Faussaires et Covid-19

Et lutte contre les pseudo-sciences et les obscurantismes

Faussaires et Covid-19

Message par Plestin » 19 Jan 2021, 19:06

Certains l'auront forcément remarqué, il y a sur les réseaux sociaux un déferlement de balivernes de toutes sortes et autres statistiques biaisées, censées être des arguments scientifiques en faveur des anti-vaccin contre la Covid-19. On finit généralement par retomber sur les mêmes un jour ou l'autre et leur allure scientifique peut en déstabiliser plus d'un.

Donc, pourquoi pas s'amuser ici à les réfuter ?

La grippette à 0,05% de mortalité

Commençons par celui-là, qui revient très souvent : tout ce branle-bas de combat, ce confinement, ces emmerdements, rien que pour "une grippette dont le taux de mortalité n'est que de 0,05%".

Ce taux (mis en avant par les adeptes de Perronne & Co.) est obsolète depuis longtemps, il date de l'époque où il n'y avait "que" 35.000 morts en France ; aujourd'hui, il y en a le double, ce qui donne un taux de mortalité de 0,1%.

Mais, ce que le taux de mortalité mesure, c'est le nombre de morts par rapport à TOUTE la population française, soit près de 67 millions d'habitants, incluant l'immense majorité des personnes jamais contaminées... Ce que cela nous apprend, donc, c'est que l'immense majorité de la population française n'est pas morte... ce dont on se serait douté ! (Et s'il y a "si peu" de morts, ce n'est pas grâce aux anti-masques...)

C'est pour cela que, ce qui importe, c'est le taux de létalité, qui mesure le nombre de morts par rapport au nombre de personnes contaminées, avec toute l'imprécision que cela comporte bien sûr (des gens contaminés n'ont pas été testés, il y a des faux positifs, des faux négatifs... suivant les tests, etc.)

Là, on prend donc les derniers chiffres de Santé Publique France : 70.686 morts (au 18 janvier) pour 2.914.725 cas confirmés. Ce qui nous donne un taux de létalité de 2,4%. A noter que l'OMS, elle, donne plutôt 1% à l'échelle mondiale, car (au-delà de la qualité variable du dépistage) le taux de létalité est beaucoup plus faible dans les pays à population jeune.

Ce n'est donc pas 0,05% qu'il faut prendre en compte pour se faire une idée de la maladie, mais 2,4% malgré l'imprécision de la mesure.

Maintenant, il reste à extrapoler pour voir quelle serait la situation si la totalité de la population française était contaminée, en admettant que cela soit possible.

2,4% de 67,4 millions d'habitants, cela nous donne... plus de 1,6 million de morts.

Avec les mesures barrières, précautions diverses et autres confinements, largement contrebalancés par les mises en danger liées au travail, aux transports, à ceux qui ne respectent pas les gestes barrières élémentaires etc., c'est donc contre un potentiel de 1,6 million de morts que l'on tente d'agir. Même en admettant que le nombre de contaminés non testés soit nettement plus important et que le taux de létalité ne soit en fait que de 1,5%, cela représenterait tout de même un risque de 1 million de morts.

Ces calculs sont forcément à la louche et grossiers, mais ils sont de bien meilleurs indicateurs du danger réel que les présentations s'appuyant sur le taux de mortalité dont l'objectif est de minimiser le risque pour pouvoir justifier que tout reprenne normalement, sans masque ni vaccin.
Plestin
 
Message(s) : 1858
Inscription : 28 Sep 2015, 17:10

Re: Faussaires et Covid-19

Message par Sinoue » 20 Jan 2021, 08:39

Merci Plestin, as-tu des informations sur la façon dont le gouvernement anticipe la prolongation de l'épidémie à moyen terme ? Y a-t-il déjà eu des embauches dans le secteur hospitalier ? Dans quels secteurs ? En quelle mesure de nouvelles embauches se feraient au détriment de la qualité de leurs compétences? Mon médecin me dit qu'il faut plus de 5 ans pour former quelqu'un qui travaille en service de réanimation. Comment expliques-tu les licenciements chez Sanofi ? Pourquoi ce groupe est autant "en retard" dans le traitement du vaccin ?
Sinoue
 
Message(s) : 95
Inscription : 25 Déc 2008, 13:10

Re: Faussaires et Covid-19

Message par com_71 » 20 Jan 2021, 08:52

Sinoue a écrit : Y a-t-il déjà eu des embauches dans le secteur hospitalier ?

