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Message par artza » 17 Déc 2016, 15:21

Comme quoi suffit pas de croire au Père Noël ;)
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Message par artza » 13 Juin 2017, 07:12

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Message par Erwin » 16 Juin 2017, 14:40

Un article du NPA sur le débat de la fête. Je le trouve assez déplaisant à lire, surtout qu'il ne parle au final pas beaucoup du fond!


https://npa2009.org/idees/politique/deb ... -problemes
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Message par com_71 » 16 Juin 2017, 16:03

Le parti est un outil, mais pas une solution. Donc on peut s'en passer ? Heureusement d'ailleurs, puisqu'il est en plus illusoire.

C'est un article de "tribune", qui prend des libertés avec la réalité de ce qui a été dit, et dont le rédacteur se fiche pas mal, à mon avis, comme de beaucoup de choses, d'être "désagréable à lire".
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Message par com_71 » 16 Juin 2017, 16:32

Un jugement du NPA sur les "résultats des anticapitalistes et des révolutionnaires" :

https://npa2009.org/actualite/politique ... tionnaires

Même jauge modeste pour NPA et LO dans ces circonscriptions 5461 voix pour le NPA, 5891 pour LO.
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Message par Erwin » 16 Juin 2017, 16:51

C'est un article de "tribune", qui prend des libertés avec la réalité de ce qui a été dit, et dont le rédacteur se fiche pas mal, à mon avis, comme de beaucoup de choses, d'être "désagréable à lire".


Ce qui m'a gêné, ça n'est pas le style, mais le premier paragraphe, ou Antoine Larrache remarque que plus "tout va mal" plus on est "a l'aise", en gros... Je trouve ça assez déplacé !

Rien a voir avec l'article, mais je me demande si ça ne serait pas bien de changer un peu la forme du débat LO/NPA. Peut être qu'on aurait quelque chose de plus fluide et de plus compréhensible avec deux camarades plutôt que 4 ?
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Message par com_71 » 16 Juin 2017, 17:23

Ce post de Sinoué m'avait échappé :

viewtopic.php?f=9&t=33129&p=328198&hilit=personnalit%C3%A9+Nathalie#p328198

Un exemple, je crois, de comment il faut pas poser cette question, pour plusieurs raisons.

L'amour-propre, d'abord, n'est pas un sujet.
La nécessité du renouvellement est un préjugé, un effet de mode. (O. Besancenot avait dit sa volonté de ne pas se laisser "Arlettiser").
La popularité "factice" de Arlette nous "gênait" parfois ? Sans doute, mais surtout elle nous aidait ; et de toute façon c'était aussi un produit de la période. Cette situation politique a évolué, et pas dans le bon sens. L'"image" de Nathalie en dépend, et en dépendra.
Si il y a des présidentielles en 2022 ou avant, et sauf changement radical de la situation, je pense et j'espère que la candidature de Nathalie s'imposera. Sinoué ne devrait pas oublier que son "image" actuelle a déjà été construite par plus de sept ans d'efforts militants.
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Message par Ian » 29 Juil 2017, 10:03

A la rubrique "idées", une réponse à l'article sur le NPA dans le dernier LDC : https://npa2009.org/idees/politique/lut ... che-du-npa
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Message par Ottokar » 01 Août 2017, 15:45

je reproduis ici le long article d'Antoine Larrache qui revient à sa façon sur l'année électorale et l'article de la LDC. Ce sera peut-être plus pratique à lire que de mettre le lien.
Lutte ouvrière nous avait habitué à des méthodes de débat directes. On peut faire avec… Mais, dans Lutte de classe n°185, le texte « Le NPA à la recherche d’une politique » est étonnant de manque de rigueur. LO fait feu de tout bois, attaque le NPA par tous les angles possibles… au risque de raisonnement très confus.

Une discussion sans aucune rigueur

Le texte commence par une confusion complète sur les votes du CPN de janvier du NPA. Ainsi, elle reprend sans les comprendre les résultats des votes (31 pour la résolution, 28 contre et 10 abstentions), croyant que les 28 contre souhaitaient une « candidature du mouvement social » alors qu’au contraire, ces camarades estimaient que « Nous avons perdu bien trop de temps à lancer notre propre campagne » (selon leur explication de vote interne)… Ce n’est pas anecdotique, car cette petite confusion est le début d’un discours destiné à faire croire qu’une importante minorité des camarades du NPA serait hostile à la campagne Poutou et que le NPA n’aurait lancé la campagne Poutou qu’en janvier 2017. Une façon de disqualifier la campagne Poutou, de ne pas en dicsuter le contenu et ses succès. Pourtant, en cherchant un tout petit peu, les camarades de LO auraient trouvé le texte de lancement de la campagne Poutou élaboré lors de la conférence nationale du NPA début 2016 et voté… à 95% des déléguéEs.

