Sexualité (agressions, orientation, etc.)

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Re: Sexualité (agressions, orientation, etc.)

Message par Plestin » 18 Oct 2017, 09:43

Oui. Par contre Patrocle ton article est effectivement hallucinant (et intéressant) !

Autre article hallucinant, celui-ci, de FranceTV Info, sur le viol des femmes SDF.

http://www.francetvinfo.fr/societe/droi ... 45935.html
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Re: Sexualité (agressions, orientation, etc.)

Message par Plestin » 18 Oct 2017, 09:57

Je parlais bien sûr de l'article d'avant...
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Re: Sexualité (agressions, orientation, etc.)

Message par Patrocle » 18 Oct 2017, 10:03

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Re: Sexualité (agressions, orientation, etc.)

Message par com_71 » 10 Jan 2018, 21:18

Droit d'importuner ! Même des groupes d'extrême-gauche ont eu + ou - une réaction en phase avec la "tribune Deneuve". Singulière perte de repères !

franceinfo a écrit :"Les porcs et leurs allié.e.s ont raison de s’inquiéter" : Caroline De Haas et des militantes féministes répondent à la tribune publiée dans "Le Monde"

Mis à jour le 10/01/2018 | 15:59

Un texte qui ne passe pas.
Mardi 9 janvier, 100 femmes ont signé une tribune publiée dans Le Monde où elles prennent la défense de la "liberté d'importuner", après ce qu'elles qualifient de "campagne de délation" visant des hommes accusés de harcèlement sexuel dans la foulée de l'affaire Weinstein. Un texte écrit par plusieurs auteures reconnues, parmi lesquelles Catherine Millet et Catherine Robbe-Grillet, et signé par des personnalités comme l'actrice Catherine Deneuve et la journaliste Elisabeth Lévy, qui défend, entre autres, la "liberté d'importuner" des dragueurs face "aux délations et mises en accusation publiques d'individus (...) mis exactement sur le même plan que des agresseurs sexuels".

Cette tribune a fait réagir la militante féministe Caroline De Haas qui en a écrit une à son tour, cosignée par une trentaine de militantes et militant féministes, pour dénoncer ce qu’elle considère comme un "#Metoo, c’était bien, mais…".

A chaque fois que les droits des femmes progressent, que les consciences s'éveillent, les résistances apparaissent. En général, elles prennent la forme d’un "c’est vrai, certes, mais…". Ce 9 janvier, nous avons eu droit à un "#Metoo, c’était bien, mais…". Pas vraiment de nouveauté dans les arguments employés. On retrouve ces derniers dans le texte publié dans Le Monde comme au boulot autour de la machine à café ou dans les repas de famille. Cette tribune, c’est un peu le collègue gênant ou l’oncle fatigant qui ne comprend pas ce qui est en train de se passer.

"On risquerait d’aller trop loin."
Dès que l’égalité avance, même d’un demi-millimètre, de bonnes âmes nous alertent immédiatement sur le fait qu’on risquerait de tomber dans l’excès. L’excès, nous sommes en plein dedans. C’est celui du monde dans lequel nous vivons. En France, chaque jour, des centaines de milliers de femmes sont victimes de harcèlement. Des dizaines de milliers d’agressions sexuelles. Et des centaines de viols. Chaque jour. La caricature, elle est là.

"On ne peut plus rien dire."
Comme si le fait que notre société tolère – un peu – moins qu’avant les propos sexistes, comme les propos racistes ou homophobes, était un problème. "Mince, c’était franchement mieux quand on pouvait traiter les femmes de salopes tranquilles, hein ?" Non. C’était moins bien. Le langage a une influence sur les comportements humains : accepter des insultes envers les femmes, c’est de fait autoriser les violences. La maîtrise de notre langage est le signe que notre société progresse.

"C’est du puritanisme."
Faire passer les féministes pour des coincées, voire des mal-baisées : l’originalité des signataires de la tribune est... déconcertante. Les violences pèsent sur les femmes. Toutes. Elles pèsent sur nos esprits, nos corps, nos plaisirs et nos sexualités. Comment imaginer un seul instant une société libérée, dans laquelle les femmes disposent librement et pleinement de leur corps et de leur sexualité lorsque plus d’une sur deux déclare avoir déjà subi des violences sexuelles ?

"On ne peut plus draguer."
Les signataires de la tribune mélangent délibérément un rapport de séduction, basé sur le respect et le plaisir, avec une violence. Tout mélanger, c’est bien pratique. Cela permet de tout mettre dans le même sac. Au fond, si le harcèlement ou l’agression sont de "la drague lourde", c’est que ce n’est pas si grave. Les signataires se trompent. Ce n’est pas une différence de degré entre la drague et le harcèlement mais une différence de nature. Les violences ne sont pas de la "séduction augmentée". D’un côté, on considère l’autre comme son égal.e, en respectant ses désirs, quels qu’ils soient. De l’autre, comme un objet à disposition, sans faire aucun cas de ses propres désirs ou de son consentement.

