un noyau d'olive. Elle est rendue possible par le développement remarquable des muscles, la grosseur du bec, qui augmente la surface de pression, et l'épaisseur des os du crâne, cinq fois plus lourd que celui d'un Pinson.

Le Gros-Bec se nourrit également de graines moins dures et plus faciles à briser, et il mange aussi des bourgeons et des pousses bien tendres. Les Insectes ne sont pas épargnés, même les plus durs, comme les Hannetons et les Cerfs-volants, qui ne résistent évidemment pas longtemps au formidable bec.
"

"Ces oiseaux peuvent évidemment faire quelques dégâts dans les cerisiers car, quand ils ont visité un verger, ils y reviennent volontiers, mais comme ils ne vivent pas en bandes, les dommages sont généralement très limités".

La vie est dure pour les mâles de gros-becs cherchant à séduire une femelle :

"L'accouplement est précédé d'un rituel de cour très élaboré. Le mâle se montre nerveux, agité, et devient agressif avec ses congénères. La femelle commence par repousser brutalement ses avances, et il ne l'approche que craintivement, les plumes hérissées, les ailes basses, visiblement tout prêt à prendre la fuite. La femelle l'attend dans une attitude menaçante, le corps penché en avant et le bec braqué. Le mâle essaie de la séduire en adoptant une attitude de soumission : nuque offerte et bec entre les pattes. Cette pantomime se termine, après bien des hésitations, par un timide contact des deux becs, dont les pointes s'effleurent. Si la femelle ne passe pas immédiatement à l'attaque, le mâle peut espérer, à force de persévérance, d'humilité et d'offrandes de nourriture, finir par séduire l'élue, mais cette cour durera un mois et demi à deux mois. C'est seulement à l'issue de cette période que le couple s'isolera et entreprendra la construction du nid."

Ici, un gros-bec s'attaquant à des baies (il ne s'intéresse qu'aux graines, pas à la pulpe) :

https://www.youtube.com/watch?v=V6I1vq4QPr8

Ici, un gros-bec au sol se nourrissant de graines dures :

https://www.youtube.com/watch?v=DRlZqPqUXRs

Ici, le gros-bec s'attaque à des noyaux de cerises :

https://www.youtube.com/watch?v=iyGYTeGlx0w

Gros-bec errant (Hesperiphona vespertina)

Cette espèce commune aux Etats-Unis et au Canada est remarquable par l'incroyable processus d'expansion géographique entamé au XIXème siècle, depuis les Montagnes Rocheuses, pour coloniser une bonne partie du Canada et des Etats-Unis jusqu'à la côte Est, en suivant les plantations de certains érables. L'oiseau se nourrit de graines de divers feuillus (en particulier l'érable negundo) et de pignons de pins, mais aussi d'insectes. Sur les érables, il mange aussi les bourgeons et les écoulements de sève. Depuis les années 1980, la population de gros-becs errants est entrée en régression et cela coïncide avec la fin des grandes infestations par certaines chenilles (tordeuse du pin, tordeuse du sapin) qu'il donnait à manger à ses oisillons, suite à des campagnes de pulvérisations aériennes d'insecticides.

Ici, des gros-becs errants chantant et s'alimentant, filmés au Canada :

https://www.youtube.com/watch?v=f7Zn2G-fa0E

Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra)

Le bec-croisé possède un bec très caractéristique, avec deux mandibules recourbées dont les extrémités se croisent (la supérieure est recourbée vers le bas et l'inférieure vers le haut). Ce bec est parfaitement adapté pour décortiquer les cônes (en particulier ceux des sapins, mais aussi tous les autres) afin d'en extraire les graines, en s'appuyant sur une patte tandis que l'autre saisit le cône. Le sens du croisement du bec peut varier. Selon le sens du croisement et le côté employé, le tarse opposé est plus fort. Le bec-croisé se sert aussi de son bec à la façon des perroquets pour grimper dans les arbres.

On rencontre le bec-croisé des sapins dans le centre et le nord de l'Europe. Il est présent en France dans les zones montagneuses, surtout dans les Vosges et le Jura.

Les migrations sont erratiques et conditionnées par l'abondance relative de la nourriture. Elles peuvent s'effectuer dans diverses directions et conduire les becs-croisés jusque dans les plaines.

Le bec-croisé nidifie en général dès février (donc beaucoup plus tôt que les autres Fringillidés) mais cela varie et l'oiseau a l'étonnante particularité de pouvoir se reproduire pratiquement à toute époque de l'année pour peu que la nourriture soit disponible pour les oisillons.

"Le rythme de la nidification ne dépendrait donc pas essentiellement de la durée du jour, comme cela paraît être la règle pour de nombreuses espèces de Fringillidés. Deux ornithologistes américains, Tordoff et Dawson, après avoir exposé divers groupes de Becs-Croisés à des périodes d'éclairement plus ou moins prolongées (simulant ainsi différentes longueurs de jour), sont arrivés à la conclusion que le Bec-Croisé peut parvenir à une maturation partielle des organes sexuels quelles que soient les conditions naturelles d'éclairement journalier, et que la maturation complète de ces organes dépend uniquement de la nourriture disponible. Ceci est à rapprocher de la structure particulière du bec de ces Oiseaux, qui leur permet de manger les graines des conifères, et de leur erratisme, grâce auquel ils peuvent exploiter la production irrégulière des pommes de pin sous les différentes latitudes. Ils ont ainsi la possibilité de se reproduire en toutes saisons et en n'importe quel lieu, pourvu qu'ils y trouvent une nourriture suffisante pour y élever leurs petits."

Il existe d'autres espèces de becs-croisés. Le bec-croisé d'Ecosse (Loxia scotica) est très semblable au bec-croisé des sapins et n'a été identifié qu'en 2006 comme espèce distincte du fait de son chant ; ce faisant, il est devenu la seule espèce d'oiseau endémique des îles Britanniques. Le bec-croisé perroquet (Loxia pytyopsittacus) peut occasionnellement se rencontrer en France, mais il y est rare, c'est plutôt un oiseau présent depuis l'Europe centrale et les îles Britanniques jusqu'en Scandinavie et en Russie. Il possède un bec plus trapu, plus camus dans sa partie supérieure, tandis que la mandibule inférieure a un profil légèrement ondulé, et ce bec est davantage adapté aux pommes de pins que de sapins. Enfin, le bec-croisé bifascié (Loxia leucoptera) facilement reconnaissable à la double bande blanche sur ses ailes, possède un bec plus fin qui convient bien au décorticage des cônes de mélèzes (ou d'épinettes blanches en Amérique du Nord) ; il peut détacher et emporter un cône pour le travailler plus loin. Il se rencontre dans les régions nordiques d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord. En Europe, lors de déplacements erratiques, il peut exceptionnellement atteindre la Belgique et le nord de l'Italie. En France, il est rarissime, seulement 6 oiseaux ont été aperçus entre 1953 et 2013.

Ici, une troupe de becs-croisés des sapins en train de s'abreuver (les mâles ont une coloration rouge-orangé, les femelles sont jaune-vert) :

https://www.youtube.com/watch?v=blJHG-DOiXY

Ici, un bec-croisé perroquet dont le bec est plus massif :

https://www.youtube.com/watch?v=1khY3PQnTz0

Ici, une petite vidéo d'un institut ornithologique américain sur le bec-croisé bifascié filmé en Amérique du Nord (commentaire en anglais) :

https://www.youtube.com/watch?v=1NvU8WG9bg0

Durbec des sapins (Pinicola enucleator)

Le durbec des sapins est présent dans les régions nordiques de l'Europe (Scandinavie, Russie) et de l'Amérique du Nord. Certains individus migrent vers le sud, mais uniquement lors des hivers très rigoureux : on peut alors le rencontrer en Allemagne, mais en France sa présence est vraiment très occasionnelle.

Le durbec des sapins est proche des becs-croisés mais son bec est plus court et simplement crochu. Il fréquente surtout les forêts de conifères et se nourrit des graines des cônes, qu'il extrait grâce à son bec recourbé en forme de crochet ; mais il est moins spécialisé que les becs-croisés et complète largement ce régime avec des baies (sorbiers etc.), des bourgeons et des insectes. La différence de coloration entre mâles et femelles rappelle celle des becs-croisés (mâle plutôt rouge, femelle plus terne jaune-verdâtre et grise).

Ici, dans cette vidéo tournée en Suède, des durbecs des sapins se nourrissent des graines contenues dans des baies ; au passage on peut aussi voir deux pies, un merle noir et un bouvreuil :

https://www.youtube.com/watch?v=1EtkV3oiaLU

Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus)

Voici un oiseau très répandu dans certaines régions de l'est de l'Europe (surtout la Pologne, les Pays Baltes et le centre et le sud de la Russie), l'Asie centrale et l'Extrême-Orient, mais qui n'est présent qu'exceptionnellement en France où il tente avec difficulté de s'implanter dans le nord et l'est du pays.

"Il se nourrit de diverses sortes de graines, qu'il recueille par terre et sur les plantes ; il mange également des baies, des fleurs et des Insectes. Bien qu'allant souvent dans les champs, il ne cause pas grand dommage aux semailles ni aux moissons."

Le roselin cramoisi est un très bon chanteur.

Ici, des roselins cramoisis chantant :

https://www.youtube.com/watch?v=ydtmlG1292A

Roselin du Sinaï (Carpodacus synoicus)

Dans cette espèce, les mâles peuvent se reproduire dès leur premier été alors qu'ils ont encore un plumage identique à celui de la femelle, et n'arborent leur plumage rose qu'à partir de leur deuxième hiver. C'est ce qui fait que, dans certaines populations de roselins observées (Sinaï et sud d'Israël), les mâles roses ne représentent que 20% de l'effectif des mâles. Le roselin du Sinaï se rencontre en Egypte, Israël, Jordanie, Arabie saoudite mais aussi en Afghanistan et même en Chine.

Ici, des roselins du Sinaï filmés dans le désert du Néguev (Israël), parfois en compagnie de roselins githagines (femelles à bec clair, mâle au bec orange vif, à 1:03) :

https://www.youtube.com/watch?v=qrA7atM1nXY

Roselin githagine (Bucanetes githagineus)

Cet oiseau, longtemps appelé bouvreuil githagine, se rencontre depuis les Canaries et l'Afrique du Nord jusqu'à l'Inde et il remonte parfois vers le nord jusqu'au sud de l'Espagne et de l'Italie. Il semble profiter du réchauffement climatique pour remonter vers le nord en Espagne (il a été observé jusqu'en Aragon). Lors d'un phénomène exceptionnel entre le 19 avril et le 4 juin 2005, après un épisode de vents violents en provenance d'Afrique du Nord, 20 individus ont été repérés dans des régions inhabituelles d'Europe de l'Ouest, dont 6 en France.

"Il a une prédilection pour les endroits arides et caillouteux et aime la chaleur au point de se poser volontiers sur les pierres brûlantes d'où monte, aux heures les plus chaudes de l'après-midi, une colonne d'air torride." (...) "Timide dans les régions peuplées par d'autres espèces, toujours attentif à éviter les buissons et les arbres, (il) ne se sent à l'aise que dans la solitude du désert, surtout dans les endroits où les rochers présentent des fissures où il s'abrite. Il se nourrit presque exclusivement des graines des rares plantes qui poussent dans son habitat."

"Le chant (...) est tout à fait particulier. C'est une série de notes étranges, coupées de sons plus âpres et de gloussements."

Ici, des roselins githagines se nourrissant de graines ; on entend le chant d'autres oiseaux de la même espèce :

https://www.youtube.com/watch?v=cXA1RUxI1co

Roselin familier (Haemorhous mexicanus)

C'est un oiseau commun en Amérique du Nord. Il a connu une explosion démographique à partir de 1965 qui a conduit à une forte extension de son aire de répartition (initialement l'ouest de l'Amérique du Nord, aujourd'hui tous les Etats-Unis et le sud du Canada, en plus d'une grande partie du Mexique). Mais l'apparition d'épidémies dans l'est des Etats-Unis a décimé sa population en 2000.

Certains roselins ont appris à tapisser leur nid avec des mégots de cigarettes, ce qui du fait de la présence de nicotine a pour effet de repousser les tiques et les poux.

