Besancenot pas candidat en 2012

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Message par Wapi » 05 Mai 2011, 12:40

Une nouvelle un peu surprenante, sur le site de l'Express :
a écrit :


Besancenot ne sera pas candidat en 2012

Candidat en 2002 et 2007, l'ancien porte-parole du NPA a annoncé dans une lettre aux militants de son parti qu'il ne présentera pas à la présidentielle.

Olivier Besancenot ne sera pas candidat en 2012. Après les présidentielles de 2002 et 2007, l'ex porte-parole du NPA a annoncé mercredi soir qu'il ne participerait pas à cette nouvelle course à l'Elysée, dans un courrier adressé aux militants.
Dans ce courrier, le facteur de Neuilly assure: "Je ne serai pas le candidat du Nouveau parti anticapitaliste à l'élection présidentielle de 2012. Il s'agit d'une décision politique que j'assume".
"Si je souhaite aujourd'hui passer le relais à un(e) de nos camarades, je ne renonce pas à m'impliquer, bien au contraire, dans tous nos combats. Je revendique plutôt la possibilité, pour le NPA, de se lancer sur de nouvelles bases, conformes au projet d'émancipation qui, plus que jamais, m'anime", poursuit-il.
Un proche du leader du NPA a indiqué pour sa part que ce dernier lui avait dit "il y a quelques jours" qu'il ne serait pas candidat.
Fin mars, Myriam Martin et Christine Poupin avaient été intronisées nouvelles porte-parole du NPA en remplacement d'Olivier Besancenot, qui a affirmé quitter avec "plaisir" ce poste pour "s'impliquer" davantage sur l'international.
Mais la direction du parti poussait Olivier Besancenot à se présenter quand même à la présidentielle.
En 2002, il avait obtenu 4,25% des voix et en 2007, 4,08%.


Cela voudrait-il dire qu'en dépit de ses dénégations, il ne croit plus à l'aventure du NPA ?
Wapi
 
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Message par Gaby » 05 Mai 2011, 12:53

(Wapi @ jeudi 5 mai 2011 à 13:40 a écrit : Cela voudrait-il dire qu'en dépit de ses dénégations, il ne croit plus à l'aventure du NPA ?
Quelle drôle de supposition, d'où vient cette idée ?
Non, il considère simplement que s'il se présentait trop souvent, cela poserait un problème politique démocratique au sein de l'organisation, et aussi vers l'extérieur, ce serait un mauvais message.

Sa lettre, interne initialement, est trouvable sur le net pour qui sait chercher.
Gaby
 
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Message par abounouwas » 05 Mai 2011, 13:01

"Non, il considère simplement que s'il se présentait trop souvent, cela poserait un problème politique démocratique au sein de l'organisation, et aussi vers l'extérieur, ce serait un mauvais message."
je n'ai pas d'idée sur ce qui se passe dans la tête de Besancenot mais j'ai du mal à envisager que cela soit anti-démocratique qu'une organisation désigne régulièrement par le vote de ses militants le même porte-parole.
le NPA continue de brasser des courants... d'air
abounouwas
 
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Message par luc marchauciel » 05 Mai 2011, 13:06

La nouvelle n'est pas si surprenante, les copains de LO ne voulaient pas me croire quand je disais que c'était une hypothèse tout fait envisageable.
On peut maintenant parier sur un approfondissement des forces centrifuges au sein du NPA, autour de la question "que faire en 2012 ?" Présenter une des nouvelles porte-paroles (mais comment lui trouver les 500 signatures sans bénéficer du rayonnement médiatique d'OB, vu l'état organisationnel dans lequel est le NPA ?) ? Se rallier à une "candidature du mouvement social" qu'il faudrait inventer de toutes pièces, pourquoi pas en lui donnant les traits de l'anti-nucléaire Stéphane Lhomme (ça correspondrait pas mal à la culture du NPA) ? Intégrer tactiquement le Front de gauche et se rallier de facto à Mélenchon ? Autre chose ? Il est même possible que ces 3 possibilités existent et finissent par représenter chacune 1/3 de l'organisation, histoire de simplifier les choses.
Malheureusement, il y a je crois une seule hypothèse qui sera pas ou peu défendue au sein du NPA : celle du ralliement (via un appel au vote) à la candidature de Nathalie Arthaud, au cas où le NPA ne parviendrait pas à avoir sa propre candidature.
luc marchauciel
 
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Message par Gaby » 05 Mai 2011, 13:07

(abounouwas @ jeudi 5 mai 2011 à 14:01 a écrit : je n'ai pas d'idée sur ce qui se passe dans la tête de Besancenot mais j'ai du mal à envisager que cela soit anti-démocratique qu'une organisation désigne régulièrement par le vote de ses militants le même porte-parole.
Ca peut encourager l'idée que la politique est une affaire de professionnels, pas de tous au quotidien.
Gaby
 
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Message par Wapi » 05 Mai 2011, 13:10

Sur le site de médiapart, la lettre en question, sous les auspices suprêmes de la commune de Paris.

