Grève dans l'éducation nationale

Tout ce qui touche de près ou de loin à l'actualité politique en France

Message par ravine chien » 10 Avr 2003, 17:02

a écrit :Mobilisation des personnels d'éducation de l'Hérault.
Vers une grève générale ?
A Montpellier , le 3 avril au matin, une AG regroupant les personnels
du 1er degré a décidé d'une grève reconductible dès le lendemain. L'AG
du 2nd degré qui avait lieu le même jour, à 17h, a pris la même
décision.
Deux propositions ont été votées à la quasi-unanimité :
- Cette grève a pour objectif la défense des retraites, des
statuts, de l'emploi et des salaires :
- 37,5 annuités pour tous, public-privé, 75% du meilleur
salaire brut, départ à 60 ans et maintien des régimes spéciaux.
- Non aux licenciements, non à la précarité.
- Non au démantèlement des services publics


Dans l'Education Nationale nous sommes fortement attaqués par ce
gouvernement : suppression de milliers de postes de surveillants,
licenciement de 20 000 aides-éducateurs, transfert de l'état aux
collectivités locales de 110 000 agents (sur les 150 000 prévus au
total) dans le cadre d'une décentralisation-privatisation que nous
refusons.


Appel à l'adresse des organisations syndicales :
- Exigez l'abandon de la contre-réforme des retraites,
de la décentralisation, du cassage des statuts, des licenciements.
- Cessez sans délai les discussions sur les retraites avec le
gouvernement qui ne débouchent sur aucune prise en compte des
revendications que vous défendez au nom des personnels.
- Appelez contre les projets gouvernementaux à la grève
générale de l'Education nationale et de la fonction publique.

Un mouvement qui connaît une ampleur considérable : dès vendredi, les
chiffres étaient de 65% de grévistes dans les collèges, aucun chiffre
précis n'était disponible hier soir pour les lycées, et 28% dans le
premier degré. Du jamais vu à ce stade de la mobilisation !

C'est tous ensemble qu'il faut nous battre. Les attaques du
gouvernement et du patronat sont telles que seule une lutte déterminée
pourra les faire reculer.

Nous voulons, nous devons, construire avec tous les travailleurs, un
mouvement de grève reconductible. La mobilisation générale d'aujourd'
hui est un point d'appui et une occasion de s'y engager.

Nous espérons que vous vous ferez l'écho dans votre secteur
professionnel, dans vos organisations, de notre volonté de construire,
dans l'unité la plus large, une grève puissante pour gagner !

A Montpellier, AG des personnels de l'éducation nationale
lundi 7 avril, à 18h00, à la Maison des syndicats.


ça a l'air de se généraliser :smile:
ravine chien
 
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Message par ravine chien » 10 Avr 2003, 18:34




La FAEN, la FERC-CGT, la FSU, le SGEN-CFDT et l’UNSA Education se sont rencontrées le 7 avril.

Elles ont constaté que le gouvernement ne répondait toujours pas aux revendications exprimées par les personnels par de multiples actions de grèves et de manifestations depuis le 17 octobre.

Les suppressions d’emplois sont maintenues et de nouvelles sont annoncées pour l’avenir ; le projet de loi d’assistants d’éducation est en passe d’être adopté par le Parlement ; les projets annoncés de décentralisation et de transfert de plus de 110 000 emplois aux collectivités territoriales menacent les missions des personnels concernés, leur rôle dans les équipes éducatives et plus généralement l’unité du système éducatif, l’égalité d’accès des jeunes au droit à l’éducation et à la formation, faisant ainsi courir le risque d’un véritable démantèlement du service public.

Dans ce contexte, les cinq fédérations considèrent qu’il est indispensable de franchir sur ces questions un nouveau seuil de mobilisation dans l’éducation.

Elles se félicitent du succès de la journée de grève du 3 avril et constatent que dans un certain nombre de départements et de régions des actions se développent de façon durable et souvent importante.

Elles appellent à étendre les mobilisations. Dans cette perspective, elles demandent à leurs syndicats et sections de se réunir au plan local, départemental ou régional pour :

- - Décider ensemble d’initiatives d’action pendant le mois d’avril en tenant compte des périodes de vacances et des possibilités au plan local : grèves, actions de blocage qui ne pénalisent pas la scolarité des élèves, manifestations, délégations auprès des préfets, des parlementaires ou des présidents de conseils généraux et régionaux, etc…
- - Réunir les enseignants, les IATOSS, l’ensemble de l’équipe éducative dans les écoles, les collèges, les lycées et les services afin de les informer et débattre avec eux des conséquences des projets gouvernementaux et des actions à conduire.
- - Mener une campagne d’interpellation et de sensibilisation publique notamment en direction des parents.