Ici, un roselin familier mâle se nourrissant au sol :

https://www.youtube.com/watch?v=RNb-jMgsDJc

Iiwi rouge (Vestiaria coccinea)

C'est la plus connue des nombreuses espèces de Fringillidés des îles Hawaii, en plein coeur du Pacifique. Son bec long et recourbé a évolué à la manière des colibris, souï-mangas et méliphages, en lui permettant de se nourrir du nectar des fleurs les plus profondes. Il se sert pour cela de sa longue langue tubulaire pourvue d'aspérités. Mais dans certains cas il peut aussi percer un trou à la base de la fleur.

L'iiwi rouge est répandu sur les principales îles de l'archipel et, s'il est encore commun, sa population connaît une diminution inquiétante. Il a souffert de l'introduction d'oiseaux de cage dans ces îles : ces derniers lui transmettent des maladies, par l'intermédiaire des moustiques qui sévissent dans les zones basses, ce qui a conduit l'iiwi à se réfugier en altitude. La destruction de son habitat naturel et l'introduction d'espèces concurrentes l'a aussi affecté.

https://www.youtube.com/watch?v=nZyuqS-Kb7k


Pour terminer, voici une série d'autres Fringillidés exotiques au plumage remarquable :

Le pinson bleu (Fringilla teydea) des îles Canaries :

https://www.youtube.com/watch?v=O2djaqJ97Nw

Le serin du Mozambique (Crithagra mozambica), très répandu comme oiseau de cage en Afrique (mais que l'on trouve aussi dans les oiselleries en Europe) :

https://www.youtube.com/watch?v=HucvDQZOn5U

Le serin alario (Serinus alario), d'Afrique australe :

https://www.youtube.com/watch?v=qyuqMTEFXMI

Le serin à front rouge (Serinus pusillus) (ou à front d'or), répandu de la Turquie à l'Asie centrale, filmé ici en Turquie :

https://www.youtube.com/watch?v=gRmvwHI26IA

Le cipaye écarlate (Carpodacus sipahi), répandu du nord de l'Inde au sud-est de la Chine :

https://www.youtube.com/watch?v=LGIGiTzDuMo

Le roselin rose (Carpodacus roseus), une espèce du centre et de l'est de la Sibérie :

https://www.youtube.com/watch?v=_53bxEceW88

Le roselin tacheté (Carpodacus rubicilla) d'Afghanistan, Azerbaïdjan et Géorgie, filmé ici dans les montagnes d'Azerbaïdjan :

https://www.youtube.com/watch?v=lRDDETHurYo

L'organiste téité (Euphonia violacea) d'Amérique centrale et du Sud :

https://www.youtube.com/watch?v=hKoDmJ-mAQ8

L'organiste à capuchon (Euphonia elegantissima) d'Amérique centrale (du Mexique au Panama) :

https://www.youtube.com/watch?v=W1vEx0NioXg

L'organiste à ventre marron (Euphonia pectoralis), d'Amérique du Sud (Brésil, Paraguay, Argentine) :

https://www.youtube.com/watch?v=hbN8t2gOw-Q

L'organiste doré (Euphonia cyanocephala) d'Amérique du Sud :

https://www.youtube.com/watch?v=4Ym4TBXj6jQ

L'organiste à nuque bleue (Chlorophonia cyanea) présent de façon discontinue dans différents massifs forestiers montagneux d'Amérique du Sud :

https://www.youtube.com/watch?v=rG5OkAVoVYU

Voilà. Les limites entre la famille des Fringillidés et d'autres familles sont floues ; ainsi, les cardinaux ont été regroupés dans une famille à part, les Cardinalidés, alors même que le cardinal rouge de Virginie peut se croiser avec le canari... Les organistes (cf. ci-dessus) ont été récemment placés avec les pinsons dans la famille des Fringillidés alors qu'on les a longtemps considérés comme des tangaras (Thraupidés), tandis que les fameux "pinsons" de Darwin ont fait le chemin exactement inverse (c'est pourquoi on ne les appelle plus "pinsons", mais géospizes). L'iiwi et d'autres oiseaux d'Hawaii ont longtemps été placés dans une famille à part, les Drépanididés, avant que l'on découvre leur parenté avec les Fringillidés. Et pour couronner le tout, certains auteurs (Sibley et Monroe) considèrent qu'il n'y a qu'une grande famille, les Fringillidés, regroupant tous ces oiseaux et d'autres encore (bruants, troupiales, parulines...)
Plestin
 
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Re: Diversité... des oiseaux

Message par Kéox2 » 17 Juil 2020, 16:39

Merci Plestin, je ne regarderais ni n'écouterait les oiseaux comme avant, surtout les Fringillidés, après tes messages très instructifs.
Kéox2
 
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Re: Diversité... des oiseaux

Message par Plestin » 21 Juil 2020, 09:34

De rien camarade Kéox2 !

Que ceux qui veulent proposer des noms d'oiseaux ( :lol: ) ou des thèmes en rapport avec les oiseaux n'hésitent pas à le faire, et à faire partir à cette occasion le fil dans de nouvelles directions...

En attendant je continue sur la lancée des familles d'oiseaux exploitant une niche écologique particulière. Cela nous donnera aussi des informations sur les processus de migration, sur le parasitisme par d'autres oiseaux, sur les stratégies de défense face aux prédateurs...
Plestin
 
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Re: Diversité... des oiseaux

Message par Plestin » 21 Juil 2020, 09:36

Si on s'intéresse aux Turdidés, c'est-à-dire aux merles et aux grives, on découvre des oiseaux qui peuvent se nourrir dans les arbres de fruits, de baies ou de certains insectes (chenilles), mais dont le gros de l'alimentation est prélevé au sol : lombrics et vers de toute sorte, larves, insectes adultes, limaces, escargots, mille-pattes, araignées, fruits tombés... Souvent, ces oiseaux fouillent activement et bruyamment le sol des sous-bois (que ce soit sous les latitudes tropicales, tempérées ou boréales), retournant les feuilles et les brindilles qui le jonchent pour y dénicher quelque proie, tout en restant vigilants en permanence envers les alentours. Ils fouillent également le sol des prés, des jardins, des berges de rivières... Ils ont colonisé une grande partie de la planète hormis l'Océanie (sauf introduction par l'homme), les régions polaires et quelques îles. Plusieurs espèces de merles et de grives sont présentes en France, mais la plus grande variété d'espèces dans cette famille se rencontre soit en Amérique latine, soit dans le centre-est et le nord de l'Asie (Himalaya, Sibérie...)

Les Turdidés sont souvent semi-migrateurs, c'est-à-dire que seules certaines populations vivant dans les régions au climat le plus rude en hiver, ou manquant de nourriture pour une autre raison, sont amenées à migrer. Du fait d'erreurs de navigation ou de vents contraires, il arrive que certaines espèces nord-américaines ou sibériennes viennent se perdre en Europe. Beaucoup d'oiseaux traversant les mers ou les océans meurent en se perdant en mer.

"En 1960, le professeur Myres, de l'Edward Grey Institute of Field Ornithology, à Oxford, a étudié au radar la migration automnale des Passériformes des îles Shetland. Il a pu vérifier que les espèces du genre Turdus qui émigraient de la Scandinavie vers l'Europe occidentale (Grande-Bretagne, France, Belgique, etc.) possédaient une technique de vol qui leur permettait de réduire de façon notable le risque de perdre leur cap. Myres a découvert qu'à la fin de l'automne un mouvement massif se produisait au-dessus des Shetland aux alentours de minuit (les Turdidés sont des migrateurs nocturnes). Ce mouvement cessait presque invariablement pendant les dernières heures de la nuit, mais on ne pouvait pas en conclure que les Oiseaux qui en étaient responsables avaient atterri quelque part, parce qu'on perdait presque toujours le contact radar quand les Oiseaux se trouvaient en haute mer. Après de nombreux efforts, on finit par constater que ces Oiseaux migrateurs, en s'apercevant, aux premières lueurs de l'aube, qu'ils se trouvaient au-dessus de la mer, élevaient leur altitude de façon notable (ce qui les mettait en dehors du champ d'action du radar) afin de repérer la terre ferme et de la rejoindre le plus directement possible dès que la lumière le permettait. Il reste maintenant à déterminer pourquoi les espèces du genre Turdus sont pratiquement les seules à adopter un tel comportement."

Les Turdidés sont des oiseaux nettement plus gros que les pinsons et autres chardonnerets mais, tout comme ces derniers, ils sont de bons chanteurs. "Grives et Merles sont presque tous des Oiseaux très attachants. Vifs, agiles, intelligents, bons chanteurs, gais, joyeux, sociables, ils animent les paysages qu'ils fréquentent par leurs ébats et leur voix mélodieuse."

Leurs couleurs sont plutôt ternes (noir, blanc, brun, roux, crème, olivâtre, gris...) mais il y a de belles exceptions. En général on appelle "merles" les Turdidés dont les couleurs sont plutôt unies et "grives" ceux dont le plumage est tacheté de sombre sur une poitrine et un ventre clairs (cela a donné le terme "grivelé" !) Mais ce serait bien sûr trop simple si la règle était strictement respectée... Et c'est pire en anglais, où plus d'une espèce dénommée "merle" en français s'appelle "thrush" (grive) en anglais...

La famille compte 167 espèces dont 83 dans le seul genre Turdus, celui du merle noir et des grives européennes. Il n'y en aura ici qu'un échantillon... 39 espèces tout de même !

Merle noir (Turdus merula)

Le merle noir est très répandu en Europe, où c'est l'un des oiseaux les plus communs. On le trouve aussi en Asie occidentale et centrale, en Afrique du Nord et dans les îles atlantiques telles que Madère, les Canaries et les Açores. C'est l'un des membres les moins migrateurs de la famille, certaines populations sont même sédentaires (davantage les mâles que les femelles). Ainsi, en France, on peut même le rencontrer l'hiver. Les plus migrateurs sont les merles nordiques et asiatiques.

Le merle noir est l'un des meilleurs chanteurs parmi les oiseaux présents en France.

Ici, un mâle de merle noir chante :
https://www.youtube.com/watch?v=iTf7KoUud7w

Le mâle a un plumage noir mat et le bec jaune à orange, la femelle est brunâtre avec différents tons de brun donnant un aspect un peu moucheté (brun sur brun) sur sa face ventrale.

Ici, un mâle de merle noir se nourrissant de lombrics et une femelle picorant un fruit tombé :
https://www.youtube.com/watch?v=34jmOlf6rlQ

Il existe des formes leuciques de merles (le leucisme est une dépigmentation donnant des plumes blanches) à des degrés plus ou moins poussés, allant de quelques taches blanches à un merle entièrement blanc. Les yeux ne sont pas eux-mêmes dépigmentés, contrairement aux formes albinos (qui, dans la nature, donnent des merles de constitution fragile et vivant rarement longtemps).

Ici, un merle noir leucique qui n'a que quelques plumes blanches :
https://www.youtube.com/watch?v=JHK9FiXvZhw

Ici, en captivité, un merle "noir" tellement leucique qu'il en est presque entièrement blanc, donc un merle blanc, à la baignade :
https://www.youtube.com/watch?v=E1Kmb-smMA8

Ici, un vrai merle albinos (que l'on peut reconnaître à l'aspect de ses yeux) ; dans la nature les merles albinos sont fragiles et ne vivent généralement pas longtemps :
https://www.youtube.com/watch?v=JU6V3-DTSM8

Le merle noir qui est à l'origine un oiseau forestier (vivant davantage à la lisière des forêts qu'en leur cœur) s'est très bien adapté à la proximité humaine et a colonisé les parcs et jardins des milieux urbains. Il est apprécié pour son chant et son rôle de destructeur d'insectes, limaces et escargots, mais beaucoup moins pour les dégâts qu'il peut faire dans les arbres fruitiers voire les plants de légumes. La présence humaine a pour lui de nombreux avantages, mais aussi de gros inconvénients, à commencer par l'omniprésence des chats...

