La grande migration de l'Homo sapiens...

Et lutte contre les pseudo-sciences et les obscurantismes

La grande migration de l'Homo sapiens...

Message par Gayraud de Mazars » 17 Juil 2019, 12:26

Salut camarades,

Les Hommes ont toujours eu la bougeotte, les migrations sont très anciennes, ils sont, ces Homo Sapiens, sans patrie, ni frontière...

La grande migration de l'Homo sapiens
De Julie Lacaze

https://www.nationalgeographic.fr/scien ... mo-sapiens

La conquête des continents par Homo sapiens commence en Afrique, entre - 120 000 et - 60 000 ans, et s’achève autour de - 15 000 ans en Amérique, dernière terre colonisée par notre espèce.

Le plus vieil homme moderne connu à ce jour a été exhumé en 2017 à Djebel Irhoub, au Maroc. On estime son âge à 300 000 ans, soit 100 000 ans avant la date avancée jusqu’alors par les paléontologues.

De cette dernière trouvaille découle une nouvelle carte et de nouvelles théories concernant l’histoire de la grande migration humaine. Un récit, chargé de fantasmes, perpétuellement bouleversé par les découvertes paléontologiques.

Tous les non-Africains actuels descendent de quelques milliers d’individus qui ont quitté l’Afrique il y a probablement 60 000 ans. Ceux-ci étaient très proches de groupes vivant de nos jours en Afrique de l’Est, dont les Hadza de Tanzanie. Mais, comme ils ne constituaient qu’un petit sous-ensemble de la population africaine, ils n’ont emporté avec eux qu’une fraction de la diversité génétique des populations du continent.

Quelque part au cours de leur périple, peut-être au Moyen-Orient, ces Homo sapiens voyageurs ont eu des rapports sexuels avec une autre espèce, les néandertaliens. Puis, plus à l’est, ils se sont mêlés aux dénisoviens, une autre espèce éteinte du genre Homo. On estime que ces deux espèces avaient évolué en Eurasie à partir d’un homininé ayant émigré d’Afrique longtemps auparavant.

Certains chercheurs estiment même qu’une première vague d’exode d’Homo sapiens se serait déroulée il y a 120 000 ans. Mais, à en juger par nos génomes actuels, la deuxième vague d’hommes modernes venus d’Afrique, il y a 60 000 ans, a été la plus importante. Les descendants de tous ces migrants ont essaimé de par le monde.

En migrant hors d'Afrique, les humains ont dû s'adapter à divers milieux. Couleur de peau ou capacité à respirer en altitude sont deux exemples parmi maintes adaptations.

Image
Photographie de Carte réalisée par Jason Treat et Ryan T. Williams

Homo sapiens a atteint l’Australie voilà 50 000 ans, la Sibérie (- 45 000 ans), puis l’Europe (- 43 000 ans) et enfin l’Amérique du Sud (- 15 000 ans). À mesure de leurs déplacements, les hommes modernes ont formé de nouveaux groupes isolés des autres. Et c’est ainsi que, au fil du temps, chaque groupe a acquis un ensemble propre de mutations génétiques.

Pour l’essentiel, ces mutations n’étaient ni positives ni négatives. Mais, parfois, l’une d’entre elles représentait un avantage adaptatif dans un environnement nouveau. Sous la pression de la sélection naturelle, elle s’étendait alors à l’ensemble de la population locale.

Par exemple, les populations vivant sur les hauts plateaux d’Éthiopie, du Tibet et de l’Altiplano andin ont bénéficié d’une mutation leur permettant de supporter le manque d’oxygène à haute altitude. De même, des mutations ont aidé les Inuits à s’adapter au régime alimentaire d’origine marine, riche en acides gras, qu’ils avaient adopté.

La mutation concernant la couleur de la peau s’est propagée, quant à elle, assez tardivement en Europe, il y a environ 8 000 ans, via des populations venues du Moyen-Orient.

Fraternellement,
GdM
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Re: La grande migration de l'Homo sapiens...

Message par Gayraud de Mazars » 31 Oct 2019, 05:57

Salut camarades,

D'où viennent géographiquement les Homo sapiens sapiens ? D'Afrique assurément... Mais d'où en Afrique exactement ? Une partie de la réponse malgré les controverses dans cet article...

Des scientifiques pensent avoir localisé le berceau de l'homme moderne dans le sud de l'Afrique
Par Emeline Férard - Publié le 30/10/2019

https://www.geo.fr/histoire/des-scienti ... que-198381

A partir d'une étude génétique, des chercheurs affirment être parvenus à localiser l'origine des hommes anatomiquement modernes. Les premiers ancêtres auraient émergé dans une vaste zone humide aujourd'hui située au Botswana. Cette conclusion est toutefois loin de convaincre la communauté scientifique.

