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Tout ce qui touche de près ou de loin à l'actualité politique en France

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Message par com_71 » 26 Juil 2016, 11:50

issu de la récente scission du POI, semble vouloir "étoffer" sa présence sur le net.
https://latribunedestravailleurs.fr
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: le POID...

Message par com_71 » 26 Juil 2016, 12:04

côté POI, on peut consulter les 4 1ères pages de chaque n° d'Informations Ouvrières :
http://www.poivitrolles.fr/
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Message par Duffy » 27 Juil 2016, 12:53

Si l'on en croit les unes disponibles en ligne, Informations ouvrières aurait gagné plus de 2000 abonnés (+35% !) entre la fin du mois de juin et le début du mois de juillet, passant d'environ 5500-5700 abonnés, stable de septembre 2015 à juin 2016, à environ 7700 abonnés en juillet 2016. Réussite d'une campagne véhémente d'abonnement ou effet bien naturel des récentes chaleurs ? Il est vrai que la dilatation thermique se fait particulièrement sentir sur les corps gazeux...
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Re: le POID...

Message par com_71 » 23 Nov 2017, 20:34

Pour les spécialistes, mais peut être déjà posté ?

http://www.lacommune.org/Parti-des-trav ... i1678.html
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: le POID...

Message par bradley » 04 Jan 2018, 09:18

Croissance ou récession, leur problème, c’est toujours le « coût du travail » !
Editorial de la Tribune des travailleurs du 3 janvier 2018
Editorial de Daniel Gluckstein –

Si l’on en croit Mme Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (1), la « reprise » économique est là, « plus forte » même que les prévisions, et surtout « mieux partagée ».

Une bonne nouvelle pour les chômeurs, les travailleurs précaires, les jeunes, tous en quête d’un vrai travail et d’un vrai salaire ? Vous n’y êtes pas. Pour Lagarde, « cette reprise est propice soit à poursuivre les réformes structurelles lorsqu’elles ont été engagées, soit à décider de les mener ». Surtout en France, où elle salue la volonté de Macron de poursuivre « un train de réformes (…) dans la ligne de ce que le FMI recommande depuis plusieurs années ».

Hier, l’économie mondiale étant au plus bas, il était urgent pour le FMI d’engager « des réformes structurelles » pour la redresser, et donc de s’attaquer à la Sécu, aux retraites, aux services publics, au Code du travail. Aujourd’hui, l’économie va mieux, donc… il est urgent d’entreprendre les mêmes « réformes structurelles ».

C’est « pile, je gagne, face, tu perds ». Pour les capitalistes, croissance ou récession, le problème, c’est « le coût du travail », toujours trop élevé (2).

Oui, mais cette année, la croissance est « mieux partagée », prétend Lagarde. Vraiment ?

« Bourses mondiales : au-delà des espérances. L’année restera marquée par les records de certains indices », titre Le Monde. Dow Jones, Nasdaq et CAC 40 ont en effet gagné plus de 25 % en 2017. Selon Les Échos, les 100 plus grosses entreprises mondiales – Apple, Amazon, Bank of America, etc. – totalisent près de 17 500 milliards de dollars de capitaux en Bourse, un record !

Mieux partagée ?

En France, où les riches n’ont jamais été aussi riches, les 500 plus grosses fortunes ont bénéficié l’an passé d’une « hausse sans précédent » (3), allant jusqu’à 35 % pour les dix premiers et même 50 % pour le numéro 1, Bernard Arnault.

Et pendant ce temps…

Elle s’améliore, la situation des chômeurs, des précaires, des travailleurs à temps partiel imposé ? Ils vivent mieux, les travailleurs licenciés à tour de bras à cause des ordonnances et menacés de perdre leur Sécu par la suppression des cotisations sociales ? Et ces huit millions de retraités qui perdent plusieurs dizaines d’euros par mois dès ce 1er janvier, au titre de la CSG ?

Allons donc…

Macron sert le capital financier. Ses gesticulations arrogantes ne sont rendues possibles que par la division : l’obstination des uns, syndicalement, à participer à la « concertation » des contre-réformes avec le gouvernement ; l’acharnement des autres, politiquement, à respecter les institutions et le calendrier électoral jusqu’en 2022.

En combattant pour l’unité pour chasser Macron – aux côtés de militants de toutes tendances –, les adhérents du POID n’empruntent pas le plus facile des chemins. Mais un parti ouvrier peut-il se construire autrement que dans l’aide à la réalisation de l’unité ouvrière pour bloquer l’offensive destructrice du capital financier et de son gouvernement ?



