S'occuper en musique

Re: S'occuper en musique

Message par artza » 21 Mai 2020, 15:30

...rien à voir avec le défunt Cyrano de la lace Blanche affectionné par A. Breton ;)
artza
 
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Re: S'occuper en musique

Message par Byrrh » 21 Mai 2020, 16:45

artza a écrit :Après ça on peut toujours aller s'en jeter un petit au Cyrano. Un p'tit bar qui vaut le détour ;) place Clichy côté Bd des Batignolles au début de la rue Biot.

Superbe décoration 1900 avec mosaïques, peintures sur verre et miroirs...
Byrrh
 
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Re: S'occuper en musique

Message par Cyrano » 21 Mai 2020, 21:28

«La musique est le plus cher, mais le plus désagréable des bruits.» Théophile Gautier.
Parlait il de la musique bruitiste, concrète?
Avait-il en tête "Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée " d'Alfred de Musset, prémonitoire des "Variations pour une porte..."?
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Re: S'occuper en musique

Message par Plestin » 23 Mai 2020, 14:10

Voici un groupe qui a débuté dans les rues d'Istanbul, "Light in Babylon", autour d'une chanteuse israélienne d'origine iranienne, d'un percussionniste turc et d'un guitariste français.

Light in Babylon - Baderech El Hayam :

https://www.youtube.com/watch?v=2hHfAan74ek

Un groupe israélien passionné par toutes les musiques orientales, le "Habibti Ensemble" :

Habibti Ensemble - Edom (très beau clip, uniquement musical) :

https://www.youtube.com/watch?v=TLi-_EXDTQ0

Habibti Ensemble - Baghdad (en live à Jérusalem) :

https://www.youtube.com/watch?v=bkUYJImXlrQ

Dans un tout autre style, le groupe A-WA, trois soeurs arabes juives d'origine yéménite.

Cette chanson-ci est extraordinaire par ses paroles qui évoquent un épisode historique peu connu sur la façon déplorable dont les Juifs yéménites ont été accueillis en Israël :

A-WA - Hana Mash Hu Al Yaman ("Ici c'est pas le Yémen", dans les deux sens : positif et négatif)

https://www.youtube.com/watch?v=iD90UbVXZSE

Paroles de "Ici c'est pas le Yémen" :

Terre de blé et d'orge, de raisins et d'olives,
de figues, de grenades, de dattes et de maisons (x4)

Où vais-je implanter ma maison ?
(Tu as une tente pour l'instant !)
Ou au moins une petite cabane ?
(A partager avec quatre autres familles !)
Et ici je fonderai une famille
(Ne les laisse pas prendre ta fille !)
Je vais me trouver un emploi avec un revenu
(Soit du nettoyage, soit le travail de la terre !)
Et j'apprendrai la langue
(Perds l'accent !)
Avec le temps je me sentirai intégrée
(Ici c'est pas le Yémen !)
Où vais-je implanter ma maison ?
(Tu as une tente pour l'instant !)
Ou au moins une petite cabane ?
(A partager avec quatre autres familles !)

Je suis venu vers toi en fuyant
Tu m'as vu comme un arriéré
Je suis venu vers toi en fuyant
Je t'ai vu comme un dernier recours

Où vais-je implanter ma maison ?
(Tu as une tente pour l'instant !)
Ou au moins une petite cabane ?
(Partagée avec quatre autres familles !)
Et ici je fonderai une famille
(Ne les laisse pas prendre ta fille !)
Je vais me trouver un emploi avec un revenu
(Soit du nettoyage soit le travail de la terre !)
Ici c'est pas le Yémen,
Ici c'est pas le Yémen
Je suis venu vers toi en étranger (ou vers toi, étranger ?)
Ici c'est pas le Yémen
Ici c'est pas le Yémen
Ici c'est pas le Yémen
Je suis venu vers toi en étranger
Ici c'est pas le Yémen

Je suis venu vers toi en fuyant
Tu m'as vu comme un arriéré
Je suis venu vers toi en fuyant
Je t'ai vu comme un dernier recours

Terre de blé et d'orge, de raisins et d'olives,
de figues, de grenades, de dattes et de maisons (x2)


Cette chanson m'a interpellé et en cherchant sur wikipédia des infos sur les populations juives du Yémen j'ai trouvé ceci :

Juifs yéménites

Les Juifs yéménites sont des Juifs qui vivaient, ou dont les ancêtres récents vivaient au Yémen, dans la pointe sud de la péninsule Arabique. Ils forment un groupe majeur des Juifs arabes et plus largement des Juifs orientaux dits Mizrahim.
Localisation Yémen (orange), Israël (vert)

Membres de l'une des communautés juives les plus anciennement établies, ils ont émigré à partir du XIXe siècle en Israël, où ils se trouvent actuellement pour leur majeure partie.

