Sexualité (agressions, orientation, etc.)

Tout ce qui touche de près ou de loin à l'actualité politique en France

Re: Agressions sexuelles

Message par Gaby » 09 Oct 2017, 10:02

Pour retourner le truc, ce sera encore plus clair : le viol ou l'agression sexuelle est un crime pervers. Alors stop s'il te plaît, on ne change pas (sur ce fil) de sujet et on ne passe pas à l'amiante, ça serait sympa de pas mélanger les genres, même si tout est important, tout n'est pas comparable.


Logan aurait pu parler de l'esclavage et de sa reconnaissance, de la reconnaissance de génocides, etc. Il dit que faire reconnaître un crime est légitime. Je crois que tu n'as pas saisi ce qu'il disait là.
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Re: Agressions sexuelles

Message par Zelda_Zbak » 09 Oct 2017, 10:14

Merci Gaby, je comprends mieux effectivement.
Disons alors qu'il faut le faire, et ne surtout pas s'arrêter là. Car réduire les blacks à l'esclavage, les rebeus à l'islamophobie dont ils sont victimes, réduire les femmes aux violences faites aux femmes, les gays et lesbiennes aux violences qu'ils et elles subissent, les ouvriers aux victimes de l'amiante ou aux licenciements etc... C'est toujours réduire à des trucs super déprimants. Se battre pour que tous ces gens-là aient un avenir où ils ne seront pas stigmatisés en tant que minorité, et s'épanouiront en restant eux-mêmes, c'est encore une fois LE volet essentiel du combat. Certains pensent que ça se fera gentiment dans le cadre de la République démocratique de plus en plus juste... Ouaip, ça nous fait sourire, mais c'est ce que pensent l'immense majorité des gens qui s'estiment progressistes en France. Et des teigneux comme nous ici pensent qu'il faudra changer de paradigme nom de d'là !
Dernière édition par Zelda_Zbak le 09 Oct 2017, 10:20, édité 1 fois.
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Re: Agressions sexuelles

Message par Gaby » 09 Oct 2017, 10:19

Oui, mais tu ne peux pas dire du CRAN (conseil représentatif des associations noires) par exemple qu'ils réduisent les noirs à leur histoire parce qu'ils ont récemment obtenu l'existence d'un musée de l'esclavage. C'est reprocher à ceux qui se battent contre une injustice de rabaisser les personnes à leur condition d'opprimé. Ce serait comme dire du mouvement ouvrier qu'il ne voit les ouvriers que comme des exploités.
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Re: Agressions sexuelles

Message par Plestin » 09 Oct 2017, 10:19

Le camarade Byrrh a écrit :

Vous avez bien résumé le problème, merci. Et ce que vous écrivez, je pourrais facilement le transposer à la condition homosexuelle.

Non seulement pour l'émancipation des travailleurs, mais aussi pour toute une série de causes, il est indispensable que le mouvement ouvrier se reconstruise.


Parfaitement. Sur le sujet de la condition homosexuelle aussi, il y a des tas de progrès à faire. Concernant l'agression par les mots (tiens, là-dessus, sur le pouvoir des mots, Christine Angot n'a pas tort...) avec les insultes devenues si banales, contre les homosexuels hommes ou femmes mais aussi contre toutes les femmes. Concernant aussi, évidemment, l'agression tout court (parfois même sexuelle anti-homosexuelle !) Et l'existence d'associations très actives, très militantes, a permis des progrès considérables sur la question de l'homosexualité, dans le Droit (ça compte !) et dans une partie de la société. Mais on voit bien que ce n'est pas suffisant et que tous les secteurs de la société ne sont pas touchés avec la même efficacité. Et il y a comme un glissement du registre de l'homophobie, comme si l'homophobie dans un pays comme la France avait en partie cédé sur un terrain - OK, on accepte qu'ILS ou ELLES puissent vivre comme ça leur plaît et on ne va pas leur chercher querelle - mais pas sur l'autre : il y a encore le EUX et NOUS. Quand même, NOUS ne sommes pas comme ça. Quand même, EUX ne sont pas normaux, etc.

