la psychiatrie en France

Et lutte contre les pseudo-sciences et les obscurantismes

Message par iko » 26 Fév 2005, 02:09

La mort du secteur psychiatrique est en marche...
[quote=" "]
Roland LEBRET
Date: 15-02-2005 22:15

Ce que je lis parfois me pousse à vous proposer ma lecture de la circulaire du 25 octobre 2004.Ce fut écrit avant les annonces du Ministre et alors que je n'avais pas connaissance du document de travail d'où il a habilement extrait ses annonces.


[b][center]MORT SUR CIRCULAIRE OU LA PSYCHIATRIE DISSOUTE DANS LA SANTE MENTALE[/center][/b]

Il nous est arrivé par le passé de combattre l'ordre psychiatrique afin d'arracher la psychiatrie à son obscurantisme et redonner la parole aux sujets.  Nous ne pensions pas alors que la psychiatrie pouvait disparaître, du moins celle à laquelle nous voulions participer.
Aujourd'hui, c'est chose faite.
La psychiatrie est coulée dans le béton de la santé mentale. Son organisation au sein de ce qui fut appelé le secteur est liquidée. C'est cette liquidation que nous conte la circulaire du 25 octobre 2004 qui, si nous n'oublions pas de l'associer à ce qui se joue autour de la réglementation des psychothérapies, transcrit la totalité du rapport Cléry-Melin, dont l'histoire pourra retenir qu'il acheva la liquidation d'une pratique en psychiatrie qui, faute de lutter, de cesser de s'interroger, a fini par accepter la bassesse des compromissions de l'ordre chimique, de l'ordre moral et de l'ordre économique.

Vous avez des besoins !
Ils ne sont pas satisfaits !
Nous allons les satisfaire !