(...)

Émigration en Palestine encouragée par le mouvement sioniste, 1910-1918

Cette vague d'émigration a fait l'objet de nombreux travaux historiques parce qu'elle met en contact pour la première fois les juifs yéménites et les sionistes européens. Certains historiens y voient le moment de formation d'un type de rapports qui se perpétuera par la suite en Israël.

Motivations des Juifs yéménites

L'émigration qui eut lieu au début du XXe siècle n'obéit pas à des raisons religieuses, et n'est pas due non plus à l'oppression musulmane, mais aux avantages économiques offerts par le mouvement sioniste (remboursement des frais de voyage).

Selon le rapport de Shmuel Yavnieli, envoyé au Yémen par l'Organisation sioniste mondiale en décembre 1909 pour y recruter des travailleurs, les communautés juives de ce pays sont prospères et vivent en sécurité, du moins autant que la société musulmane yéménite. En contradiction avec l'idéologie sioniste dont il est pourtant un porte-parole, Yavnieli attribue la réussite des juifs yéménites à un haut degré d'intégration dans l'environnement musulman.

Main d'œuvre juive bon marché

Un problème insurmontable se pose en Palestine aux sionistes dans les années 1900 : de nombreux travailleurs juifs européens quittent la région où ils n'ont pas d'avenir économique. En concurrence avec les travailleurs arabes, ils ne sont pas embauchés par les planteurs juifs, leurs exigences salariales étant trop élevées. L'Organisation sioniste pense avoir trouvé une solution pour exclure des colonies juives les ouvriers arabes palestiniens : "employer des Juifs arabes", qui se contentent de bas salaires. La main-d'œuvre juive yéménite est destinée à "remplacer la main d'œuvre arabe des colonies juives tout en maintenant leur caractère hébraïque". En 1910, 2000 juifs yéménites sont ainsi "importés" en Palestine". On leur réserve des quartiers séparés notamment à Hadera, Rehovot, Petah Tikva, Kinneret.

Ils reçoivent des salaires inférieurs à ceux des travailleurs ashkénazes pour le même travail. Dans les années 1905-1914 le salaire moyen d'un journalier arabe palestinien versé par un fermier juif est de 5 à 8 piastres. Le journalier juif yéménite reçoit entre 6,2 et 8 piastres, parfois 9 piastres. Quant à l'ouvrier agricole ashkénaze, il reçoit 12,4 piastres. Le salaire des Yéménites ne leur permettait pas de satisfaire leurs besoins vitaux, pas même de se nourrir suffisamment : alors que les Arabes palestiniens exerçaient une autre activité salariée, qui leur assurait leur revenu principal, et ne pratiquaient que de manière saisonnière le travail agricole, les Yéménites, eux, dépendaient entièrement de leur maigre salaire de journaliers. "Ils formèrent un prolétariat vivant aux marges de l'économie de plantation".

Yaakov Tehon de l'Organisation sioniste justifie ainsi l'établissement permanent de familles yéménites en Palestine et non d'ouvriers adultes seulement : "Cela permettrait d'employer des femmes et des jeunes filles pour remplacer les femmes arabes actuellement payées très cher dans presque toutes les familles de colons".

Taux de mortalité élevé

Le taux de mortalité des Yéménites immigrés est tragiquement élevé : 124 Yéménites de Petah Tikva périrent entre 1912 et 1918, soit 40 % de l'effectif. S'il est vrai que pendant la guerre, le taux de mortalité a connu une hausse générale, la différence par rapport à la population ashkénaze est très nette. Ainsi, à Rechovot, sur 900 ashkénazes, 75 moururent entre 1914 et 1918, soit 8,3 % ; sur 237 Yéménites, 101 moururent pendant la même période, soit 42,6 %.