"C’est de la responsabilité des femmes."
Les signataires de la tribune parlent de l’éducation à donner aux petites filles pour qu’elles ne se laissent pas intimider. Les femmes sont donc désignées comme responsables de ne pas être agressées. Quand est-ce qu’on posera la question de la responsabilité des hommes de ne pas violer ou agresser ? Quid de l’éducation des garçons ?

Les femmes sont des êtres humains. Comme les autres. Nous avons droit au respect. Nous avons le droit fondamental de ne pas être insultées, sifflées, agressées, violées. Nous avons le droit fondamental de vivre nos vies en sécurité. En France, aux Etats-Unis, au Sénégal, en Thaïlande ou au Brésil : ce n’est aujourd’hui pas le cas. Nulle part.

Les signataires de la tribune du Monde sont pour la plupart des récidivistes en matière de défense de pédocriminels ou d’apologie du viol. Elles utilisent une nouvelle fois leur visibilité médiatique pour banaliser les violences sexuelles. Elles méprisent de fait les millions de femmes qui subissent ou ont subi ces violences.

Beaucoup d’entre elles sont souvent promptes à dénoncer le sexisme quand il émane des hommes des quartiers populaires. Mais la main au cul, quand elle est exercée par des hommes de leur milieu, relève selon elles du "droit d’importuner". Cette drôle d’ambivalence permettra d’apprécier leur attachement au féminisme dont elles se réclament.

Avec ce texte, elles essayent de refermer la chape de plomb que nous avons commencé à soulever. Elles n’y arriveront pas. Nous sommes des victimes de violences. Nous n’avons pas honte. Nous sommes debout. Fortes. Enthousiastes. Déterminées. Nous allons en finir avec les violences sexistes et sexuelles.

Les porcs et leurs allié.e.s s’inquiètent ? C’est normal. Leur vieux monde est en train de disparaître. Très lentement – trop lentement – mais inexorablement. Quelques réminiscences poussiéreuses n’y changeront rien, même publiées dans Le Monde.

Ont signé cette tribune : Adama Bah, militante afroféministe et antiraciste, Marie-Noëlle Bas, présidente des Chiennes de garde, Lauren Bastide, journaliste, Fatima Benomar, co-porte-parole des Effronté.es, Anaïs Bourdet, fondatrice de Paye ta Shnek, militante féministe, Sophie Busson, militante féministe, Marie Cervetti, directrice du FIT et militante féministe, Pauline Chabbert, militante féministe, Madeline Da Silva, militante féministe, Caroline De Haas, militante féministe, Basma Fadhloun, militante féministe, Giulia Foïs, journaliste, Clara Gonzales, militante féministe, Leila H., de Check tes privilèges, Clémence Helfter, militante féministe et syndicale, Carole Henrion, militante féministe, Anne-Charlotte Jelty, militante féministe, Andréa Lecat, militante féministe, Claire Ludwig, chargée de communication et militante féministe, Maeril, illustratrice et militante féministe
Chloé Marty, assistante sociale et féministe, Angela Muller, militante féministe, Selma Muzet Herrström, militante féministe, Michel Paques, militant féministe, Ndella Paye, militante afroféministe et antiraciste, Chloé Ponce-Voiron, militante féministe, metteuse en scène, réalisatrice et et comédienne, Claire Poursin, coprésidente des Effronté.es, Sophie Rambert, militante féministe, Noémie Renard, animatrice du site Antisexisme.net et militante féministe, Rose de Saint-Jean, militante féministe, Laure Salmona, cofondatrice du collectif Féministes contre le cyberharcèlement et militante féministe, Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie et militante féministe, Nicole Stefan, militante féministe, Mélanie Suhas, militante féministe, Monique Taureau, militante féministe, Clémentine Vagne, militante féministe, l’association En Avant Toute(s), l’association Stop harcèlement de rue.
Que de méprisables eunuques ne viennent pas soutenir que l'esclavagiste qui, par la ruse et la violence, enchaîne un esclave est devant la morale l'égal de l'esclave qui, par la ruse et la violence, brise ses chaînes ! Trotsky
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Re: Sexualité (agressions, orientation, etc.)

Message par Byrrh » 10 Jan 2018, 21:50

"Liberté d'importuner"... On dirait que Deneuve ne sait pas de quoi elle parle ; et, de fait, je veux bien croire qu'une femme d'un milieu social privilégié n'est pas en mesure de comprendre que pour des femmes des classes populaires ou même de la petite-bourgeoisie, les situations de harcèlement sexiste sont quotidiennes et répétées, dans la rue ou les transports en commun. Ce n'est pas de la drague, c'est un fléau systémique qui pourrit la vie de millions de femmes !

Mais une Deneuve dans le métro ou le RER à 6 heures du mat', ce n'est pas près d'arriver. Géographiquement et socialement parlant, elle évolue dans des strates où l'on ne subit pas plusieurs fois par jour les insultes ou les attouchements d'inconnus quand on cherche seulement à se rendre d'un point A à un point B en traversant l'espace public.
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Re: Sexualité (agressions, orientation, etc.)