Il y a bien sûr le "passage obligé" pour les homosexuels consistant à obtenir la reconnaissance qui leur a été longtemps refusée, et on voit bien la situation des pays où ils ne sont même pas censés exister (ce qui n'empêche pas de les réprimer férocement). Mais on est encore loin, ici, même dans les milieux les plus progressistes, à accepter le fait qu'il n'y a aucune différence de nature entre homo- ou hétérosexuel : ce n'est pas EUX et NOUS, c'est NOUS TOUS, nous sommes les mêmes, et je dirais même exactement les mêmes, le comportement sexuel étant éminemment variable dans l'espèce humaine. Y compris d'ailleurs à l'échelle d'un même individu à différentes époques de sa vie. Ce qui est à la fois un formidable atout pour l'humanité - le cerveau humain est capable d'explorer plein de directions, en matière de sexualité comme sur bien d'autres sujets - et bien sûr aussi un élément de fragilité, aggravé par la société - un cerveau humain est capable de devenir un cerveau d'agresseur.
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Re: Agressions sexuelles

Message par Zelda_Zbak » 09 Oct 2017, 10:21

Gaby a écrit :Oui, mais tu ne peux pas dire du CRAN (conseil représentatif des associations noires) par exemple qu'ils réduisent les noirs à leur histoire parce qu'ils ont récemment obtenu l'existence d'un musée de l'esclavage. C'est reprocher à ceux qui se battent contre une injustice de rabaisser les personnes à leur condition d'opprimé. Ce serait comme dire du mouvement ouvrier qu'il ne voit les ouvriers que comme des exploités.

c'est pour ça que je ne le dis pas d'ailleurs. :D
Un musée de l'esclavage est tout aussi vital qu'un mémorial de la Shoah. Devoir de mémoire, c'est pas complètement con comme notion.
<hors-sujet>Il est où, à Nantes ? Purée, à Paris, j'ai vu le "musée de l'immigration". Une vraie daube à mon goût. Pas un mot, pas un, sur le colonialisme, l'esclavagisme, pas un mot sur le fait que c'est l'une des racines fondamentales de la bourgeoisie prospère à un stade de son développement. Grrrrrrrrrrrrrr... Ca a été conçu par Jacques Toubon, sur le site de l'ancienne maison coloniale d'une expo universelle. Rien que ça, ça fait bondir !</hors-sujet>
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Re: Agressions sexuelles

Message par Byrrh » 09 Oct 2017, 10:49

Zelda_Zbak a écrit :Purée, à Paris, j'ai vu le "musée de l'immigration". Une vraie daube à mon goût. Pas un mot, pas un, sur le colonialisme, l'esclavagisme, pas un mot sur le fait que c'est l'une des racines fondamentales de la bourgeoisie prospère à un stade de son développement. Grrrrrrrrrrrrrr... Ca a été conçu par Jacques Toubon, sur le site de l'ancienne maison coloniale d'une expo universelle. Rien que ça, ça fait bondir !

Zelda, je te trouve un peu injuste avec ce musée trop méconnu... qui n'a été inauguré par Hollande que 7 ans après son ouverture : c'est dire à quel point les politiciens bourgeois ne sont pas pressés de se coltiner tout ce qui peut troubler le roman national officiel.

Ce musée est davantage axé sur l'immigration que sur l'histoire du colonialisme, même si c'est lié. Il faut voir l'exposition permanente, où les documents historiques côtoient des objets personnels que des immigrés célèbres ou anonymes ont prêtés au musée ; elle montre à quel point ce pays, que certains voient comme le nombril du monde, est redevable aux différentes vagues d'immigration, et à quel point il a traité ses travailleurs venus d'ailleurs comme des chiens. Récemment, il y avait une expo pas mal sur l'immigration d'origine italienne, que j'ai malheureusement manquée (c'était l'histoire de ma grand-mère paternelle, dont le père a quitté la Vénétie au début des années 1920 pour travailler comme mineur de charbon à Firminy, à côté de Saint-Étienne ; le pauvre vieux, qui était paraît-il un géant, a eu les deux jambes atteintes de gangrène, on a dû les lui couper ; mon père a encore souvenir de l'odeur de putréfaction quand sa mère l'emmenait le voir chez lui).

Quant au fait que le musée soit situé dans un bâtiment de l'Exposition coloniale de 1931, à deux pas de l'emplacement des zoos humains où étaient montrés des Kanaks, je trouve au contraire que c'est très à propos, et que c'est une façon de mettre le nez dans leur m***e à tous ceux qui nous serinent encore la fable de la colonisation heureuse.

