Les héritiers du yiddishland révolutionnaire...

Marxisme et mouvement ouvrier.

Les héritiers du yiddishland révolutionnaire...

Message par Gayraud de Mazars » 09 Mai 2017, 17:52

Salut camarades,

Les héritiés du yiddishland révolutionnaire... Ou les fils de la Révolution...

En voilà un titre qui pose une problématique politique...

Pour cette analyse, j'ai étudié en autre, le livre "Les Trotskistes" de Christophe Nick... Qui reste une mine d'information...

J'avais lu la vie de Pierre Goldman égérie du gauchisme dans les années 70, l'histoire du Bund, le ghetto de Varsovie, biographies et "vies" de responsables bolchéviks, Radek, Rosenfeld dit "Kamenev", Apfelbaum dit "Zinoviev" , Uritsky, Volodarski, "Sverdlov" soit Yankel et Nakhamkes soit "Steklov"... jusqu'à Lev Davinovitch Bronstein... "Léon Trotsky"...Pour sûr... de résistants de la MOI, dirigeants et militants du PCF, la sordide vérité des camps Nazis à travers des témoignages émouvants, mais pourquoi, une question, tant de juifs dans le mouvement révolutionnaire ?

Alors, je prends d'abords la problématique part un petit bout de la question posée...

Sur l'histoire du Trotskisme en France, un fait et cela vaut aussi pour le mouvement communiste issu de la Révolution d'Octobre est à relever, ce défit, la place des juifs dans le mouvement communistes et particulièrement trotskiste... Ames damnées des "pogroms" de l'est, il furent des cadres solides, des internationalistes sincères, et dans le mouvement trotskiste français, beaucoup en viennent, plutôt que d'en tirer des analyses trop brèves, voyons ce fait...

"Maman" s'appelait Maria Luxemburg, elle était cousine à la grande Rosa en Allemagne, vous avez entendu parler d'elle ? Maurice et Charly Najman ancien leaders pablistes intimes de Michel Raptis autrement dit "Pablo", étudiants et lycéens de 1968 à 1978, des comités Vietnam, le racontent, leur mère Solange, avec un certain accent Yiddish leur chantait... A lodz, en Pologne elle faisait la grève, sa grande amie de l'époque était une cousine de Léon Trotsky...

Les parents de Daniel Gluckstein, responsable du POID ex - de la Ligue Communiste après la scission au profit des "Lambertistes", ont croisé, ceux des frères Najman dans les ghettos de Lotz et Radom, ce sont des militants du Bund... Parti Socialiste Révolutionnaire juif...

Henri Weber, sénateur socialiste, est cofondateur de la LCR devenu NPA, à la veille de la guerre au début du siècle, ses parents horlogers juifs sont de Czanow en Haute Silésie.

La famille Krivine, Alain, Hubert, Jean - Marie, est arrivé en France au début du siècle, fuyant les pogroms de Russie...

"Barta" lui, est né en 1914, à Buhusi en Roumanie, dans une famille de petit commerçant juif, le fondateur de se que sera un jour le journal Lutte Ouvrière, une organisation l'Union Communiste, a dit dans un interview unique, à un militant de LO, "J'ai eu cet énorme avantage d'être né dans un pays où les révolutionnaires peuvent exister psychologiquement (...) Une société avec " une véritable haine des possédants..." de son nom David Korner... Il s'est plus tard éloigné plus d' "Hardy", Robert Barcia, le vrai fondateur de Lutte Ouvrière... Après 1956, quand il en recolla les maigres morceaux... Avec Pierre Bois... Une dizaine à peine... "Une fraction d'usine"...

Pierre Frank, père de la feu LCR, le PCI avec Ernest Mandel, (israélite lui aussi), le dirigeant belge de la IVème Internationale, Secrétariat Unifié (SU), est né à Paris en 1905, de parents venant de Vilnius en Lituanie, juifs artisans tailleurs, après la Révolution de 1917, ses parents l'emmènent aux meetings, du Parti, puis ira seul, pour convaincre ses camarades...

Pierre Lambert de son nom Pierre Boussel, est né le 20 juin 1920, à Paris, de parent juifs, russes fraichement débarqués, dans la misère noire, il vivait à Montreuil... Ses copains adhérait à "Hachomer Hatzaïr", "la jeune garde", lui préfèra les jeunesses communistes...

Ces exemples pourraient se multiplier, ils sortent du "Yiddishland révolutionnaire", dans les années 70, l'humour résumait bien cette situation, "pourquoi ne parle t on pas Yiddish au Bureau Politique de la Ligue communiste ? Parce que à part Michaloux, Weber, Krivine, Frank... Daniel Bensaïd lui, est séfarade...

Il est vrai que à part Alain Krivine, beaucoup sont passés par "l'Hachomer Hatzaïr"...