En effet, le merle noir est un oiseau très prolifique mais qui paye un lourd tribut aux prédateurs. "Quand les conditions atmosphériques sont favorables, la première ponte est complète dès la fin mars ou le début d'avril. Le nombre des oeufs peut varier de 3 à 6. (...) La deuxième ponte est achevée au commencement de mai, et une troisième commence à la fin du mois de juin. (...) L'extraordinaire fécondité des Merles devrait entraîner une prolifération de l'espèce, qui est pourtant assez stable. De nombreuses pontes sont abandonnées, beaucoup d'oeufs sont stériles, et les Chats et les Pies font des ravages dans les nids. Ce déchet énorme est nécessaire, car il suffit que les couples élèvent chacun 3 ou 4 petits par an pour que le niveau de la population reste constant. On a, en effet, calculé que la moitié environ des oeufs pondus donnait des jeunes en état de voler. 40% de ceux-ci vivent moins d'un an et peu dépassent 5 ans. Alors que la durée de vie possible du Merle est de 20 ans en volière, la moyenne dans la nature est de un an et demi." Selon le site oiseaux.net, "En milieu anthropique, la pression de prédation exercée par les chats et les corvidés peut être très forte. Des études ont montré que les populations concernées ne se maintenaient que grâce à une immigration constante", immigration des zones plus éloignées de l'homme s'entend.

Ici, un couple de merles nourrit les oisillons au nid et nettoie le nid (en mangeant les déjections des petits). Tout à la fin de la vidéo, un faucon crécerelle enlève l'un des oisillons :
https://www.youtube.com/watch?v=zHixg7u8-l0

Ici, le cri d'alarme caractéristique d'un merle qui a repéré un chat et le signale bruyamment :
https://www.youtube.com/watch?v=-K4Pt9cF7vQ

Ici, même manège mais le merle va jusqu'à attaquer le chat :
https://www.youtube.com/watch?v=TjUVAZnrD1s

Merle à plastron (Turdus torquatus)

Ce merle d'Europe centrale, de l'est et du nord, est très reconnaissable à son plastron blanc. Il est présent en France dans les principaux massifs montagneux, où il relaye le merle noir au-dessus de 1.000 m d'altitude (mais il y a des zones de recouvrement des deux espèces). Les individus rencontrés en plaine à l'automne sont généralement issus de populations nordiques en cours de migration. Les populations françaises sont sédentaires dans les Alpes mais migratrices (vers l'Afrique du Nord) dans les Vosges, le Massif Central et les Pyrénées. En Europe, c'est en Suisse et en Scandinavie que le merle à plastron est le plus commun.

Ici, un merle à plastron dans la prairie :
https://www.youtube.com/watch?v=eAJap8wb0QE

Ici, un merle à plastron en concurrence avec un merle noir pour l'accès à un abreuvoir :
https://www.youtube.com/watch?v=mhdytvNfi0w

Ici, un échantillon de cris du merle à plastron :
https://www.youtube.com/watch?v=HA5Z1xZglwc

Merle d'Amérique (Turdus migratorius)

L'équivalent nord-américain du merle noir, nettement plus coloré, est aussi commun et aussi répandu que son homologue européen, y compris au cœur des plus grandes villes des États-Unis. Il est même devenu encore plus dépendant de l'environnement urbain que le merle noir et on le rencontre beaucoup moins dans les secteurs faiblement humanisés. Il a connu une très forte chute de ses effectifs dans les années 1950-60 dans les régions agricoles où l'insecticide DDT était largement utilisé, non à cause de la raréfaction de ses proies, mais du fait de la résistance de certaines qui, accumulant le DDT dans leur propre organisme, le transmettaient aux merles qui les dévoraient, avec un effet toxique important pour l'oiseau. Aujourd'hui, le DDT n'est plus utilisé depuis longtemps et la population des merles américains est en expansion.

Les populations les plus nordiques (Canada, Alaska, nord des États-Unis) sont très franchement migratrices et vont passer l'hiver aux Bahamas, dans le sud des États-Unis, au Mexique voire jusqu'au Guatemala. De temps en temps, quelques individus suivant une voie atlantique s'égarent en Europe, surtout dans les îles Britanniques mais parfois aussi en Belgique et en France.

Sur le plan alimentaire, par rapport au merle noir, le merle d'Amérique mange un peu plus de végétaux (fruits, baies) et un peu moins d'animaux (petits invertébrés) mais reste un gros consommateur de lombrics et autres animaux du sol.

Ici, un merle d'Amérique, appelé là-bas "american robin" ("robin" est le nom donné au rouge-gorge en Europe), déterrant un lombric :
https://www.youtube.com/watch?v=GGr_rMLx-VU

Parmi les principaux prédateurs des merles d'Amérique, on trouve... toutes sortes d'écureuils qui pillent les nids en se nourrissant d'oeufs ou d'oisillons. Ici, un tamia alias "chipmunk" enlève successivement deux oisillons sur trois (eh non, ils ne mangent pas que des noisettes) :
https://www.youtube.com/watch?v=_SeEUKNBVko

Ici, un merle d'Amérique rejette l’œuf qu'un oiseau parasite, le vacher à tête brune (Molothrus ater), a pondu dans son nid (en le substituant à l'un des siens) :
https://www.youtube.com/watch?v=GBTML1zcqQA

Cette expérience montre que l'ajout d'un œuf plus ressemblant aux siens est remarqué par l'oiseau mais ne le conduit pas à le rejeter :
https://www.youtube.com/watch?v=PpkTJtvFDH0

Merle à ventre roux (Turdus rufiventris)

Cette espèce tient lieu de merle le plus commun au Brésil, en particulier dans les régions urbanisées du sud-est du pays. On le rencontre également en Uruguay, dans le nord de l'Argentine (jusqu'à Buenos Aires), au Paraguay et en Bolivie. On peut le rencontrer depuis le niveau de la mer sur la côte atlantique jusqu'à 2.600 m d'altitude dans la province de Cochabamba en Bolivie.

C'est aussi un merle largement frugivore mais il consomme tout de même une grande variété de petits invertébrés du sol et il peut même, dans certaines retenues d'eau ou lagunes peu profondes, attraper des crevettes d'eau douce et de tout petits poissons.

Ici, un merle à ventre roux, perché, filmé au Brésil :
https://www.youtube.com/watch?v=MD5lw--K_bc

Quelques autres merles :

- Merle austral (Turdus falcklandii). C'est le merle le plus répandu au Chili et dans le centre et le sud de l'Argentine (Patagonie), ainsi qu'aux Malouines. Ici, un merle austral se nourrissant d'un lombric :
https://www.youtube.com/watch?v=zdElAbHUHhc

- Merle à gorge blanche (Turdus assimilis). Une espèce répandue depuis le nord du Mexique et toute l'Amérique centrale continentale jusqu'en Colombie et Equateur. Ici, le très beau chant du mâle de merle à gorge blanche, filmé et enregistré au Costa Rica :
https://www.youtube.com/watch?v=4wmV_jm2qVw

- Merle vantard (Turdus plumbeus). Un merle à bec et pattes rouges, commun dans la plupart des îles des Grandes Antilles (Cuba, Haïti/République Dominicaine, Porto Rico), aux Bahamas et aux îles Cayman. Ici, filmé à Porto Rico :
https://www.youtube.com/watch?v=7Bwk2Rqmheg

- Merle lustré (Turdus serranus). Un merle des forêts tropicales et subtropicales humides de montagne, vivant le long de la cordillère des Andes depuis l'ouest du Venezuela et la Colombie jusqu'au nord-ouest de l'Argentine. Le mâle est très reconnaissable à son plumage noir brillant. Ici, des merles lustrés mâle et femelle aux prises avec des insectes, filmés en Équateur :
https://www.youtube.com/watch?v=XRa70PNksvg

- Merle chiguanco (Turdus chiguanco). Un merle des plateaux andins de l'Equateur au nord de l'Argentine. Ici, dans le nord de l'Argentine, un merle chiguanco, opportuniste comme la plupart des merles, perché sur un séchoir à viande et qui ne dédaigne pas en prélever un peu :
https://www.youtube.com/watch?v=ZCA29fdayPM

- Merle cacao (Turdus fumigatus). Un merle à deux tons de marron, présent dans le nord-ouest et le nord-est de l'Amérique du Sud. Ici, un merle cacao chantant :
https://www.youtube.com/watch?v=M7-gTDo9dKA

- Merle géant (Turdus fuscater). Le plus grand des merles (jusqu'à 33 cm de longueur), vivant dans les Andes du Venezuela à l'Argentine. Ici, un merle géant se nourrissant des fruits de l'arbre coulequin en Colombie :
https://www.youtube.com/watch?v=2wHsUM57nGc

- Merle unicolore (Turdus unicolor). C'est un merle commun dans l'Himalaya et le nord de l'Inde et du Pakistan. Ici, un mâle de merle unicolore :
https://www.youtube.com/watch?v=TVISvWM04ss

- Merle à poitrine noire (Turdus dissimilis). Cette espèce est répandue de l'Inde à la Chine et au Vietnam. Ici, un merle à poitrine noire s'alimente sur du bois mort :
https://www.youtube.com/watch?v=_IcalmSu_F4

- Merle à ailes grises (Turdus boulboul). Un très joli merle de l'Himalaya, du sud de la Chine et du nord de l'Indochine. Il se nourrit majoritairement de petits invertébrés, et accessoirement de fruits et baies (ex. : les baies du cotoneaster). Ici, successivement, le mâle et la femelle :
https://www.youtube.com/watch?v=EXZbWqa8uMs
https://www.youtube.com/watch?v=ycVvnznd_Q8

- Merle des îles (Turdus poliocephalus). C'est une espèce à l'aire de répartition très large, que l'on rencontre depuis la Malaisie et le nord de Sumatra (Indonésie) jusqu'aux Philippines, à Taïwan, en Nouvelle-Guinée et dans de nombreuses îles du Pacifique ouest (Fidji, Samoa, Polynésie, Nouvelle-Calédonie etc.) Du fait de cette aire étendue et de l'effet de l'insularité (vivre sur une île) sur l'évolution, il en existe une cinquantaine de sous-espèces aux plumages très différents, certaines sont entièrement noires ou brunes, d'autres ont la tête claire, ou bien le dessus sombre et le dessous clair, ou bien les flancs roux etc. Ici, des merles des îles se régalant de baies, filmés à Taïwan :
https://www.youtube.com/watch?v=OWppxh7JK20

- Merle africain (Turdus pelios). Un merle répandu dans les forêts d'Afrique depuis le sud du Sahara jusqu'à l'Angola et la Tanzanie. Lui aussi a une aire de répartition vaste et 10 sous-espèces. Ici, un mâle de merle africain de la sous-espèce graueri (vivant dans l'est du Congo RDC, au Rwanda, au Burundi et dans l'ouest de la Tanzanie), filmé au Rwanda, chantant :
https://www.youtube.com/watch?v=pwE5OIGUgI4

- Merle olivâtre (Turdus olivaceus). Un merle très répandu de l'Afrique australe à l'Afrique de l'Est. Ici, un merle olivâtre perché sur un cyprès africain, filmé en Afrique du Sud :
https://www.youtube.com/watch?v=RDQpmYCv-nY

- Merle du Japon (Turdus cardis). Le merle du Japon vit au Japon et dans le sud-est de la Chine. C'est typiquement une espèce dont on se demande s'il vaut mieux l'appeler "merle" ou "grive" : une bonne partie du plumage est noire ou sombre mais le ventre est blanc moucheté... Ici, un merle du Japon dans un sous-bois couvert de feuilles mortes (avec le chant de l'espèce en fond sonore) :
https://www.youtube.com/watch?v=tMQ8_edksE4

Grive musicienne (Turdus philomelos)

Habitante des bois, des haies et des grands parcs, la grive musicienne est l'une des grives les plus répandues en France. Elle est peu colorée sur la face ventrale (essentiellement blanche mouchetée de noir) mais sur la poitrine le fond blanc évolue légèrement vers une teinte chamois, tandis que le dessous des ailes est marqué de crème ou de roux (ce qui permet de la distinguer de la grive draine).

La grive musicienne vit dans une grande partie de l'Europe. Les populations nordiques et orientales sont migratrices, avec des trajets complexes qui se croisent suivant l'origine. Les populations occidentales et méridionales sont sédentaires. En France, il y a des populations sédentaires présentes toute l'année (sauf dans le Midi et sur le littoral du Languedoc), et d'autres qui traversent le pays (grives de Scandinavie) ou s'y arrêtent durant leur migration, y compris dans le Midi et le Languedoc (grives d'Europe centrale et orientale et grives du nord-ouest de l'Allemagne et des Pays-Bas).

La grive musicienne est, comme son nom le laisse deviner, un excellent chanteur.

