manifestations du 1er mai 2018

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manifestations du 1er mai 2018

Message par com_71 » 02 Mai 2018, 17:21

Communiqué du NPA a écrit :Malgré les violences policières, la mobilisation se poursuit

Les manifestations du 1er Mai ont regroupé 200 000 personnes, ce qui représente une mobilisation importante, avec des cortèges denses. La manifestation parisienne était particulièrement massive, tandis qu'une partie des autres manifestations s'est déroulée pendant les vacances. C'est le signe d'une colère qui monte contre Macron, dans les universités, à la SNCF mais aussi dans l'ensemble du monde du travail et la jeunesse.

Face à cette mobilisation, le gouvernement poursuit sa fuite en avant répressive. Encore lundi, mardi et ce mercredi, il a envoyé la police contre les étudiants occupant leurs universités. À Rennes, elle a attaqué le cortège étudiant. À Paris, elle a utilisé la présence des autonomes en tête de manifestation pour attaquer les cortèges jeunes et couper la manifestation, c'est son attitude qui a contraint les syndicats à modifier le parcours. Les étudiants ont dû faire demi-tour devant les violences policières, que ce soit par des coups de matraques ou des gazages massifs. Cette violence policière était planifiée, anticipée par le communiqué de la Préfecture de Police et par le dispositif mis en place, sans parler des provocateurs, policiers en civils mêlés aux manifestants.

Si nous ne partageons pas la politique des groupes autonomes, nous comprenons la colère grandissante d'une partie de la jeunesse, qui fait face à la violence sociale et policière dans sa vie quotidienne. C'est du gouvernement que vient la responsabilité de la confrontation actuelle, il est à l'origine de l'agression contre le monde du travail et la jeunesse. La réponse du mouvement social doit avant tout être de protéger ses cortèges, de façon unitaire entre les différentes organisations, de refuser les violences policières… et de continuer la mobilisation, le 3 mai, le 5 mai et dans les semaines qui viennent, pour arrêter Macron.

Montreuil, le 2 mai 2018
Que de méprisables eunuques ne viennent pas soutenir que l'esclavagiste qui, par la ruse et la violence, enchaîne un esclave est devant la morale l'égal de l'esclave qui, par la ruse et la violence, brise ses chaînes ! Trotsky
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Re: manifestations du 1er mai 2018

Message par com_71 » 02 Mai 2018, 17:22

Contre la violence sociale du gouvernement, la force collective des travailleurs
Brève LO 02/05/2018

S’affronter à quelques centaines aux CRS et brûler au passage boutiques et poubelles est du faux radicalisme qui, en se substituant aux choix et aux aspirations des travailleurs qui manifestent, est utilisé par le pouvoir pour détourner l’attention des revendications des travailleurs. La force de la classe ouvrière réside dans sa mobilisation collective qui lui donne les moyens de se faire entendre quand elle bloque l’économie.

Plus de 200 000 travailleurs ont manifesté hier pour la journée du 1er mai. Ce qui n’est pas rien. La grève des cheminots continue, celle d'Air France aussi. Elles mettent le gouvernement et le patronat dans un embarras de plus en plus visible. Pour mettre un coup d’arrêt aux attaques gouvernementales et patronale, il faut que la grève s’étende.
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Re: manifestations du 1er mai 2018

Message par Manu » 02 Mai 2018, 22:26

Voilà une petite vidéo du lieu du point fixe juste après notre départ : quai de la Rapée, comme la manif...
Nous avons bien fait de partir : 20 minutes d'affrontements (deuxième vidéo en partant du haut).

http://www.wikistrike.com/2018/05/alert ... -live.html
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Re: manifestations du 1er mai 2018

Message par Byrrh » 03 Mai 2018, 11:08

(...) L'erreur de ceux qui pensent qu'il suffit à un groupe révolutionnaire, surtout lorsque celui-ci a une composition sociale non-ouvrière, de mener une action dure pour gagner à lui le prolétariat révolutionnaire, est au fond, bien que dans un autre contexte et sous d'autres formes, semblable à celle des terroristes russes du siècle dernier. En s'attaquant physiquement, par la bombe ou le revolver, aux représentants de l'autocratisme russe, ils pensaient entraîner les masses paysannes ou ouvrières à lutter à leur tour contre l'État qui les opprimait. Cette contestation radicale d'une société manifestement rétrograde, pensaient-ils, devait faire tâche d'huile. Les masses russes demeurèrent pourtant indifférentes. Lorsqu'elles « contestèrent » à leur tour cette société, en 1905, puis en 1917, ce fut pour de toutes autres raisons que parce que des individus ou des groupes, dont le courage ne fait aucun doute, s'étaient eux-mêmes attaqués physiquement aux défenseurs de cette société, et avaient fait sauter le tsar ou ses ministres.

