Trotsky Saison 01 Episode 01...

Trotsky Saison 01 Episode 01...

Message par Kéox2 » 04 Jan 2019, 23:51

Je viens de tomber sur cette série sur Netflix, je suis partagé entre curiosité et une envie de rire et de pleurer, tellement certaines scènes me semblent grotesques et pour le moins assez éloignées de la réalité historique.

Quelqu'un a-t-il vu ?
Kéox2
 
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Re: Trotsky Saison 01 Episode 01...

Message par Patrocle » 05 Jan 2019, 00:38

J'ai tenu 16mn. Pas le courage de regarder plus longtemps.
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Re: Trotsky Saison 01 Episode 01...

Message par Gayraud de Mazars » 05 Jan 2019, 10:50

Salut camarades,

La série ‘Trotsky’sur Netflix. « L’histoire ? Connais pas. »
in Culture, Dossier 23 décembre 2018

https://fr.socialisme.be/52215/la-serie ... onnais-pas

Une des dernières calomnies au sujet de la révolution russe est venue de Russie avec une série en huit épisodes consacrée à la vie de Léon Trotsky. Le révolutionnaire y est dépeint comme un gangster sexiste et assoiffé de sang tandis que les innombrables ouvriers révolutionnaires qui ont sacrifié leur vie pour la lutte contre le dictature du tsar et des capitalistes sont présentés comme un ramassis d’ivrognes idiots. Lev Sosnovsky, de la section russe du Comité pour une Internationale Ouvrière, passe en revue la série "Trotsky".

Comment l’armée d’intellectuels du Kremlin considère-t-elle la révolution ?

« C’était une personne d’une grande vitalité et d’une énergie inépuisable. Si nous devions chercher un acteur pour représenter Trotsky, le seul qui pourrait vraiment bien jouer ce rôle serait Kirk Douglas (rires). Douglas a ce dynamisme qui était typique de grand-père… Il croyait fermement que le socialisme déterminerait l’avenir de l’humanité. Il n’avait aucun doute à ce sujet. Mais l’horloge de l’histoire avance plus lentement qu’on ne le voudrait. Une vie humaine est très courte comparée aux cycles historiques. » –Esteban ‘Seva’ Volkov (petit-fils de Trotsky) dans une récente interview accordée au magasine Jacobin

Les auteurs de la série » Trotsky » présentée en première sur la première chaîne russe à l’occasion du 100e anniversaire de la révolution russe ont commis une grave erreur. Ils ont oublié d’inclure une clause de non-responsabilité – comme celle que l’on voit souvent au début ou à la fin des films – indiquant une certaine séparation avec la réalité. Il aurait fallu voir un texte tel que celui-ci : « Ceci est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou des événements réels, est purement fortuite. »

La série aurait peut-être été plus supportable avec cela à l’esprit. Peut-être même aurait-il été possible de mieux surmonter cette envie de balancer un objet lourd sur l’écran. Cette série présente en fait la version stalinienne de la mort de Trotsky, telle que décrite par la presse soviétique en août 1940 : « Trotsky est mort dans un hôpital mexicain des suites d’une fracture du crâne – le résultat d’une tentative d’assassinat commise par l’un de ses plus proches associés (…) Enchevêtré dans ses propres réseaux, Trotsky a atteint la limite de la dégradation humaine avant d’être tué par un de ses propres partisans. (…) Trotsky a été victime de ses propres intrigues, trahisons, et atrocités. » Et cette série d’intrigues, de trahisons et d’atrocités nous est montrée, étape par étape, jusqu’au coup fatal de piolet à glace. Même l’assassin est dépeint sous un jour sympathique comme un jeune journaliste.

Malheureusement, nous ne pouvons pas soumettre cette série à la rigueur de la critique historique en raison de l’absence d’histoire en tant que telle. Toute approche cohérente de la critique historique serait un effort considérable, et pour cela, il existe déjà de meilleures ressources. Ceux qui souhaitent découvrir les événements tels qu’ils se sont produits ont intérêt à oublier cette série et à lire, par exemple, l’autobiographie de Trotsky, « Ma vie », ou toute autre littérature sérieuse sur la révolution.