Voilà ce que nos fossoyeurs bienveillants nous déclarent. Ils pensent ainsi nous captiver en nous invitant à ne pas penser.  Nous aurions tous des besoins en santé mentale soit pour être soignés soit pour nous sentir en sécurité face aux besoins et aux troubles des autres. Ce dernier point est un peu trop à la mode de nos jours. Il parait que la psychiatrie de secteur ne peut les satisfaire. Il est vrai qu'on a souvent oublié de lui en donner les moyens et qu'on c'est même méthodiquement efforcé de les lui enlever. En conséquence comme on n'a pas l'intention de rectifier le tir, bien au contraire, il est donc logique d'affirmer qu'elle ne pourra pas, à l'avenir, les satisfaire davantage.
Alors exit le secteur psychiatrique et vive le SROSS DE TROISIÈME GÉNÉRATION qui, aux générations précédentes, a déjà si bien oeuvré pour développer les alternatives à l'hospitalisation et les soins ambulatoires, dans le seul but de liquider le tissu des structures de l'intra et de l'extra-hospitalier public.
Voilà comment on réécrit l'histoire non pas au nom de funestes besoins mais au nom de funestes désirs. La politique de secteur se voulait, au moins pour certains, une recherche théorique et pratique qui ne partait pas des besoins mais, pour le dire le plus simplement, du symptôme. Qui refusera de voir la véritable régression mentale qu'on nous offre en nous encrant dans les besoins ! Les besoins à la place du désir et de la pensée.
Là où était la psychiatrie publique de secteur doit advenir le SROSS de troisième génération qui unira la médecine, le social, le médico-social, l'éducatif et le judiciaire et bien sûr les structures de soins privées. Le secteur n'est plus pris que par son biais fonctionnel pour soit disant assurer l'accessibilité, la continuité, la pluridisciplinarité et la fameuse qualité des soins.
Exit ce qui faisait sa particularité : la prévention, le diagnostic, les soins, la réadaptation et l'insertion sociale. Virons le maximum au social et au médico-social, aux structures privées et, pourquoi pas, au judiciaire qui a déjà amplement pris sa partie dans l'affaire. Il ne faudrait quand même pas oublier que vos besoins peuvent devenir des troubles à éradiquer. N'oublions pas non plus que pour voir nos besoins en santé mentale satisfaits, il vaut mieux que nous en ayons qui soient prioritaires parce que relevant d'une classe d'âge ou de troubles : enfants et adolescents, personnes âgées, les handicapés pour cause de troubles psychiques, les autistes et les troubles envahissants du développement, les précarisés et les exclus dont on laisse entendre qu'ils ne faut pas trop nous en occuper afin de ne pas psychiatriser le malaise social et, enfin, ceux qui ont des pratiques addictives.
A lire cette liste, pas de doute : les populations à risques ne sont pas oubliées ! De la naissance à la mort ! Et le tissu social et médico-social,éducatif et judiciaire doit être dans le coup. La psychiatrie n'est finalement nécessaire qu'à la marge et ponctuellement.
Pour que cette vaste entreprise marche bien, il faut évaluer les besoins !Actuellement des modules d'évaluation épidémiologique des besoins en santé mentale sont en cours de rodage. Disons que les régions devront évaluer toutes de la même façon à terme. Pas question de se laisser aller. La psychiatrie, coulée dans le béton de la santé mentale ainsi ferraillé, du social au judiciaire, assurera une fonction de conseil et de formation et, n?en doutons pas, disparaîtra tout à fait dans la fonction d'expertise qu'on lui aura réservé pour lui faire oublier sa mort.
Résumons : La psychiatrie publique de secteur n'a pas rempli sa mission et elle ne le pourra pas.Seuls les SROSS de troisième génération le permettront parce qu'ils réduisent la psychiatrie à n'être qu'une action ponctuelle entre des institutions et des acteurs qui en amont et en aval se chargeront de faire ce qu'elle faisait ou aurait du faire, si on lui en avait donné les moyens. Il s'agit de dépsychiatriser c'est-à-dire de mettre fin au service public de psychiatrie de secteur.
Exit donc le secteur et ses pratiques qui ont, remarquons le au passage, abrité la pratique de la psychanalyse dans de multiples secteurs à une époque dont nous nous éloignons de plus en plus.
Et vive le territoire de santé qui remplace et détruit le secteur afin de faire passer le service public de psychiatrie au médico-social et au secteur privé. Les recettes sont bien connues. L'ambulatoire se voit accolé aux soins généralistes de premier recours et l'hospitalisation complète n'existe que sous réserve que la qualité et la sécurité des prises en charge soient assurées ! Autant dire qu'elle devrait disparaître sur l'ensemble du territoire ! On nous propose de différencier les réponses aux besoins, de regrouper les patients selon le mode de placement, la durée et, bien sûr, la mutualisation des ressources disponibles, y compris avec le privé. Toutes ces mesures doivent accélérer la politique de liquidation en marche depuis ces 20 dernières années. L?intersectorialité et les fédérations doivent permettre de faire advenir le territoire qui au-delà du département peut créer des structures pour les agités, les dépendants institutionnels, les difficiles au niveau régional ou interrégional et tout ceci dans l?alliance public-privé lucratif et non lucratif, sans oublier la nécessaire délégation au social et au médico-social.
Le territoire qui va du département à l'interrégional sera aussi territoirede concertation. Exit le CDSM et vive les expériences diverses de concertation qui excluent les organisations syndicales comme les commissionsde psychiatrie, les conseils de secteurs, les conseils locaux de santé mentale etc Le tout sera parachevé par des conférences sanitaires.
Tout ce beau monde fera le diagnostic de nos besoins. Soyons certains que même nos besoins pourraient bien nous échapper !
Cette circulaire signe la mort d'une psychiatrie publique ouverte à tous et qui considère que sa tâche est d'être à l'écoute de tous ceux qui s'adressent à elle. Cette circulaire a précisément pour mission de faire qu'on ne s'adresse plus à elle et que, dissoute dans la médecine générale, le social, le médico-social, l?éducatif, le judiciaire, elle ne soit plus que l'ombre de ce qu'elle a pendant quelques décennies souhaité devenir, tout au moins dans certains lieux et dans la pratiques d'un certain nombre de ses acteurs.
Là où la psychiatrie publique de secteur a échoué, le territoire doit advenir. En Indre et Loire, Mission Massé et Commission de psychiatrie ont préparé le terrain pour ne pas dire le territoire !
La lecture que nous vous proposons de cette circulaire est une lecture qui tient compte de tout ce qui l'encadre. Il serait trop long de tout reprendre ici. Cette circulaire permettra sans doute à certains d'en faire une tout autre lecture, en se laissant aveugler par les termes de soins de proximité, de qualité, d'ambulatoire, d'accessibilité, de continuité, de cohérence, de réponses souples et évolutives.Qu'il suffise de nous rappeler que le drame de PAU aurait probablement pu être évité si la psychiatrie se voulait ouverte à toutes les demandes et qu'elle en exigeait les moyens. Le drame de PAU ne saurait faire oublier tous ceux qui se déroulent en silence.Le couple psychiatrie et santé mentale qu'on veut nous faire accepter n'est qu'une arnaque pour ne pas dire pire : une saloperie aux conséquences dramatiques. Le plan de santé mentale annoncé samedi 5 février, ne soyons pas dupe ne fera que reprendre cette circulaire, même s'il a l'habileté de le dissimuler. S'il prétend autre chose : alors il doit annoncer l'annulation de celle-ci.
[/quote]