Ensuite, l’article de LO prétend à propos des élections législatives, sur la base de déclarations de trois comités locaux du NPA, que « plutôt que de dire clairement qu’ils renonçaient à présenter des candidats faute de motivations politiques, de moyens financiers ou les deux à la fois, ces militants ont préféré théoriser leur renoncement » et qu’une partie importante du NPA serait « hostiles à l’idée même de présenter des candidats autonomes du NPA pour défendre sa propre politique ».

Une façon à nouveau de faire croire que le NPA ne défend pas de politique, ou alors par hasard, à l’insu ou contre l’avis de ses militantEs. Pourtant, nous avons clairement indiqué, lors de la fête de LO, avoir estimé, vu le coût des législatives, les difficultés que nous avons eu à rassembler les parrainages pour la présidentielle et le faible score que nous avons obtenu, qu’il ne nous semblait pas raisonnable de se présenter massivement cette fois-ci aux élections législatives. Il ne s’agit en aucun cas de théoriser cette difficulté, mais de la constater franchement, au lieu quasiment se réjouir de nos faibles scores qui, selon LO, « s’ils sont bien sûr insuffisants, [témoigneraient] de la permanence du courant communiste révolutionnaire ».

À 1,7% au lieu des 10% obtenus en 2002 par LO et la LCR, peut-on raisonnablement parler de « permanence » ? On devrait au contraire parler de scores totalement volatiles, de la grande difficulté à maintenir une proximité pour les idées révolutionnaires, malgré la sympathie suscitée par les candidatures de Nathalie Arthaud et Philippe Poutou. De la facilité avec laquelle de nouveaux courants réformistes se reconstituent, en bonne partie à nos dépens.

De faux débats

Après ses fausses démonstrations, LO tente de nous amener dans de faux débats. Ainsi, Yvan Lemaître et Isabelle Ufferte, du NPA, s’offusqueraient du fait que Nathalie ait « utilisé un vocabulaire de classe, des raisonnements marxistes, qu’elle a parlé d’exploitation, de bourgeoisie et qu’elle a fait référence à l’héritage et aux références du mouvement ouvrier, sans cacher nos perspectives communistes ». Les camarades, qui ont passé une trentaine d’années à LO avant de s’en faire exclure, apprécieront1… La critique que nous pouvons faire, sur le « formatage », c’est pas celle que LO prête aux camarades, mais sa difficulté à sortir d’une critique générale du capitalisme, son incapacité à se saisir des éléments politiques centraux d’une situation pour y apporter un discours marxiste révolutionnaire.

L’article prétend ensuite que Philippe Poutou aurait défendu que « l’avenir de l’humanité [serait] le retour à la petite propriété paysanne » et que nous nous opposerions à la planification… C’est tout simplement du grand n’importe quoi ! Nous soulignons simplement qu’il faut s’opposer à la concentration, au poids des trusts, et que la planification peut et doit se faire en cohérence avec la constitution de circuits courts et la protection des agriculteurs et de la nature.

Puis, Philippe Poutou aurait « [cultivé] son personnage d’ouvrier insolent » mais en serait « [resté] au niveau apolitique du “dégagisme” ». Notre campagne se résumerait donc au « dégagisme » de Macron, Le Pen ou Mélenchon ? Non, c’est bien ce que ne comprend pas LO : nous pensons que les révolutionnaires doivent partir des préoccupations des masses (ici, le ras-le-bol contre le personnel politique de la bourgeoisie) pour remettre en cause la propriété privée et de l’Etat. Ici, il s’agissait de remettre en cause l’Etat bourgeois et de défendre la révocabilité et la limitation du salaire des élus, rien que du très classique… C’est également pour cela que nous aurions présenté un ouvrier, car nous pensions qu’il serait ainsi facile de montrer les contradictions de classe par la représentation du prolétariat par un personnage auquel il peut s’identifier. Nous nous en sommes servi pour défendre l’interdiction des licenciements, le partage du temps de travail, la réquisition des grandes entreprises capitalistes et du secteur bancaire, la suppression de l’élection présidentielle…