Si la série reste un objet de critique, alors, pour reprendre les mots de Karl Marx, c’est »tout comme le criminel, qui est au-dessous du niveau de l’humanité, reste l’objet du bourreau ». Plutôt que de refléter des événements historiques réels, la série ne reflète que les idées et les craintes que les idéologues modernes voudraient nous faire avaler.

Les personnages apparaissent et disparaissent comme des deus ex machina, uniquement selon les caprices des auteurs. Les spectateurs ne peuvent que se poser la question : « Attends, qu’est-ce qui vient de se passer là ?? » Le problème, c’est que les auteurs tentent d’aborder un sujet qu’ils ne comprennent pas. Ils considèrent le Soviet de Petrograd, le Parti bolchevique, le Comité militaire révolutionnaire et même la révolution elle-même comme de simples mots, complètement dénués de sens.

Par exemple, le pseudo-Lénine reproche au pseudo-Trotsky d’avoir pris le pouvoir pour le parti. Mais on ne nous montre jamais le contexte de cet échange, ni le parti lui-même d’ailleurs. Au lieu de cela, on nous montre pseudo-Lénine parlant devant un congrès de la nécessité de renverser Plekhanov. Mais le spectateur restera complètement déconcerté : qui sont tous ces gens ? Qui est Plekhanov, comment est-il arrivé à sa position dans le parti et pourquoi devrait-il être destitué ?

Un peu d’argent sale des ambassades étrangères, une paire de dirigeants charismatiques, une foule de marins ivres – tout cela, selon les auteurs, est ce à quoi ressemble une révolution.

En fait, les auteurs de cette série tentent de nous ramener à une époque antérieure à l’émergence de la science historique, celle où l’histoire était décrite comme une chaîne d’actions effectuées par de « grands hommes » – princes, rois, empereurs, ou, dans ce cas, un ou plusieurs chefs révolutionnaires. Même les classes sociales et les nations n’apparaissent comme rien de plus que de l’argile entre leurs mains.

Pendant ce temps, les aspects psychologiques de l’intrigue sont lourdement réduits à une sorte de pseudo-freudisme. Les interprétations de la relation entre notre héros et la foule, ainsi que vis-à-vis du sexe, de la violence, de la mort et de la révolution, ne connaissent pas de limites. Tout cela accompagné de sexisme. Les « masses » sont comparées à une femme qui n’a pas – et par définition ne peut pas avoir – ses propres intérêts. Par conséquent, elle a besoin d’un « mâle alpha » pour prendre toutes ses décisions à sa place.

Si vous êtes à la recherche d’un grand drame politique et de passions humaines, vous feriez mieux de vous tourner vers la pièce de Sartre »Les mains sales ». Dans l’ensemble, il s’agit d’une bien meilleure utilisation de son temps pour apprendre la dialectique et le matérialisme historique.

Lénine, à différentes époques, a été joué au théâtre et au cinéma par Yuri Kayurov, Alexander Kalyagin, Cyril Lavrov, et Mikhaïl Ulyanov. Comme beaucoup de membres de l’intelligentsia des derniers moments de l’Union soviétique, ils étaient très critiques envers le régime soviétique. Mais, en tant qu’artistes, ils pouvaient se surpasser et embrasser pleinement le personnage qu’ils représentaient, créant ainsi des performances très mémorables.

L’expérience est très différente des performances de Khabensky et Stychkin dans le rôle de Trotsky et Lénine. Ils n’atteignent pas la hauteur de leurs personnages et ne cachent pas leur antipathie à leur égard. Ils finissent par conséquent à abaisser les personnages à leur propre niveau de médiocrité.

Contrairement à la fertile imagination des auteurs, Léon Trotsky n’a pas trahi son ami le marin Nikolaï Markine. En fait, à la nouvelle d’une tentative d’assassinat perpétrée contre Lénine, Trotsky avait été convoqué à Moscou à la veille de la capture de Markin. Markin est de plus présenté comme un voyou éternellement ivre extorquant des roubles aux passants. C’était en réalité un ouvrier instruit – un électricien – ce qui était l’une des qualifications les plus élevées de son époque. Markin a rejoint le Parti bolchevique en 1916, alors qu’il était sous-officier dans la marine impériale. Il a ensuite servi dans le détachement gardant Lénine et Trotsky pendant la révolution de 1917, et a souvent servi comme mandataire de Trotsky dans le Comité des affaires étrangères du premier gouvernement soviétique.