A-t-on enfin identifié l'origine géographique de notre espèce ? C'est ce qu'affirme une étude récemment parue dans la revue Nature. Selon ces travaux, l'homme anatomiquement moderne aurait émergé il y a quelque 200.000 ans dans une vaste zone humide nommée Makgadikgadi. Une région aujourd'hui asséchée située au sud-est du delta de l'Okavango au Botswana.

Cette conclusion est le fruit d'une vaste étude génétique et s'attaque à un débat de longue date sur la localisation exacte du "berceau de l'humanité". "Il est clairement apparu depuis quelques temps que les hommes anatomiquement modernes sont apparus en Afrique il y a environ 200.000 ans", a expliqué le professeur Vanessa Hayes du Garvan Institute of Medical Research et principale auteure de l'étude.

En revanche, "la localisation exacte de cette émergence et la dispersion ultérieure de nos premiers ancêtres est débattue depuis longtemps", a-t-elle poursuivi. Pour tenter d'élucider le mystère, la généticienne et ses collègues se sont intéressés à l'ADN de 1.200 personnes vivant aujourd'hui dans le sud de l'Afrique. Plus précisément, à l'ADN dit mitochondrial qui a la particularité d'être transmis par la mère.

Dans cet ADN, les spécialistes distinguent aujourd'hui deux lignées dont L0 et plusieurs sous-lignées qui sont le fruit de séparations ayant eu lieu au cours de l'histoire. "L'ADN mitochondrial forme une capsule temporelle de nos mères ancestrales, en accumulant lentement les changements au fil des générations", a précisé le Pr Hayes dans un communiqué.

"Comparer l'ADN [mitochondrial] complet, ou mitogénome, de différents individus fournit des informations sur la proximité qui les lie", a-t-elle ajouté. A partir des échantillons génétiques et en considérant la distribution des sous-lignées, l'équipe pense ainsi être parvenue à reconstituer l'arbre généalogique de ce qu'elle nomme Homo sapiens sapiens et à découvrir où et quand les deux grandes lignées sont apparues.

Une oasis propice à l'homme anatomiquement moderne ?

Leurs conclusions indiquent que la plus ancienne lignée remonterait à 200.000 ans et que le berceau de l'homme anatomiquement moderne se trouverait donc au sud du bassin du Zambèze, au Botswana, dans la région appelée Makgadikgadi. Aujourd'hui, celle-ci n'a rien d'une zone humide, elle abrite même un vaste désert de sel mais ça n'a pas toujours été le cas.

Des recherches ont montré que cette zone était autrefois le siège du plus grand lac d'Afrique, le Makgadikgadi, apparu il y a quelque deux millions d'années avant de s'assécher il y a environ 10.000 ans. Et ce lac aurait fourni une oasis particulièrement riche aux hommes modernes et à la faune sauvage dans cette région victime à l'époque d'intenses sécheresses, d'après des modèles climatiques.

"Avant l'émergence de l'homme moderne, le lac a commencé à s'écouler à cause de changements dans les plaques tectoniques sous-jacentes", a indiqué le Dr Andy Moore, géologue à l'Université Rhodes en Afrique du Sud et co-auteur de l'étude. "Ceci aurait créé une vaste zone humide, qui est connue comme l'un des écosystèmes les plus producteurs pour abriter de la vie".

Pendant 70.000 ans, Homo sapiens sapiens serait ainsi resté confiné dans cette région du sud de l'Afrique, d'après l'équipe du Pr Hayes. Jusqu'à ce que des changements affectant le climat et notamment les précipitations n'ouvrent de nouveaux couloirs de végétation, déclenchant des migrations de population il y a 130.000 et 110.000 ans.

"Les premiers migrants se sont aventurés vers le nord-est, suivis d'une seconde vague de migrants qui a voyagé vers le sud-ouest. Une troisième population est restée sur place jusqu'à aujourd'hui", a détaillé la généticienne australienne. Ces séparations auraient provoqué une diversification de l'ADN mitochondrial, aboutissant aux sous-lignées observées aujourd'hui.

Un scénario controversé

Si le scénario peut sembler convaincant, il est loin de séduire la communauté scientifique qui pointe notamment du doigt la méthode utilisée. De nombreux spécialistes ont dénoncé l'absence d'analyses de fossiles et ont affirmé que l'ADN mitochondrial, qui ne représente qu'une petite partie du génome, est largement insuffisant pour retracer l'histoire lointaine d'une population.

"Reconstruire l'ascendance profonde à partir de l'ADN mitochondrial, c'est comme reconstruire une langue à partir de quelques mots", a illustré pour le site The Atlantic, Chiara Barbieri, généticienne et anthropologue de l'Université de Zurich. D'autres études menées sur des génomes complets ou sur l'arbre généalogique du chromosome Y (transmis par le père) ont ainsi abouti à des conclusions différentes.