Tiens, j'ai encore sur mon smartphone deux photos que j'ai prises de l'expo permanente, en mars dernier :

Image

Image

(sur la pancarte de droite, entre deux autocollants de la CGT Longwy, on lit en français et en arabe : "Les travailleurs immigrés en lutte aux côtés des travailleurs français ne sont pas responsables de la liquidation du Bassin")
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Re: Agressions sexuelles

Message par Plestin » 10 Oct 2017, 10:11

Un peu plus haut j'ai écrit :

Mais on est encore loin, ici, même dans les milieux les plus progressistes, à accepter le fait qu'il n'y a aucune différence de nature entre homo- ou hétérosexuel : ce n'est pas EUX et NOUS, c'est NOUS TOUS, nous sommes les mêmes, et je dirais même exactement les mêmes, le comportement sexuel étant éminemment variable dans l'espèce humaine. Y compris d'ailleurs à l'échelle d'un même individu à différentes époques de sa vie. Ce qui est à la fois un formidable atout pour l'humanité - le cerveau humain est capable d'explorer plein de directions, en matière de sexualité comme sur bien d'autres sujets - et bien sûr aussi un élément de fragilité, aggravé par la société - un cerveau humain est capable de devenir un cerveau d'agresseur.


J'aimerais bien savoir si cet avis, que je me suis forgé au fil du temps, est partagé, car il y a sûrement beaucoup de choses à en dire.

Pour moi, au départ il y a l'idée d'un cerveau humain "quasi page blanche" à la naissance, handicap majeur par rapport à certains animaux capables de se débrouiller tout seul quelques instants après leur naissance, et qui nécessite des soins importants et prolongés de la part de l'entourage (la mère et/ou le reste du milieu social et familial et/ou la société) mais qui se révèle ensuite un avantage décisif en grandissant. Le côté "page blanche" fait que toutes les directions sont possibles, là où beaucoup d'animaux sont pilotés par des instincts (mais pas tous). Un peu comme si ce qui caractérisait l'espèce humaine, c'est d'être l'animal chez lequel la nature a le plus abdiqué des comportements automatiques (même s'il en reste), laissés aux bons soins du milieu social et familial qui ont pu prendre le relais, l'être humain étant un animal sociable.

Dans ces conditions, et en fonction du milieu en question (mais pas que), le meilleur et le pire, et le différent, sont possibles. Y compris d'être un individu pas du tout sociable au sein d'une espèce qui l'est. Y compris dans la variation des comportements sexuels. Y compris en générant des individus capables de se passionner pour les coléoptères là où d'autres explorent les mathématiques ou la philosophie ou le sport, et où d'autres encore sont totalement rebutés par ces sujets.

On voit bien ici le côté "formidable atout" qui laisse la possibilité à l'espèce humaine d'être exploratrice dans de multiples directions. On voit bien aussi le risque et la fragilité, exactement pour les mêmes raisons : possibilité d'évoluer vers des comportements asociaux, agressifs, haineux... même quand rien ne le justifie, et avec comme option l'agression sexuelle. Possibilité de se raccrocher au religieux, à l'irrationnel etc. (avec l'appui du corps social, en plus) et inversement, possibilité de développer un niveau de conscience individuel permettant d'y échapper ; et, mieux, une conscience collective capable d'incarner un corps social qui fait pression cette fois-ci dans le sens inverse de la société majoritaire.

Et puis, tout cela serait trop simple s'il n'y avait d'autres phénomènes susceptibles d'interférer et compliquer encore les choses.

Il me semble bien que le principe du plaisir / de la récompense, qui peut aller jusqu'à l'addiction, joue un rôle super important dans l'élaboration de l'individu. On apprend à aimer quelque chose, un type de musique ou la génétique des escargots, plutôt que de l'aimer spontanément (surtout la génétique des escargots :mrgreen: ). On peut aussi apprendre à aimer faire plaisir, ou à aimer faire du mal.