Elles entreprennent pour cela d’élaborer un matériel commun d’information sur les enjeux de la lutte engagée contre le démantèlement en cours.

Il s’agit de construire un processus d’action dans la durée qui, s’appuyant sur la dynamique créée par les mobilisations locales et les initiatives de nos organisations, permettra de les amplifier.
Dans ce cadre les cinq organisations ont décidé d’appeler à un nouveau temps fort d’action de tous les personnels dès la rentrée des vacances de l’ensemble des zones.
Elles se rencontreront à la fin de la semaine pour en définir les modalités.

Elles seront en même temps, soucieuses de la nécessaire articulation du calendrier de la mobilisation qu’elles entendent impulser avec les actions sur les retraites au plan interprofessionnel et Fonction publique.
Paris, le 10 avril 2003



voilà ce qu'ont décidé les organisations syndicales. en martinique
[/QUOTE]
Collectif des médecins scolaires
( SNMSU-UNSA ; SNAMSPEN), Assistantes Sociales
( SNUAS-FSU), Conseillers d’Orientation Psychologues ( SNES FSU), Administratifs, Technicien et Ouvriers de service ( SGPEN-CGT) de Martinique

Ont fait le point sur leur mobilisation respective contre le projet de décentralisation :

Le collectif des médecins scolaires :
-Ont suivi le mouvement de grève du 3 avril
-Ont eu une audience avec le recteur qui connaît mal le dossier
-Ont pris rendez vous avec les collectivités locales, une délégation est reçue le 14 avril au Conseil Général ( proposition que tous les personnels menacés soient reçus en même temps)
-Actions spécifiques : leurs compétences spécifiques de médecins de l’Education nationale et leur place dans les équipes éducatives n’étant pas reconnues, ils concentrent leur activité sur les examens médicaux systématiques et à la demande. Ils ne participent plus aux réunions des comités à la santé, aux CCPE,CCSD,CDES, aux commissions et réunions diverses. Ils ne remplissent pas les avis d’orientation pour les dossiers d’orientation des élèves de 3ème.

Les Assistantes sociales :
-Ont renvoyé la lettre reçue au ministre
-Ont refusé une audience au recteur sachant qu’il n’a rien à dire
-N’ont pas encore décidé de rencontrer les collectivités locales. Si elles le font, ce sera dans l’objectif d’expliquer le démantèlement de l’EN
-Proposent de rencontrer les sénateurs et les députés avec les autres personnels
-Actions spécifiques : Poursuivent leur permanences dans les établissements scolaires mais ne participent plus aux différents conseils ( conseil de classe, CESC) et commissions ( fonds social, appel..). ne programment pas de nouvelles actions de prévention. Ne font pas de rapport d’activités.

Les ATOSS :
-Ont suivi le mouvement national de jeudi 3 avril
-Blocage de 3 Lycées en Martinique ( lycée de Trinité, de Rivière Salée et Pointe des nègres à Fort de France) le même jour
-Audience auprès du recteur
-Audience auprès de la région qui n’est pas demandeuse mais qui est preneuse !

Les Copsy :
-Ont arrêté toutes leurs activités en établissements scolaires depuis le 19 mars
-Renforcent leurs permanences dans les 3 CIO + l’antenne du Marin
-Informent les différents personnels dont les profs dans les établissements, organisent des AG ou utilisent des heures syndicales pour mobiliser
-Ont eu une audience auprès du recteur
-Ont participé aux différentes grèves du 27 mars et du 4 avril
-Rendez vous pris auprès des collectivités locales
-Diffusion d’un dossier auprès des conseillers généraux et régionaux lors de leur congrès le 10 avril

Font part de leur accord avec la lettre de l’intersyndicale nationale ( UNSA, SNES- FSU, FO, CFDT) envoyée au ministre de l’EN

Proposent la grève illimitée et le boycott des examens dans les établissements scolaires pour se faire entendre

Proposent d’inscrire leurs actions locales futures dans le cadre national / voir le calendrier et le retour des délégués syndicaux des réunions nationales

Tiennent à poursuivre leurs propres actions. L’adhésion des profs , des parents, des élèves est recherchée. un tract collectif Sans Nous est rédigé à destination des profs

Mobilisent ensemble les différents personnels des les établissements scolaires en AG et/ou pendant les heures syndicales