Pourtant, les travaux publiés par le Pr Hayes et son équipe n'en font pas mention, a déploré Chiara Barbieri. D'autres scientifiques ont également souligné le fait que ces recherches semblent ignorer que notre espèce, Homo sapiens, semble être apparue il y a bien plus de 200.000 ans. Le plus vieux fossile connu à ce jour sont des restes humains découverts en 2017 au Maroc et datés d'environ 280.000 ans.

Plus récemment, la découverte en Grèce d'une mâchoire attribuée à Homo sapiens et vieille de 210.000 ans suggère que l'espèce serait arrivée bien plus tôt qu'on ne pensait en Europe. Et donc bien avant les migrations avancées par la récente étude. Interrogée par The Atlantic, le Pr Hayes a souligné que les recherches portaient spécifiquement sur l'homme anatomiquement moderne.

Or, nombre des fossiles affichent un mélange de caractères archaïques et modernes qui permettent de les désigner Homo sapiens mais pas de les faire ressembler aux humains actuels. Le Pr Hayes n'exclut donc pas que l'espèce se soit dispersée à travers l'Afrique auparavant mais elle avance qu'une seule des lignées aurait survécu, aboutissant à l'émergence des hommes d'aujourd'hui.

Là encore, l'argument peine à convaincre. Interrogée par The New Scientist, Eleanor Scerri, chercheur au Max Planck Institute for the Science of Human History, a relevé que "les constellations de caractères qui nous définissent aujourd'hui ne sont apparues chez aucun individu avant entre 100.000 et 40.000 ans", remettant en question le nouveau scénario.

En septembre dernier, cette scientifique et son équipe ont d'ailleurs publié une étude mettant en lumière une théorie qui gagne du terrain face aux récentes découvertes : les hommes modernes auraient bien émergé en Afrique mais pas à un endroit particulier. Ils seraient le fruit d'un réseau interconnecté de populations réparties à travers le continent. Le débat sur le berceau de l'humanité est donc loin d'être clos.


Fraternellement,
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Re: La grande migration de l'Homo sapiens...

Message par Gayraud de Mazars » 13 Nov 2019, 07:04

Salut camarades,

La génétique confirme que la Rome antique était un melting-pot migratoire...

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_l ... Rc4PlOUDd0

L’analyse de 127 génomes de squelettes de la région de Rome datant des 12.000 dernières années montre que la capitale impériale était peuplée d’immigrés originaires de la Méditerranée orientale et du Moyen-Orient, selon une étude parue jeudi dans la revue Science.

C’est la première fois que la génétique vient confirmer avec autant de détails l’histoire de Rome, qui régna plusieurs siècles sur tout le pourtour méditerranéen.

Lorsque Rome était la capitale de l’empire (de 27 avant J.-C. à 300), les Romains ressemblaient aux populations méditerranéennes actuelles, similaires aux Grecs, Maltais, Chypriotes et Syriens, écrivent les auteurs emmenés par des chercheurs de Stanford et d’universités italiennes.

Les nouvelles techniques d’analyses d’ADN antiques ont permis de reconstruire les transitions de population au fil des millénaires et de l’ascension de Rome.

Les plus vieux squelettes analysés sont ceux de trois chasseurs-cueilleurs ayant vécu environ 10.000 à 7000 ans avant notre ère. A l’époque, ces "Italiens" ressemblent à leurs congénères de l’autre côté des Alpes.

Puis l’apparition de l’agriculture et de l’élevage, au Néolithique, a vu l’apparition d’agriculteurs originaires d’Anatolie (Turquie moderne), comme dans toute l’Europe.

"La diversité était absolument écrasante"

Entre 900 et 200 ans avant notre ère, Rome a commencé à se différencier du reste de l’Europe. Elle se transforme en ville majeure, l’immigration augmente, la population enfle. Les génomes de cette période révèlent la présence d’individus originaires du Moyen Orient et d’Afrique du Nord.

Puis Rome devint la capitale d’un Empire de 50 à 90 millions de personnes, et elle-même compta un million d’habitants. Les ethnicités changent alors de façon spectaculaire, avec une grande majorité provenant de l’est de la Méditerranée.

Sur 48 génomes, les chercheurs n’ont trouvé que "très peu d’individus majoritairement originaires d’Europe occidentale", écrivent-ils. Seulement deux.

"La diversité était absolument écrasante", a dit à la revue Science l’un des auteurs, Ron Pinhasi, de l’université de Vienne, qui a extrait l’ADN des ossements.

Cette diversité a ensuite diminué après le déplacement de la capitale à Constantinople (aujourd’hui Istanbul) en 330 et la scission de l’Empire, provoquant le déclin de Rome. A partir du Moyen Âge, les Romains ressemblaient de nouveau au reste des Européens.

"Les gens imaginent peut-être que le niveau de migrations qu’on observe de nos jours est un nouveau phénomène", a dit à Science Jonathan Pritchard, généticien à Stanford. "Mais les ADN antiques montrent bien que les peuples se mélangent fortement depuis longtemps."


Fraternellement,
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