(C'est toujours plus in que 1917 )

a écrit :


« Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux.

Défiez vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables…

Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste et c’est aux électeurs à connaître leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. »

Appel du comité central de la Garde nationale de la Commune de Paris, le 25 mars 1871.




Tout d’abord, je voudrais profiter de cette lettre pour remercier toutes celles et tous ceux qui, au NPA – à la LCR auparavant –, ont participé activement au travail collectif qu’a nécessité le porte-parolat que j’ai assuré ces dix dernières années. À tous les camarades des sections locales qui ont collé des affiches, distribué des tracts, organisé les meetings (et qui, toujours, nous ont accueillis chez eux à bras ouverts), aux chasseurs de signatures en 2002, puis en 2007, ainsi qu’aux camarades de la direction qui ont planché sur les argumentaires, l’orientation, la communication, la protection, à tous j’aimerais vous dire merci. Ce travail d’équipe m’a appris et apporté énormément tout au long de cette drôle d’expérience militante qu’est le porte-parolat.


J’ai essayé, pour ma part, de mouiller la chemise sans compter pour faire connaître à un public large nos idées et nos convictions. Et cette chemise, je compte bien la mouiller encore demain pour porter notre programme, notre action et notre voix. Les militants du NPA et, plus généralement, toutes celles et tous ceux qui se battent pour changer le monde pourront compter sur mon engagement.


Il s’agit d’une décision politique assumée, donc, et sans grande surprise. Il y a quelques années déjà, j’avais clairement prévenu que je ne comptais pas prendre un abonnement à l’élection présidentielle, parce que je n’aspirais pas à en être l’éternel candidat d’extrême gauche. Depuis de nombreux mois, je fais aussi partie de ceux qui mettent en garde notre parti contre les risques politiques de la personnalisation à outrance. Que les idées s’incarnent ponctuellement dans un contexte social et politique déterminé, ou qu’il faille déléguer la tâche militante de la représentation publique, par un mandat précis et limité dans le temps, est une chose. Jouer des ambiguïtés du système politique et médiatique pour se substituer à l’action militante réelle au sein de la lutte de classe, en est une autre.


Nous militons quotidiennement, dans nos entreprises, dans les luttes, au moment des élections, pour défendre la perspective d’une société enfin débarrassée de l’aliénation, de l’exploitation et de l’oppression. L’affranchissement vis-à-vis des servitudes contemporaines implique obligatoirement une rupture avec le système actuel. Cette rupture présuppose une implication populaire croissante dans la vie politique. Autant que faire se peut, cette rupture doit intervenir ici et maintenant, sans la remettre à demain et à ses bouillonnements révolutionnaires prometteurs.


Cela signifie qu’ici et maintenant, nous appelons, sans relâche et en conscience, tous les anonymes à s’approprier leur destinée. Voilà pourquoi nous exaltons systématiquement les classes populaires à faire irruption sur la scène politique en brisant les enceintes dressées par les politiciens dans le but de nous tenir à distance de l’arène, là où se jouent nos vies. Partout où nous intervenons, nous portons ce message original et subversif : dans les quartiers populaires, les entreprises, les lycées, les facs, sur les marchés, dans les manifs, pendant les élections. Ce message tout terrain qui est la marque de fabrique de notre parti, nous ne devons pas le ternir au nom d’un quelconque « réflexe » électoral.


Nous avons su créer la surprise lorsque la LCR a eu l’audace de présenter un jeune travailleur, un postier, à l’élection présidentielle de 2002. Continuons de surprendre en présentant aujourd’hui d’autres anonymes lors de ces échéances ; cela soulignera d’autant ce que nous sommes réellement : un outil collectif et hétéroclite. S’efforcer de perpétuer la démonstration selon laquelle nous n’avons pas besoin des politiciens pour nous exprimer, comprendre et proposer, est un acte progressiste. Se rassurer en pensant « jouer la sécurité » serait céder, au contraire, à des instincts « conservateurs » pernicieux qu’il faut laisser aux autres. Or, nous n’envisageons pas l’activité politique comme les autres partis.


Ce serait aussi, à mes yeux, une contradiction intenable : nous dénonçons un système où la politique est devenue une valeur marchande d’un côté, et de l’autre, nous commencerions involontairement à nous intégrer dans le décor politique traditionnel en incrustant notre mouvement et nos idées dans la case « candidat rituel à l’élection présidentielle » de notre téléviseur. C’est risquer, à terme, de nous transformer en caricature de nous-mêmes, voire en alibi du système.