Participeront à la manifestation du 1 mai , les AS, les médecins scolaires et les copsy pour dire non au démantèlement de l’Education nationale

Une prochaine intersyndicale aura lieu courant mai



CIO du Lamentin, le 9 avril 2003.[QUOTE]


l. il y a des AG dans tous les établissements scolaires et les profs
attendent la rentrée pour une mobilisation d'envergure selon les propos de responsables syndicaux, le recteur s'est déclaré surpris par de telles mobilisations et la radicalité de celles-çi. d'autre AG sont prévues pendant les vacances scolaires
et nous on fait de notre mieux dans un contexte où la décentralisation est plutôt bien vue par la population. il faut un long travail d'explication et ce n'est pas évident . pourtant, des liens se forment entre les personnels de l'éducation, de la santé, les employés municipaux,de la poste.. dans le cadre d'une défense des services publiques. je ne sais pas ce que ça va donner mais la passivité des travailleurs s'émousse .
sinon c'est vrai, j'ai peut être été un peu optimiste quant à la situation en france
ravine chien
 
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Message par ravine chien » 10 Avr 2003, 18:41

a écrit :PARIS, LE 10 AVRIL 2003
LA RÉUNION : UNE MOBILISATION D'AMPLEUR

Le mouvement qui avait démarré à La Réunion à l'issue de la journée d'action du 3 avril s'est considérablement développé et, à ce jour, près de 80 % des établissements se sont engagés dans la grève reconductible.

L'intersyndicale de la fonction publique d'éducation constituée le 7 avril, soutenue par les fédérations de parents d'élèves, a appelé à un élargissement du mouvement destiné à aler-ter enseignants, parents, élus, sur les conséquences des nouvelles mesures de décentralisa-tion touchant le service public de l'Education Nationale.

Les retards considérables qui frappent l'Académie et les financements nécessaires pour y remédier requièrent que l'Etat tienne tous ses engagements ; les collectivités territoriales ne pouvant supporter un tel effort, les transferts en matière éducative aboutiraient à accroître les déséquilibres.

Le SNES appelle à la poursuite et l'extension de ces actions unitaires, notamment des mani-festations prévues vendredi 11 et au début de la semaine prochaine.

Il condamne fermement l'intervention brutale de la police qui a contraint les grévistes oc-cupant le hall du Rectorat à quitter les lieux. Il s'agit d'une rupture brutale du dialogue social alors même que l'occupation s'effectuait dans le plus grand respect des biens et des person-nes et que les négociations étaient engagées avec le Recteur.

Il réaffirme son exigence que l'ensemble des missions de service public soient couvertes par l'Etat et assurée l'égalité d'accès de tous à ces services.

Il appelle l'ensemble des personnels à se mobiliser pour assurer, dans l'unité la plus large, la réussite des actions engagées.
ravine chien
 
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Message par Fan_Bizet » 10 Avr 2003, 20:55

Wolf, j'avoue ne pas trop saisir ton raisonnement. Il est vrai que je constate tous les jours que les syndicats de l'éducation sabotent la plupart des initiatives et surtout ne font aucune publicité aux mouvements qui existent. Ils ne font rien pour l'etendre et ne donne aucun mot d'ordre un peu combatif. Il est évident que de leur part c'est un choix politique. Les dirigeants ne feront le boulot que si ils y trouvent un intérêt quelconque où s'ils risquent de tout perdre en n'accompagnant pas le mouvement.

A partir de ce constat, comment pourraient ont les contraindre à plus de combativité ? La seule façon que je vois est que la pression à la base soit très forte. Les succes tres relatifs des mouvements montrent que la situation est loin d'être explosive ni même chaude ou profonde. Les appareils n'ont pas besoin de sortir l'artillerie lourde pour arreter les mouvements. Bien sûr cela ne doit pas empêcher de populariser l'idée d'une lutte d'ensemble (la seule voie du succés) mais il faut mesurer le rapport de force actuel (en etant attentif car ca peut changer parfois vite). Nous sommes tres loin d'une situation où les enseignants bouillant d'activité et de combativité seraient muselés par les appareils syndicaux. Dans mon lycée, qui est sans doute assez représentatif, les collegues parlent plus de sport et des vacances prochaines ou passées que de politique. A la dernière réunion syndicale 5 personnes sur 150 environ. Sans commentaire
Fan_Bizet
 
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Message par ravine chien » 10 Avr 2003, 21:00

a écrit :Tu es victime d'une déformation qui est imputable directement à la façon de penser des dirigeants de lutte ouvrière
.