Déjà ? C'est une plaisanterie ?
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
Avatar de l’utilisateur
com_71
 
Message(s) : 4277
Inscription : 12 Oct 2002, 00:14

Re: Faussaires et Covid-19

Message par Sinoue » 20 Jan 2021, 09:47

Je voulais dire "déjà" depuis le début de l'épidémie, a-t-on des chiffres en comparaison aux départs en retraite, en quelle proportion les effectifs globaux se sont accru?
Sinoue
 
Message(s) : 95
Inscription : 25 Déc 2008, 13:10

Re: Faussaires et Covid-19

Message par com_71 » 20 Jan 2021, 11:44

Sinoue a écrit :Je voulais dire "déjà" depuis le début de l'épidémie

J'avais bien compris. Je n'ai pas la réponse précise, mais mon impression est plutôt que les effectifs continuent à décroître.
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
Avatar de l’utilisateur
com_71
 
Message(s) : 4277
Inscription : 12 Oct 2002, 00:14

Re: Faussaires et Covid-19

Message par Plestin » 20 Jan 2021, 11:50

Sinoue a écrit :Merci Plestin, as-tu des informations sur la façon dont le gouvernement anticipe la prolongation de l'épidémie à moyen terme ? Y a-t-il déjà eu des embauches dans le secteur hospitalier ? Dans quels secteurs ? En quelle mesure de nouvelles embauches se feraient au détriment de la qualité de leurs compétences? Mon médecin me dit qu'il faut plus de 5 ans pour former quelqu'un qui travaille en service de réanimation. Comment expliques-tu les licenciements chez Sanofi ?

Je ne suis pas compétent pour parler des hôpitaux, je n'ai que les mêmes informations accessibles à chacun via la presse.

Concernant les licenciements chez Sanofi, à la R&D en l'occurrence, si j'intègre les suppressions d'emplois de l'année dernière en plus des actuelles (c'est le même processus), il y a un aspect visant à réduire les coûts de fonctionnement pour toutes les fonctions support de la R&D, mais aussi arrêter certains types de tâches "de laboratoire" considérées comme banalisées (présentées comme "sans valeur ajoutée par rapport à la sous-traitance" et donc confiées à la sous-traitance), une diminution du nombre d'animaleries, et un redéploiement des sujets de recherche autour d'un moins grand nombre d'axes thérapeutiques.

Ainsi, la R&D cardiovasculaire a été stoppée, les projets en cours ont été soit arrêtés, soit cédés à d'autres entreprises intéressées, soit restitués à certains partenaires, notamment la biotech américaine Myokardia qui a récupéré, début 2020, ses projets en partenariat avec Sanofi dans l'insuffisance cardiaque. Ces projets Myokardia étaient présentés comme pas suffisamment prometteurs par Sanofi en termes de perspectives de ventes et de rentabilité. Ce n'est visiblement pas l'avis d'autres laboratoires : l'Américain Bristol-Myers Squibb a jugé bon de racheter Myokardia fin 2020 pour la modique somme de 13,1 milliards de dollars... En tout cas, l'arrêt dans le cardiovasculaire a beaucoup de conséquences sur la dimension de certaines activités (ex. : plus besoin de modèles animaux en cardiovasculaire donc arrêt des activités d'animalerie correspondantes qui étaient assez importantes).

Sanofi a aussi stoppé sa recherche dans le diabète (cela concerne davantage les sites du groupe en Allemagne) où il est devenu très difficile d'innover et de démontrer qu'un produit nouveau est supérieur à ce qui existe déjà.

La R&D sur les maladies neurologiques a été réorganisée et focalisée sur des niches plutôt que sur des axes vastes de type "maladie d'Alzheimer", "maladie de Parkinson" etc. qui recouvrent en réalité chacune un ensemble de maladies variées. Sanofi a choisi de se spécialiser sur les maladies neurologiques rares, dont certaines formes de Parkinson et certaines maladies ressemblant à Alzheimer, avec l'espoir que les connaissances acquises aideront à mieux défricher et comprendre ces sujets très complexes et éventuellement à revenir demain dans Alzheimer et Parkinson "par la grande porte". Sur un plan purement scientifique, ce n'est pas absurde. Par ailleurs, Sanofi a fait des acquisitions dans les maladies rares ces dernières années et c'est un domaine très rentable, peu d'infrastructures industrielles engagées, pas de vastes et coûteux essais cliniques sur des milliers de patients (contrairement à cardio / diabète), et des produits vendus à prix d'or.