"Des travailleurs yéménites ont contracté la malaria après avoir été envoyés travailler dans des marais, cependant le comité du village refusa de payer les soins. Selon la chercheuse Nitza Druyan, la première année, 60 Yéménites périrent dans les villages de Petah Tikva et Hadera réunis. Ils étaient logés dans des endroits comme des étables ou devaient parfois dormir dans les champs".

Plusieurs chercheurs ont souligné le rapport entre ce taux de mortalité élevé et le fait que les besoins élémentaires des juifs yéménites ont été négligés. A la malnutrition et aux conditions sanitaires déplorables s'ajoutait le travail intensif ; ainsi les enfants et les femmes yéménites pouvaient travailler plus de dix heures par jour.

Ségrégation ethnique

Les ashkénazes ont exclu les Yéménites des programmes d'achat des terres, les ont maintenus dans le statut de salariés, avec un rang inférieur sur le marché du travail ; ils les ont exclus des kibboutz, villages collectivistes juifs créés en Palestine dès 1910. Ils ont ainsi déterminé la formation d'une identité séparée des Yéménites dans la société israélienne émergente. Ainsi, selon l'historien Gershon Shafir, la ségrégation dont sont victimes les juifs yéménites n'est pas seulement liée à la spécificité de leur héritage culturel.

Le statut social supérieur des ashkénazes en Israël est souvent attribué au fait qu'ils étaient des pionniers en Palestine, alors que les Juifs orientaux auraient émigré plus tard. Pourtant, les juifs yéménites ont fait partie des vagues de première et deuxième émigrations. Alors que des travailleurs ashkénazes comme Ben Gourion, Ben Zvi, Berl Katznelson sont parvenus à des positions de leadership, aucun Yéménite n'a jamais acquis une prééminence comparable. De toute évidence, l'antériorité de la présence en Palestine n'est nullement un facteur déterminant de mobilité sociale et politique. Les juifs yéménites ne sont pas moins que les juifs ashkénazes des "pionniers" en Palestine, mais ils ont été effacés en tant que tels de la mémoire sioniste.

Les juifs yéménites ont pâti du conflit israélo-arabe, et du fait d'être considérés comme des Juifs arabes, payés au "tarif arabe", selon Gershon Shafir. Dans leurs lettres des travailleurs juifs yéménites rendent compte des insultes des contremaîtres juifs européens : ils étaient traités d'Arabes (terme utilisé ici dans une intention injurieuse), de crétins, de sauvages.

Ella Shohat parle de l'attitude colonialiste des juifs européens en Palestine à l'égard des Arabes comme des Juifs arabes : "L'exploitation économique et politique des Yéménites allait de pair avec les sentiments classiques de supériorité des Européens."

Discours sioniste concernant les Juifs yéménites

Ben Gourion et Arthur Ruppin ont opposé les ouvriers yéménites, « simples travailleurs », éloignés des nobles motivations socialistes et nationalistes, aux ouvriers ashkénazes, qualifiés d'« idéalistes », capables de se dévouer à un idéal, de créer de nouveaux modèles de vie.

Dans le journal Ha'Tzvi on pouvait lire : le juif oriental "est un travailleur simple, naturel, capable d'accomplir toutes sortes de tâches, sans honte, sans philosophie, mais également sans poésie. Et M. Marx est tout aussi absent de la poche de son veston que de son esprit. Je ne veux pas dire que l'élément yéménite devrait rester dans sa situation actuelle, à savoir dans son état présent de sauvage et de barbare".

Les ashkénazes ont justifié leur action en parlant le discours de la vertu républicaine : ils avaient renoncé au confort d'une émigration dans les villes américaines pour se joindre au projet sioniste ; ils étaient légitimes pour dicter ses valeurs à la nouvelle société juive. En revanche, les juifs yéménites n'obéissaient pas à des convictions idéologiques sionistes, ils n'étaient que des "travailleurs naturels".

Le traitement réservé aux juifs yéménites préfigure l'installation des juifs orientaux dès les années 1950 dans des villes de développement où, selon l'historien Gershon Shafir, ils furent employés comme main-d'œuvre bon marché.

