Ce site sert d'interface avec celui des bibliothèques patrimoniales de la Ville de Paris. Grâce à un plan quadrillé, il permet de localiser et visualiser aisément les scans haute résolution de milliers de photos amateurs prises en 1970 à l'occasion du concours "C'était Paris en 1970", organisé par la Ville de Paris, la FNAC et France Inter.
C'est absolument fabuleux : près de quatre décennies avant Google Street View, nous pouvons ainsi voir ce qu'était la capitale dans chacun de ses arrondissements, et dans quasiment chacune de ses rues.
Petits commerces en sursis, façades encore noires de suie, taudis, îlots insalubres déjà murés et bientôt démolis (par exemple la rue Vilin, à Belleville), usines, entrepôts et installations industrielles (les gazomètres de la rue de l'Évangile, dans le 18e)... Et puis de-ci de là, des affiches et inscriptions politiques : centenaire de la naissance de Lénine (affiches – lacérées – de la Ligue communiste à la sortie du métro Lamarck, affiches du PCF pour un gala à la Mutualité), Vietnam-Laos-Cambodge, interpellation des habitants du 20e arrondissement au sujet des transports RATP... Mais également affiches gaullistes ou d'extrême droite (UNI, Ordre Nouveau, Mouvement Jeune Révolution).
Il faudrait que je prenne le temps de repérer toutes les photos où l'on voit des traces de l'activité de l'extrême gauche d'alors (LC, LO, maoïstes, anarchistes) : il y en a pas mal.
Présentation du contenu
Le fonds du concours de photographie amateur C'était Paris en 1970 est composé de documentation sur l'organisation du concours, sur l'exposition des lauréats et sur l'entrée du fonds, ainsi que d'environ 100 000 épreuves noir et blanc et diapositives couleur.
Il comprend 342 boîtes et 3 classeurs.
Biographie ou histoire
En 1969, Claude Gourbeyre, maire du 20e arrondissement, rencontre Henry de Surirey de Saint-Remy, directeur de la Bibliothèque historique. Face aux transformations en cours dans son arrondissement, l'élu parisien s'inquiète qu'aucune documentation ne vienne conserver la mémoire de cette partie de la capitale. Henri de Saint-Remy, quant à lui, regrette que la Bibliothèque historique n'ait pas les moyens de réunir, pour le Paris contemporain, une documentation photographique aussi riche que celle qu'elle conserve déjà sur le Paris du dernier quart du XIXe siècle au début du XXe siècle.
Claude Gourbeyre se tourne alors vers André Essel, PDG de la Fnac, pour organiser un concours de photo amateur dans le 20e arrondissement. La Fnac propose d'élargir le projet à toute la capitale, afin de constituer des archives photographiques aussi complètes que possible d'une ville où se multiplient les projets d'urbanisation de grande ampleur. Le Conseil de Paris, la Préfecture de Paris et la Préfecture de Police rejoignent le comité de parrainage, tout comme l'ORTF.
15 000 candidats s'inscrivent et 2 800 d'entre eux remettent un dossier complet. En tout, plus de 100 000 photographies de Paris sont collectées. 2 700 photographies sont sélectionnées et exposées au rez-de-chaussée du Pavillon 8 des Halles. L'exposition accueille 70 000 visiteurs du 15 octobre au 15 novembre 1970, malgré un boycott de la presse.
