Jack London

Jack London

Message par artza » 14 Nov 2016, 09:33

Réédité.

Le talon de fer chez Libertalia dans une nouvelle traduction. Espérons-la meilleure. 16 euros. En librairie le 17 novembre.
Et aux Temps des cerises, traduction de 1923, la première en français. 15 euros.

Et puis dans la collection de la Pléiade en deux volumes 47 nouvelles écrites entre 1899 et 1916.
Le top, la totale, le luxe... 55 euros le volume ! A offrir si vous avez un(e) jeune chéri(e) ou une nièce préférée!

Le talon de fer, Martin Eden et Un steack... c'est dans le tome 2. Croc blanc, Faire un feu dans le premier.
artza
 
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Re: Jack London

Message par Byrrh » 06 Mai 2020, 16:56

Je viens de commander cette nouvelle traduction sur le site des éditions Libertalia. On la trouve en grand format, et depuis 2018 au format poche.

Un point très positif : entre autres documents, l'éditeur a reproduit la préface de Francis Lacassin et la lettre de Trotsky à Joan London (1937), qui figuraient dans l'ancienne édition 10/18. On ne peut pas en dire autant pour l'édition parue au Temps des Cerises en 2016.

Pour celles et ceux qui, comme moi, n'auraient lu de Jack London que les romans les plus conseillés (Le talon de fer (ancienne traduction), Radieuse aurore, Martin Eden) et voudraient découvrir d'autres de ses œuvres, on trouve à la fin de ce long article d'un militant du NPA les titres de ses romans les plus valables et de ceux qu'on peut s'abstenir de lire, ainsi que les éditions conseillées : https://npa31.org/?Jack-London-entre-in ... socialisme
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Re: Jack London

Message par Cyrano » 10 Mai 2020, 10:33

Byrrh:
Je viens de commander cette nouvelle traduction sur le site des éditions Libertalia.

Ça te fera ainsi un livre chez toi - mais je te soupçonne d'en avoir beaucoup d'autres (trop peut-être?).

J'ai bien apprécié le texte que signale Byrrh : Jack London, entre individualisme et socialisme. Il est un peu sévère pour le roman "La petite dame dans la grande maison" (il écrit que'on peut se dispenser de le lire).
J'ai remarqué qu'il a choisi de garder le mot "wild" pour parler du Grand Nord, signalant que ce mot n'était pas traduisible tel quel en français - au fait, les québécois disent comment?
A quand un "Dictionnaire amoureux de Jack London" dans la collection des éditions Plon ?

On trouve encore sur les sites marchands deux superbes livres sur Jack London :

"Les vies de Jack London", Michel Viotte, éditions La Martinière & Arte, 2016.
Un grand livre relié avec de très nombreuses illustrations (Jack lui-même là, ici, ailleurs; couverture premières éditions; etc.)

"Jack London photographe", éditions Phébus, 2013.
Magnifique bouquin grand format (26x28cm) rempli de photos prises par Jack London lui-même durant ses multiples vies.

Sur le site du projet Gutenberg, on trouve de nombreux textes de Jack London, avec texte original anglais. Ces textes sont accessibles gratos :
http://www.gutenberg.org/ebooks/search/ ... ack+london
Pièces jointes
Jack London Beaux-Livres.jpg
Jack London Beaux-Livres.jpg (118.46 Kio) Consulté 1934 fois
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Re: Jack London

Message par Byrrh » 10 Mai 2020, 12:18

Cyrano a écrit :Il est un peu sévère pour le roman "La petite dame dans la grande maison" (il écrit que'on peut se dispenser de le lire).

D'après Wikipedia : "La première version française, traduite par Louis Postif et parue en 1932, comporte seulement 81 000 mots alors que la version originale en comporte 101 000". Et comme c'est la seule traduction qu'on trouve actuellement... Le sujet - une femme qui a deux amants - aurait-il justifié un caviardage ?
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Re: Jack London

Message par com_71 » 10 Mai 2020, 12:37

Nombre de mots en baisse du fait de la traduction ? Peu probable, ça serait plutôt le contraire à première vue.
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: Jack London

Message par Byrrh » 10 Mai 2020, 12:50

Un article du Nouvel Obs qui explique comment les textes de Jack London ont pu être maltraités au moment de leur traduction en français, apparemment davantage de la part des éditeurs que du traducteur Louis Postif : https://bibliobs.nouvelobs.com/romans/2 ... ondon.html

Des passages, voire des chapitres, ont pu ainsi disparaître.