Enfin, quand nous proposons une répartition des circonscriptions pour les législatives et que nous appelons à voter pour LO, cette dernière répond en dénonçant « la désinvolture et le dilettantisme du NPA ». Une nouvelle façon de disqualifier le NPA sans répondre sur le fond : était-il juste ou non d’avancer ensemble dans une période où les révolutionnaires sont peu audibles ? Est-ce que LO peut se contenter des 159 470 voix obtenues ? Est-ce que cela n’aurait pas été plus efficace d’avoir un appel commun de Philippe Poutou et Nathalie Arthaud à voter réciproquement pour nos listes ? Si nous l’avions fait, de nombreux travailleurs auraient pu comprendre et apprécier que, si nous avons des divergences, nous sommes capables de nous unir quand c’est nécessaire, et que le vote pour la France insoumise n’était pas une fatalité.

De vrais désaccords

A la lecture du texte de LO, on se demande surtout à quoi rime cette argumentation hasardeuse. Quel est l’intérêt de caricaturer à ce point la politique du NPA dans cette élection ? Pourquoi tenter de discréditer le NPA sur des arguments complètement absurdes et infondés ? Est-ce pour masquer l’impossibilité pour de LO à percer sur le plan électoral depuis les derniers bons scores d’Arlette, alors le NPA, malgré ses crises et ses difficultés, parvient à s’en sortir un peu mieux, par sa capacité à poser des problèmes politiques à une échelle large ?

Cela semble surtout un moyen de cacher les vraies discussions et désaccords derrière un foisonnement de critiques destinées à faire croire que le NPA serait une organisation avec laquelle il n’y aurait pas de discussion réelle. C’est une façon un peu facile d’esquiver les problèmes, que nous allons tenter de mettre en lumière pour en débattre un peu sérieusement.

Le premier est la question du racisme et de son rapport à l’exploitation. Le second celui de l’unité. Le troisième est la question du rapport de forces. Le quatrième celui de la construction du parti révolutionnaire.

Oppressions et exploitation

Concernant « les jeunes des banlieues et des quartiers populaires », LO nous dit que « Cette jeunesse est maltraitée d’abord parce qu’elle est précaire, au chômage, en bref parce qu’elle fait partie de la vaste classe des exploités, et pas d’abord à cause de sa couleur de peau ou de sa religion ». Etonnant point de vue, qui prétend que le racisme (ou le sexisme, le raisonnement est similaire) ne toucherait que les jeunes de la classe ouvrière.

On notera d’ailleurs que LO ne nous explique jamais ce qu’elle entend par « la vaste classe des exploités ». Y inclut-elle les petits commerçants, épiceries ou petits salons de coiffure, les éducateurs, les petits artistes, les cadres, les avocats dont on voit aisément que, s’ils sont d’origine étrangère, ils sont régulièrement victimes du racisme ? On est dans la plus totale confusion en termes d’analyse de classes. Cela pour masquer le fait que le racisme ne touche pas que les exploités.

Il y a une sorte de renversement dans le raisonnement de LO : ce n’est pas tant parce qu’il est exploité qu’un jeune pourrait être victime du racisme que pour être davantage exploité. Parce que, soyons sérieux, un travailleur d’origine étrangère ou musulman et un travailleur perçu comme intégré dans la culture dominante sont tous les deux exploités, la différence est bien « la couleur de la peau ou la religion ». Alors pourquoi le racisme est-il cultivé par la classe dominante ? Sûrement pas pour exploités les uns et les autres de la même façon ! Au contraire, c’est pour surexploiter les travailleurs perçus comme hors de la culture dominante, pour justifier des salaires plus faibles, des conditions de travail plus dures, une précarité plus importante.

La jeunesse qui « est précaire et au chômage » est maltraitée pour justifier sa surexploitation. Ne pas comprendre cela, faire l’impasse sur le fait qu’une partie de la population, des classes populaires et du prolétariat est opprimée parce qu’elle est d’origine immigrée ou parce qu’elle est musulmane, c’est passer à côté du fait que la lutte des classes et les mécanismes de domination de la bourgeoisie ne se réduisent pas à la lutte économique, dans les luttes sociales, dans les entreprises. C’est aussi une lutte contre l’idéologie dominante et ses outils, contre un Etat qui ne fait bien souvent pas le tri au sein des classes populaire entre le prolétariat et les différentes couches de la petite-bourgeoisie. Et c’est aussi une lutte dans laquelle la classe ouvrière noue des alliances avec des fractions d’autres classes, notamment dans les couches opprimées de la petite-bourgeoisie, pour battre la bourgeoisie.