C'est l'une des racine de LO, forgé au "kibboutzim", se voit par exemple dans l'itinéraire de Michel Rodinson, directeur de l'hebdomadaire de LO, ils y faisaient de l'entrisme en force et recrutaient à tout va..." L'Hachomer", scoutisme sioniste de gauche avait une atmosphère "militaro" qui séduisait beaucoup...

Charly Najman explique : "Le messianisme trotskiste, est le fruit d'une rencontre entre la mystique juive et la mystique révolutionnaire", Daniel Bensaïd disait la même chose, "l'idée révolutionnaire se rattache à une tradition"...

En France dans les années 30, la communauté Yiddish est dominée par le PCF, "des chorales, un théâtre juif, des écoles en langue yiddish, une université populaire, des conférences, un club sportif"...

Tout cela disparaitra dans les camps de concentration...

Les animateurs de la "Kulturliga" travaillaient avec la MOE qui deviendra la MOI en 1932... En 1937, le PCF organise un congrès mondial de la culture juive où défila culturels et artistes de premier plan...

Même, Thomas Elek, né à Budapest, qui fut fusillé et dont "l'Affiche Rouge", collée en 15000 exemplaires sur les murs de Paris, pour effrayer le pékin, porte un bien triste témoignage, au côté de Manouchian, en était pourtant, Thomas Elek, comme tant d'autres, de nos camarades...

Ce sont donc les enfants de la Shoa... qui en France en parti, ont largement structuré le mouvement Trotskiste... Ces centaines de jeunes qui dans les années 60 se sont tournés vers l'extrème gauche, avant, plus même, vers le PCF dans les années 30, 40 et 50, certains étaient juifs, en Israël encore on retrouve cette tradition... Voir certains scores du Parti Communiste Israélien... De la tradition à la Révolution, voilà parfois la route légitime de certains camarades... C'étaient, se sont, des camarades... La Révolution a un prix, que certains ont su et savent payer...

Ici, pour montrer que ce phénomène n'est pas que français, je citerai, bien sûr, notre cher camarade, Edward « Ted » Grant, de son vrai nom Isaac Blank, né le 9 juillet 1913, en Afrique du Sud et mort le 20 juillet 2006, en Grande-Bretagne, "Ted" Grant qui était issu d'une famille anglophone et juive en Afrique du Sud, aura eu sans doute de cet héritage, à penser lui aussi, à l'échelle de la planète...

Fraternellement,
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Re: Les héritiés du yiddishland révolutionnaire...

Message par Gayraud de Mazars » 09 Mai 2017, 18:02

Salut camarades,

J'aurai pu parler dans mon article de "Nous vengerons nos pères" le documentaire d'Arte fait par Florence Joshua. Dans ma liste forcément non exhaustive, il manque les frères Rothman.

Fraternellement,
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Re: Les héritiés du yiddishland révolutionnaire...

Message par com_71 » 09 Mai 2017, 19:30

Gayraud de Mazars a écrit : Ernest Mandel, (israélite lui aussi)...


Ah bon, et quelle synagogue fréquentait-il ? ;)
Si on parle de "révolution", "peuple révolutionnaire", "démocratie révolutionnaire", 9 fois sur 10 c'est mensonge ou aveuglement. La question est, Quelle classe fait la révolution ? Une révolution contre qui ? Lénine
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Re: Les héritiés du yiddishland révolutionnaire...

Message par Gayraud de Mazars » 09 Mai 2017, 20:31

Salut com_71,

Je pense bien, que le camarade Ernest Mandel, ne fréquentait pas la synagogue, quoique pourquoi pas... Mais Élevé dans un foyer socialiste de gauche - son père fut un ami du bolchevique Karl Radek. Ernest Mandel rejoint en 1939, la petite section belge de la Quatrième Internationale et devient un ami d'Abraham Léon, qu'il a rencontré au sein du mouvement Hachomer Hatzaïr, et dont les positions sur le judaïsme et le sionisme vont beaucoup l'influencer.

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Re: Les héritiés du yiddishland révolutionnaire...

Message par Gayraud de Mazars » 09 Mai 2017, 20:57

Salut camarades,

Un camarade belge René Andersen, ancien posadiste, membre du PC belge, me faisait remarquer que sur mon article je n'avais pas cité Abraham Wajnsztok (A.Léon) mort en 1944 à Auschwitz, et dont la famille continua à tenir une boutique de vêtements, rue Neuve à Charleroi, jusque dans les années septante...

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Re: Les héritiés du yiddishland révolutionnaire...

Message par com_71 » 09 Mai 2017, 21:01

Gayraud de Mazars a écrit : en Israël encore on retrouve cette tradition... Voir certains scores du Parti Communiste Israélien...