Ici, le large répertoire de chant de la grive musicienne :
https://www.youtube.com/watch?v=RlHsc566reU

Ici, des grives musiciennes dans différentes situations, filmées en Espagne :
https://www.youtube.com/watch?v=q4_TmIMRoSE

La grive musicienne est le seul représentant de la famille des Turdidés à savoir utiliser des pierres comme enclumes pour y fracasser les escargots qu'elle apprécie particulièrement. Ici, une grive musicienne utilisant des pierres pour casser des escargots :
https://www.youtube.com/watch?v=oMZUzEC2i-Q

Grive draine (Turdus viscivorus)

Cette grive ressemble beaucoup à la grive musicienne mais s'en distingue par le chant et par la couleur nettement blanche de la poitrine et du ventre ainsi que du dessous de l'aile. Comme elle, elle est commune en France où elle séjourne toute l'année (sauf dans le Midi) et des populations nordiques migrantes s'y ajoutent en hiver.

Ici, des grives draines à la baignade, filmées dans le centre de la France ; reconnaissables à leur cri et au dessous blanc de l'aile (visible en fin de vidéo, par exemple à 2:02 et 2:41) permettant de les distinguer de la grive musicienne :
https://www.youtube.com/watch?v=KJQzXKDC2JA

Le nom scientifique de l'espèce, viscivorus, fait référence au fait que, en hiver quand d'autres sources de nourriture se font rares, la grive draine est très friande de gui (Viscum album), dont elle consomme les baies en rejetant dans ses fientes les graines intactes. Ce faisant, c'est l'une des espèces participant le plus à la propagation de cette plante parasite des arbres (il suffit que les fientes atterrissent sur les branches d'un arbre). Le gui ne nuit vraiment aux arbres (dont il absorbe la sève) qu'à partir d'un certain niveau d'infestation qui conduit au dépérissement de l'hôte. Il est nuisible pour les arbres mais... utile aux oiseaux l'hiver. Dans certaines régions d'Allemagne, la prolifération du gui a fini par créer une ressource alimentaire hivernale suffisamment abondante pour que des populations habituellement migratrices de grives draines en deviennent sédentaires. On ne comprend pas bien pourquoi la dissémination du gui est intense dans certaines zones et faible voire nulle dans d'autres.

Ici un petit reportage de la région Hauts-de-France sur une association, "Gui est là !", étudiant la diffusion du gui (véhiculé par les grives draines et les fauvettes à tête noire) :
https://www.youtube.com/watch?v=6NX4XielsJU

Grive litorne (Turdus pilaris)

Cette grive, la plus colorée des grives européennes et reconnaissable à sa tête grise et son dessous plus écaillé que tacheté, niche surtout dans les régions nordiques, de la Scandinavie à la Sibérie, mais hiverne dans une bonne partie de l'Europe méditerranéenne dont la France. Elle est en expansion vers l'ouest et le sud et il existe des populations nicheuses en Europe de l'Ouest, quoique beaucoup moins nombreuses qu'en Scandinavie.

Mon encyclopédie de 1968 écrivait : "Jadis, cet oiseau ne peuplait que les régions septentrionales de l'Europe et de l'Asie, notamment les grandes forêts de bouleaux, mais, au siècle dernier, il a commencé à se fixer également dans les bois et les vergers de l'Allemagne, pénétrant jusque dans les jardins. Aujourd'hui, la Litorne est répandue dans le nord et le centre de l'Europe, depuis la Laponie jusqu'à la France, et dans une grande partie de l'Asie centrale et septentrionale, jusqu'à l’Ienisseï. Il est probable qu'elle n'a pas fini d'étendre son aire de répartition et qu'elle gagnera, dans un avenir plus ou moins proche, des pays où elle ne niche pas encore : Belgique, Danemark, Angleterre et Italie." (C'est désormais chose faite...) "Volontiers migratrice, elle passe souvent l'hiver dans le nord de la France, où elle arrive en octobre pour repartir en mars. Dans notre pays, elle niche depuis peu dans le Jura et étend peu à peu son aire de nidification, puisque tout récemment on a signalé sa présence dans le sud des Vosges et en Alsace."

La grive litorne a un comportement plus grégaire que les autres grives et même pendant la saison de reproduction, une vingtaine de couples peuvent nicher à proximité les uns des autres, dans les bois de bouleaux ou les alignements de peupliers. Elle chante beaucoup moins bien que d'autres espèces de grives.

Comme toutes les grives, la litorne a longtemps été chassée pour être mangée. "Friande des fruits du genévrier, elle en mange une telle quantité que sa chair prend une saveur particulière".

Ici, des grives litornes filmées en Norvège :
https://www.youtube.com/watch?v=9x2KS7wBSYM

Grive mauvis (Turdus iliacus)

Autre grive relativement colorée, à tête brune ou grise avec un sourcil blanc prononcé et des flancs roux, la grive mauvis niche en Europe du nord et en Europe centrale mais migre l'hiver vers le reste de l'Europe (des îles britanniques et de la France aux Balkans), la Turquie et l'Afrique du Nord. En France la grive mauvis ne se rencontre qu'en automne-hiver. Ici, une grive mauvis s'alimentant au sol :
https://www.youtube.com/watch?v=LQMRV2PTPJE

Grive à gorge noire (Turdus atrogularis)

Cette grive présente en Russie (à l'ouest de l'Oural et dans le nord de la Sibérie) hiverne en Asie du Sud mais s'égare parfois en Europe occidentale (jusqu'en France) ou en Scandinavie. Ici, une grive à gorge noire filmée en Suède en hiver, s'alimentant sous la neige :
https://www.youtube.com/watch?v=AOH0EKfaP8I

Grive de Naumann (Turdus naumanni)

La grive de Naumann est une espèce vivant dans le centre et l'est de la Sibérie et qui hiverne en Asie de l'Est, principalement en Chine. Elle peut elle aussi parfois s'égarer en Europe. Ici, une grive de Naumann s'abreuvant ; on peut voir qu'elle rejette des graines non digérées dans ses fientes, comme beaucoup de grives et merles elle assure ainsi la dispersion des plantes dont elle consomme les baies :
https://www.youtube.com/watch?v=nGBRcFWjp48

Merlebleus (genre Sialia)

Les trois espèces de merlebleus vivent toutes en Amérique du Nord et sont familières aux Américains. Il s'agit du merlebleu de l'Est (Sialia sialia), du merlebleu de l'Ouest (Sialia mexicana) et du merlebleu azuré (Sialia currucoides). Le merlebleu de l'Est se rencontre au Canada et aux Etats-Unis à l'est des montagnes Rocheuses, ainsi qu'en Amérique centrale du Mexique au Honduras. Celui de l'Ouest se trouve aussi au Canada et aux Etats-Unis, mais à l'ouest des Rocheuses, et descend jusque dans l'ouest et le centre du Mexique. Le merlebleu azuré est présent depuis l'Alaska jusqu'au Mexique et côtoie donc le merlebleu de l'Ouest, mais il a tendance à occuper des zones plus montagneuses (on peut le rencontrer jusqu'à 3.800 m) et peut parfois s'égarer jusque dans l'est des États-Unis.

Les merlebleus mâles de l'Est et de l'Ouest sont très ressemblants, avec un dessus bleu et un dessous roux et blanc, le roux tirant sur l'orangé chez celui de l'Est et sur le brun chez celui de l'Ouest. Le merlebleu azuré est uniquement bleu et blanc. Les femelles des trois espèces sont moins colorées.

Ici, un mâle merlebleu de l'Est (roux jusqu'au menton, dos tout bleu) chantant sous la pluie :
https://www.youtube.com/watch?v=Gyg432CPme4

Ici, un couple de merlebleus de l'Ouest (mâle : le roux ne va pas jusqu'au menton mais s'étend sur le haut du dos) :
https://www.youtube.com/watch?v=pKNJo0gvc6A

Ici, des merlebleus azurés (mâles et femelles) :
https://www.youtube.com/watch?v=HaKfaDLoLWk

Ici, un merlebleu azuré nourrissant ses oisillons avec une araignée :
https://www.youtube.com/watch?v=2HYzeZs6y4Y

Les merlebleus ont de nombreux prédateurs, dont les écureuils qui pillent les nids. Ici, un couple de merlebleus de l'Est s'attaquant à un écureuil tamia trop proche de leur nid ; vidéo avec un ralenti :
https://www.youtube.com/watch?v=n1ILSrdWlNQ

Grive à collier (Ixoreus naevius)

Cette jolie grive nord-américaine vit dans l'ouest du Canada et des Etats-Unis (de l'Alaska à l'Oregon) où elle est répandue dans les anciennes forêts de conifères mais se rapproche des parcs, jardins et vergers en hiver. Ici, une grive à collier fouillant le sol, non loin de Vancouver dans l'ouest du Canada :
https://www.youtube.com/watch?v=0iGeknuYD7M

Grive des bois (Hylocichla mustelina)

Cette grive est très répandue dans le sud-est du Canada et la moitié est des Etats-Unis et hiverne en Amérique centrale. C'est un pilier des écosystèmes locaux, car au-delà de son propre rôle dans la destruction de larves, insectes et autres invertébrés du sol forestier, elle subit elle-même la prédation d'un très grand nombre d'espèces. D'après wikipédia :

Prédation

Les œufs et les oisillons sont la proie des Tamias rayés, des Ratons laveurs, des Geais bleus, des Corneilles d'Amérique, des serpents Elaphe obsoleta, des Quiscales bronzés, des Petits Polatouches, des Écureuils gris, des belettes, des Souris à pattes blanches, des chats, des Grands-ducs d'Amérique et des Éperviers bruns. Les oiseaux de proie (dont les hiboux) constituent une menace pour les adultes.

La Grive des bois a son nid souvent parasité par le Vacher à tête brune : dans certaines zones du Midwest, tous les nids de Grive des bois contiennent au moins un œuf de vacher, et parfois même, pour certains, jusqu'à 8.

Une étude menée en Pennsylvanie a déterminé que les populations nichant dans de petites parcelles forestières étaient beaucoup plus sujettes à la prédation et au parasitisme que celles vivant dans des forêts plus étendues. Selon cette étude, on ne comptait que 46 % de succès reproductif pour les couples nichant dans une forêt de moins de 80 hectares, contre 86 % dans les forêts plus vastes.


De fait, le morcellement de son habitat accroît excessivement la pression de prédation et de parasitisme par d'autres oiseaux et participe, avec d'autres facteurs, au déclin de cette espèce qui a perdu près de la moitié de sa population depuis les années 1960 mais reste encore abondante.

Ici, une grive des bois chantant.
https://www.youtube.com/watch?v=jrmxlez ... sb&index=4

Quelques autres grives américaines et asiatiques :

- Grive fauve (Catharus fuscescens). Le constat sur le morcellement de l'habitat et la prédation est exactement le même que pour la grive des bois. La grive fauve est répandue d'est en ouest sur une large bande de part et d'autre de la frontière entre le Canada et les États-Unis. Ici, le chant de la grive fauve :
https://www.youtube.com/watch?v=cK1gaTq ... QXsWUE7wsb

- Grive solitaire (Catharus guttatus). Cet oiseau est largement répandu au Canada et dans le nord des États-Unis où il fréquente plus volontiers les milieux ouverts et les lisières que les autres grives. Ici, le chant de la grive solitaire :
https://www.youtube.com/watch?v=o0mATRd ... sb&index=3

- Grive tavelée (Catharus dryas). Cette grive est répandue dans les forêts d'altitude depuis le sud du Mexique jusqu'au nord-est de l'Argentine. Ici, une grive tavelée chantant :
https://www.youtube.com/watch?v=k6P-mqF-sys

- Grive dorée (Zoothera aurea). La grive dorée a un plumage presque entièrement écaillé. Elle vit en Sibérie (notamment dans la taïga, la grande forêt boréale) et dans l'est de l'Asie. L'hiver, elle migre en Asie du Sud-Est. Il arrive très rarement que des individus s'égarent en Europe, jusqu'en Europe de l'Ouest. Ici, des grives dorées au sol :
https://www.youtube.com/watch?v=k94OgUfbZE0

- Grive de Doherty (Geokichla dohertyi, anciennement Zoothera dohertyi). Cette très belle grive tropicale, également appelée grive à dos marron, vit dans quelques îles d'Indonésie (petites îles de la Sonde, de Lombok où elle semble éteinte jusqu'à Timor). Son plumage et la beauté de son chant génèrent une intense activité de braconnage pour la captivité, ce qui, allié à la déforestation, menace l'espèce dans son milieu naturel. Ici, une grive de Doherty chantant :
https://www.youtube.com/watch?v=k7wo7T1FDaQ