Émigration en Palestine organisée par l'Agence juive, 1929-1939

Si entre 1919 et 1928, l'Organisation sioniste du travail envoie des lettres à la communauté yéménite pour encourager l'émigration (si bien que 1413 nouveaux arrivés sont recensés pendant cette décennie), l'année 1929 marque un tournant décisif : l'Agence juive ouvre alors un bureau de l'émigration à Aden en vue de faciliter le voyage pour la Palestine mandataire. Grâce à des moyens logistiques considérablement accrus, le nombre des immigrants augmente : de 1932 à 1939, 6416 Juifs yéménites arrivent en Palestine.

Les motivations des Yéménites sont d'abord économiques, liées à la dépréciation du riyal (monnaie du Yémen) de 50 %, à la sécheresse, aux difficultés de communication entre la côte et l'intérieur qui gênent le commerce, selon les rapports des émissaires sionistes ; à cela s'ajoutent des persécutions religieuses dont l'importance est diversement estimée par les agents sionistes.

Le nombre de « certificats » délivrés par l'Agence juive aux immigrants étant en nombre limité, les chefs de la communauté juive yéménite ont produit, selon Bat-Zion Eraqi Klorman, une image excessivement pathétique de la condition des Juifs au Yémen, dans le but d'obtenir le plus grand nombre possible de certificats pour leurs compatriotes. Ainsi, ils ont présenté le statut légal de dhimmis des Juifs yéménites comme une source de persécutions, et l'émigration comme une question de vie ou de mort, ce qui ne serait pas exact selon la même historienne israélienne.

Quant aux motivations de l'Agence juive, elles sont également d'ordre économique, et conduisent à la sélection des immigrants. Seuls les hommes de moins de 35 ans, en bonne santé, qui ont des capacités pour le travail manuel, recevaient des certificats à cette époque.

(...)

Émigration en Israël : 1949-1950

La communauté juive a déjà en grande partie quitté la péninsule Arabique avant la Seconde Guerre mondiale, mais l’effet cumulé de la mort de l’imam Yahia en 1948 (garant de la paix civile durant de nombreuses années), des violences antisémites, notamment lors du pogrom d'Aden en décembre 1947 et de l’indépendance d’Israël, précipite brusquement le mouvement. Enfin, la population juive du Yémen, traditionnellement très pieuse, voit dans la fondation d’Israël un accomplissement prophétique précédant le rassemblement des exilés.

En 1949, pratiquement toute la population juive du Yémen choisit l'émigration lors de l'opération Tapis volant. Un camp de transit nommé Guéoulah (rédemption) est organisé à Aden pour les accueillir, parfois durant de longs mois avant qu’ils puissent partir en Israël. De là un pont aérien est monté par les autorités israéliennes pour accomplir le transfert. L’opération concerne en tout 49 000 personnes, seuls 1 200 juifs décidant de rester au Yémen.

En juillet 2009, après l'exfiltration vers New York d'une soixantaine de juifs, il reste seulement 290 membres de cette communauté au Yémen.

En mars 2015, le journal américain The New York Times rapporte des cas de persécutions de juifs du Yémen par les Houthis, idéologiquement antisémites.

Le 21 mars 2016, l'Agence juive annonce la fin de ses opérations de transfert vers Israël, en collaboration avec le Département d'État des États-Unis de la majeure partie de la communauté d'un pays en pleine guerre civile, avec la récupération de 19 personnes ; l'opération en a évacué en tout environ 200. Parmi les 19 évacués, le rabbin de la communauté amène en Israël un rouleau de la Torah qu'il estime vieux de 600 ans, ce qui met symboliquement fin à la présence du judaïsme au Yémen. Il reste alors une cinquantaine de Juifs dans le pays, dont une quarantaine à Sanaa, près de l'ambassade américaine, qui souhaitent rester.

Difficultés rencontrées en Israël

Passés les premiers moments euphoriques de retrouvailles avec la terre d’Israël, les émigrants du Yémen comme d’autres communautés juives issues du monde musulman rencontrèrent de grandes difficultés dans la société de l’État d’Israël naissant, tout comme d'autres communautés émigrées dans d'autres pays. Le racisme de l’establishment ashkénaze à leur égard a largement contribué au processus d'exclusion dont les juifs yéménites ont été victimes[réf. nécessaire].

