Saint Denis flambe

Tout ce qui touche de près ou de loin à l'actualité politique en France

Saint Denis flambe

Message par Zelda_Zbak » 08 Mars 2017, 13:23

http://www.leparisien.fr/saint-denis-93 ... 740649.php

Eh ben ! Ca chauffe à Suger (saint-denis)...

le parisien a écrit :Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ce mardi. De violents incidents ont eu lieu au lycee Suger et ont conduit à l’arrestation d’une cinquantaine de personnes.LP/N.R.
Nathalie Revenu et Gwenael Bourdon
Saint-DenisviolencesLycéeSugerThéo
Une cinquantaine de jeunes étaient en garde à vue, mardi, après avoir «caillassé des policiers» et incendié des poubelles à proximité d'un lycée de Saint-Denis que le proviseur venait d'évacuer après des jets de fumigènes.

Cinquante-cinq personnes (dont 44 mineurs) ont été interpellées et placées en garde à vue après des débordements qui se sont produits mardi, en fin de matinée, dans le lycée Suger de Saint-Denis et dans une moindre mesure aux lycées Paul-Eluard et Frédéric-Bartholdi. «La plupart des personnes interpellées sont scolarisées dans l’établissement», indique une source proche de l’enquête. L’établissement a dû être évacué et aucun cours n’a été assuré dans l’après-midi.

Face à cette situation d'urgence, la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem s’est rendue en fin d'après-midi à la direction académique de Bobigny, où elle s’est entretenue avec les chefs d’établissement. «La violence et la casse sont inacceptables, a-t-elle déclaré. L’Etat restera ferme.»

Un tir de mortier dans le lycée


Ce mardi, les premiers incidents ont éclaté dans l’enceinte même du lycée Suger. Vers 11 heures, trois foyers d’incendie ont été détectés dans les toilettes du 1er et du 2e étages. De la fumée s’est propagée dans les couloirs. Un tir de mortier a retenti. Curieusement, l’alarme incendie ne s’est pas déclenchée. Les enseignants apprendront plus tard qu’elle a été volontairement désactivée «pour ne pas effrayer les élèves». A ce moment-là, dans les classes, les lycéens sont terrorisés. Une certaine confusion règne. Un enseignant muni d’un extincteur tente d’éteindre lui-même les flammes. «On a répandue de l’essence dans un escalier», ajoute avec effroi un professeur.

Au milieu de ces scènes de chaos, des ordres contradictoires sont donnés. « La direction nous demandait de faire rentrer les élèves. Tandis que des équipes mobiles de sécurité (NDLR : les EMS, dépêchées par le rectorat) ordonnaient l’évacuation des locaux », poursuit cet enseignant. Finalement, les élèves — 1 200 en temps normal  — ont été invités à sortir dans la cour. Pendant ce temps, sur le parvis du lycée, l’agitation est à son comble. Une bataille rangée entre des dizaines d’individus encapuchonnés et la police a éclaté devant l’établissement et dans les petites rues alentours. Les pavés volent, des containers renversés flambent. Les forces de l’ordre ripostent par des jets de gaz lacrymogène et des tirs de flash-ball.

Des signes avant-coureurs sur les réseaux sociaux


La veille déjà, le lycée avait fait face à des violences. Vers 9 h 40, la salle des professeurs, située au 1er étage, avait été la cible de jets de morceaux de parpaing faisant voler en éclat le double-vitrage. «Un projectile n’est pas passé pas loin de la tête d’un collègue», indique une jeune enseignante en état de choc.

Après cette montée de fièvre aussi violente que soudaine, personne n’était en mesure de comprendre les motivations des auteurs. Des signes avant-coureurs avaient filtré via le réseau social Snapchat. Il était question d’attaquer le lycée à coups de cocktails Molotov. Le message avait circulé parmi les élèves. «Ce matin, ma salle de classe était à moitié vide», confie cette professeur.

Début d’explication : une vidéo postée sur les réseaux sociaux avec des hashtags «blocus pour Théo» ou «blocus contre la police» offrait peut-être un début d’explication. Lors de ces deux journées, les enseignants ont fait valoir leur droit de retrait. Les cours devraient devraient reprendre ce matin, sous l’étroite surveillance de la police. Mais dans le corps enseignant, le coeur n’y est pas : «On a la trouille. Je n’avais jamais vu un tel niveau d’agressivité», s'inquiète une enseignante de Suger.


« Ma fille de 17 ans est en garde à vue ! »


C’est un sanglot d’angoisse et de colère qui est venu ponctuer ce mardi soir une réunion publique sur la rénovation urbaine dans le quartier du Franc-Moisin, à Saint-Denis. Une femme se lève, interpelle les élus : «Ce soir il y a 50 élèves de Suger au commissariat. Ma fille de 17 ans est en garde à vue !» Deux autres mamans sont dans le même cas : l’une est sans nouvelles de sa fille, l’autre de son fils, âgés de 16 ans tous les deux. Impossible, disent-elles, que leurs enfants aient participé aux violences.