Comme à chacun d’entre vous, cette vision m’est personnellement insupportable. Je ne veux pas avoir le sentiment de faire partie du personnel politique traditionnel aux yeux du large public, qu’à notre mesure nous influençons depuis quelques années. Le fait de mener une activité professionnelle à la Poste – activité que je n’ai jamais lâchée – n’est pas, sur le long terme, un sérum assez puissant pour contrecarrer la dynamique consensuelle qu’impose la joute électorale et médiatique à répétition. Le jeune travailleur parti à l’assaut de la politique en 2002 est inéluctablement devenu, en 2007, celui qui « fait de la politique tout en continuant à travailler » et probablement quelqu’un qui « fait de la politique tout court » en 2012. Militant je suis, militant je veux rester. Me libérer de cette contradiction est la meilleure garantie, pour moi, de continuer à porter le combat du NPA sur la scène publique, mais différemment.


Aussi je vous demande d’être solidaires de ce choix, en le comprenant comme la volonté que le NPA puisse enfin se retrouver. Se retrouver non pas sur un nom familier mais sur une identité collectivement réappropriée. Qu’il puisse se déployer sur des bases plus conscientes et plus constantes. Plus conscientes de la nécessité de porter un projet révolutionnaire, internationaliste, vivant et ouvert, qui le maintienne à distance du système actuel. Plus constantes dans son action globale au quotidien, en intervenant sans relâche dans les entreprises, les quartiers, la jeunesse et en animant activement les réseaux de résistance du mouvement social – syndical, antiraciste, écologiste, féministe…

L’élection présidentielle aura lieu dans un an. Cela nous laisse le temps de la préparer et faire de 2012 une étape majeure dans cette refondation.

Je suis prêt, dès à présent, à m’investir à 100 % pour que notre parti, le NPA, puisse effectivement se présenter à la prochaine présidentielle et à épauler de mon mieux notre candidat(e) durant la campagne. Car il faut continuer à nous adresser à des millions de personnes et ne pas se refermer en vase clos. Les moments de reflux que le mouvement ouvrier traverse en France ne doivent pas masquer le caractère instable de la situation politique liée à la crise globale que traverse le capitalisme depuis trois années.

Les révolutions arabes le prouvent : les vents de l’histoire sont changeants et peuvent tourner rapidement.


Olivier

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Message par Brest » 05 Mai 2011, 14:11

Juste pour info, la lettre est aussi présente sur le site du NPA. Même pas besoin de s'enquiquiner à "googler" tout ça.
Brest
 
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Message par logan » 05 Mai 2011, 14:13

(Gaby @ jeudi 5 mai 2011 à 13:07 a écrit :
(abounouwas @ jeudi 5 mai 2011 à 14:01 a écrit : je n'ai pas d'idée sur ce qui se passe dans la tête de Besancenot mais j'ai du mal à envisager que cela soit anti-démocratique qu'une organisation désigne régulièrement par le vote de ses militants le même porte-parole.

Ca peut encourager l'idée que la politique est une affaire de professionnels, pas de tous au quotidien.
Comme ce fut le cas avec Arlette pour LO ?
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Message par Brest » 05 Mai 2011, 14:23

Ben, dans un sens, un peu. On a tous dans notre entourage direct des gens qui sont surpris lorsqu'ils apprennent qu'Arlette n'est pas la "chef" de LO, et que Besancenot n'est pas la même chose au NPA.
Pour autant, à mon sens, ça n'est pas un gros problème. Arlette, malgré ses trente années de porte-parolat, est toujours restée une travailleuse et a toujours été perçue comme telle, souvent par les même personnes qui pensaient en toute bonne foi qu'elle était LA dirigeante de LO (avec le "gourou" Hardy, bien sûr...). Je pense que c'est un peu pareil pour Olivier. Et pour l'extrême-gauche, c'est ça qui devrait être le plus important.
Maintenant, qu'OB soit mal à l'aise avec ça, c'est son affaire. Personnellement, je le regrette un peu, parce que je préférais OB, qui fait quand même plus travailleur révolté. Mais laissons-leur le temps...
Brest
 
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Message par Zappa » 05 Mai 2011, 14:58

Je vois Wapi qui part dans tous les sens là. C'est de notoriété publique depuis des années que Olivier en a plein le dos du rôle de porte parole pour des raisons personnelles ( tout à fait respectable, personne n'est obligé d'être candidat at vitam eternam ) et des raisons politiques ( que je trouve fausses ). Il a décidé d'arrêter, il arrête. Je n'épiloguerai pas plus.
Zappa
 
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