Ensuite, le système de récompense pouvant aller jusqu'à l'addiction prend le relais et fixe, fossilise, tel ou tel trait de caractère ou de comportement, qu'il devient ensuite difficile de modifier. Et ça, plaisir et addiction, c'est un phénomène biologique qui se surimpose, l'homme et les animaux supérieurs sont naturellement sujets à ce type de phénomènes. A commencer par quelque chose d'aussi important que la sensation de faim, sorte d'addiction dont l'existence est vitale pour l'individu et pour l'espèce et dont la résolution entraîne du plaisir et la satiété ! Le bricolage chimique en filigrane, c'est l'héritage de l'évolution et c'est un système qui est loin d'être parfait mais qui fonctionne.

Ensuite, jugé "bon" ou "mauvais" par les autres, l'individu est un peu enfermé dans un carcan et ce n'est pas facile d'en changer. Et plus le temps passe, plus c'est difficile, l'âge semblant être lui aussi facteur de "fossilisation" (un vieux fossile un peu marteau ? :D ) Comme pour l'ouvrière de Moulinex qui a fait la même chose toute sa vie et se retrouve licenciée à 50 ans, et a les plus grandes difficultés à s'adapter à autre chose (si tant est qu'on lui en donne l'occasion !) alors que plus jeune, ça aurait été possible.

Les traits individuels se fossilisent donc, sauf à avoir cultivé très tôt le plaisir de la polyvalence et le côté touche-à-tout, ce qui laisse alors ouvertes plein de possibilités ultérieures et ce, jusqu'à un âge avancé ! Que ce soit en matière de bricolage, d'ouverture d'esprit, de goûts musicaux, de sexualité. Et on peut être polyvalent en bricolage et pas en sexualité...

Mais là non plus, rien d'automatique et les possibilités du cerveau humain peuvent aussi permettre de trouver les moyens de surmonter l'enfermement dans un type de comportement ! A fortiori avec l'aide et la participation de l'entourage !

L'évolution de l'espèce humaine a fait que le "champ des possibles" touche un domaine aussi important que la sexualité, qui interfère fortement avec la reproduction, elle-même vitale à la survie de l'espèce. Cela explique peut-être l'orientation hétérosexuelle majoritaire, qui a été un phénomène naturel piloté par la biologie chez de lointains ancêtres des hominidés, mais dont on ne sait pas vraiment si c'est toujours le cas ou si c'est simplement la transmission sociale qui le pilote désormais. Mais sexualité et reproduction restent deux choses bien distinctes et on ne peut pas opposer par exemple à l'homosexualité le fait d'entraver la reproduction. Un individu qui a eu 2 ou 3 enfants, peut bien avoir 0 ou 1 ou 1.000 rapports homosexuels à côté, ça ne change rien sur le plan de la perpétuation de l'espèce. Alors que l'hétérosexuel absolu qui choisit de ne pas avoir d'enfants (pour des raisons religieuses, militantes, professionnelles...) l'entrave bel et bien, lui. Ce qui n'est pas un problème non plus, puisque la survie de l'espèce réside dans la statistique, pas dans le fait que chaque individu se reproduise.

Tous les comportements sexuels sont donc possibles, qu'ils soient considérés comme normaux ou pathologiques, avec une variabilité en matière d'orientation (hétéro-, homosexuelle) mais aussi orientation vers des objets, des animaux, des enfants ou que sais-je, et aussi orientation altruiste, égoïste, ludique, agressive, destructrice etc. Et le même principe d'une "fossilisation" du comportement avec le temps, les individus se retrouvant plus ou moins enfermés dans leur comportement sexuel (a fortiori si l'on atteint le stade de l'addiction). Enfermés sauf là encore à avoir cultivé la polyvalence (ex. : bisexualité ou évolutions du comportement sexuel au cours de la vie) ! Avec bien sûr la société et le milieu réel qui s'en mêlent. Fantasmer sur les femmes ou hommes blonds est plus confortable à vivre en Suède qu'au milieu du Sahara et n'aura pas les mêmes conséquences sur l'individu et la nécessité ressentie de s'adapter s'il veut vivre une sexualité épanouie...