(1) Le Journal du dimanche, 31 décembre 2017.
(2) On reviendra prochainement dans ces colonnes sur la réalité de la « reprise ».
(3) Challenges.
bradley
 

Re: le POID...

Message par Ottokar » 04 Jan 2018, 10:13

déjà posté. Je ferme le sujet et je l'effacerai.
Je n'ai rien contre lire les positions du POID, mais en général, comme tout un chacun, je comprends du premier coup
Ottokar
 
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Proposition du POID

Message par bradley » 28 Jan 2018, 12:11

Une chose est sûre...jamais les élections ne seront une voie vers le socialisme! Par contre, elles peuvent être un bon baromètre de la situation politique, par exemple, le fait que Macron représente 15% des inscrits et que ce même Macron reçoit les grands patrons du monde entier le 22 janvier à Versailles pour leur vanter toutes ses mesures anti-ouvrières au profit de leurs seuls profits!
Plus que jamais, en finir au plus vite avec le gouvernement des exploiteurs...Dans tout le pays, les grèves "locales" se multiplient pendant que les directions syndicales se concertent à qui mieux mieux et que Mélenchon, Hamon, Laurent attendent...2022 ! Et LO ?
L'unité à la base doit vaincre la division au sommet, pour le Front unique ouvrier contre les capitalistes et leur gouvernement.
Le POID s'est adressé à toutes les organisations ouvrières en leur proposant l'organisation d'une manifestation nationale dans l'unité pour chasser Macron, son gouvernement et sa politique.
Est-ce un début de réponse que la déclaration de Danielle Simonnet du Parti de Gauche: "Et si, le 13 mai 2018, 50 ans après Mai 68,on se retrouvait pour dire "un an de Macron, ça suffit!"
bradley
 

Re: le POID...

Message par com_71 » 30 Mars 2020, 22:49

Editoriaux du POID
« Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes »
le 18 mars 2020 Par Daniel Gluckstein —

Il y a les discours. Et puis, il y a la vraie vie.

Lundi 16 au soir, discours solennel de Macron qui prononce sept fois le mot « guerre ».

Mardi 17 au matin, dans une usine Alstom :
« Les employés ne pouvant pas faire du travail à domicile se sentent en insécurité permanente sur le site. Ils s’aperçoivent que les mesures écrites pour éviter les contaminations ne sont pas appliquées. Ils témoignent : pas de gel disponible dans les ateliers, pas de masques, pas de nettoyage des poignées de porte, fontaines à eau, machines à café, WC, outillage difficile à nettoyer. Ensuite, les points suivants demandent une gestion et une communication : le cas des personnels en suspicion de contamination, deux cas à l’atelier électrique, la distance difficile à respecter pour continuer à produire, mise en place de séparateurs avec des cartons, est-ce suffisant ? personnes à risque non gérées par l’entreprise. Comment s’assure-t-on que toutes les personnes identifiées par le service médical ont bien été isolées du risque ; l’accueil doit-il rester ouvert en plus du poste de garde ? » (rapport de délégués à la commission santé, sécurité et conditions de travail, CSSCT).

Certes, le virus ne connaît pas les différences de classe. Mais nous ne sommes pas tous égaux face au virus. Nous ne sommes pas tous à égalité engagés dans une même guerre, contrairement à ce que prétend Macron.

Il y a ces ouvriers à qui on dit : pour vous, pas de travail à domicile car il faut assurer la production. Il y a ces caissières des grandes surfaces qui, en pleine pandémie, travaillent sans masque ni protection, au contact d’une clientèle nombreuse. Il y a ces travailleurs reconnus par leur médecin traitant comme fortement suspects d’être atteints par le coronavirus, renvoyés sur un service infectiologie de l’hôpital voisin qui, saturé, les renvoie aux urgences, lesquelles, elles aussi saturées, les renvoient au 15 auquel ils s’étaient déjà adressés la veille et qui les avait renvoyés au médecin traitant, qui lui-même, etc. Histoire sans fin. Mais aussi histoire sans test de dépistage, sans masque, sans traitement, hormis : paracétamol (dont la vente est restreinte à partir de ce mardi 17 mars) et « lavez-vous les mains »…

Pendant ce temps, au moindre rhume, ministres, députés et patrons se font dépister et prendre en charge. « Selon que vous serez puissant ou misérable », écrivait naguère un certain Jean de La Fontaine…