Enfin, il y a deux domaines en nette expansion, mais cela ne se traduit pas par beaucoup de recréations de postes : l'immunologie (maladies auto-immunes) et l'oncologie (cancers). Il y a aussi les vaccins de la filiale Sanofi Pasteur. Par contre, le sujet "maladies infectieuses" approché sous l'angle du médicament (antibiotiques, antiviraux) a été externalisé auprès de l'entreprise Evotec et Sanofi a stoppé toute recherche là-dessus.

Sanofi est un grand groupe issu de fusions multiples et qui a hérité de nombreuses activités, à l'importance et à la rentabilité diverses ; il est en cours de transformation vers un profil plus "lisible" pour les boursicoteurs, autour des axes les plus prometteurs et notamment des biotechnologies. Cela signifie l'arrêt ou la cession de multiples activités. Les génériques en Europe ont été cédés récemment à un fonds d'investissement. L'activité de fabrication de principes actifs pour les tiers est en train de sortir du groupe avec 6 usines (dont Saint-Aubin-lès-Elbeuf et Vertolaye en France) et s'appellera EuroAPI. La santé grand public est en cours de filialisation dans le monde entier sous le nom d'Opella et il est évident que cela prépare une cession dans un, deux ou trois ans, qui fera sortir par exemple les usines de Lisieux et Compiègne en France ainsi que le centre de distribution d'Amilly. Régulièrement des usines sont fermées dans le monde ou, plus souvent, vendues. Les fonctions support du groupe ont été toutes rassemblées, filialisées, en partie externalisées et ont connu des réductions d'effectifs drastiques. Les restructurations à la production se multiplient, notamment dans la chimie de synthèse et les usines de comprimés, gélules, sirops, crèmes etc. Mais certains sites orientés vers les biotechnologies et la fabrication de formes injectables (seringues, flacons...) sont au contraire en expansion car ils collent parfaitement avec l'objectif de transformation du groupe.

Sinoue a écrit :Pourquoi ce groupe est autant "en retard" dans le traitement du vaccin ?

Les restructurations en R&D ont aussi touché la filiale Sanofi Pasteur, mais ce n'est pas forcément l'aspect principal. Je crois plutôt que Sanofi a trop tardé avant de se (re)lancer dans la recherche de vaccins contre la Covid-19, cherchant d'abord à apercevoir du côté des pouvoirs publics des signaux de garantie en matière de soutien et d'achat de doses, avant de muscler vraiment ses moyens sur le sujet. Le premier projet de Sanofi (celui qui a pris du retard) relève d'une technologie vaccinale plus traditionnelle (à protéine virale) qui nécessite un processus de production plus long que les vaccins à ARNm ou à ADN ; il est donc normal que ce type de projet aboutisse après les précédents. Mais Sanofi a mal estimé le dosage, trop faible pour induire une immunité suffisante chez les sujets âgés (alors qu'il induit une bonne immunité chez les autres) ce qui l'a conduit à reprendre les essais avec un dosage plus élevé. Il est possible que ce retard-là (6 mois de plus dans la vue et un vaccin pour fin 2021-début 2022 au lieu de mi-2021) soit consécutif à un problème d'organisation découlant des restructurations antérieures, sans certitude. Ce retard est d'autant plus préjudiciable pour la collectivité que, si quelqu'un a de très grosses capacités de production et a la possibilité de monter considérablement en puissance pour répondre aux besoins dans les vaccins, c'est bien Sanofi, acteur historique des vaccins (alors que Pfizer, Moderna, Johnson & Johnson et AstraZeneca sont des acteurs récents dans les vaccins, encore obligés de rechercher et superviser de multiples sous-traitants pour pouvoir produire et tenter de fournir la demande) ! Il existe un deuxième vaccin en développement chez Sanofi, de type ARNm, en partenariat avec une société dont les projets étaient moins avancés et l'expérience moins grande que BioNTech ou Moderna, d'où une arrivée plus tardive, fin 2021 également.
Plestin
 
Message(s) : 1858
Inscription : 28 Sep 2015, 17:10

Re: Faussaires et Covid-19

Message par com_71 » 20 Jan 2021, 12:30

Pourquoi ce groupe [Sanofi] est autant "en retard" dans le traitement du vaccin ?