- Grive cendrée (Geokichla cinerea). Une autre grive très bonne chanteuse, présente dans deux grandes îles du nord des Philippines (Luçon et Mindoro). Ici, une grive cendrée chantant :
https://www.youtube.com/watch?v=2U4lGVIckos

- Grive à tête orange (Geokichla citrina). Une grive répandue depuis l'Himalaya et le sous-continent indien jusqu'en Asie du Sud-Est et dans le sud de la Chine. Ici, une grive à tête orange chantant :
https://www.youtube.com/watch?v=ovjvB7D9xaE

Solitaire masqué (Myadestes melanops)

Ce Turdidé présent au Costa Rica et dans l'ouest du Panama est un oiseau très peu mobile apparenté aux grives et aux merles mais qui se nourrit principalement de fruits et baies trouvés dans les basses branches de la forêt tropicale et accessoirement d'insectes. Il peut aussi descendre sur le sol. Son chant a un son métallique flûté. Ici, le chant très étrange du solitaire masqué :
https://www.youtube.com/watch?v=R3YFQwkXR6c

Cochoa vert (Cochoa viridis)

Un bel oiseau vivant dans le nord-est de l'Inde, au Bangladesh, en Indochine et dans le sud de la Chine. Ici, un cochoa vert avec ses oisillons au nid :
https://www.youtube.com/watch?v=ne7gWjWupY8

Grandala bleu (Grandala coelicolor)

Ce n'est que récemment, suite à une étude réalisée en 2006, que l'on a découvert que ce bel oiseau bleu était apparenté aux merles et aux grives et non aux gobemouches. Le grandala bleu vit dans le nord de l'Inde, au Népal, au Bhoutan, en Birmanie et au Tibet. Ici, un grandala bleu s'alimentant sur une berge, filmé dans le nord de l'Inde :
https://www.youtube.com/watch?v=0vhIbQZ8pYo
Plestin
 
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Re: Diversité... des oiseaux

Message par Plestin » 13 Sep 2020, 16:13

Voici la famille des Muscicapidés alias gobemouches de l'Ancien Monde (par opposition aux gobemouches américains ou moucherolles, de la famille des Tyrannidés).

C'est une famille d'oiseaux dont les espèces typiques sont les gobemouches, majoritairement insectivores comme leur nom l'indique ; mais, alors que les insectivores que nous avons déjà vus chassaient en parcourant les branches, le feuillage ou en fouillant le sol, les gobemouches se postent le plus souvent à l'affut sur un perchoir d'où ils peuvent plonger sur leur cible, y compris lorsque celle-ci est en plein vol, d'où leur nom (Muscicapidé veut d'ailleurs dire "qui capture les mouches"). Ces oiseaux ont un bec fin mais large à la base et leurs commissures sont entourées de vibrisses, des plumes en forme de petits poils qui aident à guider les proies vers l'intérieur du bec et augmentent les chances de succès.

Comme la plupart des oiseaux à régime presque exclusivement insectivore, les gobemouches sont migrateurs car ils ne trouveraient pas, dans les contrées tempérées ou froides, de quoi se nourrir en hiver.

Gobemouche gris (Muscicapa striata)

C'est l'espèce-type de la famille. Ce petit oiseau au plumage discret, grisâtre sur le dessus, pâle avec des stries brunâtres floues sur le dessous, et avec la calotte striée de brun, est répandu dans une grande partie de l'Europe (sauf l'extrême nord). On le trouve aussi en Afrique du Nord, en Asie mineure et de l'Asie centrale à la Mongolie. En France, on le rencontre entre mai et septembre dans les bois clairsemés, les lisières de forêts, les allées forestières et les parcs et jardins, pour peu qu'il y ait à la fois de grands arbres et des espaces découverts. Le reste de l'année, il hiverne dans toute l'Afrique au sud du Sahel. Bien que sa population soit en déclin en Europe (pesticides, destruction des forêts, exploitation plus précoce des arbres...), il ne semble pas encore en danger.

Cet oiseau capture un grand nombre d'insectes, principalement en vol, en particulier des mouches, moucherons, papillons, libellules, guêpes, mais il peut aussi capturer des proies sur les feuilles et les branches (chenilles, punaises, araignées...) Il guette ses proies depuis un perchoir bien en vue, branche, fil de fer ou autre, fond sur elles et revient au même endroit. En période de reproduction, il forme des couples qui restent unis jusqu'à ce que les petits prennent leur envol.

Ici, la spécialité du gobemouche gris, guetter les insectes volants depuis un perchoir, les capturer au vol et revenir à son emplacement initial :

https://www.youtube.com/watch?v=pRHzYnIAaN4

Ici, la technique de chasse du gobemouche gris, vue de plus loin :

https://www.youtube.com/watch?v=YeKBnsJw3j4

Ici, un gobemouche gris continue de chasser pour nourrir un jeune oiseau qui ne va pas tarder à devenir adulte :

https://www.youtube.com/watch?v=ivoO-K-aSOk

Gobemouche noir (Ficedula hypoleuca)

Le gobemouche noir est un oiseau noir et blanc qui niche depuis l'Europe de l'Ouest (zones discontinues en Espagne, France et Grande-Bretagne) jusqu'à la Sibérie. Il privilégie les forêts de grands et vieux arbres. En France, on le trouve surtout dans le centre, le nord et l'est et c'est au mois d'août qu'il est le plus facile de le voir car les populations migratrices d'Europe du Nord traversent le pays et se posent sur des perchoirs dégagés dans des espaces ouverts. Le gobemouche noir passe l'hiver en Afrique. Contrairement au gobemouche gris, il est polygame.

Ici, un gobemouche noir gobant un insecte volant sans même décoller de son perchoir ; on note la rapidité du réflexe (un ralenti en fin de vidéo permet de mieux voir) :

https://www.youtube.com/watch?v=HPQipBDitdU

Ici, dans le Dartmoor (sud-ouest de l'Angleterre), un joli reportage sur l'installation d'un nichoir et le baguage d'un gobemouche noir ; au début de la vidéo, on aperçoit la grive musicienne, le rougequeue à front blanc et le gobemouche gris :

https://www.youtube.com/watch?v=8gkbJN2dNeg

Gobemouche à collier (Ficedula albicollis) :

La troisième des espèces de gobemouches nichant en France ressemble beaucoup au gobemouche noir, mais s'en distingue par la zone blanche des parties inférieures qui se prolonge par un collier tout autour du cou. Elle aussi préfère les forêts matures, ce qui limite ses possibilités dans des régions où les forêts récentes issues de la reforestation ou du renouvellement des arbres de coupe sont devenues nombreuses. Elle vit en Italie et en Europe centrale (depuis l'ex-Yougoslavie jusqu'au sud de l'Allemagne et à l'ouest de la Russie) et pousse à l'ouest jusqu'à la Lorraine.

Ici, le manège incessant d'un couple de gobemouches à collier pour ramener des insectes aux oisillons, filmé en République Tchèque :

https://www.youtube.com/watch?v=NH5K0C-_jws

Gobemouche nain (Ficedula parva)

Le gobemouche nain est une espèce encore un peu plus orientale, qui niche de l'Allemagne et de la Suisse au Caucase et à la Russie d'Europe. Il atteint au nord le sud de la Suède et de la Finlande. Il traverse l'Europe de l'Ouest (dont la Grande-Bretagne, la France et l'Espagne) uniquement lors des migrations, qui peuvent le conduire au Moyen-Orient et dans le sud de l'Asie (les trajets migratoires ne sont pas forcément directs). Cette espèce préfère les forêts de hêtres et de conifères. Le mâle ressemble vaguement à un rougegorge de petite taille.

Ici, un gobemouche nain avale une larve :

https://www.youtube.com/watch?v=jzbK2-aDzRM

Quelques gobemouches exotiques :

Ici, un gobemouche brun, espèce voisine du gobemouche gris, qui niche dans une bonne partie de l'Asie, de l'Himalaya et de l'Inde à la Mongolie, au Japon et à l'Indonésie ; les populations les plus nordiques passent l'hiver en Asie du Sud et du Sud-Est. Il arrive que ces oiseaux s'égarent en Europe, jusqu'en Grande-Bretagne ; filmé ici sur son perchoir, en Thaïlande :

https://www.youtube.com/watch?v=cVE2HuNbkms

Ici, un gobemouche ultramarin (Ficedula superciliaris), oiseau qui niche dans l'Himalaya et hiverne dans le sud de l'Inde :

https://www.youtube.com/watch?v=VFxza4jDybo

Ici, un gobemouche de Hodgson (Ficedula hodgsoni), une espèce vivant de l'Himalaya à la Chine du Sud et à l'Asie du Sud-Est, filmée en Thaïlande :

https://www.youtube.com/watch?v=FkduBv6zsUw

Ici, un gobemouche narcisse (Ficedula narcissina), une espèce d'Asie orientale, filmée à Taïwan :

https://www.youtube.com/watch?v=gaM9VTqOTx8

Ici, un gobemouche à face rousse (Anthipes solitaris, anciennement Ficedula solitaris) filmé en Malaisie :

https://www.youtube.com/watch?v=535-y4WOYhA

Ici, un gobemouche à gorge blanche (Anthipes monileger), sur un tronc mort, en Thaïlande :

https://www.youtube.com/watch?v=i4PwFM3XsN0

Ici, un gobemouche bleu (Cyanoptila cyanomelana), espèce qui niche en Mandchourie (nord-est de la Chine), en Corée et au Japon :

https://www.youtube.com/watch?v=pEyHJ58KBcE

Ici, un gobemouche à menton bleu (Cyornis rubeculoides), un oiseau nichant dans le sous-continent indien, dans l'Himalaya et en Birmanie, filmé au bain dans le sud-ouest de l'Inde :

https://www.youtube.com/watch?v=IaAe7TjSQyU

Ici, un gobemouche vert-de-gris (Eumyias thalassinus) aux prises avec un gros papillon de nuit, filmé dans l'Uttarakhand (Etat himalayen du nord de l'Inde) :

https://www.youtube.com/watch?v=TPzR-ZwCPHw

Ici, le gobemouche sundara (Niltava sundara) mangeant un lombric, filmé au Sikkim (Etat himalayen du nord-est de l'Inde) :

https://www.youtube.com/watch?v=SVrSbli3hUo

Ici, une photo du gobemouche argenté (Empidornis semipartitus), une espèce d'Afrique de l'Est :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Empidorni ... Uganda.JPG

Ici, le gobemouche drongo (Melaenornis edolioides), un oiseau d'Afrique vivant du Sénégal à la Tanzanie et à l'Ethiopie, filmé en Gambie :

https://www.youtube.com/watch?v=Jy1GtEThJP4


Nombre d'oiseaux de la famille des Muscicapidés n'y ont été placés que récemment, après des études poussées de nature phylogénique (tentative de reconstruction de la parenté relative entre espèces à partir de critères anatomiques, biologiques ou autres, démarche largement enrichie par la génétique depuis les années 2000 grâce à l'évolution des connaissances dans ce domaine). Ils étaient auparavant le plus souvent avec les Turdidés (merles et grives) qui leur semblaient fortement apparentés. C'est le cas des rougegorges, rougequeues, gorgebleues, traquets et rossignols. Certains portaient le nom de "merle" ou de "grive" qu'il a fallu abandonner pour limiter les confusions. Par exemple, la grive indigo est devenue l'arrenga siffleur, le merle shama est devenu le shama à croupion blanc, le merle de roche est devenu le monticole de roche et le merle bleu est devenu le monticole bleu.

De nouvelles espèces sont apparues, ainsi l'oiseau anciennement appelé traquet tarier a été remplacé par 3 espèces différentes de tariers. Plusieurs autres espèces ont changé de genre (le genre est le premier des deux noms scientifiques en latin ou grec), quelques genres nouveaux ont été créés comme Larvivora ("mangeur de larves") qui réunit des oiseaux auparavant situés dans le même genre que le rossignol ou bien le rougegorge, et une douzaine de genres a été supprimée.

Quelques espèces provenant d'autres familles, comme les Sylviidés (fauvettes) ou les Timaliidés (timalies), ont été elles aussi replacées dans les Muscicapidés et donc éloignées des fauvettes et timalies.