L’une d’elles fait défiler les SMS reçus de sa fille. Le premier est tombé à 11 h 44 : «La police m’a frappée. On est 45 en tout.» Par texto, sa mère lui demande où elle se trouve : «Je peux pas, répond l’ado. Je suis menottée.» Un message lapidaire peu après : «Commissariat.» La mère de famille s’est ruée en début d’après-midi au lycée pour en savoir plus. «La directrice nous a dit qu’elle avait laissé sortir les enfants. Personne ne nous avait prévenus.»
Avatar de l’utilisateur
Zelda_Zbak
 
Message(s) : 309
Inscription : 05 Fév 2015, 11:53

Re: Saint Denis flambe

Message par Patrocle » 08 Mars 2017, 16:59

Une manifestation contre les violences policières est prévue pour le 19 mars, Nation-République, manifestation soutenue par les familles des victimes des violences et par de nombreuses organisations : LDH, MRAP, CGT, FSU, PCF, NPA, ... voir l'appel à manifester
Patrocle
 
Message(s) : 62
Inscription : 28 Fév 2017, 13:57

Re: Saint Denis flambe

Message par Plestin » 08 Mars 2017, 17:47

Difficile d'y voir clair pour l'instant dans cette affaire.

Le lycée Suger avait connu une grève des personnels à la rentrée de septembre 2016 après l'agression d'un surveillant, et dans cette grève ceux-ci réclamaient de doubler les effectifs de surveillants de 7,5 à 15, car il y avait 173 élèves par surveillant. Ce à quoi le rectorat répondait que Suger n'était pas plus mal loti que des établissements comparables dans le même secteur... (ce qui ne prouve rien, sinon que tous sont en sous-effectif !). D'après un reportage du Monde (15/09/2016), certains élèves continuaient à brandir banderoles et slogans : "Ensemble pour un quartier sans violence", "Autant de surveillants qu'à Louis-le-Grand" (un lycée parisien bourgeois), "non aux sous-effectifs, on n'est pas un sous-lycée". Un seul poste de surveillant supplémentaire a finalement été accordé. Tout ça, c'était quelques mois avant l'affaire Théo.

Le rectorat a aussi pointé du doigt que le lycée Suger est situé "dans une zone sensible et pâtit de l'affrontement entre deux cités". Il est effectivement situé à côté de la cité des Francs-Moisins, qui était déjà il y a 40 ans la cité la plus pauvre, la plus déshéritée et la plus difficile de Saint-Denis (et pourtant, des cités pauvres, il y en a un paquet !) et qui l'est apparemment toujours aujourd'hui ! (Je parle de mémoire, étant originaire de cette ville, ayant vécu 30 ans et y ayant encore quelques attaches).

Concernant les événements de ce 7 mars, un témoignage de lycéen recueilli par BFMTV (cité par L'Obs) interroge tout de même : "D'un coup, on a entendu un premier mortier dans le lycée, ensuite un deuxième, et c'est là où l'émeute a commencé. Ensuite le lycée a décidé d'évacuer. On est sorti, on a commencé à dire 'Justice pour Théo'. Quand ils ont évacué, la BAC a commencé à tirer et c'est là où on s'est tous rassemblés. On a commencé à contester et à ne pas se laisser faire".

Il y avait apparemment un appel par le biais des réseaux sociaux, qui a peut-être été pris par certains comme l'occasion de manifester à propos de l'affaire Théo et par d'autres (avec des provocateurs ou pas en leur sein ?) comme l'occasion de tout casser. Ensuite, il y a eu des ordres contradictoires : alors que la direction de l'établissement demandait de faire rentrer les élèves, les équipes mobiles de sécurité ordonnaient, elles, d'évacuer les locaux. Ce n'est donc pas exclu que, des lycéens obligés de sortir et criant "Justice pour Théo", la police se soit vengée sur eux, les poussant à réagir. Aujourd'hui, 55 sont encore en garde à vue et il s'agit probablement de ceux-là.

Cela ressemble quand même un peu à un traquenard. A la veille des élections, comme toujours.
Plestin
 
Message(s) : 345
Inscription : 28 Sep 2015, 17:10

Re: Saint Denis flambe

Message par Plestin » 12 Mars 2017, 10:06

Cela ressemble quand même un peu à un traquenard.


Ça se confirme, si l'on en croît la brève qui vient de paraître sur le site LO :

Lycée Suger - Saint-Denis
De nouvelles violences policières
Brève
12/03/2017

Lors de l'évacuation du lycée Suger, suite aux trois départs de feu, la police avait assuré que le parvis était sécurisé et que les élèves pouvaient sortir en toute sécurité. Mais une fois dehors, de nombreux lycéens ont été embarqués pour attroupement ! 55 ont été arrêtés par la police dont 44 mineurs qui ont passé plus de 30 heures en garde à vue. Certains ont été insultés et menottés, d'autres ont été frappés, un au moins a reçu un coup de taser. Des parents envisagent de porter plainte contre la police.

Au même moment, une bande de 80 jeunes quittait les lieux en toute tranquillité pour se diriger vers le centre-ville en cassant ! De nombreux parents ne comprennent pas pourquoi on a arrêté les victimes et laisser partir les fauteurs de trouble !
Plestin
 
Message(s) : 345
Inscription : 28 Sep 2015, 17:10


Retour vers Politique française

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : conformistepote et 2 invité(s)