iko
 
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Message par Quidam » 26 Fév 2005, 18:44

Voici (en PDF)

507.pdf
Quidam
 
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Message par Quidam » 27 Fév 2005, 16:59

Folie meurtrière : soins ou châtiment ?

Une émission demain soir Lundi 28 février 22h40 sur France 2

Une de plus pour l'assimiliation terrible : fou = schizophrène = Dangereux !
voci copie de la présentation sur le site de france 2 :

a écrit :  COMPLÉMENT D'ENQUÊTE 


Deux lundis par mois, en alternance avec Mots Croisés, Complément d’enquête, le magazine présenté par Benoît Duquesne, approfondit un thème de société en le déclinant sous tous ses angles. Tourné en extérieur, ce magazine alterne durant 90 minutes enquêtes, reportages et témoignages.

Folie meurtrière : soins ou châtiment ?

Pouvait-on prévoir et empêcher le drame de Pau ?
En tout cas, la mère de Romain Dupuy accuse. Son fils, l’auteur du double meurtre, n’aurait pas été correctement suivi par les psychiatres alors qu’ils le savaient atteint de délires schizophrènes. Désormais, c’est donc une bataille d’experts qui s’annonce. Romain Dupuy est-il responsable de son acte ? Peut-il être jugé ?
Chaque année, sur les 8000 non lieux prononcés par les tribunaux en France, près de 400 le sont pour des motifs d’irresponsabilité pénale. Maladies mentales avérées, signes de démence passagère : des meurtriers échappent ainsi à la justice, sur la base d’un diagnostic psychiatrique. Mais pourquoi sont-ils passés à l’acte ? Quels sont les risques de récidive ? Que faire de ces malades jugés irresponsables ?

Complément d’Enquête sur la tuerie de Luxiol,
l’un des faits divers les plus sanglants en France. Pourquoi un homme sans histoire a-t-il massacré 14 personnes en une demi-heure un jour de juillet 89 ? Comment a-t-il échappé au procès ? Qu’est-il devenu aujourd’hui ?
Nous avons retrouvé les témoins et les experts de cette affaire.

Enquête également sur ces psychiatres mandatés par la justice :
comment dépistent-ils la folie ? Quels sont leurs pouvoirs face aux juges ? Alors qu’un groupe de travail "Santé-Justice" réfléchit à l’amélioration du traitement psychiatrique des prisonniers, reportage à Sarreguemines au sein d’une Unité pour Malades Difficiles. Peut-on soigner ceux qui sont passés à l’acte ? Faut-il les enfermer à vie ? Pourquoi décide-t-on de les laisser sortir, parfois au bout de quelques semaines ?

Complément d’enquête enfin aux Etats-Unis ou des meurtriers déficients mentaux sont éxécutés. Pourquoi la justice américaine leur refuse-t-elle encore des circonstances atténuantes ? Pourquoi sont-ils jugés ?

Folie meurtrière : que faire de ceux qui sont passés à l’acte ? Les invités de Benoît Duquesne viendront répondre à cette question.