De partout montent de légitimes accusations. Comment est- il possible que la cinquième puissance industrielle du monde manque à ce point de lits d’hôpitaux, notamment dans les services des urgences ? Qui osera nier que c’est le résultat des politiques d’austérité qui, depuis des décennies, détruisent l’hôpital public (politiques poursuivies par Macron dont les postures vertueuses et moralisatrices ne font pas oublier que son gouvernement a, à lui seul, inscrit à son tableau de chasse la suppression de 15 000 à 20 000 lits d’hôpitaux) ? Et puis, comment est-il possible que la cinquième puissance industrielle du monde manque à ce point de tests alors que dans certains pays, comme l’Allemagne ou l’Australie, ils sont généralisés et appliqués systématiquement ? Comment se fait-il qu’un pays comme la France, qui produit les armes les plus sophistiquées, ne soit pas capable de mettre en place un système de production de masques en masse ?

Alors oui, les grands discours sont une chose, mais la vraie vie est tout autre.

« Mais il faut bien les appliquer, ces mesures de confinement, non ? », nous demande-t-on parfois. Sans aucun doute, puisque la plupart des spécialistes s’accordent à considérer qu’à ce stade de l’épidémie, c’est le moyen le plus efficace pour en ralentir la progression et ainsi éviter l’explosion totale d’un système hospitalier sursaturé avec les conséquences tragiques qu’on imagine. Mais cela exonère-t-il la responsabilité de ceux dont la politique a préparé cette catastrophe ? Cela exonère-t-il la responsabilité de ceux qui persistent à ne pas prendre les mesures qui s’imposent, par exemple la mise sous contrôle de l’État d’un appareil de production entièrement dédié aux moyens nécessaires à sauver la population ? Cela exonère-t-il la responsabilité de ceux qui promettent déjà d’indemniser les patrons, mais ne prennent aucun engagement pour interdire les monstrueux plans de suppressions d’emplois déjà annoncés dans l’automobile, l’aéronautique, les banques, etc. ?

Dans les grèves et initiatives qu’ils multiplient face à la crise, les travailleurs expriment leur méfiance concernant la capacité (et la volonté réelle) des patrons et du gouvernement de les protéger. Dans les grands discours de Macron sur l’« union nationale », ils entendent l’écho des plus grands coups qui se préparent. Les actions qu’ils engagent pour exiger et obtenir d’indispensables mesures de protection font écho aux fières paroles du chant des travailleurs du monde entier, L’Internationale : « Il n’est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni tribun, Producteurs sauvons-nous nous-mêmes ».
Que périssent les profits des banques, pourvu que vive la population !
25 mars 2020 Par Daniel Gluckstein —

Chaque jour grandissent sidération et colère de l’opinion publique. Sidération devant l’ampleur catastrophique de la pandémie, colère devant l’impréparation face à une telle catastrophe.

Interrogé ce 23 mars sur BFM TV, l’ex-directeur de la Santé publique appuie lourdement les décisions du gouvernement. Mais à la question : « Ne serait-il pas souhaitable d’organiser le dépistage systématique ? », il ne peut que répondre : « Oui, ce serait souhaitable. » « Mais alors, pourquoi ne pas l’avoir fait ? » « Nous n’étions pas prêts », lâche-t-il piteusement. « Nous n’étions pas prêts », répète-t-il. Pas prêts ? C’est sûr : pas de tests disponibles, aucune anticipation… Mais pourquoi ?

Dans le journal Les Échos, une médecin infectiologue écrit : « Je suis en colère. On nous envoie au front sans armes. En ce moment, sept à dix soignants de l’hôpital sont contaminés chaque jour (…). Nous allons essayer de tout faire pour que cette épidémie tue le moins possible, mais après, il y aura des comptes à rendre. L’erreur, c’était la tarification à l’acte, lorsque l’on a exigé des hôpitaux qu’ils soient rentables. Du coup, on a fait la chasse aux stocks et aux réserves de personnels. En termes de santé publique, c’était aberrant, mais personne ne nous a écoutés, alors qu’on le répète depuis dix ans. On le paie maintenant. »

Mais pourquoi cette tarification à l’acte ? Les gouvernements, de toutes couleurs politiques, qui l’ont mise en œuvre se sont ainsi soumis à la loi du profit. Il fallait réduire les dépenses publiques, rendre rentable le domaine de la santé afin de « soulager » la trésorerie des entreprises, qu’elles paient moins d’impôts et moins de « charges sociales », comme elles disent. C’est en conséquence de cette soumission que les stocks de masques ont été liquidés et les réserves de tests non constituées. Et on en arrive à la catastrophe d’aujourd’hui, produit prévisible – qui n’a rien d’accidentel – d’un système capitaliste guidé par le profit, au mépris de la préservation de l’humanité.