Cette communauté se retrouva rapidement reléguée parmi les couches inférieures de la société israélienne.

Logés dans un premier temps dans les ma'abarot, des camps de toile où les conditions de vie étaient très précaires, et où ils furent relégués, comme les autres juifs orientaux, plus longtemps que ne le furent les immigrés juifs européens, les réfugiés du Yémen subirent des traumatismes de divers ordres. Les enfants yéménites furent envoyés dans des écoles d’enseignement laïc faisant une totale abstraction de leurs traditions sociales et religieuses, ce qui provoqua de graves problèmes d’acculturation. Des enseignants en arrivèrent même à couper les longues Peot de leurs élèves.

Les manuscrits et livres rares des Yéménites ayant dû être acheminés séparément depuis Aden en bateau, quand des membres de la communauté vinrent pour les récupérer, on leur expliqua que l’entrepôt où ils étaient stockés avait brûlé. Ce désastre, qui n’a jamais fait l’objet d’enquête, provoqua des rumeurs selon lesquelles ces documents avaient été donnés à des instituts de recherche.

Affaire des enfants yéménites

Mais la plus grande affaire, récemment élucidée seulement, qui constitua le traumatisme le plus durable pour cette communauté, est l'affaire des enfants yéménites. Il s’agit de la disparition dans des hôpitaux de mille à cinq mille nouveau-nés et nourrissons yéménites dans la période succédant à leur arrivée. En effet, à leur arrivée en Israël, beaucoup d’enfants, éprouvés par leur périple, étaient très affaiblis et furent envoyés en convalescence dans des hôpitaux. Certains furent déclarés morts.

Trois commissions d’enquête ont été réunies et n’aboutirent pas à des conclusions jugées satisfaisantes. Selon le personnel médical, certains enfants décédés furent enterrés sans que l’on puisse prévenir leurs parents en raison de la désorganisation entourant l’arrivée des Yéménites et notamment du mauvais enregistrement des noms. Des rumeurs persistantes au sein de la communauté yéménite évoquent le fait que ces enfants aient été donnés à des familles ashkénazes.

En 1995, une enquête gouvernementale est menée à la suite des incidents de Yehoud provoqués par le rabbin yéménite Uzi Meshulam. L'enquête est menée par les juges de la Cour suprême Cohen Yehuda et Yaakov Kadmi. Le comité a examiné plus de huit cents cas, et les conclusions ont été publiées en 2001 : 733 ont été déclarés morts. Le sort d'environ 56 enfants disparus a été déclaré incertain : l'enquête conclut qu'ils avaient pu être adoptés.

En 2016, sous la pression des familles victimes de ces pratiques et de l'opinion publique, Benjamin Netanyahu ouvre une enquête conduite par Tzachi Hanegbi, les documents relatifs à l'affaire sont déclassifiés et mis en ligne.

(...)


A propos du rabbin Uzi Meshulam :

Uzi Meshulam

Uzi Meshulam (30 octobre 1952 - 21 juin 2013) est un rabbin israélien d'origine yéménite, habitant Yehud.

Histoire

À la fin des années 1970, il enseigne la Torah dans un lycée religieux, et de nombreux étudiants se rassemblent autour de lui.

Meshulam s'est fait connaître avec l'affaire Yehoud qui a débuté vers Pessa'h 1994. À cette période, Meshulam commença à distribuer des brochures sur le « kidnapping d'enfants yéménites ». Dans ces tracts, Meshulam affirmait que des dizaines d'enfants yéménites ayant été déclarés morts à leurs parents en arrivant en Israël ont en réalité été vendus à des familles juives américaines. Meshulam et ses disciples demandèrent une commission d'enquête gouvernementale. La situation se dégrada avec la plainte émise par le rabbin aux autorités contre un prestataire local qui vidait son camion d'un excès de béton dans le système d'égout municipal de la maison du rabbin et de sa famille.

Cette situation s'est transformée en siège de la propriété du rabbin par plusieurs centaines de policiers anti-émeute, l'assassinat par un tireur d'élite de Shlomy Assouline, un jeune homme de 21 ans, disciple du rabbin Meshulam, l'emprisonnement du rabbin lui-même, et l'incarcération de ses étudiants. Selon Sh.Madmoni-Gerber, les médias israéliens ont couvert ce conflit en occultant l'affaire des enfants yéménites et en mettant l'accent sur la personnalité du rabbin Meshulam, présenté comme déséquilibré.