Message par Zelda_Zbak » 11 Jan 2018, 08:25

Je ne partage pas ton analyse Byrrh.
Deneuve est réac, c'est tout. Car des tas de femmes de la bourgeoisie ou de la petite bourgeoisie se font harceler gravement du simple fait que ce sont des femmes.
Le sexisme, l'alcoolisme, l'homophobie ou le racisme ne sont pas des tares propres aux milieux modestes.
Et réciproquement, chez les riches comme chez les pauvres, des femmes sont de droite et détestent la solidarité collective.
C'est "juste" un texte de droite signé par des gens de droite.
Et ça a le mérite de faire discuter du fond : un mec qui te drague et te met une main sur le genou... Tu lui mets un stop, il ne recommence jamais... il s'est juste pris un rateau.
Il recommence une seule fois, c'est un harceleur et tu peux passer en mode dénonciation. Dénonciation 1 : j'en parle au chef (ou n+2 si c'est le chef qui harcèle etc.) Dénonciation 2 : j'en parle aux flics.

Mais c'est vrai que ces derniers mois, la blague qui circule (gentiment) chez les collègues hommes est la suivante : Un collègue arrive, me fait la bise, me dit "Ca va ma grande ?" et les autres s'exclament en rigolant "Doh ! Harcèlement ! Retire ça tout de suite "... Et moi de sourire... Quoi faire d'autre ?

Bon, quelqu'un a la liste des 100 signataires du texte réac du Monde ?
Car Deneuve, on s'en fout un peu. J'ai vu Levy (normal, elle est bien à droite). Qui d'autre ? Je voulais savoir si dans les 100, il y avait des femmes classées à gauche.
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Re: Sexualité (agressions, orientation, etc.)

Message par Byrrh » 11 Jan 2018, 08:55

Tu m'as lu en diagonale, j'ai d'ailleurs évoqué les femmes des classes populaires ET de la petite-bourgeoisie.

J'ai parlé de situations de harcèlement sexiste "quotidiennes et répétées". Et effectivement, celles qui doivent se rendre à leur travail tous les jours selon des horaires et des itinéraires qu'elles n'ont pas choisis, via des modes de transport qui les mettent au contact de prédateurs, sont forcément plus exposées que celles qui n'ont pas à le faire.

Deneuve ne sentira jamais contre elle un passager de transport en commun en train de frotter son sexe, parce qu'elle n'a pas à prendre un transport en commun. Alors oui, elle pourra être "importunée" (selon son expression) ou agressée par quelqu'un de sa classe, mais en termes de fréquence, de probabilité et de degré, c'est un échantillon minuscule de ce que connaissent du sexisme l'essentiel des femmes, qui ne sont pas des bourgeoises.

De la même façon, être un piéton "obligatoire", parce que pas assez de fric pour passer le permis ou pour avoir un véhicule, expose à être emmerdé plus fréquemment que d'autres catégories par tous les lumpen ou les salauds que cette société génère et qui traînent dans l'espace public.
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Re: Sexualité (agressions, orientation, etc.)

Message par Byrrh » 11 Jan 2018, 09:42

Et concernant ceci :
Le sexisme, l'alcoolisme, l'homophobie ou le racisme ne sont pas des tares propres aux milieux modestes.

Personne ici n'a prétendu le contraire.

En revanche, il est clair que ces fléaux, on les vit avec davantage d'intensité, dans toute leur plénitude, quand on se situe au bas de la hiérarchie sociale. Être un bourgeois ou une bourgeoise, c'est aussi pouvoir échapper à l'essentiel de la violence que cette société produit, et disposer de tout un éventail de solutions pour s'en tenir éloigné.
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Re: Sexualité (agressions, orientation, etc.)

Message par Byrrh » 11 Jan 2018, 20:45

Les immondices proférées ces derniers jours par Catherine Deneuve, Catherine Millet, Nadine Morano, Sophie de Menthon, Brigitte Lahaie ou encore Christine Boutin - et dès le début par toute une série d'hommes médiatiques - contre la vague de révolte #metoo / #balancetonporc, ont achevé de me convaincre du fait que ce mouvement est très largement positif. J'avais des réserves au départ, comme par rapport à tout ce qui plaît un peu trop aux milieux "postmodernes" et petits-bourgeois, mais franchement, ces écuries d'Augias débordent et doivent être nettoyées, et j'espère que ça ne s'arrêtera pas là. Je me réjouis d'apprendre qu'aux USA, des femmes de la classe ouvrière ont elles aussi commencé à se mettre en mouvement sur ce sujet ; de même, à Pontoise, des lycéennes d'établissements généraux et techniques ont bloqué leurs bahuts contre les apprentis "porcs" qui les emmerdent. Bravo à toutes, bravo à leur courage, pourvu que ça aille encore plus loin.

http://www.leparisien.fr/societe/harcel ... 466850.php

http://www.liberation.fr/france/2017/10 ... rs_1603612

https://www.google.fr/url?sa=t&source=w ... BI74b9Fcpc
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