Pendant la guerre civile, Markin s’est retrouvé commissaire politique de la flottille de la Volga. Il est héroïquement mort au combat. Comme indiqué sur le site du Musée d’histoire locale de Penza : « Le 1er octobre 1918, alors qu’il effectuait une reconnaissance sur la rivière Kama, près de Pyany Bor, sur la canonnière Vanya-Communiste, il tomba dans une embuscade d’artillerie (ils ne remarquèrent pas la batterie camouflée sur le côté du navire). Le navire a été coulé. Markin, courageux et audacieux, mourut avec le navire tout en assurant les tirs de couverture pour les membres de l’équipage. »

Larissa Reisner a consacré quelques lignes au matelot Markin qui louent son courage. Elle n’est au fait présentée dans la série que comme une « jeune femme glamour » alors qu’elle était bien plus que ça. Journaliste, commissaire et éclaireuse, elle a à maintes reprises engagé les Blancs au combat.

Malheureusement, le sujet est trop tabou pour qu’une description honnête de la révolution et de ses dirigeants puisse être faite aujourd’hui. Les travailleurs en Europe et même aux Etats-Unis commencent à s’intéresser de plus en plus à la politique – et beaucoup d’entre eux s’intéressent au socialisme. En Russie aussi, les jeunes s’intéressent à la politique et veulent occuper les rues.

La classe dirigeante a besoin d’une riposte idéologique pour contrecarrer l’évolution actuelle des choses et elle essaye de la trouver en salissant la Révolution et ses héros à l’aide d’une intelligentsia privilégiée. Comme l’écrivait Larissa Reisner en son temps : « en littérature, ils ne se disputent pas sur la formation de l’intrigue, la beauté d’une syllabe ou le dénouement de l’histoire – non – ils se disputent, avant tout, sur la politique. Nulle part la lutte des forces sociales n’est plus aiguë, plus éclatante et impitoyable que dans l’art (…) »

Mais, en période de bouleversement politique, une telle anti-propagande peut avoir un effet inattendu pour ses créateurs, en incitant les gens à commencer à chercher la vérité historique des idées, des personnalités et de la lutte des classes représentées.

Comme antipode moral à Léon Trotsky, les auteurs ont mis en avant Ivan Ilyin : ils sont bien conscients qu’il s’agit du philosophe préféré de Poutine. Ils ont bien entendu oublié d’ajouter que cette « autorité morale » vantait le fascisme, ayant trouvé en lui un esprit « semblable à celui du mouvement russe blanc ». Et même en 1948 – après toutes les horreurs de la Seconde Guerre mondiale – il n’a pas hésité à écrire que le fascisme avait raison, parce qu’il venait d’un sentiment national-patriotique « sain », sans lequel les gens ne peuvent affirmer leur existence ou créer leur propre culture.

Il convient de mentionner que les similitudes entre le fascisme et les gardes blancs russes ont été remarquées par le vrai Léon Trotsky, qui a averti dans les années 1930 qu’Hitler se positionnait comme le combattant de la bourgeoisie contre les socialistes, les communistes et les juifs à l’échelle européenne.

Ivan Ilyin n’est donc guère la personne adéquate pour critiquer l' »humanisme » de Léon Trotsky. Et si vous désirez vraiment attribuer la responsabilité morale de l’Holodomor, de la collectivisation forcée et du goulag à Trotsky, alors il faut au moins être cohérent et attribuer la responsabilité de Babi Yar, Khatyn, Auschwitz et Buchenwald à Ivan Ilyin.

Quoi qu’il en soit – pour toutes les tentatives passées, présentes et futures de qualifier la révolution d’immorale – Léon Trotsky a déjà fourni une réponse dans son essai « Leur morale et la nôtre » :

« L’évolutionnisme bourgeois s’arrête, frappé d’impuissance, sur le seuil de la société historique, ne voulant pas admettre que la lutte des classes soit le ressort principal de l’évolution des formes sociales. La morale n’est qu’une des fonctions idéologiques de cette lutte. La classe dominante impose ses fins à la société et l’accoutume à considérer comme immoraux les moyens qui vont à l’encontre de ces fins. Telle est la mission essentielle de la morale officielle. Elle poursuit « le plus grand bonheur possible », non du plus grand nombre, mais d’une minorité sans cesse décroissante. Un semblable régime, fondé sur la seule contrainte, ne durerait pas une semaine. Le ciment de l’éthique lui est indispensable. La fabrication de ce ciment incombe aux théoriciens et aux moralistes petits-bourgeois. Ils peuvent faire jouer toutes les couleurs de l’arc-en-ciel ; ils ne sont, tout compte fait, que les apôtres de l’esclavage et de la soumission. »

Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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Message par Zelda_Zbak » 05 Jan 2019, 13:03

Merci du tuyau et de ton avis, Gayraud, on ira voir...
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Re: Trotsky Saison 01 Episode 01...

Message par Gayraud de Mazars » 05 Jan 2019, 16:43

Salut Zelda !

Netflix comme duplicateur des pensées profondes à la Robert Service ! Qui a commis une biographie de Trotsky infecte...

Fraternellement,
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Re: Trotsky Saison 01 Episode 01...

Message par Byrrh » 05 Jan 2019, 17:55

Gayraud de Mazars a écrit :Salut Zelda !

Netflix comme duplicateur des pensées profondes à la Robert Service !

Et à la Poutine. Celui-ci se félicite du fait que dans son pays, la prétendue opposition à son parti soit incarnée par des "communistes" staliniens ultra-réactionnaires avec lesquels il partage bien des choses. Il ferait moins le malin si le nom de Trotsky refaisait surface en Russie parmi les victimes de sa politique. Il a pris les devants avec cette grossière propagande en forme de série télé, mais c'est tout de même assez imprudent de tirer de l'oubli Trotsky. Cela pourrait donner des idées à certains jeunes, capables de découvrir ce révolutionnaire par eux-mêmes...
Byrrh
 
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Re: Trotsky Saison 01 Episode 01...

Message par Patrocle » 06 Jan 2019, 11:13

La critique historique de cette série est sans appel.
Mais même si on admet que le parti pris est une fiction à prétexte Trotsky, la série est nulle artistiquement, ça démarre sur une scène violente de cul (pour accrocher le spectateur), ça se poursuit par un flash au Mexique pendant le jour des morts, et enfin une exécution de soldats déserteurs ordonnée par LT.... une suite de clips sans fil conducteur autre que le sexe et la violence. Tout ça dans les 15 premières minutes. Bref à éviter absolument.
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Re: Trotsky Saison 01 Episode 01...

Message par Byrrh » 21 Fév 2019, 09:36

Tribune cosignée par différents courants et organisations se revendiquant du trotskysme à travers le monde, dont Lutte ouvrière.

https://anticapitalisme-et-revolution.b ... 8mLPik-dhI
Netflix et le gouvernement russe unis dans la calomnie anti-Trotsky

Esteban Volkov, petit-fils de Trotsky, et le Centre d’Etudes, de Recherches et de Publications-CEIP León Trotsky d’Argentine et du Mexique s’élèvent, aux côtés de dizaines de personnalités du monde universitaire et de militantes et militants pour réfuter les calomnies portées contre le révolutionnaire russe dans la série « Trotsky », retransmise par Netflix. Anticapitalisme & Révolution s’associe en tant que courant à cette tribune, publiée de façon simultanée en sept langues, signée notamment par notre camarade Gaël Quirante.

Netflix, entreprise étatsunienne, propose la série Trotsky, réalisée par Alexander Kott et Konstantin Statsky. Rossiya 1, la chaîne la plus regardée en Russie, l’avait sortie en novembre 2017. Pour le centenaire de la Révolution russe, Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie et contrôlant, par conséquent, Rossiya 1, avait choisi Trotsky comme sujet principal de cette superproduction en huit épisodes.

Compte-tenu du passé stalinien de Poutine, à la tête du KGB, et du fait qu’il ne cache pas sa nostalgie à l’égard de la Grande-Russie tsariste, on ne pouvait attendre qu’une telle série présente de façon honnête et objective la personnalité et l’œuvre de celui qui, avec Lénine, a été le plus important dirigeant de la Révolution d’Octobre. En ressortant les vieilles calomnies anti-Trotsky, quel est l’objectif de Poutine ? Pourquoi falsifier le passé et les révolutionnaires, alors que le pays a avancé dans la restauration capitaliste et que rien ne semble s’opposer à la nouvelle bourgeoisie russe ni à Poutine, au pouvoir depuis dix-huit ans ? Pourquoi Netflix, dont l’audimat se compte en millions d’abonnés, a choisi de retransmettre cette série ?