La fossilisation des comportements (et des envies) passant par là, beaucoup peuvent dire avec le temps : "moi, j'ai toujours été hétérosexuel, ça ne fait aucun doute", ou "moi, je me suis toujours senti homosexuel", ou "moi, homme des cavernes, j'ai toujours été attiré par les peaux d'ours" :? , mais ce n'est en aucun cas une preuve qu'aucune autre possibilité n'a jamais existé et qu'ils sont vraiment "comme ça" par nature. (Oui, ça peut en choquer plus d'un, tellement nous sommes habitués à raisonner "EUX" et "NOUS"). Autrement dit, ce phénomène entraînerait une forme de perte de liberté pour l'individu.

J'ignore si, dans une autre société, la disparition de la pression sociale ou son changement de nature conduirait la bisexualité à devenir majoritaire par exemple (y a-t-il une raison valable de ne pas aimer une moitié de l'humanité ? :D ), les agressions à disparaître ou simplement se raréfier, etc. Il faut aussi voir si, à côté de la "page quasiment blanche" du cerveau il subsiste, ou pas, en survivance de l'évolution, d'autres choses relevant du biologique et pas du social, qui orienteraient quand même dans une direction majoritaire, par exemple l'hétérosexualité, ou dans le choix des partenaires. Il y a bien eu des expériences menées sur les phéromones. Notamment la fameuse expérience de Liverpool avec sa salle d'attente dont une seule chaise a été imprégnée de phéromones masculines et où la majorité des femmes va spontanément s'asseoir. Mais cette expérience me semble peu crédible car critiquable dans sa méthode et même dans l'interprétation des résultats, et en plus, pas sûr qu'elle ait été reproductible ni reproduite. Pour l'instant je n'ai rien trouvé de vraiment convaincant de ce côté-là. Quant à l'aspect hormonal ou pas de l'agressivité masculine ou féminine, je ne maîtrise pas le sujet... Seul le principe d'avoir un instinct sexuel (sans préjuger de ce vers quoi il se dirige) semble établi, et encore, il y a même quelques personnes qui semblent n'en avoir aucun. Avec là aussi une grande difficulté pour distinguer l'inné de l'acquis.

La bonne et la mauvaise nouvelle à la fois, c'est qu'avec cette explication, l'espèce humaine est unique quel que soit son comportement sexuel. Agresseurs compris. Et le truc qui me chiffonne un peu mais bon, difficile de faire autrement, c'est que finalement on se retrouve avec la morale en arbitre pour dire ce qui est bien ou mal ou ni bien ni mal. Or, question morale, chacun, et chaque société, peut avoir la sienne ("leur morale et la nôtre"...) Je serai adepte du "pas de problème sur ce que l'on fait à partir du moment où l'on parle de sexualité entre adultes consentants", ce qui ne règle pas la question de la définition du consentement d'ailleurs (qu'est-ce qui pousse à consentir ?) Mais certaines sociétés prônent le mariage d'enfants (ou de pré-adolescents) considéré comme normal. Certaines sociétés intègrent relativement bien les homosexuels, d'autres ne font que les tolérer, d'autres les pourchassent voire les tuent. Certaines sociétés condamnent fortement les agressions sexuelles, d'autres protègent davantage les agresseurs que leurs victimes. Et à l'intérieur de chaque société, plusieurs "morales" peuvent cohabiter. On le voit bien ici, avec les adeptes du "un papa, une maman"... et les quelques policiers ou juges qui ne qualifient pas de viol un rapport sexuel imposé par un adulte à une gamine de 11 ans.

On en revient donc à cette société d'oppression, une oppression qui prend des formes variées suivant les pays. Oppression qui se décline en fonction du sexe masculin ou féminin - en dehors de l'oppression de classe, le plus gros morceau sur la planète c'est quand même l'oppression des femmes - et aussi en fonction de l'orientation sexuelle. (Sans parler de la couleur de peau, de l'origine, de la religion etc.) On retrouve là le meilleur point d'appui des responsables d'agressions sexuelles : épouser le masque d'une oppression officiellement ou officieusement admise. Dans un même pays il y aura des agressions sexuelles admises ou considérées comme ayant des circonstances atténuantes, et d'autres non : pour un agresseur, il est plus confortable de se situer dans le premier cas. La prédominance des agressions sexuelles réalisées par des hommes à l'encontre des femmes, cela peut venir de là.
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Re: Agressions sexuelles

Message par Gaby » 10 Oct 2017, 12:26

Ton texte est trop long pour tout bien lire, Plestin, du coup j'ai parcouru très vite. A mon avis, pour être lu, tu dois être un poil plus synthétique parfois.

