Vous lisez quoi en ce moment ?

Message par Zorglub » 28 Déc 2012, 23:14

La BD De briques et de sang de Hautière et François.
A l'aube de la première grande boucherie impérialiste, un crime a été commis au Familistère de Guise (Aisne), expérience de Godin, des poêles, dans la lignée des phalanstères de Fourier et Owen. Un journaliste de l'Huma enquête.

Les auteurs avait fait une autre BD, L'étrange affaire des corps sans vie, polar aussi, se passant toujours en Picardie, à Amiens. L'intrigue policière était bien trouvée.

Le dessin est particulier, original, plus torturé dans cet opus. L'intrigue est pas mal.

On y apprend que la construction du Familistère, initiée en 1859, dura vingt ans. La coopérative devint majoritaire dans le capital comprenant les logements et annexes, le Palais social et l'usine. Godin tenait à ce que les cadres et lui-même y résident.

L'occasion de montrer des discussions qui pouvaient se tenir à l'époque. La 2ème Internationale qui pourrait empêcher la guerre. L'argument que le capitalisme en mondialisant l'économie empêcherait la guerre. Les capitalistes allemands investissant en France ne voulant pas voir leurs capitaux perdus et réciproquement. La guerre est mauvaise pour le commerce, sauf, comme le dit un personnage, celui des canons.
La BD ne montre guère des comportements nouveaux, mais évoque les problèmes de promiscuité.

Je crois que l'on en a déjà parlé ici.
Zorglub
 
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Message par Valiere » 29 Déc 2012, 15:41

« Le lac indigène »
roman d'Anna Luisa Pignatelli
éditions La Différence

C'est un roman social, politique et « touristique » que nous propose l'auteure, italienne qui nous invite à la découverte d'une région du Guatemala, au milieu des volcans.
Le héros Tano, italien lui aussi retourne dans ce pays d'Amérique centrale qui l'avait fasciné, non pour fuir un présent morne mais pour retrouver son ami Manolo, photographe de son état, disparu mystérieusement.
C'est un pays dévasté par la guerre civile qu'il découvre avec d'un côté des guérilleros, de l'autre une armée « régulière impitoyable » et au milieu les paysans indiens qui subissent le joug des grands propriétaires terriens.
Comme le raconte un très vieil écrivain : « Il n'y a rien à faire, il est inutile de lutter. J'ai essayé de vivre autrement, j'ai renoncé à mes biens, mais je suis né ici, blanc, fils de propriétaire terrien, je ne peux rien y changer, je ne peux pas me délester du fardeau de corruption, d'enrichissement illicite, de mensonges, de rhétorique, inhérent à notre monde de blancs privilégiés... »
Il y a les « ladinos », blancs et métis qui ne « sont pas de culture locale »et ceux du terroir
qui subissent toutes les tyrannies...
Et les révolutionnaires dans tout cela ? :
Pourchassés mais combattant le régime corrompu, constituent-ils une solution de rechange, une planche de salut ?
Rien moins de sûr.
S 'ils accédaient au pouvoir, ne deviendraient-ils pas aussi impitoyables que leurs prédécesseurs ?
Poser la question c'est y répondre...C'est du moins le message quelque peu pessimiste laissé par l'auteure.
Les paysans ont leurs habitudes, leurs coutumes et aussi leur code moral....L'indienne rencontrée par Tano l'explique sans détour en se comparant à une pierre :
« ...afin de demeurer ce que nous sommes, nous ne pouvons rien changer sans nous perdre »...Ce qui ne les empêche de résister et de refuser qu'on leur prenne leur terre.

C'est un roman qui nous fait découvrir des paysages inconnus, décrits avec précision et émotion et aussi un mode de vie traditionnel.
L'auteure n'hésite d'ailleurs pas à appeler les lieux, les personnages et les choses par leur nom de là bas avec un glossaire permettant au lecteur de s'imprégner du goût et des saveurs de ce pays.
On apprend ainsi que les indigènes enterrent dans le sol le placenta des bébés de sexe féminin « afin de renforcer l'attachement des filles aux tâches domestiques »....Évidemment on peut très bien critiquer cette tradition, la juger mais il s'agit là de racines culturelles très fortes.
La force de ce roman c'est de rendre vivante et passionnante la description physique, sociale et humaine grâce une histoire où le suspense n'est pas loin.
Valiere
 
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Message par Valiere » 03 Jan 2013, 11:57