Voici quelques-unes des falsifications qu’elle véhicule :

1. D’après les réalisateurs, il ne s’agit pas d’un documentaire, même s’ils affirment s’être inspirés de faits réels pour écrire Trotsky. Cependant, la série a recours aux mêmes falsifications qu’utilisaient les impérialistes, le tsarisme ou le stalinisme pour calomnier Trotsky et ses partisans alors qu’avançait la bureaucratisation de l’URSS. Toutes ces calomnies ont été réfutées par la Commission Dewey réunie spécialement à Mexico, en 1937, et constituée de personnalités indépendantes.

2. A l’encontre de la vérité historique et de la vision que pouvaient avoir de lui, à l’époque, ses proches mais y compris des personnes ne lui étant pas favorables, Trotsky est dépeint comme une personnalité égocentrique, messianique, autoritaire, inhumaine, envieuse, autant de caractéristiques qui seraient liées à ses origines juives, sans cesse rappelées dans la série. Au cours de sa vieillesse, il souffre d’hallucinations, étant rongé par le remord des crimes qu’il aurait commis pendant la révolution.

3. Jacson (Ramón Mercader) est présenté comme un stalinien honnête, doté d’esprit critique et de sensibilité, et qui établit un rapport réel avec Trotsky dans l’idée d’écrire sa biographie, ce à quoi ce dernier accède, dans la série. En réalité, Trotsky ignorait tout des liens de Jacson avec le stalinisme. Leurs rapports n’ont jamais été que très brefs, toujours sur demande de Mercader qui, en tant qu’agent du NKVD, avait été chargé par Staline d’assassiner Trotsky.

4. Au cours des deux révolutions russes la série montre des ouvriers, des paysans, des soldats, le peuple russe, manipulés par des dirigeants ambitieux tels que Lénine ou Trotsky et qui prennent des décisions en leur nom. En 1905, les soviets sont présentés comme de simples théâtres pour y faire entendre leurs discours. La lutte de classes n’existe pas. Tout est affaire d’affrontement et de vengeance entre individus. Mais la révolution de 1917 n’a pas seulement été l’un des mouvements de masses les plus importants et radicaux de l’histoire contre le tsarisme, mais également contre le gouvernement bourgeois provisoire et face à la contre-révolution de Kornilov. Elle a restauré le pouvoir des soviets, qui ont vu la participation centrale des exploité.es et des opprimé.es, dirigés par le Parti Bolchévique. La série, à l’inverse, présente la révolution comme une lutte mesquine pour le pouvoir, et les révolutionnaires comme des psychopathes manipulateurs.

5. La série ment également sur les rapports de Trotsky aux femmes. Une grande bolchévique comme sa première épouse, Alexandra, est dépeinte comme une femme au foyer que Trotsky aurait abandonné avec ses deux filles. Natalia, sa seconde épouse, conquiert Trotsky grâce à sa beauté. Après leur mariage, elle se transforme, tour à tour, en sa secrétaire personnelle et, elle aussi, en femme au foyer, absorbée par l’éducation de ses enfants dont Trotsky ne s’occupe aucunement et qu’il utilise y compris comme bouclier humain lors d’une tentative d’assassinat qui aurait eu lieu pendant la révolution. Alors que la série occulte le rôle du stalinisme dans la mort de ses quatre enfants, leur disparition serait l’une des fautes qui poursuivent Trotsky jusqu’à son propre assassinat. Larissa Reisner est présentée comme une femme fatale, accompagnant (sexuellement, surtout) Trotsky dans le train blindé et faisant office de secrétaire particulier. La réalité est tout autre. Alexandra Sokolovskaïa était la dirigeante du premier cercle marxiste auquel Trotsky adhéra alors qu’il avait seize ans. Tous deux furent déportés en Sibérie avec leurs deux filles. C’est Sokolovskaïa qui aida Trotsky à s’évader, choisissant, elle, de rester en Russie. Natalia Sedova appartint au commissariat soviétique à l’Éducation après la révolution. Les enfants soutinrent toujours le militantisme de leurs parents, notamment Léon Sédov, l’un des principaux collaborateurs de Trotsky et l’un des principaux organisateurs de l’Opposition de Gauche russe dans la clandestinité. Larissa Reisner, elle, écrivit à propos de la guerre civile, mais pas à partir du train blindé. Elle joua un rôle important au sein de la Cinquième armée, tout comme au cours de la révolution. Elle s’embarqua avec la flotte de la Volga, prit part aux combats et participa à la révolution allemande. Ce fut l’une des principales militantes bolchéviques jusqu’à sa mort, en 1926.