Ce n'est même pas là qu'est le scandale. Cf. le dernier édito LO :
...L’obstacle auquel se heurte désormais la campagne de vaccination est celui de la concurrence et de la propriété privée. Pfizer et Moderna, les seuls à avoir un vaccin homologué en Europe, n’ont pas les capacités de production suffisantes. De leur côté, Sanofi, Merck ou GSK possèdent ces moyens de production, mais ils n’ont pas encore leur propre vaccin.

Le bon sens et l’intérêt collectif voudraient que ces laboratoires travaillent ensemble et qu’ils mettent en commun brevets et moyens de production pour produire au plus vite et massivement les vaccins susceptibles de sauver des vies. Mais, concurrence et profit obligent, Pfizer et Moderna veulent garder le contrôle de la poule aux œufs d’or ; quant à Sanofi, il ne fera que ce que lui dictent ses profits et, pour l’heure, il continue de chercher à mettre au point son propre vaccin...

En mai dernier, Macron déclarait : « Il est nécessaire que ce vaccin soit un bien public mondial, extrait des lois du marché ». C’était de belles paroles… en l’air ! On vérifie, une fois de plus que ce sont les groupes capitalistes, leurs actionnaires, qui détiennent le véritable pouvoir.

Les États ont leurs plans de vaccination, mais les multinationales pharmaceutiques ont le dernier mot en fixant leurs prix, leurs délais et leurs volumes. Les gouvernements leur demanderont poliment d’accélérer les cadences, mais en bons défenseurs de la propriété privée, ils s’inclineront devant les choix des labos.

...L’opacité des contrats et des prix, la rapacité des trusts pharmaceutiques, les difficultés de production et de livraison illustrent les tares du capitalisme. Il n’y aura rien de collectif et de constructif dans cette société tant que domineront la propriété privée des grands moyens de production, les lois du marché et la concurrence. Il faut les combattre parce qu’elles représentent un incroyable gâchis. Imposer la suppression des brevets et du secret commercial, imposer le contrôle ouvrier sur la production, et l’expropriation des grands groupes capitalistes, c’est une nécessité pour tous !
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
Avatar de l’utilisateur
com_71
 
Message(s) : 4277
Inscription : 12 Oct 2002, 00:14

Re: Faussaires et Covid-19

Message par Plestin » 20 Jan 2021, 12:33

Je poursuis avec les arguments des faussaires.

"Le vaccin à ARNm est en réalité une thérapie génique"

Cet argument véhiculé par Raoult, Perronne et leurs adeptes, est destiné à faire peur, en laissant entendre que le vaccin modifierait le génome, et même que cela serait susceptible de se transmettre à la descendance des personnes vaccinées. Ce n'est absolument pas le cas.

Une thérapie génique, cela consiste à intervenir sur les gènes d'une partie des cellules d'un individu, de façon à remplacer des gènes défectueux (inactifs ou bien actifs d'une mauvaise façon) qui rendent l'individu malade, par des gènes sains. Cette intervention implique donc d'apporter des modifications au génome localisé à l'intérieur du noyau des cellules. De certaines cellules seulement : aucune thérapie génique n'est actuellement capable de modifier toutes les cellules d'un individu. Si la maladie provient par exemple de la carence d'un gène conduisant à la production d'une protéine essentielle, on va introduire un gène parfaitement fonctionnel dans certaines cellules pour que la production de la protéine essentielle puisse avoir lieu quand même. Pour que la personne ne soit plus malade, il faudra que cette production (à partir d'un nombre restreint de cellules modifiées) ait lieu en quantité suffisante pour compenser les effets du déficit en protéine dû à la maladie (résultant de la carence de nombreuses cellules malades).

Pour arriver jusqu'à la production d'une protéine, le chemin habituel c'est : ADN du noyau portant l'information génétique = = > transcription de l'ADN en ARNm (messager) dans le noyau de la cellule = = > sortie de l'ARNm du noyau pour aller dans le cytoplasme de la cellule = = > traduction de l'ARNm en protéine par les ribosomes situés dans le cytoplasme = = > la protéine sort de la cellule (on va prendre ce cas de figure qui est celui qui nous intéresse ici) tandis que l'ARNm, qui n'a qu'une existence très temporaire, disparaît.