« Fermeture éclair »
roman de Carl Aderhold

Tous les jours des entreprises ferment...Très rarement parce que le patron connaît des difficultés insurmontables. Il s'agit là souvent du choix de la direction, voire des actionnaires qui savent faire connaître leurs choix : il faut dégager encore plus de bénéfices et la délocalisation est la pierre angulaire des gains pour ceux qui détiennent les leviers.
Ce roman raconte l'histoire malheureusement »banale » d'une fermeture d'usine près d'Alençon...Personne n'est au courant ou presque jusqu'à cette réunion provoquée par le directeur qui annonce un plan de licenciement...Ils seront tous jetés....
Laurent est un ouvrier ordinaire, pas meneur du tout, plutôt effacé qui va subitement se retrouver propulsé à la tête de la révolte....Des conflits révèlent parfois des cadres naturels du mouvement qui avant le déclenchement d'un conflit sont ordinaires voire même au second plan.
Laurent se révolte et prend la tête de la contre attaque des salariés qui séquestrent le directeur et exigent que la boîte verse à chaque ouvrier licencié une somme de 50 000 € …
Rien n'est simple...Des promesses de patron pris à la gorge n'engagent que ceux à qui ont les fait !
Le départ du domicile conjugal de sa femme et l'éloignement de son fils ne ralentissent pas les envies de Laurent d'en découdre et d'obtenir une réparation collective.
L'histoire quelque peu classique prend une tournure extraordinaire puisque l'équipe des ouvriers révoltés décide de disputer la coupe du monde de football des sans-emploi...
Un nouvel acteur surgit, c'est le Conseil Général qui est de fait à l'initiative de cette coupe, ce qui lui permet de faire dorer son blason et de satisfaire ses amis politiques, voire économiques...Pendant que les foules se précipitent pour communier avec une équipe, elles oublient leur quotidien !
C'est un roman fort sympathique, qui se lit très facilement....
Ne cherchez pas ! Ce n'est pas le livre du siècle mais un livre bien écrit, un conte social humaniste qui fait sourire...Quant au dénouement il faut attendre le dernier chapitre.....
Que demander d'autre en ces temps difficiles : de la fantaisie et un peu de rêve dans un ciel peu serein !
Valiere
 
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Message par artza » 03 Jan 2013, 13:57

(Valiere @ jeudi 3 janvier 2013 à 12:57 a écrit :« Fermeture éclair »

C'est le nom de l'entreprise?

Celà nous ramène bien loin en arrière.

Il y avait une entreprise de ce nom dans la région rouennaise qui en fabriquait.

Une assez sale boîte, les circonstances avaient fait que la petite section CGT était animée par deux militants de Voix Ouvrière. C'était en 1961 ou 1962.

Il y eut une grève pour une augmentation de salaire uniforme menée par un vrai Comité de grève :( ).
artza
 
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Message par Jacquemart » 03 Jan 2013, 16:45

En 2001, menant campagne pour LO, j'organise comme pas mal de copains une réunion dans un improbable chef-lieu de canton, en l'occurrence au fin fond de la campagne bourbonnaise. Pas fâché, je vois arriver plusieurs participants, dont plusieurs inconnus.

L'un d'eux, un petit monsieur d'une bonne soixantaine d'années, s'assied à côté de moi. Au bout d'un moment, il me dit : "Moi, j'ai milité à Voix ouvrière. C'était en 1962. Je faisais le bulletin des fermetures éclair à Rouen".

Petit moment d'émotion.

Ce copain, malheureusement décédé depuis, était resté 40 ans sans nous revoir, mais il se souvenait comme hier de tout cela et de sa grève. Et durant tout ce temps, il était resté de coeur avec nous - il nous a d'ailleurs représenté aux cantonales qui ont suivi.
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Message par Valiere » 05 Jan 2013, 16:28

Artza ! c'est le titre du livre...Est-ce en relation avec cette usine, je ne sais pas mais merci Jacquemart pour ce souvenir
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Message par jedi69 » 19 Jan 2013, 23:04

Wesh les amis !!!

Bien ou bien ?



Je pensais que c'était ma dernière escapade littéraire en Asie ... mais j'ai trouvé 2 bouquins qui se cachaient dans ma bibliothèque, un Kipling : LA CITE DE L’ÉPOUVANTABLE NUIT ... j'ai du trouvé ça chez les bouquiniste vu l'état du livre ... peut être un bouquiniste de la fête de Lutte Ouvrière ? :D En fin, on voit vite fait les travailleuses, travailleurs, ça parle rapidement des communistes staliniens ... mais voilà ...