Que veux-tu dire ? Une proportion notable de juifs dans le Parti Communiste Israélien, ce n'est pas vraiment une surprise.
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Re: Les héritiés du yiddishland révolutionnaire...

Message par Gayraud de Mazars » 09 Mai 2017, 21:18

Salut Com_71,

Le PCF a salué en mars 2015, chaleureusement la réélection des députés du Hadash et l'élection d'un cinquième député communiste : Ayman Odeh, Aida Touma-Sliman, Dov Khenin, Youssef Jabareen et Abdallah Abu-Maarof ; ainsi que l'élection de leurs collègues députés : Masud Ghnaim, Jamal Zahalka, Ahmad Tibi, Abd al-Hakim Hajj Yahya, Haneen Zoabi, Taleb Abu Arar, Basel Ghattas, Osama Saadi, Juma Azbarga...

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Re: Les héritiés du yiddishland révolutionnaire...

Message par Gayraud de Mazars » 09 Mai 2017, 21:24

Salut camarades,

Bundaím, Socialists in Yiddish and Hebrew

https://www.youtube.com/watch?v=SvmcRKvyrWk

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Re: Les héritiés du yiddishland révolutionnaire...

Message par com_71 » 11 Mai 2017, 02:49

Trotsky 1939 a écrit :Les juifs, par exemple, sont souvent à moitié étrangers, pas tout à fait assimilés : ils adhèrent volontiers à toute tendance nouvelle, critique, révolutionnaire ou à moitié révolutionnaire, que ce soit en politique, en art ou en littérature. Une tendance révolutionnaire nouvelle, qui va contre le courant général dominant de l'histoire à un moment donné, se cristallise d'abord autour d’hommes qui sont plus ou moins coupés de la vie nationale, dans quelque pays que ce soit : et c'est précisément pour eux qu’il est le plus difficile de pénétrer dans les masses. Bien entendu, nous devons critiquer la composition sociale de notre organisation et la modifier, mais nous devons aussi comprendre qu'elle n'est pas tombée du ciel, qu'elle est déterminée, au contraire, aussi bien par la situation objective que par le caractère de notre mission historique en cette période.


https://www.marxists.org/francais/trots ... 90400b.htm

sans rapport direct, dans le même texte :
Si la guerre éclate maintenant, et il semble qu'elle doive éclater -, dans le premier mois, nous perdrons les deux tiers des militants que nous avons en France aujourd'hui. Ils seront dispersés d'abord : jeunes, ils seront mobilisés; mais subjective­ment, ils resteront fidèles au mouvement. Quant à ceux qui ne seront ni arrêtés, ni mobilisés et qui resteront fidèles , ‑ peut­-être trois ou quatre, je ne peux dire combien au juste ‑, ils seront complètement isolés.

C’est seulement après plusieurs mois que critique et dégoût commenceront à se manifester à une grande échelle et un peu partout : nos camarades isolés, un blessé dans un hôpital, un soldat dans une tranchée, ou une femme dans un village, sentiront que l'atmosphère a changé, et prononceront une parole hardie. Et celui‑là même qui était un camarade tout à fait inconnu dans une section parisienne deviendra le leader d'un régiment, d'une division et se sentira un dirigeant révolution­naire. C’est caractéristique de notre période.
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Re: Les héritiés du yiddishland révolutionnaire...

Message par Gayraud de Mazars » 15 Mai 2017, 16:49

Salut camarades,

A voir sans aucun doute...

Nous vengerons nos pères
En présence de la coréalisatrice Florence Johsua
Mercredi 17 mai à 20h00, CINEMA COMOEDIA à Lyon

Image

Ils s’appellent Chorowitz, Cyroulnik, Glichtzman, Feldhandler... Leurs familles, d’origine juive, avaient émigré en France dans les années 1920 et 1930 pour fuir la misère et l’antisémitisme. Elles venaient de Pologne, de Russie, de Lituanie. Elles ont été plongées dans l’horreur de la Shoah.

Eux sont nés en France, après-guerre. Ils ont grandi avec des fantômes. Ils en ont nourri une profonde colère, et pour certains des désirs de vengeance. Qu’est-ce qu’on fait de toute cette colère, quand on a vingt ans, dans les années 1960-70, et qu’on a envie de changer le monde ? Eux sont devenus militants.

Ce film retrace leurs histoires personnelles et militantes, et donne à voir, à travers leurs engagements internationalistes et profondément antifascistes, l’audace de ces années contestataires.


Donc, Rencontre - Mercredi 17 Mai à 20h00 -
En présence de la coréalisatrice Florence Johsua

En partenariat avec l’Université Populaire de Lyon
Tarif unique : 6,80€

http://www.cinema-comoedia.com/film/211854/

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