Le camarade F.X. Breton est mort...

Le camarade F.X. Breton est mort...

Message par Gayraud de Mazars » 17 Avr 2026, 12:38

Salut camarades,

Mon cher F.X. [François Xavier] Breton (1965 - 2026)... Mon camarade est parti hier après midi...

FX Breton.jpg
Le camarade FX...
FX Breton.jpg (29.04 Kio) Consulté 1525 fois


On était de la même génération militante. On se connaissait depuis les grèves étudiante de 1986 à Dijon, toi pilier du PCI lambertiste à la fac, moi déjà à la Ligue communiste révolutionnaire, mais tout deux plus tard dans la même tendance de l'UNEF ID, la LEAS...

Tu avais en 1988 animé les comités Juquin à Dijon, lors de la présidentielle, et présidé à l'université un grand meeting avec Juquin.

Passé en Argentine et au MAS moréniste pour militer, tu m'écrivais régulièrement m'envoyant la presse révolutionnaire et tu étais revenu bien malade.

On se voyait régulièrement à la Fête de l'Humanité où tu venais sur le stand La Riposte me voir, et discuter comme d'habitude à refaire le monde !

Toute ta vie consciente, tu es resté un trotskiste solide, un militant de la cause prolétarienne pour la 4ème Internationale...

Tu aimais tellement la vie et le tango !

Adieu mon cher camarade !

Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
Avatar de l’utilisateur
Gayraud de Mazars
 
Message(s) : 3049
Inscription : 23 Avr 2014, 12:18

Re: Le camarade F.X. Breton est mort...

Message par Gayraud de Mazars » 14 Juil 2026, 08:48

Salut camarades,

Difficile de résumer en quelques lignes la vie de mon camarade François-Xavier Breton, ami de 40 années, voici les mots de Jean Vigreux pour ses obsèques...

François-Xavier,
Cher « F-X »,

C’est avec stupeur que j’ai lu le message de ton frère E. jeudi dernier nous annonçant ton décès. Je te savais malade, très malade, mais à chaque fois tu savais rebondir avec l’appui de la médecine, de la science que tu soutenais sans faille face à tous les obscurantismes. Ton attachement à la raison, mais aussi au service public forçaient le respect.

Ce sont des valeurs que nous partagions depuis le milieu des années 1980 lorsque tu as rejoint la Fac, comme étudiant en histoire. A l’époque nous étions engagés au sein du syndicat étudiant l’UNEF-ID, mais également au Parti communiste internationaliste. Ton militantisme était exemplaire, tu vendais mieux que tous le journal Informations Ouvrières, tu portais la contradiction aux adversaires et tu essayais toujours de convaincre.

Militant de tous les instants, tu as participé à toutes les luttes des années 1980 dénonçant le stalinisme et les impérialismes en particulier celui des États-Unis en Amérique centrale et en Amérique latine. Du Nicaragua à l’Argentine tu connaissais au mieux les enjeux, les logiques politiques, sociales, culturelles et géopolitiques. Tu es même parti un temps en Argentine pour militer au MAS (Mouvement pour le socialisme). C’est à ce moment que tu as eu tes premiers soucis de santé.

En 1988, tu as animé sur le campus la campagne de Pierre Juquin, avec la venue de David Assouline et du candidat à l’amphithéâtre Roupnel qui était bondé, soulignant les espoirs d’une jeunesse, mais qui ne s’est pas traduit dans les urnes avec 2,1% des suffrages.

Au cours de ces années tu as continué tes études et tu a soutenu en 1992 brillamment ton mémoire sur La scission du PCI (parti communiste internationaliste, section française de la IVème Internationale en 1952).

Puis nos chemins se sont éloignés, tu t’es installé en région parisienne comme fonctionnaire où tu militais à la CGT-Force-Ouvrière, mais à chaque fois que tu revenais dans la région on essayait de se voir.

Depuis plus de trente ans, un rituel s’était installé, nous nous retrouvions à la fête de l’Humanité, où tu aimais venir débattre, prendre un verre ou même déjeuner ensemble avec mon cher L. G, ou te faire signer un ouvrage.

Outre cet engagement de tous les jours, tu étais passionné par le Tango, mobilisant tes souvenirs de ton séjour argentin.

Il y a trois ans, nous avons échangé sur un sujet singulier, celui de la déportation des Tsiganes ou Manouches. Tu m’avais demandé une bibliographie ou des articles précis, car tu voulais lire comme toujours les thèses récentes sur la question, les débats historiographiques que tu maitrisais déjà. J’ai pu dans ce moment, comme dans d’autres, saisir au mieux une forme de pudeur et de respect envers une histoire familiale, mais tu savais rester discret.

Les dernières discussions que nous avons eues étaient liées à la laïcité dans le pays, mais aussi dans le monde, le retour du fanatisme religieux et la place des caricatures et de la liberté d’expression. Dans ce bouillonnement des échanges, celui, qui était le plus important à tes yeux, était celui des différents combats à mener contre l’extrême-droite. Ces dialogues me manqueront, nous manqueront à toutes et tous, à tes proches. En ces moments douloureux, j’ai une pensée émue et fraternelle pour ta famille, tes amis.

Au revoir François-Xavier.
Ton ami et camarade Jean Vigreux


Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
Avatar de l’utilisateur
Gayraud de Mazars
 
Message(s) : 3049
Inscription : 23 Avr 2014, 12:18


Retour vers Divers

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 4 invité(s)