Enfin, ne pas comprendre ces rapports, c’est fermer les yeux sur le fait que la victoire de la classe ouvrière contre la bourgeoisie n’est pas un but en soi, mais un moyen pour atteindre le communisme, une société sans classe… et sans oppressions.

« Unité, pour quoi faire ? »

A la lecture de ce paragraphe, il faut bien avouer qu’on ne comprend plus rien… « Les révolutionnaires ont su parfois nouer, depuis qu’existent les élections, des alliances électorales y compris avec des partis bourgeois pas du tout révolutionnaires ». De quoi parle LO ? De ses alliances avec le PS aux élections municipales en 2008, allant jusqu’à voter dans de nombreuses communes des budgets d’austérité ? Et sinon ?

S’il y a des exceptions dans l’histoire, la règle générale est justement, pour les révolutionnaires, de se présenter séparément des partis réformistes et a fortiori des partis bourgeois. Et dans ce cas, pourquoi présenter comme des trahisons trois accords locaux avec des forces ayant soutenu Mélenchon à la présidentielle ? Justement, aux législatives, comme dans toutes sortes d’élections gérées localement, il arrive que des groupes révolutionnaires ou centristes (qui oscillent entre réforme et révolution), malgré leur appartenance à des courants nationaux réformistes, préfèrent s’allier aux révolutionnaires. LO est-elle bien sûre que dans ce cas ce sont les révolutionnaires qui se trahissent et pas les centristes qui font un pas à gauche ? Quelle démonstration a-t-elle de cela ? Le NPA a appelé à voter LO pour les législatives sur le plan national, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y avait pas des candidats intéressants, se réclamant du combat de la classe ouvrière et d’un projet révolutionnaire dans une série de circonscriptions. On pense par exemple à la candidature du MEP dans la 5e circonscription du Gard, construite par de ouvriers syndicalistes, qui affirmait par exemple « Nous ne céderons pas non plus au chantage au FN pour le second tour », « Interdiction des licenciements et des suppressions de postes » ou encore « Arrêt de toutes les interventions militaires de la France dans le monde »…

Bon, mais admettons que LO refuse toute forme d’alliance électorale (à part ses propres alliances avec le PS)… Mais ensuite, à propos d’un appel d’O. Besancenot et du NPA à l’unité contre Macron, l’article répond « On se retrouvera peut-être aux côtés de ces partis dans de futures mobilisations contre les attaques du gouvernement. Mais leur proposer de faire un front politique face à Macron, c’est affirmer que tous ces partis se valent ; c’est aider les politiciens qui les dirigent à rebâtir une nouvelle mouture de la gauche réformiste, au moment où les travailleurs sont en train de la rejeter parce que, au pouvoir, elle les a trahis, attaqués, écœurés. » Et là on est encore dans l’incompréhensible : Olivier parle d’une proposition de front unique, et LO y voit une alliance politique…

Il serait correct de se retrouver dans les mobilisations mais proposer de mobiliser ensemble ce serait « affirmer que tous les partis se valent » et aider à « rebâtir une nouvelle mouture de la gauche réformiste » ? Nous sommes désolés, mais ce n’est rien que la bonne vieille politique du front unique… « Marcher séparément, frapper ensemble », s’adresser aux organisations du mouvement ouvrier pour mobiliser les travailleurs sur des actions ponctuelles… Oui, nous considérons qu’il est utile pour le mouvement ouvrier d’être uni pour agir et modifier le rapport de forces entre les classes. Nous ne voyons pas le moins du monde en quoi cela peut être choquant et nous pensons même, à l’inverse de LO, que cela ne contribue pas à rebâtir la gauche réformiste, qui se reconstitue dans les périodes d’illusions électoralistes ou de démoralisations après des luttes défaites, mais au contraire que cela contribue à montrer l’utilité des communistes révolutionnaires pour défendre les intérêts concrets de la classe ouvrière.