À la suite de ces événements, une commission d'enquête a été ouverte en janvier 1995, présidée par le juge Yehuda Cohen, qui a enquêté sur la disparition d'enfants d'immigrants en provenance du Yémen entre 1948 et 1954. Le comité a fourni des explications pour la plupart des cas de disparition, mais certains cas étaient restés alors inexpliqués.

En 2016 sous la pression de l'opinion juive orientale, Benjamin Netanyahou a autorisé l'ouverture des archives, qui ont révélé que 3500 à 5000 enfants juifs yéménites avaient effectivement été enlevés dans les hôpitaux israéliens.


Et enfin, sur cette affaire des enfants yéménites :

Affaire des enfants yéménites

L'affaire des enfants yéménites (en hébreu : פרשת ילדי תימן) désigne la disparition de milliers de bébés et de nourrissons de nouveaux immigrants — principalement Juifs venus des pays arabes et musulmans et notamment du Yémen — dans l'État nouvellement fondé d'Israël, entre 1948 et 1954. Les différentes commissions officielles israéliennes qui se sont penchées sur la question ont conclu que la grande majorité d'entre eux sont morts de maladie. Des recherches du gouvernement israélien mises à disposition du public en juin 2017 ont cependant révélé que certains de ces enfants ont servi de cobayes dans le cadre d'expérimentations scientifiques, et quelques-uns en sont morts.

Les dénégations des autorités israéliennes pendant plusieurs décennies

Des hôpitaux israéliens ont assuré à des familles juives yéménites et quelques dizaines de familles juives originaires d'Afrique du Nord et de pays du Moyen-Orient que leurs enfants, qui y étaient "soignés", étaient décédés, sans toutefois restituer les corps de ces milliers d'enfants. "Depuis les années 1960, trois commissions d’enquête ont été créées pour élucider le mystère mais en réalité, elles ont tout mis en œuvre pour empêcher la vérité d’éclater au grand jour", peut-on lire sur le site d'information suisse Le Temps. En 1994, le rabbin israélien d'origine yéménite Uzi Meshulam a été incarcéré pour avoir exigé l'ouverture d'une commission d'enquête sur cette affaire, et un de ses étudiants a été tué par la police.

Il a fallu attendre l’été 2016 pour que, poussé par les médias et par les familles dont certains membres avaient entre-temps été élus à la Knesset, le gouvernement de Benyamin Netanyahou autorise la publication de 200 000 documents confidentiels.

Le 19 février 2018, la Knesset adopte une loi pour permettre aux familles des enfants disparus des décennies auparavant – dans leur majorité d’origine yéménite – de demander l’exhumation des tombes où leurs proches auraient été enterrés pour réaliser des tests génétiques.

Le 12 août 2018, la ministre de la Justice israélienne, Ayelet Shaked, donne l’instruction aux Archives de l’État d’Israël de publier environ 300 000 documents inédits dans l’affaire des enfants yéménites et à l'armée de publier toutes les statistiques pertinentes au sujet des enfants yéménites, à la condition que ces informations n’aient pas d’impact sur la vie privée d’autres personnes.

Le 24 décembre 2019, la Cour suprême d'Israël charge un tribunal de district d’instruire un procès contre l’État d'Israël et l’Agence juive, intenté par des immigrants yéménites qui affirment que leurs enfants et leurs frères et sœurs leur ont été enlevés par les autorités dans les années 1950.

L'enlèvement de milliers d'enfants dans les hôpitaux

Les archives confirment que 3000 à 5000 enfants ont été enlevés par des infirmières à des fins de «vaccination» avant d’être déclarés «morts» ou «disparus».

Les cas d'expérimentations scientifiques sur des enfants juifs yéménites

Les archives "démontrent aussi que certains disparus ont succombé durant des expériences médicales pour lesquelles ils ont servi de cobaye humain". "Des documents datant de 1949 et de 1950 prouvent que les hommes en blanc ont cherché à savoir si les Yéménites avaient «du sang nègre». Ils confirment par ailleurs qu’au moins quatre enfants ayant reçu «un traitement expérimental actif» de nature indéterminée en sont morts. Les parents n’ont pas été prévenus et les corps ont été enterrés à la sauvette dans un lieu que plus personne ne peut situer soixante ans plus tard".

