Éditos LO du 19 mars 2018

Réunions publiques, fêtes et autre...

Éditos LO du 19 mars 2018

Message par com_71 » 19 Mars 2018, 17:44

Le 22 mars et après : les travailleurs doivent montrer leur force collective

Ordonnances travail ; suppression progressive des emplois aidés ; baisse de l’APL, augmentation de la CSG ; hôpitaux, écoles et collectivités à la diète... Depuis que Macron est au pouvoir, il a enchaîné les attaques contre le monde du travail. Tout cela, sans rencontrer de véritable opposition.

Maintenant, il veut s’attaquer aux travailleurs de la SNCF, c’est-à-dire à leur sécurité d’emploi, à leur salaire et à leur retraite. Puis il projette de s’en prendre aux retraites de tous et de saigner la fonction publique en supprimant 120 000 emplois.

À côté de cela, les profits du CAC 40 ont dépassé les 93 milliards d’euros. Les actionnaires encaissent des dividendes en hausse de 10 ou 20 %. Bernard Arnault a vu sa fortune augmenter de 20 milliards au cours de l’année 2017, soit 38 000 euros chaque minute !

Eh bien, pour les travailleurs, la coupe est pleine !

L’opposition du monde du travail doit s’exprimer massivement. Le 15 mars, les retraités et les personnels des Ehpad ont manifesté leur colère. Jeudi 22 mars, ce sera la première étape de la mobilisation des cheminots. Et de nombreux autres travailleurs descendront dans la rue à l’appel des syndicats de la fonction publique, des hôpitaux, de la RATP, des télécoms et d’EDF. Il faut que cette journée soit réussie.

Cela fait des décennies que le grand patronat attaque les emplois, les salaires et les conditions de travail et d’existence de la majorité de la population pour continuer de s’enrichir, malgré la crise de son économie. Il l’a fait avec la bénédiction et l’aide de tous les gouvernements qui se sont succédé et le fait aujourd'hui avec Macron.

Si nous ne mettons pas un coup d’arrêt à tout cela, où en serons-nous dans cinq ou dix ans ? Quelle sera la vie de nos enfants ? Il faut que la journée du 22 mars soit une démonstration de force qui conforte tous ceux qui veulent se battre.

Car, après cette date, il y a la suite. Le 23 mars, les salariés d’Air France seront en grève pour leur salaire. À la fin du mois, ce seront les salariés de Carrefour qui se battent contre un plan de licenciements. Quant aux syndicats cheminots, ils ont annoncé la grève à la SNCF à partir du 3 avril.

Le bras de fer entre les cheminots et Macron aura une importance majeure dans les prochaines semaines. Au-delà des calculs des appareils syndicaux, beaucoup de cheminots savent que pour l’emporter, ils devront jeter toutes leurs forces dans la bataille. En effet, la grève à l’économie n’existe pas. Et quels que soient les problèmes que cette grève nous posera en tant qu’usagers, soyons-en solidaires.

Car le combat qui commence à la SNCF est aussi le nôtre. En s’attaquant aux cheminots, Macron veut mettre au pas l’ensemble de la classe ouvrière et dégager la voie pour de nouvelles attaques. Eh bien, il faut faire bloc derrière et avec les cheminots.

En 1995, les cheminots avaient gagné parce qu’ils avaient l’opinion ouvrière avec eux, parce qu’ils avaient eu le soutien moral et actif de l’ensemble du monde du travail. Ce doit être le cas aujourd'hui.

La stratégie de tous les patrons, comme du gouvernement, est d’attaquer les travailleurs catégorie par catégorie. C’est de les dresser les uns contre les autres : le privé contre le public, les travailleurs en intérim ou en CDD contre les CDI, les chômeurs contre les salariés, les actifs contre les retraités. Refusons ce piège grossier.

Au salon de l’agriculture, Macron avait expliqué : « Je ne peux pas avoir d'un côté des agriculteurs qui n'ont pas de retraite, et de l'autre avoir un statut cheminot et ne pas le changer ». Quelle hypocrisie ! La semaine dernière, ce même Macron a bloqué la revalorisation des retraites agricoles au Sénat. Se servir de la misère des uns comme alibi pour faire reculer tout le monde : voilà la politique du gouvernement !

Puisqu’il est question de « privilèges », regardons ceux qui ne font rien de leurs dix doigts, si ce n’est parasiter le travail de dizaines, de centaines de milliers de femmes et d’hommes. Regardons ceux qui nous exploitent au point que leur fortune dépasse parfois celle de certains États. Et demandons-leur des comptes car les actionnaires qui constituent les dynasties bourgeoises ne sont pas seulement responsables de l’appauvrissement de la majorité, ils jouent notre peau et l’avenir de l’économie au casino de la spéculation.