En cas d'infection par le coronavirus (virus à ARN), celui-ci fusionne avec la cellule et injecte son ARN, qui ne va pas jusqu'au noyau mais reste dans le cytoplasme le temps d'être traduit par les ribosomes en protéines assemblées en nouveaux virus entiers, qui (tout en endommageant la cellule, en pouvant la faire fusionner avec une dizaine de cellules voisines pour faire des cellules géantes, puis en tuant la cellule géante ou pas) sortent des cellules pour aller en contaminer d'autres, et ainsi de suite, entraînant une prolifération virale et une destruction massive des cellules (du poumon notamment).

Avec les vaccins à ARNm, on a un petit bout d'ARNm (codant uniquement pour la protéine "Spike", les "pointes" autour du virus, et pas pour un virus entier) encapsulé dans une petite particule de lipide. Une fois injecté, le produit entre en contact avec les cellules situées sur son chemin (en l'occurrence des cellules de muscle du bras), la particule de lipide fusionne avec la membrane de la cellule (composée elle aussi de lipides) et le contenu - petit bout d'ARNm à existence provisoire - entre dans le cytoplasme mais pas dans le noyau (il n'y a donc aucun effet sur les gènes, situés dans le noyau). Là, cet ARNm est traduit en protéine Spike, puis disparaît, tandis que la protéine Spike sort de la cellule ce qui permettra au système immunitaire d'apprendre à la reconnaître. Lorsque l'individu croisera le vrai coronavirus, il aura déjà les armes anti-Spike prêtes pour passer très rapidement à l'offensive contre le virus : il sera déjà vacciné.

L'action du vaccin se situe EN AVAL du génome et n'influe pas sur lui.

En dehors des vaccins à ARNm (Pfizer/BioNTech, Moderna, bientôt CureVac et ultérieurement le 2ème vaccin Sanofi), il y a aussi des vaccins à ADN qui, eux, pénètrent dans le noyau cellulaire... mais ne sont pas des thérapies géniques pour autant. Ce sont par exemple le vaccin AstraZeneca, celui de Johnson & Johnson ou encore le vaccin Spoutnik russe.

Ces vaccins à ADN sont composés d'un vecteur viral (il s'agit d'un virus non ou peu pathogène pour l'homme, tel qu'un adénovirus), auquel on a ôté une partie de son ADN (celle qui lui permet de se reproduire) pour la remplacer par un autre segment d'ADN qui, lui, code pour la fabrication de l'ARNm conduisant à la protéine Spike. Le virus ainsi modifié va infecter les cellules (de l'épaule) et y introduire son ADN, jusque dans le noyau. Mais c'est un ADN viral avec certaines caractéristiques qui lui interdisent de se recombiner à l'ADN de la cellule (alors que le risque existe avec de vrais virus à ADN). Donc toujours pas de modification du génome. Une fois dans le noyau, il joue son rôle : l'ADN est transcrit en ARN messager, qui sort du noyau et va dans le cytoplasme, où il est traduit en protéines par les ribosomes. Simplement, il est traduit d'une part en protéines Spike et d'autre part en autres protéines du virus incapables de s'assembler pour former un nouveau virus (à cause du segment d'ADN manquant). Puis, la protéine Spike (et éventuellement les autres) sort de la cellule et le système immunitaire s'entraîne à la combattre.

L'action de ce vaccin s'exerce un peu plus EN AMONT que celle des vaccins à ARNm. Néanmoins, elle se situe toujours EN AVAL du génome et n'influe pas sur lui.
Plestin
 
Message(s) : 1858
Inscription : 28 Sep 2015, 17:10

Re: Faussaires et Covid-19

Message par Cyrano » 20 Jan 2021, 16:12

Dans le numéro du Canard Enchaîné de ce mercredi, ça parle d'un faussaire plus vrai que nature.
C'est en page 1, sous le titre: "Mauricette enterrée par un tweet".
Le 28 décembre, un tweet signalait le décès de... la première vaccinée, Mauricette. L' auteur du tweet se présentant comme un soignant travaillant dans l'établissement où Mauricette réside.
Bien sûr, son tweet va être liké, liké, etc.
Et finalement, voici quelques jours, l'auteur avoue avoir fait une fake-news pour que les gens prennent peur et refusent ce poison qu'est le vaccin.
Si on a aimé 2020, on va adorer 2021.
Cyrano
 
Message(s) : 648
Inscription : 03 Fév 2004, 17:26

Re: Faussaires et Covid-19

Message par Plestin » 20 Jan 2021, 18:11

Cyrano a écrit :Si on a aimé 2020, on va adorer 2021.