Le pire, c’est que le 19 mars dernier, en pleine pandémie, l’Assemblée nationale unanime a décidé de poursuivre dans cette voie ! Ce jour-là en effet, une loi dite de finances rectificatives a été adoptée qui consacre 2 milliards d’euros au financement des hôpitaux et 343 milliards d’« aide aux entreprises ». Il s’agit plus précisément de sauver les banques puisque, sur ces 343 milliards, 300 milliards sont constitués par « la garantie de l’État sur les prêts octroyés aux entreprises par les banques ».

Vous avez bien lu : l’urgence pour le gouvernement est de garantir aux banques qu’elles ne perdront pas d’argent !! C’est la même logique qu’en 2008 : d’abord et avant tout, renflouer les banques. Il n’y a là rien de surprenant de la part du gouvernement Macron tout entier au service de la classe capitaliste. Mais on s’étonnera, et même on s’indignera, d’apprendre que cette loi a été votée à l’unanimité de l’Assemblée nationale.

Oui, les députés du Parti communiste, du Parti socialiste, de La France insoumise ont, comme un seul homme, voté avec les macronistes, la droite et l’extrême droite pour sauver les banques ! C’est la logique de l’union sacrée. Les mêmes peuvent ensuite dénoncer – et à juste titre – l’autre loi, celle sur l’urgence sanitaire. Il n’empêche que, pendant ce temps, on meurt de plus en plus dans les hôpitaux, que l’épidémie se répand et que masques et tests de dépistage font toujours défaut. Pendant ce temps, aucune des mesures de réquisition indispensables n’a été prise.

Non, Roussel (PCF), Faure (PS) et Mélenchon (LFI), l’urgence n’est pas de sauver les banques, mais le genre humain. Que périssent les profits des banques, pourvu que vive la population !
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Tribune des Travailleurs - Meeting du 10 avril 2020 !

Message par Gayraud de Mazars » 06 Avr 2020, 16:37

Salut camarades,

J'ai lu sur le site de La Tribune des Travailleurs que le POID faisait un meeting virtuel le vendredi 10 avril 2020 de 18h00 à 19h30, en lien sur le site de leur journal...

https://latribunedestravailleurs.fr/

— La pandémie place personnels et hôpitaux au point de rupture...
— Le krach financier : nouvelle étape de la faillite du système capitaliste...
— Le gouvernement Macron profite de la crise pour faire passer ses ordonnances scélérates et aggraver la privatisation de la santé...
— En France et dans le monde, les travailleurs se battent pour leurs droits, pour la vie...

LE PARTI OUVRIER SOUMET SES PROPOSITIONS AUX TRAVAILLEURS ET JEUNES

Sous la présidence de Daniel Gluckstein, secrétaire national du POID,

prendront la parole :

• Lorenzo Varaldo (Italie), directeur de publication du mensuel ouvrier Tribuna libera
• Béatrice Jaffrenou, travailleuse hospitalière
• Une mère d’élève
• Une salariée de la grande distribution
• Un militant de Jeunesse révolution
• Christel Keiser, secrétaire nationale du POID

Il est précisé :

Compte tenu des mesures de confinement, ce meeting aura lieu « en ligne », ici-même sur le site internet de La Tribune des travailleurs. Pour y assister il vous suffit de vous connecter, vendredi 10 avril à 18 heures précises, depuis un ordinateur ou votre téléphone portable.

LE MEETING SERA DIFFUSÉ EN DIRECT.


Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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Éditorial de "Tribune des Travailleurs"

Message par aramis » 12 Juin 2020, 10:07

Extirper la violence d’État à sa racine
Éditorial de "Tribune des Travailleurs" le 11 juin 2020 par Daniel Gluckstein

Que des millions de jeunes dans le monde entier descendent spontanément dans la rue pour crier leur colère contre les assassinats racistes et leur aspiration à un monde de justice et d’égalité, c’est en soi un événement majeur. Que cette mobilisation, déstabilisant les institutions en place, impose l’inculpation pour homicide volontaire des responsables de la mort de George Floyd, c’est un premier pas. Qu’en France la pression monte pour obtenir le jugement des responsables de la mort d’Adama Traoré et la réouverture des autres dossiers de violences policières, c’est un autre pas. Dans le monde entier, les coupables de crimes racistes doivent être châtiés.