Haaa ... en Parlant de l'Inde, j'ai vu "l'Odyssée de PI" ... encore un joli résumé de l'Inde mystique ... entre le plutôt réaliste SLUM DOG MILLIONNAIRE et tout ça ... il y a du potentiel dans ce bled ... l'habitude qu'on a de voire les pays pauvres, comme pauvres intellectuellement ... et ben ... je te dis pas quand ils s'empareront des idées communistes ! :boxing:

A+
jedi69
 
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Message par zejarda » 20 Jan 2013, 22:21

(bennie @ dimanche 26 novembre 2006 20:33 a écrit : le prochain sur ma liste a l 'air chouette. je vous en dis plus quand c'est lu.

a écrit :Miguel Sousa Tavares, Equador, traduit du portugais par Geneviève Leibrich, Seuil,2005




   Portugal, 1905. Luis Bernado Valenca, 37 ans, célibataire coureur de jupons, spirituel et intelligent, mène une vie confortable à Lisbonne. Il dirige une compagnie insulaire de navigation, parle couramment l'anglais et le français et se passionne pour les événements du monde. Dans un Portugal où dominent la fureur patriotique et un antimonarchisme, il prône un colonialisme moderne de nature mercantile. C'est en raison de ces qualités que le roi Don Carlos le choisit pour une mission délicate. Et c'est par besoin de donner une légitimation à sa vie oisive qu'il accepte.
   Les anglais accusent le Portugal d'employer dans leurs plantations de café et de cacao de la main d'oeuvre esclave recrutée en Angola. Ils envoient sur place un consul chargé d'étudier la situation.
   Nommé gouverneur des îles de Sao tomé et de Principe, Valenca se retrouve aux prises avec des enjeux politico‑économiques. Très vite il est en but à l'hostilité de la population et des planteurs, et tiraillé entre sa mission et son idéal de justice face à l'exploitation des noirs dans les plantations. De plus, il se lie d'amitié avec le consul anglais et tombe fou amoureux de sa femme avec laquelle il vit une liaison passionnée...
   Fresque subtile d'une mission et d'un amour impossible, Equador nous dit la difficulté pour un individu épris de modernité et de justice de faire évoluer les choses. Toute avancée s'effectue dans la douleur.



Bon, ben moi je l'ai terminé, et je le recommande vraiment. J'ai passé un bon moment a lire ce livre. tre blanc et un peu humaniste dans une société colonialiste, toute petite, dans une île loin de tout, cela ne doit pas être facile.

Et lire un livre ou ils crevent tous de chaud, cela fait plaisir.
zejarda
 
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Re:

Message par Byrrh » 10 Fév 2021, 15:03

Lao She a écrit :
(nicoestla @ dimanche 10 mai 2009 à 13:04 a écrit :je cherche l'auteur du livre LA FAIM. l'histoire ce passe pendant la guerre civile russe. Je voudrais l'acheter sur internet.
Comme son titre l'indique le livre évoque la famine après la guerre civile.

Serge Séménov
L'édition originale date de ... 1927.
L'éditeur était : EDITIONS MONTAIGNE Paris
Second ouvrage de la Collection Littéraire de la Russie Nouvelle
Bon courage pour trouver en bibbliothèque ou chez un bouquiniste.
Si tu connais des militants de Lutte Ouvrière, l'un d'entre eux pourra te le prêter.

D'après le site de Hobo Diffusion, la toute nouvelle maison d'édition Les Lapidaires (joli nom !) prévoit de rééditer ce roman en mai 2021.

https://www.hobo-diffusion.com/catalogue/2635/la-faim-1

https://leslapidaires.fr/a-paraitre
Pièces jointes
la-faim.jpg
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Byrrh
 
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Re: Vous lisez quoi en ce moment ?

Message par Byrrh » 13 Fév 2021, 12:55

Je suis en train de lire C'est la nuit surtout que le combat devient furieux, paru l'année dernière aux éditions Libertalia. Il s'agit d'extraits de la correspondance d'une jeune femme sous la Commune de Paris, Alix Payen, rassemblés et présentés par l'historienne Michèle Audin.

Alix était la fille d'un bourgeois fouriériste qui avait ses habitudes dans un phalanstère des Yvelines. Ceci explique sans doute cela : à 29 ans, elle peut s'enrôler comme infirmière auprès du bataillon de gardes nationaux où sert son mari, et ainsi s'exposer aux balles, aux obus et à la boue des gourbis sans que ni lui, ni ses parents ne cherchent vraiment à l'en empêcher. Du point de vue de l'émancipation féminine, les fouriéristes étaient en effet très en avance sur leur époque.

Ces lettres sont passionnantes, elles sont des documents de première main sur les combats de la Commune. On est impressionné par le courage de la jeune femme, qui ne semble jamais se départir de son optimisme et de son allant alors qu'autour d'elle des jeunes hommes meurent ou doivent être amputés. Un témoignage incroyable sur comment des héroïnes et des héros peuvent se révéler lors d'événements historiques exceptionnels.

https://www.editionslibertalia.com/cata ... nt-furieux
Byrrh
 
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