En sens inverse, de nombreux oiseaux qui étaient autrefois classés dans les Muscicapidés en sont sortis pour être transférés dans 6 autres familles existantes ou nouvelles ! Et ce n'est pas fini, les données génétiques encore incomplètes laissent penser qu'il y aura encore d'autres remaniements, au moins à l'intérieur de la famille. Bref, un vrai casse-tête pour déterminer quel oiseau est étroitement apparenté à quel autre. Dans une famille qui est loin d'être petite, puisqu'elle compte tout de même plus de 310 espèces, un nombre qui a peu évolué malgré les nombreuses entrées et sorties !

L'usage était pendant longtemps d'écrire gobe-mouches, rouge-gorge, gorge-bleue ou rouge-queue, mais l'orthographe officielle est désormais gobemouche, rougegorge, gorgebleue et rougequeue.

Rougegorge familier (Erithacus rubecula)

Pendant la saison de nidification, le rougegorge est répandu depuis l'Europe de l'Ouest et l'Afrique du Nord jusqu'en Asie mineure et en Sibérie occidentale. Les populations des climats les plus froids sont migratrices (vers le pourtour méditerranéen et le golfe persique), les autres sont souvent sédentaires durant l'hiver. C'est l'un des oiseaux les plus faciles à voir en France durant la mauvaise saison qui le pousse à se rapprocher des habitations pour trouver de quoi compléter son régime alimentaire. Mais le rougegorge si familier en hiver qu'il se laisse approcher, peut aussi bien être un individu local sédentaire qu'un oiseau d'Europe centrale ou nordique hivernant en France.

Ici (en Angleterre), le rougegorge se rapproche des habitations pendant la mauvaise saison :

https://www.youtube.com/watch?v=B_-B66Tyns8

Le rougegorge a longtemps été classé avec les merles et grives et c'est un oiseau qui, comme ces derniers, recherche son alimentation au sol ou près du sol. Il repère ses proies depuis un perchoir bas puis volète jusqu'à elles, ou plus rarement arpente le sol. Il chasse en particulier les insectes adultes (coléoptères, diptères = mouches et moustiques), en rejetant par le bec les éventuelles parties les plus dures. Il y ajoute des larves, des vers, des araignées, des mille-pattes, des limaces, des escargots. Au nid, les jeunes sont d'abord nourris de chenilles et de vers, puis passent très rapidement au régime des adultes.

Ici, un juvénile au plumage moucheté, déjà autonome pour se nourrir, se régalant d'une limace :

https://www.youtube.com/watch?v=YVPhob9AkQE

A partir de l'automne, alors que les insectes se raréfient, le rougegorge se rabat sur certaines baies (sureau, sorbier, genévrier, if, cotoneaster...) et, en hiver, sur les fruits du lierre, riches en lipides. C'est grâce à cela qu'il peut passer l'hiver sans se réfugier dans des contrées chaudes.

Le rougegorge est un très bon chanteur et il utilise son chant à la fois en période de reproduction et le reste de l'année pour signaler son territoire et le défendre contre d'autres rougegorges. Ce caractère territorial touche aussi bien les mâles que les femelles - un fait exceptionnel chez les petits oiseaux de nos régions - une fois la saison de reproduction terminée, quand les couples se séparent, vers septembre. Les couples se reformeront à la fin de l'hiver et défendront ensemble un unique territoire.

Ici, le chant hivernal du rougegorge familier :

https://www.youtube.com/watch?v=kEUK1IGjPDI

La nidification approchant, le mâle observe un rituel de nourrissage de la femelle qui permet à cette dernière de prendre des forces et se poursuivra lorsque la femelle couvera ; ce comportement a l'avantage de limiter les déplacements de celle-ci hors du nid pour s'alimenter. Les oeufs et les oisillons seront donc moins souvent laissés seuls. Le rituel du mâle sert aussi d'entraînement pour le futur nourrissage des oisillons.

Ici, le nourrissage de la femelle par le mâle (avec des vers de farine procurés par l'homme) :

https://www.youtube.com/watch?v=tZ_eZpgEk9k

Le rougegorge est facile à repérer lorsque l'oiseau chante bruyamment en exhibant sa poitrine orangée, perché sur une branche bien en évidence. Il a un comportement très batailleur sur son propre territoire. En général l'intimidation suffit, sinon il s'attaque volontiers au rougegorge intrus, dans une bataille féroce (qui peut même exceptionnellement aboutir à la mort d'un des deux adversaires). Par contre, lorsqu'il pénètre sur le territoire d'un autre rougegorge, il se fait discret.

Ici, le rougegorge en posture menaçante face à un rival entré sur son territoire :

https://www.youtube.com/watch?v=gF8xIYyBICs

Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica)

La gorgebleue à miroir est une belle espèce surtout présente dans le nord, l'est et le centre de l'Europe, mais aussi en Asie centrale et orientale jusqu'au centre de la Chine et à la Sibérie, et même en Alaska. En France, on ne la trouve que dans quelques régions : les Flandres, une partie des Alpes, et la façade atlantique (de la Manche à la Gironde). Le mâle est très reconnaissable aux tons bleu, roux, blanc et noir de sa gorge et de sa poitrine. Au milieu de la bavette bleue, une tache appelée miroir est de couleur rousse ou blanche selon les sous-espèces (et même absente chez l'une d'entre elles). Par exemple, parmi la dizaine de sous-espèces, Luscinia svecica svecica (Scandinavie, Russie) a un large miroir roux, Luscinia svecica cyanecula (Europe centrale) un large miroir blanc, et Luscinia svecica namnetum (France), de taille plus petite, a un miroir blanc plus fin et parfois la bordure rousse sous la bavette bleue est elle aussi réduite.

Les gorgebleues sont de très bons chanteurs et y compris imitateurs d'autres espèces d'oiseaux (voire des insectes - au moins trois espèces de grillons - mais on ne sait pas s'il s'agit d'une imitation ou d'une coïncidence). Selon ma vieille encyclopédie, "Leur habileté à imiter les cris des autres Oiseaux a été remarquée par les Lapons, qui appellent la Gorge-Bleue "le chanteur aux cent langues"".

Ici, le chant d'une gorgebleue à miroir (variété à miroir roux filmée en Norvège) :

https://www.youtube.com/watch?v=f9VIrDQmubo

La gorgebleue a un régime alimentaire semblable à celui du rougegorge, avec à la fois des insectes capturés au vol ou au sol et toutes sortes d'autres invertébrés du sol. Les populations vivant au bord de la mer capturent même des talitres (petits crustacés couramment appelés "puces de mer", que l'on peut voir sauter en nombre sur certaines plages). Les populations des toundras font une grosse consommation de moustiques.

Ici, des gorgebleues à miroir (blanc) ayant capturé des insectes volants :

https://www.youtube.com/watch?v=t8RdEb-4vAI

Ici, une gorgebleue à miroir capturant un invertébré au sol (un cloporte selon la traduction, mais j'ai un doute) :

https://www.youtube.com/watch?v=wfSQadmvARk

Les gorgebleues vivent de préférence dans les zones humides. Elles sont migratrices et passent l'hiver dans une large aire géographique incluant l'Espagne, le Portugal, quelques îles méditerranéennes, le Maghreb, une zone allant du Sénégal au Soudan, le Moyen-Orient, le sud et le sud-est de l'Asie.

Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos) et rossignol progné (Luscinia luscinia) :

Le rossignol philomèle est un oiseau au plumage discret, qui reste souvent dissimulé dans les taillis et broussailles. Il est plutôt solitaire vis-à-vis des autres rossignols (et vit par couples en saison de reproduction) mais tolère bien la présence d'autres espèces d'oiseaux. Le rossignol niche en Europe de l'Ouest et du Centre, dans le Bassin méditerranéen depuis le Maghreb et la Péninsule ibérique jusqu'en Turquie, et en Asie centrale.

Il est célèbre par son chant, certes un peu moins mélodieux que celui du merle ou d'autres oiseaux bons chanteurs mais dont la complexité, l'étendue, la virtuosité, la variété des modulations, sont remarquables. Le rossignol a pour particularité de chanter aussi bien le jour que la nuit et c'est souvent la nuit qu'on le remarque en l'absence d'autres chants d'oiseaux.

Ici, le chant du rossignol philomèle :

https://www.youtube.com/watch?v=QaBqZxKKyoQ

Ici, le chant du rossignol philomèle au ralenti permet de percevoir la complexité et la répétition très rapide des sons émis :

https://www.youtube.com/watch?v=pjqdMCQmQNg

Le rossignol progné est une espèce très voisine qui vit depuis l'Europe centrale et orientale jusque dans l'ouest de la Sibérie. Il se distingue entre autres par sa poitrine pâle parsemée de petites touches de brun clair, alors qu'elle est unie et de couleur crème chez le rossignol philomèle. Il est lui aussi très bon chanteur, avec un chant plus fort et quelques différences.

Ici, le chant du rossignol progné :

https://www.youtube.com/watch?v=XdlIbNrki5o

Agrobate roux (Cercotrichas galactotes) :

Voici un oiseau qui ressemble assez au rossignol mais vit dans des régions plus sèches et a des mœurs davantage terrestres. Parfois appelé "rossignol d'Afrique", l'agrobate roux se rencontre surtout en Afrique du Nord (il peut descendre jusqu'au Sénégal), Espagne et Portugal, ainsi qu'en Grèce, Turquie, Caucase et Moyen-Orient. Il est rare en France, où on ne peut le voir que dans les vignes, jardins, taillis et fourrés des régions du Midi. Il existe 9 autres espèces d'agrobates, toutes africaines.

L'agrobate roux était autrefois classé avec les fauvettes dans la famille des Sylviidés car les jeunes, comme ceux des fauvettes, ont un plumage non tacheté ; puis, leur comportement les rapprochant des rossignols, traquets etc., ils ont été placés dans les Turdidés (merles, grives)... jusqu'à ce que, en 2014, ils suivent les rossignols dans la famille des Muscicapidés !

Ici, l'agrobate roux, cherchant sa nourriture à terre ; cet oiseau est remarquable par sa queue rousse très mobile :

https://www.youtube.com/watch?v=gHrtD5jlJRM

Quelques espèces exotiques apparentées aux rossignols et rougegorges :

Ici, le bradybate à queue rouge (Luscinia phoenicuroides), appelé rougequeue à ventre blanc par les anglophones, qui vit dans le sud et le sud-est de l'Asie :

https://www.youtube.com/watch?v=JhINyfIMuyE

Ici, le chant plein d'énergie du rossignol akahigé (Larvivora akahige) ou rougegorge du Japon, une espèce présente au Japon et dans les îles russes voisines :

https://www.youtube.com/watch?v=R37p2aSShRU

Ici, le rossignol bleu (Larvivora cyane) que l'on rencontre en Sibérie, en Chine, en Mongolie et au Japon :

https://www.youtube.com/watch?v=vF02ItN7Btg

Ici, le rossignol siffleur (Larvivora sibilans), habitant le nord-est de l'Asie :

https://www.youtube.com/watch?v=wVEhu5Edkik

Ici, le rossignol komadori (Larvivora komadori) ou rougegorge des Ryu-Kyu, qui peuple deux archipels entre le sud du Japon et Taïwan :

https://www.youtube.com/watch?v=cn4fcwF4xg0

Ici, le rossignol indien (Larvivora brunnea) qui vit dans l'Himalaya depuis l'Afghanistan jusqu'à la Birmanie en passant par le nord de l'Inde :

https://www.youtube.com/watch?v=cNUjINsubaM

Ici, le rossignol calliope (Calliope calliope), une espèce sibérienne qui s'égare parfois en Europe :

https://www.youtube.com/watch?v=jUDq_G1HCzs

Ici, le rossignol à gorge rubis (Calliope pectoralis), très voisin du précédent mais habitant l'Himalaya :

https://www.youtube.com/watch?v=PTNXLBGzWyw

Ici, le rossignol à flancs roux (Tarsiger cyanurus), une espèce présente de la Finlande à la Sibérie et au Japon, en lente expansion vers l'ouest :

https://www.youtube.com/watch?v=XrDLZW-w_II

Ici, le rossignol de Johnston (Tarsiger johnstoniae), une très belle espèce qui ne vit que dans l'île de Taïwan :

https://www.youtube.com/watch?v=9vHqwcPv6-o

Ici, la brachyptère bleue (Brachypteryx montana) - les brachyptères sont de petits oiseaux à ailes courtes et longues pattes - filmée en Thaïlande :

https://www.youtube.com/watch?v=sTS7jemPYEQ

Ici, la brachyptère étoilée (Heteroxenicus stellatus), vivant de l'Himalaya au Vietnam :

https://www.youtube.com/watch?v=H-57WoI_fBI

Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) et rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) :

Les rougequeues, familièrement appelés "rossignols des murailles", sont des petits oiseaux relativement communs en France. Les mâles des deux espèces sont en général faciles à distinguer : le rougequeue noir est presque entièrement sombre avec une calotte grise et la queue rousse, le rougequeue à front blanc est à dominante gris ardoisé sur le dessus et roux sur tout le dessous et la queue, avec un front nettement blanc se détachant de la face noire ; il existe néanmoins des variétés de rougequeue noir ressemblant un peu au rougequeue à front blanc (mais le rougequeue à front blanc n'a jamais la poitrine noire).