Justement, sur ce plan, 2021 commence bien.

"Une généticienne de renom, Alexandra Henrion-Caude, estime que le vaccin est très dangereux et sa vidéo a été supprimée sur Youtube"

Là, inutile de trop rentrer dans les détails du monceau d'âneries débitées par la généticienne en question, qui se contredit d'ailleurs elle-même à plusieurs reprises (ex. : au début de la vidéo, le vaccin est une thérapie génique, et plus loin, finalement non...)

Cette vidéo (qu'il est possible de trouver ailleurs que sur Youtube, notamment sur des sites d'extrême-droite et conspirationnistes) est celle d'une interview datée du 16 janvier 2021, d'Alexandra Henrion-Caude, par la chaîne TV Libertés, elle-même fondée par un militant identitaire.

Il est utile de revenir sur le personnage.

Alexandra Henrion-Caude était effectivement une généticienne de l'INSERM, qui a été récompensée en 2013 par un organisme américain dirigé par des Républicains (dont Colin Powell et George H. W. Bush), les Eisenhower Fellowships, pour certains de ses travaux et qui est allée retirer sa récompense aux Etats-Unis. Elle en est revenue totalement changée, et ses difficultés avec ses collègues de l'INSERM ont commencé. Elle a fini par quitter l'INSERM en 2018 après avoir commencé à s'installer à l'île Maurice dès 2016.

En 2019, elle donnait cette interview mémorable (qui continuait de la présenter comme membre de l'INSERM alors qu'elle ne l'était déjà plus) :

https://www.cath.ch/newsf/leglise-doit- ... ion-caude/

Dans la fameuse vidéo retirée par Youtube, à un moment, la responsabilité actuelle d'Alexandra Henrion-Caude est mentionnée en sous-titre : "directrice de l'Institut SimplissimA". Quèsaco ? Un institut basé à Port-Louis, dans l'île Maurice, qui est censé donner des conseils en matière d'éducation à la santé en "construisant le savoir scientifique sur les solutions ancestrales multiculturelles efficaces" et dont la devise est : "un citron avec une cuillère de miel par jour tient le médecin à distance".

https://www.simplissima.org/education#overview

Dans une interview, à propos de traitements naturels contre la Covid-19 (en plus de l'association hydroxychloroquine + azithromycine + zinc, avec une réserve toutefois pour l'hydroxychloroquine), elle recommande :

"L’artemisia, qu’on appelle aussi armoise, a été promue par SimplissimA par la publication de « Yanou a le palu » au Cameroun. Elle a été proposée aussi à Madagascar pour ses pouvoirs antiviraux et antipaludéens, et présente donc un intérêt dans la lutte contre la Covid. À Maurice, j’ai le désir d’unir nos forces pour tester la brède mouroum en essai clinique et d’autres antiviraux, qui sont utilisés dans la médecine traditionnelle mauricienne."

S'il est logique de s'intéresser aux éventuelles propriétés de l'Artemisia dans la lutte contre le paludisme voire la Covid-19, cela nécessite de mettre en place des essais cliniques rigoureux. Là, avec SimplissimA, on est déjà au stade de la promotion... Or, cela représente un danger important (raison pour laquelle l'OMS ne recommande pas l'Artemisia), car les médicaments connus les plus efficaces contre le paludisme sont des combinaisons comprenant de l'artémisinine, substance présente à dose variable dans l'Artemisia. Utiliser les tisanes d'Artemisia (contre le paludisme ou la Covid-19), c'est prendre le risque de dosages aléatoires facilitant l'émergence de parasites du paludisme résistants à l'artémisinine...

Dans d'autres interviews, Alexandra Henrion-Caude fait aussi la promotion de l'ivermectine, de la vitamine C et de la vitamine D. Dans une interview à un journal mauricien, elle estime : "Les vaccins pourraient ne pas être adaptés à la population à risque qu'est Maurice", dont un quart de la population est diabétique.

Alexandra Henrion-Caude a aussi été directrice du Bureau de Développement Economique de l'île Maurice (EDB Mauritius).
Plestin
 
Message(s) : 1858
Inscription : 28 Sep 2015, 17:10


Retour vers Sciences

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 2 invité(s)