Non à la guerre entre travailleurs
Le Pen est entrée en campagne et son axe politique est très clair : c’est haro sur les travailleurs immigrés. C’est une diversion, et c’est à vomir.
Qui nous rackette quand on passe aujourd'hui à la pompe à essence ? Les immigrés ou les rapaces qui sont à la tête de Total et Cie et qui encaissent des milliards ? Qui ferme usine après usine, privant de leur seul gagne-pain les travailleurs de toutes origines, sinon une bande de parasites et d’héritiers comme les Peugeot, les Agnelli, les Mulliez ? Qui écrase nos salaires et fait reculer nos conditions de travail, le voisin pauvre d’à côté au RSA ou les grands actionnaires qui n’ont jamais mis les mains dans le cambouis ?
Le Pen prétend résoudre le problème du logement. Mais sa « solution » n’est pas d’imposer à Vinci ou à Bouygues de construire ni de rénover plus de logements. Ce n’est pas de réquisitionner les logements vides. C’est d’instituer « la préférence nationale ». Elle veut priver de logement des aides à domicile, des ouvriers, des agents d’entretien…, enfin tous ceux indispensables à la marche de la société.
Les travailleurs immigrés pourront passer leur vie à construire et rénover les logements sociaux à s’en casser le dos, mais ils ne pourront pas y habiter ! Et quand Le Pen parle de supprimer les APL aux uns, ce n’est pas pour augmenter les allocations des Français qui en ont besoin, mais pour renflouer les caisses de l’État en lieu et place des plus riches.
Cette manière de diviser et d’opposer les travailleurs les uns aux autres, alors que nous partageons tous des conditions de travail et de vie de plus en plus dures, est révoltante.
Les travailleurs forment un seul camp
Il faudrait que les travailleurs se déchirent entre eux pour savoir qui aura droit à un logement, qui aura un salaire, qui aura une place en crèche ou qui sera correctement pris en charge à l’hôpital ? Et encore une fois, les travailleurs immigrés n’auraient que le droit de trimer ?
Si l’on raisonne ainsi, si l’on ne comprend pas qu’il nous faut nous attaquer aux seuls et uniques parasites et profiteurs, c’est-à-dire au grand patronat, nous reculerons encore.
Les fils et filles de Bernard Arnault n’auront jamais à attendre des années pour accéder à un logement social. Ils possèdent plusieurs palaces et résidences secondaires dans différents pays.
Ils disposent de cliniques privées et de médecins particuliers, ils n’auront jamais à se mettre sur une liste d’attente pour se faire opérer. Lorsque nous, travailleurs, nous ne pouvons plus aller voir nos parents ou nos amis le week-end parce que l’essence est devenue trop chère, eux claquent des milliers d’euros en une seule soirée.
Nos seuls ennemis
En ce moment,un milliardaire imbu de lui-même, MC Pao, fait le tour des plateaux télé, dégoulinant de mépris pour le monde du travail. Il explique que son train de vie s’élève à 20 millions d’euros par an et qu’il peut dépenser 200 000 € en un dîner. Que son entreprise hospitalière, car il fait partie de ceux qui font leur beurre sur notre santé, va licencier des administratifs qui seront remplacés par l’intelligence artificielle. Et il ne s’agit là que d’un petit milliardaire par rapport à d’autres, plus discrets, qui accumulent des dizaines de milliards et nuisent à bien plus grande échelle.
C’est du côté de ces milliardaires qu’il faut regarder, car ce sont eux qui captent le fruit de notre travail, du travail commun des Français et des immigrés.
Le Pen veut que les travailleurs se fassent la guerre. C’est à nos exploiteurs qu’il faut la faire. Quelles que soient l’origine ou la couleur de peau, se lever à 4 heures du matin est épuisant pour tout le monde. Répéter mille fois le même geste sur une ligne de montage use les mêmes tendons et les mêmes nerfs. Contre les démagogues du genre de Le Pen et contre le patronat qui se servent de toutes les ficelles possibles pour nous diviser, il faut reprendre conscience de nos intérêts communs.
Reprendre le chemin de la lutte de classe
Pour ne plus être écrasé par le rouleau compresseur de la bourgeoisie, il faudra sortir de notre passivité. Le 29 septembre, les salariés de la fonction publique et les pompiers sont appelés à faire grève pour leur salaire et plus de moyens. C’est, en fait, le problème de tous les salariés.
D’autres aimeraient « reprendre les ronds-points », comme ce fut le cas pendant le mouvement des gilets jaunes. Si la volonté d’agir se répand vraiment dans le monde du travail, il faudra qu’elle se tourne contre les capitalistes qui nous condamnent à partager les miettes qu’ils veulent bien nous laisser.
Nathalie ARTHAUD