En fait, il n'est pas question que les révolutionnaires, quels qu'ils soient, gagnent à eux l'ensemble ou même une fraction très importante de la classe ouvrière en dehors des époques révolutionnaires. En temps « normal », leur rôle se borne nécessairement à un travail de propagande, d'agitation pour la propagation de leurs idées, de participation aux luttes concrètes de la classe ouvrière, pour gagner à eux son avant-garde, pour construire le parti révolutionnaire : c'est une tâche dont la longueur dépend autant, sinon plus, des événements que des révolutionnaires eux-mêmes. C'est ce qui a suscité, à toutes les époques et dans tous les pays, l'impatience de certains d'entre eux et les a amenés à rechercher un chemin de traverse, une méthode artificielle, qui permettraient de raccourcir les délais. Le terrorisme pour certains militants russes fut une tentative de ce genre.

Pourtant, le calcul des étudiants allemands, des étudiants japonais et de ceux qui brûlent de les imiter en France reste le même. S'ils ne mettent pas de bombes, ils espèrent eux aussi réveiller les masses, leur donner l'exemple, en allant affronter les matraques des policiers dans la rue.

C'est ce qu'expliquait récemment Karl Dietrich Wolff, président du SDS, dans une interview accordée au Journal « Le Monde ». À la question du journaliste « quels moyens d'action préconisez-vous ? », il répondait : « Dans l'immédiat, l'agitation, la contestation permanente, la provocation pour dévoiler, pour démystifier les rouages véritables du système capitaliste dans lequel nous vivons... » Et à l'autre question : « Comment résumeriez-vous vos intentions ? » : « Renforcer nos bases dans les universités, mettre en évidence les forces de répressions du capitalisme avancé. Les révoltes étudiantes ont un rôle à jouer dans la lutte des classes ».

Certes, aucun marxiste ne nie à priori que l'emploi de la violence soit nécessaire aux révolutionnaires.

Mais il ne s'agit pas pour nous d'une technique propre à mobiliser des couches sociales qui ne le sont pas, encore moins à montrer à ces couches sociales une oppression qu'elles subiraient sans s'en apercevoir. Cette idée, un peu aberrante, ne peut guère naître que dans un milieu petit-bourgeois coupé de la classe ouvrière et pour qui les réactions ou le manque de réactions de celle-ci sont vus et expliqués de l'extérieur.

Le sentiment, confus peut-être mais bien vivant, de son exploitation, de l'injustice qu'il subit quotidiennement, existe chez tout ouvrier. Il n'est pas besoin de « provocations » quelconques pour lui dévoiler une condition « aliénée » (même s'il n'emploie évidemment pas ce mot). Les aspects de sa vie quotidienne et de sa condition de salarié suffisent amplement à le lui montrer. Mais ce n'est pas ce sentiment permanent qui peut expliquer ni les réactions, ni l'absence de réaction de la classe ouvrière. Car, pour réagir, il ne suffit pas de se sentir opprimé, il faut aussi ou bien penser que l'on n'a plus rien à perdre - ce qui est rarement le cas - ou bien avoir l'espoir, même infime, que quelque chose peut tout de même être changé. C'est cet espoir, ou cette absence d'espoir qui fait depuis 100 ans l'histoire du mouvement ouvrier, ses hauts et ses bas.

La violence n'est pour les marxistes qu'une nécessité, imposée par une situation historique ; c'est son emploi permanent par les classes dirigeantes contre les classes opprimées qui l'impose en retour à celles-ci. Mais l'emploi de la violence ne peut être compris, approuvé et accepté par le prolétariat ou une fraction de celui-ci que s'il s'insère dans sa lutte, s'il s'impose pour mener à bien celle-ci. (...)

Les travailleurs français ne comprendraient certainement pas que des étudiants français - même s'ils se réclament de la classe ouvrière - déclenchent des bagarres dans le simple but d'imiter les étudiants allemands. Et dans ce cas, ceux qui en prendraient la responsabilité non seulement manqueraient à coup sûr leur but - si du moins leur but est bien la révolution prolétarienne et pour cela la constitution d'un parti ouvrier révolutionnaire mais risqueraient d'aller à l'encontre de celui-ci, de couper de la classe ouvrière les militants et les groupes d'extrême-gauche, en se livrant à des « provocations » incompréhensibles pour elle. Aujourd'hui, comme hier, le problème essentiel qui se pose, reste pourtant celui de la liaison de cette extrême-gauche avec la seule classe qui peut lui donner sa dimension et son rôle historique, le prolétariat. (...)