Le rougequeue noir est présent de l'Europe occidentale et du Maghreb jusqu'en Asie centrale et en Mongolie, mais il est absent d'Europe du Nord. Le rougequeue à front blanc se rencontre dans toute l'Europe (sauf l'Irlande, l'Islande et les îles méditerranéennes) et de là, jusqu'en Sibérie.

En allemand traduit, les deux espèces se nomment respectivement "rougequeue des maisons" (noir) et "rougequeue des jardins" (à front blanc), noms qui mettent l'accent sur la proximité humaine de ces espèces, et sur le fait que le premier affectionne plutôt les rochers et les murs et le second plutôt les arbres ; mais elles n'en sont pas moins farouches et, tout en vivant souvent près des hommes, ne se laissent pas facilement approcher.

D'après ma vieille encyclopédie : "Marshall, qui divise les Oiseaux en deux groupes, celui des "partisans de la civilisation" et celui des "adversaires de la civilisation", écrit sur le Rouge-Queue noir : "A sa façon, il est, lui aussi, un partisan de la civilisation. Mais au lieu de suivre les progrès de l'agriculture, il suit les travaux du bâtiment, et sans doute estime-t-il, comme l'Hirondelle, que tous les édifices ne sont que des rochers qui se multiplient chaque année dans toute l'Europe et où habitent, pour son plus grand déplaisir, des Hommes, des enfants et des Chiens." (...)

"Le Rouge-Queue noir niche aussi très volontiers dans les décombres. Après la Seconde Guerre mondiale, on constata à Londres un accroissement très net du nombre de ces Oiseaux, sans doute dû au fait qu'ils trouvaient dans les édifices démolis par les bombes un succédané de leur milieu naturel, qui est constitué par les rochers où ils nichent dans les fissures."

Ici, un rougequeue noir mâle :

https://www.youtube.com/watch?v=ElpLCkpEB6k

Ici, un rougequeue noir femelle :

https://www.youtube.com/watch?v=ixzta32Fpkw

Ici, un rougequeue noir mâle signale par ses cris la présence d'un chat, sous les yeux d'une femelle de merle (des cris assez semblables chez les deux espèces) :

https://www.youtube.com/watch?v=A7OpJ9H7plI&t=3s

"Comme il se montre peu difficile et mange les Papillons que les autres Oiseaux dédaignent, il se rend très utile en détruisant des espèces nuisibles."

Ici, un rougequeue noir mâle s'attaque à une grosse chenille velue :

https://www.youtube.com/watch?v=NoaJ_wstSSU

Ici, un couple de rougequeues noirs nourrissant ses petits ; le vidéaste a compté les proies : chenilles 7, araignées 3, papillons 6, libellule 1, sauterelles 4 :

https://www.youtube.com/watch?v=WGJhizcPxNk

Ici, un couple de rougequeues à front blanc (dans l'ordre d'apparition, la femelle puis le mâle) se relayant pour nourrir les petits, dans un nid artificiel finalement bien abrité de l'attaque d'un geai :

https://www.youtube.com/watch?v=Qbeo48Uhphg

Ici, le rougequeue de Moussier (Phoenicurus moussieri), une espèce du Maghreb qui a été très rarement observée en Espagne, en France ou à Malte :

https://www.youtube.com/watch?v=VQlPOZOZ2Hg

Ici, le rougequeue de Güldenstädt (Phoenicurus erythrogaster), une espèce du Caucase qui s'égare exceptionnellement en Europe :

https://www.youtube.com/watch?v=qlytL6vF7tA

Ici, la nymphée fuligineuse (Phoenicurus fuliginosus, anciennement Rhyacornis fuliginosus), une espèce d'Asie du Sud et du Sud-Est que les anglophones nomment "rougequeue d'eau plombé" et qui, malgré ses liens étroits avec les cours d'eau, est bien un rougequeue :

https://www.youtube.com/watch?v=ki14f9D6Rtw

Idem pour le torrentaire à calotte blanche (Phoenicurus leucocephalus, anciennement Chaimarrornis leucocephalus), une espèce peuplant l'Himalaya et l'intérieur de la Chine et que les anglophones nomment "rougequeue d'eau à calotte blanche" :

https://www.youtube.com/watch?v=Q2nBHrB-u6M

Ici, une iranie à gorge blanche (Irania gutturalis), un oiseau du Caucase et du Proche-Orient voisin des rougequeues mais plus grand (17 cm de long au lieu de 14 cm) et à la queue noirâtre, filmé ici dans le sud-ouest de la Turquie :

https://www.youtube.com/watch?v=g2EcctoX2AU

Tarier des prés (Saxicola rubetra)

Le tarier des prés est un oiseau au comportement de type "gobemouche" - il guette les insectes volants depuis un perchoir bien dégagé - même s'il peut aussi s'alimenter au sol. Il se nourrit essentiellement d'insectes et d'araignées. Il niche en Europe et dans l'ouest de l'Asie et passe la mauvaise saison dans les savanes et pâturages d'Afrique.

Le tarier des prés, comme son nom l'indique, vit de préférence dans les espaces ouverts tels que prés, prairies fleuries, champs cultivés ou en jachère, avec peu de haies ou sans haies, en plaine comme en montagne. Il s'aperçoit souvent perché sur une herbe haute ou un épi de blé.

Ici, des mâles de tariers des prés en posture typique, chantant depuis un perchoir bien en vue :

https://www.youtube.com/watch?v=rMwYBw7zMmY

Le tarier des prés a besoin d'une biodiversité importante en matière de plantes et d'insectes et sa disparition ou sa réapparition sont des indicateurs de la qualité du milieu.

Bien que l'espèce ne soit pas considérée comme menacée, elle est en fort recul dans la plupart des régions où elle était autrefois commune (un rapport de 2011 notait une régression de 90% de la population de tariers en 20 ans en Alsace). Il a été démontré que les causes de la diminution des populations de tariers des prés sont à rechercher non pas sur son lieu d'hivernage africain mais bel et bien en Europe, en lien étroit avec l'évolution des pratiques agricoles.

En effet, le tarier des prés fait son nid au sol, au milieu des champs ou des prairies, dans une touffe d'herbe. Les oisillons prennent leur envol vers la mi-juin. Or, la fenaison (fauchage de l'herbe et étapes suivantes pour faire du foin qui servira de fourrage pour le bétail) qui s'effectuait autrefois après l'envol des jeunes oiseaux, a désormais lieu plus tôt, souvent dès la mi-mai, et cette opération mécanisée détruit massivement les nids de tariers des prés. Certains tariers tentent alors une deuxième nichée, qui est elle aussi fauchée lors d'une seconde opération fin juillet-début août.

Ici, une petite vidéo sur la redoutable efficacité d'un engin de fenaison moderne (attention, les images d'archives de 1954 montrent le fauchage du blé, pas de l'herbe) :

https://www.youtube.com/watch?v=h0XUwrkgOe8

(Pour limiter l'impact sur la faune, certains agriculteurs conscients équipent leurs engins de fauche d'une barre d'effarouchement qui fait fuir les animaux tels que les lièvres, mais cela reste sans effet sur les oisillons au nid).

Les prairies humides sont elles aussi en recul, car souvent replantées de peupliers, créant un milieu favorable à d'autres espèces mais pas aux tariers. Les tariers des prés ne font pas leur nid non plus dans les cultures herbagères intensives où l'utilisation d'engrais est importante. Les tariers des prés subsistent donc uniquement là où on les laisse se reproduire tranquillement, c'est-à-dire dans les champs en jachères - mais il y en a de moins en moins, la pratique de la jachère disparaissant -, les champs abandonnés, les prairies naturelles et les prairies artificielles où la fauche reste tardive. A condition que ces espaces ne soient pas trop petits.

Ici, un film édifiant de 12 mn autour du tarier des prés et de la question des prairies fleuries, fait par le Parc Naturel des Ballons des Vosges et par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) d'Alsace ; sans que cela soit dit formellement, on comprend pourquoi le tarier subsiste mieux en montagne qu'en plaine car les mesures à prendre ne conviennent pas forcément à tous les types d'agriculteurs et éleveurs :

https://www.youtube.com/watch?v=yYcQVVjTz0A

Tarier pâtre (Saxicola rubicola) et autres tariers

Le tarier pâtre est un oiseau très voisin du tarier des prés et qui est confronté à des problématiques environnementales similaires, quoique l'habitude de faire son nid plutôt dans une cavité grattée à flanc de talus l'expose moins à la fauche des herbes. Il est également moins inféodé aux prairies et apprécie la présence de buissons. On peut y compris le rencontrer dans les landes ou la végétation basse des dunes en bord de plage. Il préfère les terrains incultes et a subi la mise en culture croissante de certaines terres. Il est en partie sédentaire, contrairement au tarier des prés qui est systématiquement migrateur. En France, il est présent partout à la belle saison mais ne se rencontre que dans l'ouest et le sud du pays en hiver, en particulier dans les zones littorales.

L'ancienne espèce dénommée tarier pâtre ou traquet pâtre (ex-Saxicola torquatus) et dont l'aire de répartition géographique était gigantesque, englobant une bonne partie de l'Europe, de l'Afrique et de l'Asie, a été scindée en trois espèces qui restent néanmoins très ressemblantes :
- Le tarier africain (Saxicola torquatus) répandu en Afrique
- Le tarier de Sibérie (Saxicola maurus) présent du Caucase et de la Turquie jusqu'en Sibérie et en Chine
- Et le tarier pâtre (Saxicola rubicola) proprement dit, désormais limité à l'Europe et à l'Afrique du Nord.

Ici, le mâle, le juvénile et la femelle de tarier pâtre, perchés au sommet d'épis de blé, filmés en Auvergne :

https://www.youtube.com/watch?v=K3gXvtLBDE8

Ici, un tarier de Sibérie qui se différencie du tarier pâtre par sa poitrine orangée plus réduite, égaré aux Pays-Bas :

https://www.youtube.com/watch?v=TJ91cld5ZMU

Ici, un mâle de tarier d'Afrique chantant :

https://www.youtube.com/watch?v=9IrtXDbJ9wQ

Ici, une courte vidéo d'un youtubeur réunionnais sur une autre espèce de tarier, le tarier de la Réunion (Saxicola tectes), familièrement appelé Tec-tec :

https://www.youtube.com/watch?v=qQ9LgwArHbY

Ici, le tarier gris (Saxicola ferreus) qui vit dans l'Himalaya, le sud de la Chine et quelques régions d'Indochine :

https://www.youtube.com/watch?v=u8Qe_YLAnok

Ici, le tarier pie (Saxicola caprata), répandu dans la moitié sud de l'Asie :

https://www.youtube.com/watch?v=qTg5kfYsqpE

Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) :

Les traquets sont très voisins des tariers mais sont un peu moins colorés et un peu plus grands. Le traquet motteux est la plus répandue des deux espèces que l'on peut rencontrer en France. Contrairement aux tariers, il préfère les zones de végétation rase et les rochers. Il niche dans une très vaste zone englobant presque toute l'Europe (hormis le sud-ouest de la péninsule ibérique), une grande partie de l'Asie depuis la Turquie, la Syrie et le Liban jusqu'en Sibérie et au nord de la Chine, et même en Alaska, dans le nord du Canada et au Groënland. Suivant la région, on le verra donc dans la toundra, les steppes, les prairies rases, les végétations basses des dunes côtières... En France il niche surtout sur le littoral de la Manche et de l'Atlantique, dans les massifs montagneux et sur certains plateaux, puis on peut le voir dans les plaines une fois la saison de reproduction passée, jusque fin septembre où il part pour l'Afrique équatoriale. Cette destination de migration est la même pour tous les oiseaux, y compris de Sibérie ou d'Amérique du Nord, ce qui est surprenant car la plupart des oiseaux migrateurs d'Amérique du Nord hivernent en Amérique du Sud (sans doute cet oiseau a-t-il colonisé ces contrées tout en gardant ses habitudes migratoires d'origine ?)