Mais pour te répondre sur l'idée que le cerveau humain est une "page blanche", je trouve l'idée dangereuse en plus d'être fausse. C'est une idée qu'aiment bien les réacs qui considèrent que l'homosexualité est une déviation de la normalité, une perversité, et qu'il est possible de défaire ce qui ne serait qu'un regrettable conditionnement. L'homosexualité n'est pas comparable à des loisirs, comme tu le fais au début de ton texte. La parole des homosexuels est souvent de dire qu'ils sont comme ça, et que la société n'a pas à questionner ce qu'ils sont, et que leur orientation sexuelle n'est pas un développement, mais une nature profonde.

Ton idée d'une bisexualité universelle qui aurait été frustrée par une aliénation est parfois entendue dans des milieux militants, par exemple quand lors de réunions de la jeunesse LCR dans les années 2000, certains organisaient des occasions festives pour explorer leur bisexualité. Comme si la bisexualité était universelle ! Les asexuels qui eux ne ressentent tout simplement d'attirance apprécieront qu'on leur nie leur capacité à exister même dans cette façon de voir les choses. C'est une bêtise qui est une caricature que les marxistes aiment bien, à mon sens : partis de l'idée que les idées sont la production des circonstances d'existence, certains vont jusqu'à dire qu'il n'existe pas d'instinct, de désir, etc, seulement des idées produites par une situation historique donnée. Mais un comportement sexuel n'est pas juste une idée, un loisir, etc. C'est bien plus essentiel que cela.

Sans doute qu'une société moins violente et moins homophobe libérerait davantage de comportements que la société considère à tort comme "déviants". C'est évident. Mais l'homosexualité comme la bisexualité ou le libertinage sont réprimés, pas rendus impossibles, il y a des choses naturelles que la violence ne peut parfaitement tuer.
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Re: Agressions sexuelles

Message par Plestin » 10 Oct 2017, 13:33

Ton texte est trop long pour tout bien lire, Plestin


Tu as raison. C'est clairement l'un de mes défauts.


sur l'idée que le cerveau humain est une "page blanche", je trouve l'idée dangereuse en plus d'être fausse


Tu as peut-être raison. Je lance l'idée, c'est pour en discuter. Cela me semble une possibilité, mais s'il existe des arguments inverses, c'est bien là le lieu et le moment de les donner. En tout cas, merci de ta contribution.


C'est une idée qu'aiment bien les réacs qui considèrent que l'homosexualité est une déviation de la normalité, une perversité, et qu'il est possible de défaire ce qui ne serait qu'un regrettable conditionnement.


Là je ne suis pas d'accord. Cette position réac éventuelle (ce n'est pas la seule possible), elle ne vient pas des faits ou de la réalité scientifique (c'est ça qu'il faudrait connaître), mais précisément de leur morale, qui n'est pas la nôtre. Ni la mienne évidemment.


La parole des homosexuels est souvent de dire qu'ils sont comme ça, et que la société n'a pas à questionner ce qu'ils sont, et que leur orientation sexuelle n'est pas un développement, mais une nature profonde.


La parole des hétérosexuels aussi. Est-ce vrai pour autant ? Qui peut avoir suffisamment de recul sur cette question en étant lui-même, soit hétérosexuel, soit homosexuel, soit bisexuel, soit asexuel ? Pourtant il faut bien être quelque chose. La volonté de trouver une justification a bien poussé certains homosexuels à revendiquer une explication génétique, histoire de dire "nous sommes comme ça, on n'y peut rien", pourtant cette voie semble décidément totalement erronée d'après la science, et je trouve que c'est bien plus réac que de dire "nous sommes comme ça, peu importe que ça soit une question de nature ou pas, il faudra bien vous y faire et nous ne valons pas moins que vous".

La parole des agresseurs sexuels aussi. Ils peuvent se dire qu'ils sont comme ça, que c'est leur nature profonde et que la société n'a pas à questionner ce qu'ils sont.


Comme si la bisexualité était universelle !


