au PCF : la direction du parti mise en minorité

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Re: au PCF : la direction du parti mise en minorité

Message par com_71 » 28 Nov 2018, 11:00

artza a écrit :Blanqui en son temps a bien expliqué et raconté par l'expérience ce qu'il en était de ces programmes, à quoi ils servent

https://www.marxists.org/francais/blanq ... ondres.htm
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: au PCF : la direction du parti mise en minorité

Message par Zelda_Zbak » 28 Nov 2018, 13:06

Duffy a écrit :Je ne sais pas si Brossat est un super bon candidat... mais pour quelle politique ?

"Cadre dynamique" ? Tu parles de son physique ? Tu es sérieux ?
Je parle évidemment de ce qui se passe quand il parle à la télé ou à la radio...
Je parle de sa façon de s'adresser à tous.
Et une (supposée) bonne politique portée par un(e) candidat(e) qui provoque l'agacement dès qu'il ou elle ouvre la bouche, par sa simple communication et non par son fond... Ca ne sert à rien non plus.
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Re: au PCF : la direction du parti mise en minorité

Message par Duffy » 28 Nov 2018, 15:38

Je ne parlais pas de son physique, mais de la façon choisie pour représenter sa personne.
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Re: au PCF : la direction du parti mise en minorité

Message par artza » 01 Déc 2018, 07:15

Merci Com.

En fait je (me) faisais allusion à un article moins connu de Blanqui.
Un politicien agite sous le nez du populo un "programme" aussi généreux que vague. Le jette au caniveau en grimpant les marches du pouvoir sur les épaules du peuple. Plus tard après avoir déçu et trahi, chassé à coups de pompe par la réaction il ramasse dans la fange le vieux programme souillé et oublié et l'agite à nouveau sous le nez du populo...C'est l'histoire de France répétée depuis... 1848!
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Re: au PCF : la direction du parti mise en minorité

Message par Duffy » 03 Déc 2018, 11:16

Auguste Blanqui,
"À propos des clameurs contre l’Avis au peuple" (Avril 1851) :


Oui, les journaux ont raison: c’est le langage d’avant le 15 mai, ce sont les redites du club Blanqui, les bribes de ses discours, et le hourra unanime que soulève cette simple réapparition des idées d’alors montre tout l’espace dont la révolution a reculé.1 Ce sont ces idées qui avaient ameuté toutes les nuances de la réac­tion depuis Henri V jusqu’à Louis Blanc; ce sont ces idées qu’on poursuivait par la calomnie, par la vio­lence, par les cris de mort, qui provoquaient la colère du gouvernement provisoire, ses intrigues de police, ses mandats d’arrêt. Elles ont succombé sous le nombre et, avec elles, la démocratie ; leur défaite a ouvert la brèche au flot de la réaction qui monte encore. Combien de fois, dans les rangs populaires, on s’est écrié : « Blanqui avait raison ! » Que d’hommes convertis par les enseignements de l’expérience ont rapporté leur souvenir sur cette justesse de prévision, sur ce don de seconde vue qui l’avait, en quelque sorte, illuminé au milieu de l’aveuglement universel! On a répété souvent : « Il l’avait bien dit ! » et ce détrompe-ment tardif, cette expression de regret et de repentir était une réhabilitation, une amende honorable.

Mais voici que le prophète reprend la parole. Est-ce pour montrer un horizon inconnu, pour révéler un monde nouveau ? Non, c’est pour remâcher les pré­dications de son club. Tous les journaux les publient. À la veille peut-être des mêmes déceptions, il vient répéter ses avertissements. Aux périls qui menacent de renaître identiques, il oppose son cri d’alarme : « Prolétaires, garde à vous ! » Et aussitôt, au sein des mêmes factions, s’élève le vieux concert d’anathèmes qui dévouent sa tête aux furies.

On veut donc recommencer 48 ! Il n’y a donc rien de changé, ni dans les intentions, ni dans les actes !

Il n’y a que des programmes, c’est-à-dire des men­songes de plus, une nouvelle mystification, prélude d’une nouvelle apostasie. Ceux qui rééditent contre la sentinelle populaire leurs imprécations de 48, ceux-là préparent une réédition des premières tromperies, et à l’instant ils retrouvent leurs vieux complices dans les intéressés de toutes couleurs, et leur dupe ordi­naire dans ce peuple, toujours bafoué mais toujours crédule, parce qu’il est toujours ignorant et malheu­reux. La coalition se reforme et se lève comme un seul homme.