Cela règle-t-il pour autant le problème du racisme de et dans la police, ou celui des violences policières ? Si la situation n’était pas tragique, il y aurait quelque chose de comique dans la demande de Macron à Castaner d’un rapport sur les violences policières, quand on a en mémoire les milliers de manifestants blessés, dont des centaines grièvement, depuis le début de la présidence de Macron !

Macron est sans aucun doute le plus mal placé pour commander un tel rapport et Castaner le plus mal placé pour le rédiger ! Quant aux mesures qui pourraient en sortir, elles relèveront, au mieux, de retouches cosmétiques et de la mise en cause de quelques brebis galeuses. Et encore… rien n’est sûr…

Le rôle de la police – et de l’État en général – n’est pas, comme cela est souvent présenté, de protéger la population en général. Le rôle de l’État (donc de la police) est de préserver l’ordre social existant. Cette réalité se vérifie sous toutes les latitudes, dans tous les régimes politiques et dans toutes les périodes historiques, depuis que sont apparues, il y a très longtemps, les premières formes d’État.

Aujourd’hui, l’ordre social, c’est celui du régime capitaliste. Ce système permet à qui possède les moyens de production d’exploiter la force de travail de qui ne les possède pas. L’ordre social capitaliste repose sur ce principe : propriétaires des moyens de production, les capitalistes imposent aux salariés de travailler une partie de la journée gratuitement, afin que ce travail légalement volé soit source de plus-value, donc de profit.

N’est-ce pas là une violence sociale permanente ? De ce régime de la propriété privée des moyens de production découle, pour les capitalistes et leurs gouvernements, le droit – financé par l’État – de licencier en masse et de réduire des millions de travailleurs au chômage ; et le droit de fermer les uns après les autres tous les services publics, en particulier dans les banlieues et les quartiers populaires ; et le droit de fermer les écoles, de liquider les voies de la formation professionnelle et des formations qualifiantes ; et le droit de laisser à l’abandon les infrastructures sportives ; et tout cela, au nom de la nécessaire austérité pour dégager toujours plus de profit ! Leur ordre social, c’est le désordre permanent qui condamne des générations entières, les prive de tout avenir, et les livre à eux-mêmes (ou pire) dans des banlieues socialement désertifiées et économiquement dévastées.

Et quand il arrive que de ce désœuvrement et de cette frustration surgissent ici ou là des flambées de violence avec des « comportements contraires à la loi », alors gouvernants et commentateurs crient à la « violence des banlieues » et la police est appelée à intervenir pour « rétablir l’ordre ». C’est-à-dire rétablir l’ordre social d’exploitation et de destruction d’un capitalisme en déclin. Puis la justice, à son tour, est appelée à intervenir pour préserver les lois de l’exploitation, de l’oppression, de la destruction sociale généralisée. C’est dans ce contexte que certains se sentent encouragés à faire du zèle, défoulant leurs préjugés racistes et leur haine de l’étranger, du Noir, de l’Arabe, du juif, allant parfois jusqu’au crime. Tous ceux-là doivent être impitoyablement châtiés.

Mais, répétons-le : la racine de la violence est bien plus profonde que celle des comportements individuels condamnables. Elle est dans l’État lui-même, comme institution rempart de l’ordre social capitaliste. C’est pourquoi se rejoignent le combat contre les violences policières et le combat contre les licenciements, la lutte contre le racisme et la lutte pour en finir avec l’exploitation.

Ce 9 juin, c’est porteurs d’un autocollant affirmant : « À bas le racisme ! À bas le capitalisme », que les jeunes de Jeunesse Révolution et les militants du Parti ouvrier Indépendant démocratique ont participé dans toute la France aux rassemblements convoqués en solidarité avec les manifestants américains et en hommage à George Floyd, mais aussi pour réclamer justice pour Adama et toutes les victimes de la violence d’État.

Il ne peut y avoir de justice sans justice sociale. Il ne peut y avoir de justice sociale sans extirper à la racine le système d’exploitation capitaliste. C’est ce que nous avons exprimé dans ces manifestations. C’est ce que les jeunes militants issus des quartiers populaires ont décidé d’exprimer, en prenant en main la rédaction des articles consacrés aux événements dans ce numéro de La Tribune des travailleurs.
aramis
 


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