Pour nous faire respecter, il faut renouer avec les luttes et s’appuyer sur ceux qui se battent. Et puisque Macron a déclaré la guerre aux cheminots, faisons tout pour qu’ils l’emportent, et que cela ouvre la voie à une contre-offensive du monde du travail. Le 22 mars, affirmons que nous sommes tous des cheminots et redécouvrons, ensemble, notre force collective.
Que de méprisables eunuques ne viennent pas soutenir que l'esclavagiste qui, par la ruse et la violence, enchaîne un esclave est devant la morale l'égal de l'esclave qui, par la ruse et la violence, brise ses chaînes ! Trotsky
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Éditos LO du 19 mars 2018

Message par com_71 » 20 Mars 2018, 12:13

Éditorial LO spécial SNCF du 19/03/2018

LE 22 ET APRÈS, TOUS ENSEMBLE CONTRE MACRON

La riposte contre Macron commence le 22 mars. Il faut que nous soyons le plus nombreux possible.

Comme l’ensemble du monde du travail, nous n’avons que trop reculé ces dernières années. Et voilà que le gouvernement veut casser le statut de cheminot pour se donner les moyens de nous licencier, de nous transférer et de nous éparpiller au gré des capitalistes qui se lanceront dans le rail !

C’est la démolition annoncée du peu de ce qui restait du service public ferroviaire. Et c’est une attaque en règle contre nos emplois et nos conditions de travail qu’il ne faut pas laisser passer.

Face à cette offensive frontale, il faut organiser une riposte à la hauteur. Ce n’est pas le cas du projet compliqué d’une grève de deux jours sur cinq s’étalant sur trois mois. Les organisations qui l’ont imaginé le justifient en parlant de grève à l’économie. Mais la grève à l’économie n’existe pas. Pour gagner, il nous faudra jeter toutes nos forces dans le combat.

A la SNCF, le gouvernement fait l’unanimité contre lui. Sa tentative de faire du statut des cheminots le bouc émissaire des pannes et retards à répétition ou de la dette de la SNCF n'a pas seulement fait chou blanc : elle a ulcéré tout le monde. Dans plusieurs établissements, de nombreux travailleurs, y compris des cadres et maîtrises, n'ayant jamais fait grève, s'y déclarent prêts. D'autres annoncent qu'ils refuseront de remplacer les grévistes.

Le gouvernement et les journalistes prétendent, à coups de sondages bidon, que l'opinion publique s'oppose à la grève. Mais l’opinion publique, nous pouvons la gagner. A condition de le vouloir. Il nous faut convaincre, utiliser toutes nos possibilités, dans nos familles et auprès de nos amis, pour faire comprendre qu’au travers des cheminots, c’est l’ensemble des travailleurs qui est visé.

Macron veut donner une leçon à tous les travailleurs. Il veut prouver que rien ni personne ne l’arrêtera. Et il ne l’a pas caché, une fois l’attaque contre les cheminots passée, il s’attaquera aux retraites de tous et à la fonction publique. Cela, bien des travailleurs peuvent le comprendre si nous l’expliquons.

Des travailleurs expriment leur colère contre le gouvernement. Entre les retraités, les salariés de la fonction publique mais aussi les salariés du privé, d’Air France ou de Carrefour, ils sont nombreux ! Alors oui, nous pouvons trouver le soutien, y compris actif, des autres travailleurs.

En 1995, c'est justement quand les cheminots sont entrés en lutte pour de bon, dans le but de vaincre, que les usagers, en tant que travailleurs, ont vu qu'ils se battaient aussi pour eux et les ont soutenus. Il en ira de même demain, car plus encore qu'en 1995, la société croule sous l'injustice et craque de partout.

C'est aussi la mobilisation des cheminots qui permettra de débloquer les freins que mettent actuellement les directions syndicales. Alors qu’elles devraient jouer un rôle moteur dans la mobilisation, elles sèment le doute, les hésitations et la division.

Le 22 mars, alors que cette journée correspond aussi à un appel de la fonction publique, de la RATP et d’EDF, nous avions la possibilité de nous rassembler, de nous adresser à d’autres travailleurs, de montrer que notre mouvement n’a rien de corporatiste et de nous retrouver en force. Eh bien, les directions syndicales ont trouvé le moyen d’organiser deux parcours différents !

Et, s'érigeant en "commande du personnel", elles ont remis à la presse un calendrier de roulement, du 3 avril au 28 juin, alternant deux jours de grève et trois jours de travail, accompagnant le calendrier de pseudo-discussions avec le gouvernement. Ce plan de grève qui choque plus d’un d’entre nous sera ce que nous en ferons. Parce que l’avenir de la grève dépend de nous, de notre détermination et de notre capacité à prendre en main notre propre grève.

Les adversaires de notre grève espèrent dissuader les cheminots de riposter en prétendant qu'ils n'ont plus les moyens de s'engager dans une grève sérieuse, comme en 1995. Mais une vraie grève coûtera toujours moins cher que le recul que la bourgeoisie veut nous imposer.

Eh bien, aujourd'hui tout autant qu'en 1995, les cheminots ont les moyens de gagner et de faire ravaler son plan d'attaques au gouvernement, à condition d'avoir confiance dans leur force collective et dans leur capacité à gagner le soutien des autres travailleurs.

Alors, dès le 22 mars, la balle est dans notre camp !
Que de méprisables eunuques ne viennent pas soutenir que l'esclavagiste qui, par la ruse et la violence, enchaîne un esclave est devant la morale l'égal de l'esclave qui, par la ruse et la violence, brise ses chaînes ! Trotsky
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