Le traquet motteux parcourt le sol, y compris en courant, pour y trouver sa nourriture composée de toutes sortes d'insectes, de larves et d'autres petits invertébrés.

Ici, un mâle de traquet motteux en plumage nuptial :

https://www.youtube.com/watch?v=NnxKBOVObgU

Ici, une femelle de traquet motteux chassant les insectes :

https://www.youtube.com/watch?v=B7YJ1Z6wQV0

Ici, cette vidéo filmée en République Tchèque montre très bien la grande mobilité de ces oiseaux qui ne tiennent pas en place :

https://www.youtube.com/watch?v=vUjZEyRSzWE

Traquet oreillard (Oenanthe hispanica) :

Très proche du traquet motteux auquel il ressemble (mais sa calotte et son dos sont blanc à ocre et non gris), il peut lui aussi se rencontrer en France, uniquement dans le Midi, mais il y est plutôt rare. C'est un oiseau qui niche sur le pourtour méditerranéen, en Turquie et dans le Caucase. Les populations occidentales migrent vers le Sénégal, le Mali et la Mauritanie, les populations orientales viennent les remplacer en Méditerranée.

Ici, un mâle de traquet oreillard filmé dans le centre du Portugal :

https://www.youtube.com/watch?v=zi6A51mxN0I

Traquet rieur (Oenanthe leucura) :

Le traquet rieur ou traquet noir, au plumage noir avec la queue blanche, est surtout répandu en Espagne et en Afrique du Nord, mais niche aussi dans quelques régions d'Italie (Ligurie - région de Gênes, Sicile, Sardaigne) et se rencontre rarement dans le sud de la France (Roussillon et Provence). C'est un oiseau qui préfère les terrains arides et rocailleux, où il chasse les insectes et autres petits invertébrés, mais aussi les petits lézards. Il consomme aussi quelques baies.

Le nid du traquet rieur est construit à terre sous une touffe d'herbe ou bien dans une anfractuosité de rocher. Son entrée est vaguement protégée par une ceinture de petits galets construite par le mâle (et qui grossit chaque année au fur et à mesure que le nid est réutilisé). Quand les oisillons sont en mesure de s'éloigner du nid, leurs parents leur font explorer les rochers des environs et découvrir leur terrain de chasse, mais dès que l'un d'eux pousse un cri d'alerte, tous les oisillons disparaissent dans une fissure.

Ici, un mâle de traquet rieur se déplaçant sur les rochers :

https://www.youtube.com/watch?v=jNUG9BHkiwI

Autres traquets :

Ici, le traquet isabelle (Oenanthe isabellina), qui vit de la Bulgarie, de la Roumanie et de l'Ukraine jusqu'en Asie centrale et du Proche-Orient au Pakistan :

https://www.youtube.com/watch?v=pbi7X6AmrRs

Ici, le traquet du désert (Oenanthe deserti), une espèce qui vit en Afrique du Nord, au Sahara, en Arabie, au Proche-Orient et en Asie centrale, filmé à Chypre :

https://www.youtube.com/watch?v=HCMBG1OMFQQ

Ici, le mâle puis la femelle du traquet pie (Oenanthe pleschanka), d'une espèce vivant de la Bulgarie à l'Asie centrale, filmés en Bulgarie :

https://www.youtube.com/watch?v=x7-xV3h_w_E

Ici, le traquet à tête blanche (Oenanthe leucopyga), un oiseau qui niche au Moyen-Orient et en bordure du Sahara, et s'égare parfois en Europe ; filmé ici au Maroc :

https://www.youtube.com/watch?v=GvIbvzUCdg4

Ici, le traquet bistré (Oenanthe fusca) qui vit en Inde :

https://www.youtube.com/watch?v=9LgrLhqMkT4

Ici, le traquet d'Arnott (Myrmecocichla arnotti), qui vit dans les savanes boisées du centre-sud de l'Afrique, et le traquet fourmilier (Myrmecocichla formicivora) d'Afrique australe ; comme tous les traquets africains du genre Myrmecocichla, ces oiseaux consomment divers insectes dont notamment des fourmis et des termites :

https://www.youtube.com/watch?v=iyQ0NMo2hL8
https://www.youtube.com/watch?v=kD1I87tnnVk

Ici, la parade nuptiale du mâle de traquet à ventre roux (Thamnolaea cinnamomeiventris), espèce vivant du Sénégal au Soudan et à l'Afrique du Sud, pour séduire les femelles, filmée en Afrique du Sud :

https://www.youtube.com/watch?v=eJcPUS1jCD4

Ici, une photo du traquet afroalpin (Pinarochroa sordida) qui vit en Afrique orientale et est le principal pollinisateur d'une plante étonnante, le Lobélia du Mont Kenya (photo suivante) :

https://www.facebook.com/abyssinianbird ... ater&ifg=1
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lobelia_d ... oriana.jpg

Ici, le traquet tractrac (Emarginata tractrac), abondant dans les zones désertiques et semi-désertiques du sud-ouest de l'Afrique, filmé en Namibie :

https://www.youtube.com/watch?v=zT0voElqDT8

Monticole de roche (Monticola saxatilis) :

Cet oiseau de 18 cm de longueur, autrefois appelé merle de roche (Wikipédia l'appelle même "monticole merle-de-roche") et désormais bien séparé de la famille des merles, est un habitant des milieux montagnards et rocheux, assez discret et difficile à observer malgré les couleurs vives du plumage du mâle. Il court et sautille sur les rochers à la recherche d'insectes et autres petites proies, et se nourrit aussi de quelques baies. On peut le rencontrer dans une bonne partie de l'Europe du Sud et centrale (il a disparu de l'extrême sud de la Pologne), au Maghreb, en Turquie et dans le Caucase, jusque dans le sud de la Sibérie. Son aire de répartition est en régression depuis des décennies (mais il n'est pas considéré comme menacé).

En France, où il reste peu commun, cela fait des décennies qu'on ne l'observe plus dans les Vosges, le Jura ou la Bourgogne et il faut pour le rencontrer plutôt aller dans les Alpes, les Cévennes, les Pyrénées ou en Corse. Il n'est présent dans ces régions que d'avril-mai à août-septembre, car c'est un oiseau migrateur qui passe la mauvaise saison dans les savanes africaines au sud du Sahara.

Ici, un couple de monticoles de roche (le mâle très coloré, la femelle au plumage très écaillé) :

https://www.youtube.com/watch?v=EVKb7OwScFk

Monticole bleu (Monticola solitarius)

Le monticole bleu était autrefois appelé merle bleu (et Wikipédia le nomme "monticole merle-bleu"). Encore un peu plus grand que le monticole de roche (20 cm), et reconnaissable - du moins le mâle - à son plumage bleu ardoisé à reflets bleu ciel, cet oiseau tout aussi discret que le précédent affectionne les gorges peu accessibles, les ravins, les parois rocheuses pauvres en végétaux, les côtes rocheuses, mais il peut aussi apprécier les ruines, ou les clochers et cheminées des petits villages de montagne ; en Italie, il niche même en plein coeur de certaines villes comme Rome ! Il est répandu depuis le Portugal, l'Espagne et le Maghreb jusqu'au Japon en passant par le Moyen-Orient et l'Asie centrale. En France, on ne le rencontre que dans le Midi, où il est généralement rare, un peu moins rare sur la Côte Vermeille (Pyrénées Orientales, vers Collioure / Banyuls) et dans le Cap Corse (au nord de l'île). Ces oiseaux voient leur population régresser et semblent avoir pâti, d'une part de l'abandon de certains terrains très pauvres par l'agriculture ou l'élevage de montagne, d'autre part de l'augmentation des flux touristiques (marche, escalade) et des aménagements côtiers affectant leur milieu. La plupart des monticoles bleus d'Europe, d'Afrique du Nord ou du Moyen-Orient sont sédentaires, contrairement aux populations asiatiques qui migrent vers l'Afrique sub-saharienne ou le sud de l'Asie.

Ici, une vidéo qui donne une bonne idée du milieu et du comportement du monticole bleu ; à 2:26, on peut voir une femelle au plumage plus terne et plus écaillé :

https://www.youtube.com/watch?v=i_GMH_sP9hg

Quelques autres muscicapidés exotiques :

Ici, le monticole à croupion roux (Monticola cinclorhynchus), un oiseau de l'Himalaya filmé ici dans le nord de l'Inde :

https://www.youtube.com/watch?v=wY1Df6Hp2MA

Ici, un énicure ardoisé (Enicurus schistaceus), oiseau d'Asie du Sud et du Sud-Est, filmé ici en Thaïlande ; la longue queue mobile et l'attirance pour les cours d'eau des énicures les fait ressembler à nos bergeronnettes :

https://www.youtube.com/watch?v=cKB9V2uAFcs

Ici, un énicure rousse-cape (Enicurus ruficapillus), espèce d'Asie du Sud-Est, ayant capturé un petit lézard :

https://www.youtube.com/watch?v=C2UjE9LlKTE

Ici, un énicure tacheté (Enicurus maculatus), bel oiseau présent de l'Afghanistan et l'Himalaya jusqu'au sud de la Chine et à l'Indochine :

https://www.youtube.com/watch?v=1IjkZ4nqxJU

Ici, un shama à croupion blanc (Copsychus malabaricus), une espèce du sud et du sud-est de l'Asie, également introduite aux îles Hawaii, bien connue des oiseleurs et auparavant appelée "merle shama", qui nous donne une idée de l'étendue de son répertoire de chant (filmé en Inde) :

https://www.youtube.com/watch?v=3mgVBLjaGPU

Ici, un shama dayal (Copsychus saularis) qui capture un petit lézard gecko et tente de se cacher à la vue d'autres oiseaux intéressés :

https://www.youtube.com/watch?v=uSN4_SEFjcw

Ici, un pseudotraquet indien (Copsychus fulicatus, anciennement Saxicoloides fulicatus), espèce du sous-continent indien récemment mise avec les shamas dans le genre Copsychus ; les mâles des populations du nord ont le dos marron (comme sur cette vidéo), ceux du sud ont le dos noir :

https://www.youtube.com/watch?v=gYAHAxxzGfg

Ici, un cossyphe à calotte neigeuse (Cossypha niveicapilla), espèce répandue dans une grande partie des régions équatoriales et tropicales humides d'Afrique, se régalant d'une larve :

https://www.youtube.com/watch?v=cX2udRMVdws

Ici, le rare cossyphe à tête blanche (Cossypha heinrichi) qui n'est présent que dans deux petites zones du sud-ouest du Congo RDC et du nord de l'Angola, est considéré comme une ressource précieuse et se retrouve au centre d'un projet de tourisme aviaire soutenu par le gouvernement d'Angola (au côté d'autres oiseaux dont deux sont visibles dans la vidéo : à 1:47, touraco de Lady Ross (Musophaga rossii) et à 1:52, touraco de Pauline (Tauraco erythrolophus), des cousins éloignés des coucous) :

https://www.youtube.com/watch?v=npVkwbllHNc

Ici, un arrenga de Malabar (Myophonus horsfieldii), une espèce vivant uniquement en Inde, s'attaquant à un petit serpent :

https://www.youtube.com/watch?v=T3Qd-MOwe5s

Dans cette mauvaise vidéo, on peut néanmoins entendre le chant étonnant de l'arrenga de Malabar (et un de ses congénères lui répond) :

https://www.youtube.com/watch?v=MyY8M76b4BU

Ici, une espèce voisine, l'arrenga siffleur (Myophonus caeruleus), anciennement appelé "grive indigo" et habitant de l'Afghanistan et du Pakistan à la Chine et à l'Indonésie :

https://www.youtube.com/watch?v=ppG4ZBIZIpM
Plestin
 
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Inscription : 28 Sep 2015, 17:10

Re: Diversité... des oiseaux

Message par Kéox2 » 13 Sep 2020, 20:40

Merci Plestin... C'est sur le FALO que j'en apprend le plus sur les oiseaux. :mrgreen:
Kéox2
 
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