J'ai justement insisté sur le fait qu'une fois sur des rails, cela devient difficile de changer. Je questionne simplement (sans affirmer) sur cette possibilité d'une orientation sexuelle qui ne vienne pas de la biologie. Ce n'est évidemment pas une preuve. J'attends pourtant aussi la preuve de l'inverse.

lors de réunions de la jeunesse LCR dans les années 2000, certains organisaient des occasions festives pour explorer leur bisexualité


Je sais bien que ce genre de sujet a déjà fait fureur dans certains milieux militants, et tu es bien gentil quand tu parle des années 2000. Ce devait déjà être le cas dans les années 60-70, voire bien avant dans des milieux encore plus limités.

Ce ne doit pas être évident, d'explorer une bisexualité qui n'existe plus... Je préférerais plutôt qu'on cesse de raconter aux petites filles et aux petits garçons "plus tard, quand tu seras grand, que tu te marieras et que tu auras des enfants..."

En gros les plus avancés seraient capables d'être bisexuels et pas les autres. Ce n'est pas du tout ce que je voulais dire, mais j'aime bien taquiner avec des
y a-t-il une raison valable de ne pas aimer une moitié de l'humanité ? :D
parce que ça chatouille forcément un peu tout le monde (et ça, j'aime bien...) Mais personne n'a vocation à coucher avec toute l'humanité ni même avec une moitié... Et quand je parle d'une possible "perte de liberté pour l'individu", c'est pour dire que choisir c'est renoncer à quelque chose, et c'est une perte de liberté qui ne pose aucun problème (même si le mot "choix" n'est pas très adapté).

Pour moi, le fait d'être hétérosexuel ou homosexuel ou bisexuel ne pose aucun problème en pratique. Que la population mondiale soit majoritairement l'un ou l'autre n'a aucune espèce d'importance (là, peut-être que certaines dents grincent), mais je serais curieux de savoir si toutes les options sont possibles ou pas. Je n'aurai pas la réponse, bien sûr.

Les asexuels qui eux ne ressentent tout simplement d'attirance apprécieront qu'on leur nie leur capacité à exister même dans cette façon de voir les choses.


C'est vrai, c'est encore une possibilité.

Le mieux je pense est de voir hétérosexualité, homosexualité, bisexualité ou asexualité comme autant de super-pouvoirs différents (c'est mon côté optimiste qui parle) :D .

certains vont jusqu'à dire qu'il n'existe pas d'instinct, de désir, etc


Pas moi en tout cas. Les instincts et les désirs sont là le plus souvent (enfin... pas dans l'asexualité), la question était de savoir s'ils ont une direction préétablie ou pas.

Sinon, d'accord avec ta conclusion.
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Re: Agressions sexuelles

Message par Zelda_Zbak » 10 Oct 2017, 16:42

Mon amie et camarade de LO (qui est décédée aujourd'hui) m'apprend un jour (elle a dans les 35 ans) qu'elle est en couple avec une femme. Et quand je lui ai demandé "Et depuis quand sais-tu que tu es homosexuelle ?". Elle m'a répondu "Je ne suis pas homosexuelle. J'aime Marie." Elle réussissait toujours à me surprendre, avec sa manie de ne pas rentrer dans les petites cases toutes prêtes. Elle me manque. :(
Parfois, je me dis aussi que cela pourrait m'arriver, d'aimer une femme, si je n'étais plus avec l'homme que j'aime pour une raison x ou y. Enfin pas souvent. Juste quand je vois Patti Smith, dont j'ai toujours été amoureuse. Ce qui réduit quand même sérieusement mes chances de me mettre en couple avec une femme, si c'est elle sinon personne.
Ecoutez sa voix rauque sur cette envoûtante mélopée, et puis il y a son physique, plus elle vieillit Patti, et plus on dirait une vieille sage indienne.

https://www.youtube.com/watch?v=GJ8EkGfO7WI

Une autre remarque : je vois (au hasard) Sandrine Rousseau. Je me dis immédiatement "Ce qu'elle est belle, mais vraiment belle !". Et on a rarement la réaction d'un homme (supposé hétéro) qui ose dire, en regardant, je ne sais pas moi, Shia Laboeuf, "Ce qu'il est beau, mais vraiment beau ce gars !". Dans cette société, les hommes sont peu libres d'apprécier la beauté de leurs pairs. C'est marrant. Bon après, OK, il n'y a pas que Shia Laboeuf, vous voyez ce que je veux dire, c'est l'idée. :)
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