« Allons-nous revoir les scènes de Février ? – Non, non ! » répondent en chœur les fripons et les dupes. La leçon a porté ses fruits : le peuple voit clair ; il a main­tenant des formules, des programmes, phares des prochaines tempêtes, faux sauveurs qui le condui­sent au port.

Dites plutôt feux follets de perdition qui vont le reje­ter sur les brisants.

Parlons-en un peu, de ces recettes, de ces pana­cées, qui s’étalent dans les colonnes de la presse, grande et petite ! Parlons un peu du gouvernement du peuple par le peuple et de toutes ces balivernes, fantaisies de la parade que le pauvre travailleur prend au sérieux et dont les acteurs pouffent de rire dans la coulisse.

À l’indifférence et au dédain qui accueillent ces beaux chefs-d’œuvre, nos seigneurs et maîtres, si jaloux de leurs privilèges, si ombrageux pour leur domination, comment le prolétaire ne voit-il pas que ces préten­dus évangiles ne sont que des prospectus de charla­tans ? Des programmes ? A-t-on perdu si vite la mémoire des harangues de MM. Ledru-Rollin et Louis Blanc avant Février ? Est-ce que dans les banquets de Lille, Dijon, Châlons, les journaux n’avaient pas formulé, par la bouche de ces tribuns, le code magni­fique de l’Égalité que devait inaugurer le lendemain de la révolution ? Que sont devenus ces solennels engagements ?

On ignore la comédie des programmes ; voici com­ment elle se joue : en montant à l’Hôtel de Ville, on les jette au coin de la borne ; et le jour où l’on redes­cend les escaliers sous les coups de pied du roya­lisme, la botte du royalisme dans les reins, on ramasse dans le ruisseau ces lambeaux souillés ; on les essuie, on les défripe, on les retape, on les rajuste, on les promène à grand orchestre devant la foule ébahie. Qu’importe à la réaction? Elle connaît trop la valeur de ces chiffons de papier pour en prendre souci. Elle sait d’où ils viennent et où ils retournent à un moment donné. Elle laisse tranquillement les saltimbanques en faire étalage sur les champs de foire pour la mys­tification des badauds.

Mais qu’un homme sincère, laissant là ce mirage fantastique des programmes, ces brouillards du royaume d’Utopie, sorte du roman pour rentrer dans la réalité, qu’il prononce une parole sérieuse et pra­tique : « Désarmer la bourgeoisie, armer le peuple, c’est la première nécessité, le seul gage de salut de la révolution. » Oh ! alors l’indifférence s’évanouit ; un long hurlement de fureur retentit d’un bout de la France à l’autre. On crie au sacrilège, au parricide, à l’hydrophobe. On ameute, on déchaîne les colères sur cet homme, on le voue aux dieux infernaux pour avoir épelé modestement les premiers mots du sens commun.

Eh quoi ! A-t-on oublié le drame de Juin ? A-t-on oublié [Paris fouillé tout entier de la cave au grenier], Paris désarmé, garrotté, bâillonné, frémissant, se tor­dant sous l’outrage que lui avaient épargné les hordes étrangères, maîtresses de ses murs ! Quoi! une once de poudre, la poignée d’un sabre, la crosse d’un pis­tolet trouvées dans la pauvre mansarde d’un ouvrier, envoient ce malheureux pourrir au fond des cachots !

Et, victorieux, vous hésitez ! Vous reculez devant le désarmement d’une caste implacable qui ne procède avec le peuple que par extermination !

Le prestige de sa longue puissance vous en impose, et le souvenir de ses violences assure son inviolabilité. Allez, race d’esclaves, qui n’osez lever les yeux ni la main sur vos tyrans ! Rebelles d’un jour, repentants et prosternés le lendemain, restez accroupis dans votre misère et votre servitude ! Ne tentez pas de briser vos chaînes ! Il vous faudrait les ressouder de vos propres mains. Ne faites plus de révolutions pour vous sauver du moins de la honte d’en demander pardon à genoux.


Pour les textes de Blanqui :
- https://www.marxists.org/francais/blanqui/
- http://classiques.uqac.ca/classiques/bl ... oisis.html
- https://blanqui.kingston.ac.uk/texts/
Duffy
 
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