Les invités:
Marie-Laure SUSINI, psychanalyste
Jean-François BURGELIN, ancien procureur Général près de la Cour Cassation
le docteur François CAROLI, psychiatre à Sainte Anne
Laurent PIKETTY, malade interné à Sainte Anne

Les reportages :

Luxiol : autopsie d’une tuerie
Un reportage de Joël Bruandet et Matthieu Birden
 
L’assassin est non coupable
Un reportage de Vincent Fourcade & Régis Mathé

Sarreguemines : l’asile des hommes dangereux
Un reportage d’Emmanuel Gagnier & Vincent Kelner


Ces fous que l’on exécute
Un reportage de Claue Ardid et Edouard Perrin
Quidam
 
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Message par Wapi » 01 Mars 2005, 12:55

Certains ont-ils vu cette émission en grande partie lamentable, dont le leitmotiv était "les schizophrènes ( et autres psychotiques) assassins"... ?

Des réactions ?

A peine une petite voix contre les voix du délire... mais plutôt pas mal, je veux parler de la psychiatre-psychanalyste qui est intervenue sur la question du symptôme.

Ces amalgames entre la folie et le crime sont d'une perversion redoutable.... Encore un signe des temps !
Wapi
 
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Message par pelon » 01 Mars 2005, 13:22

Il ne faut pas plus sur ce sujet qu'en politique compter sur certains journalistes pour faire un travail honnête. Le sensationnel et le mensonge (quand il est utile à l'audimat) semblent être leur intérêt principal. Là il s'agissait aussi de coller à "l'opinion publique" et d'être bien démago. Critiques insidieuses aux proches de l'assassin qui "auraient dû prévoir" d'après ces conseillers d'après coup.
Quant à leur compétence, autant ne pas en parler.
pelon
 
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Message par Wapi » 01 Mars 2005, 17:54

merci Pelon pour ton témoignage.

Dans l'émission de M6 deux jours avant, j'avais trouvé lucides et justes les déclarations de la maman de Romain Dupuy.
Wapi
 
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Message par Cyrano » 02 Mars 2005, 23:31

J'ai mis plus haut, une petite info sur l'émission Alter-Ego du mardi 22 février sur France-Inter (une émission animée par Patricia martin).
L'invité était Jean Pierre Olier, Psychiatre, chef de service à l'hôpital Sainte-Anne à Paris.

En voici quelques extraits pour les internautes qui n'ont pas forcément un abonnement Internet qui permet d'écouter dans de bonnes conditions ou qui ne veulent pas se taper une heure d'émission.
Cyrano
 
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Message par Cyrano » 02 Mars 2005, 23:33

France-Inter. Mardi 22 février. Emission Alter-Ego. (suite)

Les clients potentiels…

– J.P. Olier : La prévalence – c'est à dire le taux d'incidence des maladies psychiatriques – est elle qu'elle concerne à peu près 25% de la population en général. C'est à dire un sur quatre d'entre nous, au cours de sa vie, a été, est, ou sera touché par une maladie mentale.

– P. Martin : Y'a pas d'un coté les fous auxquels on associe la psychiatrie, finalement, et puis les sains d'esprits ?

– J.P. Olier : Non, absolument pas : 25% d'entre nous, donc, qui connaîtra ou qui a connu une maladie dépressive, un trouble anxieux, un épisode délirant, un épisode d'excitation euphorique, pathologique… Donc, 25%, ce ne sont pas les autres… C'est chacun d'entre nous, potentiellement.
Cyrano
 
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Message par Cyrano » 02 Mars 2005, 23:34

France-Inter. Mardi 22 février. Emission Alter-Ego. (suite)
Un reportage où on entend Jean-Charles Pascal, nouveau président de la Fédération Française de Psychiatrie.

La fermeture des lits en psychiatrie

J.C. Pascal : Sur l'Ile-de-France, que je connais bien, tous les soirs, c'est la recherche d'un lit. Il y a plusieurs heures passées par les cadres-infirmiers pour chercher un lit de psychiatrie. Donc, ce sont des conditions de travail tout à fait négative. Ce qui nous amène à faire ressortir des patients plus tôt qu'ils devraient pour, effectivement, pouvoir accueillir d'autres qui arrivent.
Bien évidemment, on ne fait pas sortir de patients dont on sait qu'ils ont un potentiel de dangerosité mais ce contexte général, dans lequel nous travaillons, n'est pas bon, ni pour les patients, ni pour la qualité du soin qu'on peut délivrer.
Il faut cesser de fermer les lits, ce qui amène à des nécessités budgétaires. Il faut que la psychiatrie conserve un budget autonome pour pourvoir se développer et délivrer des soins de qualités.
Cyrano
 
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