Changer le rapport de forces

LO nous ressert une fois de plus le couplet selon lesquels « il ne dépend ni des militants révolutionnaires ni même des confédérations syndicales, le voudraient-elles, de déclencher les luttes d’ampleur nécessaire pour “inverser le rapport de force”. Pour “organiser le tous ensemble”, il faut qu’existent des luttes réelles, des luttes d’ampleur. Il ne pourra y avoir un “front pour défendre dans l’unité nos droits” que lorsque des millions de travailleurs et de jeunes seront mobilisés. »

Il y a quelque chose de juste dans cette proposition : oui, la convergence des luttes ne peut se faire qu’à partir de luttes réelles, et non pas imaginaires. Mais c’est encore une de ces formules qui sert à masquer le désaccord réel. En effet, nous considérons que si toutes les organisations du mouvement ouvrier se mettait d’accord, que tous les militants se mettaient en mouvement pour argumenter, mobiliser, cela constituerait une force d’entraînement importante, capable de convaincre les hésitants, de construire des grèves, de créer une auto-organisation qui permette de modifier le rapport de forces. On l’a vu à de multiples reprises : lors du CPE, lors de la loi travail, ou encore en Tunisie pendant les révolutions arabes lorsque l’UGTT a appelé à la grève générale… lorsque les grandes confédérations, appuyées par les organisations politiques, appellent à la grève, ça marche, des centaines de milliers de personnes se mettent en mouvement. Effectivement, il n’y a plus aujourd’hui de garantie de victoire, car le mouvement ouvrier organisé à tellement reculé et habitué ses militants à la passivité, qu’il existe des secteurs entiers sans militant, sans traditions. Mais, néanmoins, les organisations regroupent encore des dizaines de milliers de militants capables d’entrainer autour d’eux.

Aujourd’hui, contre les ordonnances de Macron, nous considérons qu’il faut multiplier les initiatives, dans les entreprises, dans les quartiers populaires, pour mobiliser. Et faire converger sur des dates de mobilisations, au premier chef le 12 septembre. Les camarades de LO pensent-ils vraiment que la réussite de cette grève ne dépend pas « des militants révolutionnaires ni même des confédérations syndicales » ? Si c’était le cas, à quoi bon militer dans les syndicats, à quoi bon expliquer les réformes ? Nous pensons l’inverse : nous considérons que la réussite dépend de la capacité des militants de l’ensemble du mouvement ouvrier, dont « les communistes sont donc la fraction la plus résolue […], la fraction qui stimule toutes les autres »2, à convaincre de la nécessité et de la possibilité de s’organiser. Cela ne dépend pas d’un bon vouloir des masses, qui choisiraient spontanément et sans interactions avec les militants du mouvement ouvrier, de l’utilité ou non d’agir.

La construction du parti révolutionnaire

« Le mouvement ouvrier conscient est aujourd’hui en miettes, profondément déboussolé. Tout est à reconstruire. Mais la question qui se pose est de savoir sur quelle base politique on reconstruit et comment on s’y prend. // Pour nous, la base politique c’est celle du communisme, autrement dit du renversement du pouvoir politique de la bourgeoisie, de la prise du pouvoir par la classe ouvrière, au sens large, avec toute sa variété et ses multiples statuts, seule force sociale capable de faire cette révolution, car elle existe partout sur la planète, car elle fait fonctionner toute l’économie et n’a rien d’autre à perdre que ses chaînes. »

Sous un vocabulaire orthodoxe, ce paragraphe est pourtant le comble de la confusion. Que veut dire LO par « la classe ouvrière au sens large » ? Jamais LO ne nous dit quoi que ce soit sur cette question. Parle-t-on des ouvriers d’usine, des petits employés, des petits commerçants, des autoentrepreneurs ? Comment cette classe se constitue-t-elle, puisque nous savons depuis Marx que la classe n’existe que lorsqu’elle se transforme de la classe « en soi » (dans les rapports économique) à la classe « pour soi » (en force politique qui, malgré son hétérogénéité, défend des intérêts de classe communs dans la lutte) ? C’est bien dommage que LO reste dans le flou car, justement, la constitution du prolétariat en classe est directement liée à sa capacité à agir dans la défense immédiate de ses intérêts et notamment par le mouvement de ses organisations.

Le communisme serait « le renversement du pouvoir politique de la bourgeoisie ». Et bien pas du tout ! Le communisme, c’est une société sans classe et sans État. La prise du pouvoir par le prolétariat, c’est l’issue, pour nous militants de tradition trotskiste, de la bataille entre la bourgeoisie et la classe ouvrière, en interactions avec les autres classes. Cette bataille n’est pas idéologique, il n’y a aucun exemple historique qui montrerait que la classe ouvrière prendrait le pouvoir avec l’objectif conscient d’instaurer le communisme. Cette bataille est une lutte concrète, pour des intérêts concrets (« le pain, la paix, la terre » en 1917…), dans une situation où les intérêts de la classe ouvrière et de la bourgeoisie s’avèrent totalement contradictoires au point que le prolétariat ne peut plus accepter le capitalisme et prend le pouvoir politique, sur la base de l’organisation concrète de sa lutte (les soviets, la grève générale…).