Selon The Times of Israel, "les affirmations que des médecins auraient utilisé des cellules sanguines de Yéménites juifs pour tester la drépanocytose et l’ascendance africaine sont corroborées par un article publié en novembre 1952 dans la revue médicale The Lancet. À l’époque, la loi israélienne ne demandait pas de consentement pour une telle procédure".

Les cas d'enlèvements pour "adoption"

Des enfants ont été enlevés et donnés (ou vendus) à des familles ashkénazes. Dans plusieurs cas, ces enfants, pour lesquels les hôpitaux avaient émis des certificats de décès, ont pu retrouver par la suite leurs parents grâce aux analyses génétiques.

En 2017, le bureau israélien de Médecins pour les Droits de l’Homme a publié ce communiqué demandant des excuses publiques à la communauté médicale : "Maintenant, alors que nous apprenons des médecins travaillant à l’époque qu’en plus de crimes d’enlèvement, il y a eu des expériences menées de manière criminelle, en violation des règles d’éthique – et rappelons-nous que le Code de Nuremberg était déjà rédigé et clair – la communauté médicale, dans toutes ses institutions, admettra-t-elle ses crimes, s’excusera-t-elle sincèrement et travaillera-t-elle à la reconnaissance et à la prise de conscience des dangers inhérents à ces activités ?", peut-on lire dans le communiqué. « La communauté médicale doit non seulement s’excuser pour ce que le personnel médical a fait, mais aussi pour les dissimulations, la dénégation et le traitement dégradant envers les déclarations des familles. »"

L'affaire est source d'une forte controverse en Israël.


Voilà. Le groupe A-WA a fait aussi d'autres chansons plus "légères" où l'on retrouve parfois un côté féministe (rébellion contre certains hommes, mais pas tous).

Ici, dans Mudbira, trois gardiennes de chèvres mais aussi un peu "sorcières", se vengent (avec l'aide logistique de leurs trois petits copains) des hommes qui leur ont volé leurs chèvres :

https://www.youtube.com/watch?v=Emur4FjnX2c

Ici, dans Habib Galbi, trois femmes lassées d'être les servantes d'un vieil homme tyrannique, s'offrent une escapade pour aller danser avec... toujours leurs trois petits copains.

https://www.youtube.com/watch?v=g3bjZlmsb4A
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Re: S'occuper en musique

Message par com_71 » 23 Mai 2020, 15:06

Plestin a écrit :Ici, dans Habib Galbi, trois femmes lassées d'être les servantes d'un vieil homme tyrannique, s'offrent une escapade pour aller danser avec... toujours leurs trois petits copains.qaf

https://www.youtube.com/watch?v=g3bjZlmsb4A

Étonnement de ma part. De ma - très petite - expérience, il est rare d'entendre le qaf (ق) de "coeur" (قلب) prononcé "gu". C'est un parlé dont j'ai entendu dire qu'il faisait "bouseux". Il faut croire qu'il est plus fréquent au Yémen.

D'habitude on l'entend plus ou moins guttural (plus dans la langue classique), ou même, souvent, on ne l'entend pas du tout. Donc القدس (Jérusalem - la sainte -) sera al ḳuds ou al 'uds. Mais "al guds" => total mépris dans la "bonne société".

https://www.youtube.com/watch?v=2-Aiih_cvEI
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: S'occuper en musique

Message par Plestin » 23 Mai 2020, 15:55

com_71 a écrit :C'est un parlé dont j'ai entendu dire qu'il faisait "bouseux".


J'ai précisément l'impression que ces chanteuses le revendiquent, mais je ne saurais en dire plus.
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Re: S'occuper en musique

Message par Plestin » 24 Mai 2020, 08:46

Dans la première chanson, "Ici c'est pas le Yémen", la chanteuse roule très longtemps les "r" (dès le début : Terre de blé...), cela ressemble à un accent volontairement conservé ou exagéré il me semble. Et dans les paroles il est question de "perdre l'accent"...
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