Les éditions Phébus ont republié tout London, en se basant sur les traductions Postif mais en les complétant, voire en faisant retraduire certains passages. Du coup, ce que j'ai dit tout à l'heure est peut-être faux.
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Re: Jack London

Message par Cyrano » 10 Mai 2020, 17:59

Non-non, ça ne semble pas être la traduction qui serait en cause, mais l'intérêt, tout bêtement, du bouquin "La petite dame dans la grande maison". Mais puisque on parle de traduction…

J'ai bien lu l'interview du responsable Phébus, signalée par Byrrh. Oui, certes, une nouvelle édition des écrits de Jack London avec une traduction mise à jour. Phébus Libretto ont justement édité "La petite dame de la grande maison". J'ai ce volume et celui de la collection 10/18, sousd la férule de Francis Lacassin avec sa traduction Louis Postif.

Dans le volume 10/18 on a 305 pages, dans celui de Phébus on a 321 pages, avec grosso-modo les mêmes occupations de pages. Louis Postif est donc plus lapidaire et a du élaguer un peu le texte de Jack London.

Dans le volume Phébus de "La petite dame..." , Il y a un petit mot de l'éditeur concernant la nouvelle traduction - qui n'est en fait qu'une moitié de nouvelle traduction. Après un hommage mérité au traducteur Louis Postif, on lit :
« On comprendra qu'une édition d'aujourd’hui ne se sente nullement sacrilège de conserver le cadre de cette entreprise titanesque [les traductions de Louis Postif] et, dans la mesure de ses moyens, l’affine. Techniquement, cela signifie que nous avons scrupuleusement comparé la version Postif avec l'original soigneusement conservé par l’université californienne de Berkeley et que nous avons restauré l’intégralité du texte rendu, y compris lorsque les allusions avaient semblé à notre illustre prédécesseur pouvoir être omises, étant trop peu parlantes – nombreuses, du coup, étaient les lacunes, sans parler de celles que, en d’autres temps, on pensait devoir à un jeune public. Au passage, nous nous sommes livrés au travail de réécriture et de réinterprétation, de modernisation en un mot, qui, à nos yeux du moins, s’imposait. Si le terrain, répétons-le, est identifiable, la circulation est nôtre. Espérons avoir œuvré, pour le plaisir du lecteur, dans le sens d’une plus grande authenticité.»

Sous le titre du volume, y'a juste écrit "Traduction Louis Postif". Ça témoigne bien que ne ne sont que des retouches au texte de Louis Postif. Mais ce n'est plus une traduction Louis Postif.
On peut s'amuser? Moi, j'suis en retraite. Et en plus, retraité confiné, mon temps n'est pas minuté – sauf pour les pâtes ou le thé.

Le bouquin "La petite dame dans la grande maison", il commence comme ça (je copie le texte américain sur le site gutenberg.org) :
« He awoke in the dark. His awakening was simple, easy, without movement save for the eyes that opened and made him aware of darkness. »
Traduction Louis Postif :
« Il s’éveilla dans l’obscurité, simplement, facilement, sans autre mouvement qu’un lever de paupières sur un décor d’ombre.»
Traduction Phébus Libretto :
« Il s’éveilla dans l’obscurité. Ce fut un réveil tout simple, sans effort, qui ne requit d'autre mouvement que l’ouverture d’un œil, lequel lui confirma bien qu il était dans le noir. »
Louis Postif ne s'embarrasse pas : la première phrase courte est mixée avec la deuxième phrase et remplace les yeux par les paupières.
Phébus colle plus au mot à mot, au début, mais chaque traduction fait sa propre sauce pour terminer.
«aware», c'est être conscient - c'est le fameux être aware de Jean-Claude Van Damme !