Donc, nous militants révolutionnaires, nous avons comme base politique le communisme et la révolution prolétarienne, mais cela ne veut pas dire que le mouvement ouvrier se reconstruira sur cette base ! Parce que non, tout n’est pas à reconstruire, il existe beaucoup. Du bon et du moins bon, de l’utile et du déformé, mais on ne reconstruit jamais à zéro. Aujourd’hui, il existe des dizaines de milliers de militants qui se réclament du mouvement ouvrier, voire du communisme et de la révolution. Ces militants, et surtout les millions de prolétaires qui ont intérêt à la révolution, ne se tourneront pas vers nous parce que nous aurons le programme et les idées les plus purs, dont nous pourrons « assurer [la] transmission ». Ils se tourneront vers nous si nous sommes capables de montrer notre utilité dans la défense de leurs intérêts au quotidien. Ils se tourneront vers nous si les luttes auxquelles ils participent leur permettent d’élever leur niveau de conscience et de trouver que les idées des révolutionnaires sont les plus efficaces pour mener ces luttes et renverser le pouvoir de la bourgeoisie.

Et on en revient toujours au même point : LO croit que la conscience des travailleurs évolue par le fait « de regrouper les femmes et les hommes qui se reconnaissent dans [notre] programme, de trouver et surtout de former des militants ». Nous pensons, en nous basant sur toutes les expériences historiques, que la conscience évolue dans l’action, et que les militants révolutionnaires ont pour rôle d’accélérer ces prises de conscience, par leur expérience, leur formation politique et théorique, lors de toute une série d’événements, de la grève locale aux diverses crises politiques nationales. Agir dans toutes les luttes, intervenir sur la question de l’écologie ou du racisme, ce n’est pas pour nous abandonner le communisme mais au contraire montrer sa pertinence dans quelque domaine que ce soit. On lira avec plaisir l’article de Daniel Bensaïd Lénine ou la politique du temps brisé à ce sujet, sur la différence entre le parti stratège de Lénine et le parti pédagogue de Kautsky, sur le fait que la conscience se développe dans l’action, pas de l’extérieur de la classe.

Voilà les discussions que nous devrions avoir, pas des accusations morales sur le dilettantisme ou le pseudo abandon du communisme. Il est d’autant plus dommage que LO masque ces discussions derrières une supposée orthodoxie que ces discussions ont toujours été présentes dans le mouvement ouvrier révolutionnaire. Ce sont des discussions à avoir à la lumière d’expériences communes dans la lutte des classes. C’était notre projet de constitution du NPA, regrouper les anticapitalistes et les révolutionnaires pour aller vers la construction du parti révolutionnaire, alors que manifestement, ceux-ci sont plus que jamais divisés… Si le rôle du parti est d’orienter le combat de la classe ouvrière contre l’Etat, il est raisonnable de se dire que la chose est complexe et qu’elle mérite débat. Si les militants qui s’en réclament ne parviennent pas à être dans le même parti, le minimum est qu’ils discutent de tout cela sereinement.

Antoine Larrache
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Re: sur le site du NPA

Message par Byrrh » 04 Sep 2017, 12:02

O. Besancenot publie un nouveau livre, Que faire de 1917 ? (éd. Autrement). Texte de 4ème de couverture (souligné par moi) :
Dans cet essai vigoureux, argumenté et limpide, Olivier Besancenot plaide pour une relecture de la révolution russe : non, Lénine et Staline ne sont pas la conséquence immédiate de cet immense soulèvement populaire. Octobre 1917 : les bolcheviks prennent le pouvoir en Russie. Révolution ou coup d'Etat ? Soulèvement démocratique ou manoeuvre politique ? La filiation avec le stalinisme des années 1930 est une évidence pour nombre d'historiens.
Besancenot démontre qu'il n'en est rien : stalinisme et communisme ne sont pas seulement distincts, ils sont irréductiblement antagoniques. Le stalinisme n'est pas une variante du communisme, mais le nom d'une contre-révolution bureaucratique, qui s'est érigé à l'encontre du projet d'émancipation communiste. Scandé par des immersions dans les temps forts de 1917, comme autant de séquences cinématographiques, cet essai offre un regard neuf sur un des événements les plus passionnément étudiés et discutés de l'Histoire contemporaine.
Byrrh
 
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