Extraits de l'article "Le rôle de la violence hors de l'Histoire", in Lutte de classe n°15, mai 1968.
https://mensuel.lutte-ouvriere.org/docu ... -hors-de-l

Article qui n'a rien perdu de son actualité, à ceci près que les groupes anarchoïdes qui parasitent les manifestations du mouvement ouvrier se foutent éperdument de se couper ou pas de la grande masse des travailleurs ; ça ne les intéresse pas, et ils n'ont souvent que mépris pour celle-ci, confits qu'ils sont dans une posture individualiste et élitiste. Les Black Blocks sont tout à fait "postmodernes", comme on dit : ils sont même "post-prolétariat".
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Re: manifestations du 1er mai 2018

Message par Ottokar » 03 Mai 2018, 14:14

Retour vers le passé, bon, mais la phrase
Les travailleurs français ne comprendraient certainement pas que des étudiants français déclenchent des bagarres dans le simple but d'imiter les étudiants allemands.
sonne bizarre. Car elle a été rapidement démentie par les faits et les travailleurs ont parfaitement compris... sauf qu'en 68, il ne s'agissait pas "d'imiter les étudiants allemands". La phrase suivante donne l'explication :
l'emploi de la violence ne peut être [et j'ajoute : a été] compris, approuvé et accepté par le prolétariat ou une fraction de celui-ci que s'il s'insère dans sa lutte, s'il s'impose pour mener à bien celle-ci

Rétrospectivement, il aurait mieux valu inverser les phrases et éviter les formules définitives du genre "les travailleurs ne comprendraient pas que"... au moment où ils ont compris ! Cela dit, contrairement aux staliniens, les camarades qui ont fait 68 se sont solidarisés avec le Cohn-Bendit de l'époque et ont participé aux barricades.
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Re: manifestations du 1er mai 2018

Message par titi » 03 Mai 2018, 16:00

Bonjour, pour information, ces jours-ci les étudiants ont leur "partiel", et pour les facs qui sont fermées (ex: Tolbiac) l'Etat organise les partiels dans des conditions scandaleuses et des lieux improbables. A Rungis par exemple pour ceux de Tolbiac, les étudiants sont accueillis par des militaires, armés, qui font aussi la surveillance. Un nombre important d'étudiants a refusé de le faire dans ces conditions, hier en notant sur leur feuille "étudiant en grève" et aujourd'hui (en plus jour de grève scnf, à peine un train par heure) des examens ont été annulés face aux protestations des étudiants. De ce que j'ai compris, pas mal de profs ont aussi dénoncé ces conditions. Le gouvernement peut faire ses rodomontades dans la presse, dans la réalité ça coince pour lui, et son attitude publique le dessert de plus en plus. A suivre.
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Re: manifestations du 1er mai 2018

Message par com_71 » 03 Mai 2018, 18:11

Ottokar a écrit :Retour vers le passé, bon, mais la phrase
Les travailleurs français ne comprendraient certainement pas que des étudiants français déclenchent des bagarres dans le simple but d'imiter les étudiants allemands.
sonne bizarre. Car elle a été rapidement démentie par les faits...


Ça me rajeunit, ce copié-collé des discussions avec les JCR dans la cour de la Sorbonne... :lol: :lol:
Que de méprisables eunuques ne viennent pas soutenir que l'esclavagiste qui, par la ruse et la violence, enchaîne un esclave est devant la morale l'égal de l'esclave qui, par la ruse et la violence, brise ses chaînes ! Trotsky
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Re: manifestations du 1er mai 2018

Message par Gayraud de Mazars » 04 Mai 2018, 14:03

Salut camarades,

Black Blocs !

J’ai de la compassion finalement, pour ces anarchistes juvéniles, du Black Blocs, qui vont finir en taule à un moment ou à un autre !

Cette jeunesse en perdition et sans but, à part casser du flic et des magasins ! Pauvres anarchistes, inutiles sauf à sauvegarder l’Etat bourgeois qui vous utilise, comme manœuvre, pour enfin justifier l’Ordre.

Ces pauvres jeunes en quête de vérité sans doute, révoltés, croient trouver benoitement dans la violence urbaine, contre les flics, une source de libération ! Ils ne trouvent que la violence et les coups !

Mais l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, il n’a cure le mouvement ouvrier politique d’une jeunesse qui se perd dans des combats de provocations inutiles, parasites, et sabote une manifestation du 1er mai de lutte de classes à Paris ! Pauvres petits soldats des Black Blocs, finir en taule pour un Mac Do incendié !

Pauvre jeunesse radicalisée, qui saccage par innocence et candeur, des biens matériels au lieu de se vouer à l’étude des textes révolutionnaires, à la lutte réelle pour renverser le capitalisme, avec leurs frères ouvriers, contre les bourgeois, les capitalistes et autres banquiers !

Oui, je garde de la compassion quand même, pour ceux qui se perdent dans un combat perdu d’avance de violence et de feu contre l’Etat bourgeois, sans rien voir plus loin que de mettre le Feu dans une manifestation de salariés !

La Révolution a besoin de militants révolutionnaires pas de petits révoltés qui veulent simplement mettre le feu à la plaine et se fichent pas mal de la prise du pouvoir par les travailleurs !

Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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