je n'en sais rien, mais je fonde avant tout mon opinion sur ce que je vi e au travail. Ce n'est pas pour autand que j'abandonne et je t'assure je fais tout ce que je peux pour essayer de mobiliser les collègues et faire le lien avec les autres services . Si j'ai posté la motion de montpellier c'est que j'y souscrie et m'en faire un point d'appui
ravine chien
 
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Message par stef » 10 Avr 2003, 21:19

a écrit :Il est vrai que je constate tous les jours que les syndicats de l'éducation sabotent la plupart des initiatives et surtout ne font aucune publicité aux mouvements qui existent. Ils ne font rien pour l'etendre et ne donne aucun mot d'ordre un peu combatif. Il est évident que de leur part c'est un choix politique.

Pas d'accord. Le problème auquel sont confrontés tes collègues n'est pas le manque de popularisation des mouvements. Le problème est que les organisations syndicales sont colonisées par des dirigeants qui collaborent effrontément avec le gouvernement UMP. La tâche de l'heure : les submerger - bref dégager l'obstacle mis en travers du mouvement des enseignants.

a écrit :A partir de ce constat, comment pourraient ont les contraindre à plus de combativité ? La seule façon que je vois est que la pression à la base soit très forte.

C'est très exactement sur cette ligne que nous combattons. Aider les enseignants à contraindre les directions à rompre avec le gouvernement, à refuser de s'associer à la mise en ^place de ses plans et appeler à l'inverse à la grève générale.

a écrit :Les succes tres relatifs des mouvements montrent que la situation est loin d'être explosive ni même chaude ou profonde. Les appareils n'ont pas besoin de sortir l'artillerie lourde pour arreter les mouvements.

La combattivité d'une corporation ne dépend pas uniquement des victoires antérieures mais de multiples autres facteurs. En tout ca, ce que l'on peut mesurer depuis la semaine passée, c'est une réelle poussée qui peut déboucher. Cf Montpellier, Toulouse (500 profs en AG), etc. Probablement aussi que le texte de Nancy - quoiqu'on en pense - est révélateur. La question n'est pas de peser les forces et faiblesses du mouvement. Il est de se situer à son avant-garde et de l'orienter positivement.

a écrit :Bien sûr cela ne doit pas empêcher de populariser l'idée d'une lutte d'ensemble (la seule voie du succés) mais il faut mesurer le rapport de force actuel (en etant attentif car ca peut changer parfois vite).

Personne ici ne veut se comporter en charlatan. Soit on pense - c'est une appréciation de la situation - que l'heure est à l'action - parce que c'est ce que veulent les enseignants - et on se bat pour la grève générale. Soit on pense que c'est le calme plat et on ne le fait pas. Mais un mot d'ordre s'élabore en relation avec une situation. En tout cas, je suis contre parler de lutte d'ensemble quand ce n'est pas le moment.

a écrit :Nous sommes tres loin d'une situation où les enseignants bouillant d'activité et de combativité seraient muselés par les appareils syndicaux.

C'est faire bien bon marché de ce qu'on voit se nouer dans nombre d'académies (cf exemples ci-dessus).

a écrit :Dans mon lycée, qui est sans doute assez représentatif, les collegues parlent plus de sport et des vacances prochaines ou passées que de politique. A la dernière réunion syndicale 5 personnes sur 150 environ. Sans commentaire

N'y vois aucune attaque personelle, mais j'aimerais bien savoir ce que tu racontes avant de croire à un micro-climat politique dans ton LEP. J'ai du mal à croire que ton LEP soit suffisemment exceptionnel pour que la décentralisation ne concerne personne ! Prendre les problèmes ainsi revient - avec les meilleures intentions - à rendre les profs responsables de leur situation (alors que ce sont les appareils...)

Wolf te dira que ma citation préférée de :trotsky: est celle-là :
a écrit :La bourgeoisie a-t-elle raison dans son diagnostic ? Le danger immédiat est-il réellement passé pour elle ? Autrement dit, la révolution est-elle réellement remise à un avenir indéterminé, c'est-à-dire plus lointain? Ce n'est nullement démontré. Des affirmations de ce genre sont pour le moins hâtives et prématurées. Le dernier mot de la crise actuelle n'est pas encore dit. En tout cas, il ne convient nullement au parti révolutionnaire d'être optimiste pour le compte de la bourgeoisie: c'est lui qui pénètre le premier sur le champ de bataille et le quitte le dernier.

Voilà la posture qui doit être la nôtre !
stef
 
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