Même paragraphe, la suite :
« Unlike most, who must feel and grope and listen to, and contact with, the world about them, he knew himself on the moment of awakening, instantly identifying himself in time and place and personality. After the lapsed hours of sleep he took up, without effort, the interrupted tale of his days. »
Ce n'est pas Hemingway. Louis Postif :
«A la différence de tant d’autres dormeurs obligés de tâter et d’écouter pour reprendre contact avec le monde, il se reconnut à l’instant même de son éveil, en temps, en lieu et en personne, et reprit sans effort le conte interrompu de sa vie.»
Louis Postif donne un mouvement en mixant les deux phrases.
Phébus :
« La plupart du temps, on s’assure au toucher, à l’ouïe, du monde alentour; pas lui : il retrouva, à peine éveillé, ses repères de temps et d’espace, et reconnut son moi. Après cette interruption de quelques heures dédiées au sommeil, il reprit aisément le fil de son histoire : »
Phébus ré-écrit, un peu, non? Et finalement, je trouve que Postif colle mieux que le charabia utilsé par Phébus. et «…le fil de son histoire : » Oui, y'a deux points. Phébus poursuit le texte par deux points alors que London clôt sa phrase.

« … the interrupted tale of his days. He knew himself to be Dick Forrest, the master of broad acres, who had fallen asleep hours before after drowsily putting a match between the pages of “Road Town” and pressing off the electric reading lamp. »
Louis Postif :
« … sans effort le conte interrompu de sa vie. Il était Dick Forrest, propriétaire de vastes terrains, qui s’était endormi depuis plusieurs heures, après avoir mis une allumette comme signet entre les pages de Road Town et éteint l’électricité.»
Postif met la veilleuse en veilleuse.
Phébus :
« … il reprit aisément le fil de son histoire : oui, il était Dick Forrest, propriétaire de vastes terrains, qui s’était endormi sur son livre Road Town, non sans y avoir glissé une allumette comme marque-page et après avoir éteint sa liseuse.»
Mais, y'a pas deux points, et London n'a pas écrit "yes".

Finalement, Louis Postif trichait, mais toute traduction triche, y compris la nouvelle de Phébus (qui reprend des pans entiers du texte de Postif). Mon sentiment, c'est que c'est bien prétentieux, finalement, la fameuse ré-écriture.
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Re: Jack London

Message par Cyrano » 11 Mai 2020, 19:43

Au fait, j'y pense, une nouvelle traduction n'ayant rien à voir, mais signe des temps: la traduction du Club des Cinq, une célèbre série d'une vingtaine de romans jeunesse.
Ce sont des romans écrits en anglais (années 1940 à 1960). Récemment (une histoire qui date 5 ou 6 ans), l'éditeur s'est piqué de vouloir mettre ces romans au (mauvais ?) goût du jour, en enlevant descriptions trop léchées, dialogues trop guindés, vocabulaire dit suranné, etc.

Voir cet article de l'Obs : "Le Club des Cinq retraduit... et simplifié : on prend les enfants pour des imbéciles" :
«Les nouvelles traductions du "Club des Cinq" ont de quoi interpeller : le présent remplace systématiquement le passé simple, le vocabulaire a été appauvri, les descriptions raccourcies, voire évincées…»
http://leplus.nouvelobs.com/contributio ... ciles.html

Il y eut même une pétition sur change.org : "Contre la censure et la nouvelle traduction du Clubdes Cinq :
https://www.change.org/p/contre-la-cens ... b-des-cinq
Mais cette pétition, désormais fermée, n'a recueilli que 28 signatures.
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Re: Jack London

Message par Cyrano » 19 Mai 2020, 08:49

Byrrh, t'as reçu ce Talon de fer dans sa traduction Libertalia? Alors, ça te semble mieux?
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Re: Jack London

Message par Gayraud de Mazars » 19 Mai 2020, 10:38

Salut camarade Byrrh,

Du "Talon de fer" de Jack London, Je n'ai qu'une version éditée en 1948 [édition EFR], traduit de l'américain par Louis Postif, avec en début l'introduction de Vaillant - Couturier à l'édition de 1932... Connais - tu cette version ? Quelle est sa qualité pour la traduction, je sais on en a parlé sur ce fil... Que conseilles-tu ? Je voulais l'offrir à mon fils, jeune agrégé d'Histoire, qui ne l'a encore pas lu...

Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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