6. La relation entre Trotsky et Lénine, avant la révolution, est présentée comme une lutte entre égos faite d’accords de circonstances, au point où Lénine tente de faire chuter Trotsky d’un balcon. Staline, dans la série, est présenté quant à lui comme le secrétaire de Lénine. Au moment de l’insurrection d’Octobre, Lénine, caché, ne refait son apparition que lorsque Trotsky se demande où il se trouve, et après la victoire de la révolution. La série occulte le fait que Lénine menait un combat au sein du Comité Central du Parti bolchévique à propos du lancement nécessaire et immédiat de l’insurrection, de même que son accord avec Trotsky au sujet du fait qu’il s’agirait-là du début de la dictature du prolétariat. On songera au fait que, historiquement, à la suite de la prise du pouvoir et en attendant l’ouverture du Congrès des soviets, c’est côte-à-côte que Lénine et Trotsky règlent les derniers détails. Pour ce qui est de la véritable vision de Lénine au sujet de Staline, il suffit de lire son « Testament », ainsi que ses critiques au sujet des méthodes « chauvinistes grand-russes », à propos de la question géorgienne.

7. Au cours des négociations de Brest-Litovsk avec l’Empire allemand, Trotsky, dans la série, donne l’ordre de distribuer des tracts subversifs afin de provoquer une révolte contre le Kaiser, ce qui aurait échoué et justifié l’offensive allemande. Les principaux opposants à la signature du traité sont, toujours dans la série, les anciens généraux tsaristes et non, comme cela a été véritablement le cas, les Socialistes Révolutionnaires. Jacson accuse Trotsky de ne pas avoir défendu la Russie avec les Cosaques. La série oublie que c’est le Congrès des Soviets qui avait approuvé le décret sur la paix pour mettre fin à la guerre, l’une des grandes revendications des masses ; et que face à l’absence de réponse des alliés la Russie soviétique dut engager des négociations avec l’Allemagne où la social-démocratie appuyait le bellicisme de son propre impérialisme. Lénine autant que Trotsky voyaient les négociations de Brest-Litovsk comme une tribune en faveur de la révolution mondiale, notamment de la révolution en Allemagne.

8. Lorsqu’on lui demande de construire l’Armée rouge, Trotsky est présenté, depuis le train blindé, comme une sorte de rock-star, à mi-chemin entre le sex-symbol et l’assassin qui approuve même un massacre de civils au cours d’un enterrement. En 1918, selon la série, une révolte se prépare à Kronstadt. La révolte, en tant que telle, éclata en 1921. Dans la série, cependant, Trotsky invente des accusations et présente de faux témoins pour faire appliquer la peine de mort contre son dirigeant. Pour ce qui est de la guerre civile, la série ne fait mention que de l’offensive tchèque sans parler des quatorze armées impérialistes et des armées blanches pro-tsaristes contre lesquelles l’Armée rouge dut combattre sur l’immensité du territoire soviétique. Aucune mention, non plus, des années de blocus économique impérialiste, ou du fait que la flotte ennemie a pu n’être qu’à 30 km de Petrograd. Pour ce qui est de Kronstadt il faut prendre en compte que la composition de la garnison, lors de la révolte, était absolument distincte de celle de 1917, lorsque ses marins avaient été l’avant-garde de la révolution. L’une des confirmations du caractère contre-révolutionnaire de la révolte était le fait qu’elle avait été annoncée, deux semaines à l’avance, dans la presse internationale et les gazettes d’exilés russes. Trotsky signalera également la réaction haussière des marchés lorsque fut faite l’annonce du soulèvement de Kronstadt.

9. A aucun moment la série ne fait mention de la fondation de la III° Internationale. Trotsky déclare cependant que son objectif est de conquérir le monde. Pour la série, toujours, l’histoire de la révolution s’achève avec la mort de Lénine. L’Opposition de Gauche, la contre-révolution stalinienne, les procès de Moscou, rien de cela n’existe, pas plus que l’arbitraire carcéral, les tortures, les déportations en camps de concentration et les assassinats que subirent la quasi-totalité des dirigeants bolchéviques de la révolution et toutes celles et tous ceux qui étaient soupçonnés de défendre une ligne oppositionnelle vis-à-vis du régime bureaucratique. Renversant l’histoire, tous les crimes sont attribués à Trotsky, y compris l’exécution des Romanov. Il s’agit d’un énième mensonge puisque ni Lénine ni Trotsky ne donnèrent cet ordre.

10. Ce n’est qu’au dernier épisode qu’apparaît la véritable identité de Jacson. Trotsky, malade, demande à Jacson d’entrer chez lui alors qu’un télégramme en provenance de l’ambassade du Canada l’informe de son identité. Trotsky frappe alors Jacson-Mercader, qui lui répond en saisissant un piolet qui est pendu au mur de la chambre où se trouvent les deux hommes. La série suggère par conséquent que c’est le révolutionnaire russe qui aurait tout fait pour que le soi-disant journaliste l’attaque. La manière dont l’attentat est présenté est donc une nouvelle falsification. En effet, on sait que Staline souhaitait faire assassiner Trotsky avant le début de la Seconde Guerre mondiale dans la mesure où il savait qu’un conflit aurait pu engendrer une révolution politique en URSS. C’est pour cette raison et en fonction de la perspective de la révolution sociale dans les pays capitalistes que Trotsky et ses partisans fondèrent la IV° Internationale. On songera au fait que lors d’une entrevue, en août 1939, entre Hitler et l’ambassadeur français à Berlin, Coulondre, le Führer avait déclaré qu’en cas de guerre, « le vrai gagnant [serait] Trotsky ». C’est le nom que les bourgeoisies impérialistes avaient donné au spectre de la révolution. La série, par conséquent, est la justification de l’assassinat du soi-disant monstre appelé Trotsky.

Les signataires de ce texte rejettent ces falsifications de l’histoire qui tentent d’enterrer l’évènement le plus important du point de vue de la lutte pour l’émancipation des classes laborieuses de l’exploitation et de l’oppression capitalistes, de même qu’elles cherchent à occulter le legs de ses principaux dirigeants.

Esteban Volkov, petit-fils de Trotsky
Centre d’Etudes, de Recherches et de Publications-CEIP León Trotsky (Argentine-Mexique)

Premiers signataires
Fredric Jameson, Duke University (Etats-Unis)
Slavoj Žižek, philosophe
Mike Davis, écrivain, UCLA, (Etats-Unis)
Nancy Fraser, sociologue, New School for Social Research, New York (Etats-Unis)
Edwy Plenel, journaliste, directeur de Mediapart (France)
Isabelle Garo, philosophe (France)
Sebastian Budgen, éditeur, Verso (Londres-New York)
Michel Husson, économiste (France)
Catherine Samary, économiste, Université Paris Dauphine
Stathis Kouvélakis, philosophe, King’s College (Angleterre)
Tithi Bhattacharya, professeure d’histoire, Purdue University (Etats-Unis)
Michael Löwy, directeur de recherches émérite au CNRS (France)
Cinzia Arruzza, New School for Social Research, New York (ETATS-UNIS)
Jean-Jacques Marie, historien (France)
Andrea D’Atri, militante féministe, fondatrice de Pan y Rosas (Argentine)
Bhaskar Sunkara, rédacteur en chef de Jacobin (Etats-Unis)
Suzy Weissman, professeur de science politique, Saint Mary’s College, Californie (Etats-Unis)
Ricardo Antunes, sociologue, Universidad Estadual de Campinas, Unicamp (Brésil)
Robert Brenner, historien, Directeur du Centre d’histoire sociale et d’histoire comparée, UCLA (Etats-Unis)
Alex Callinicos, professeur d’études européennes, King’s College (Angleterre)
Christian Castillo, sociologue, Université de Buenos Aires et Université Nationale de La Plata (Argentine)
M. Tamás, philosophe, Central European University (Hongrie)
Eric Toussaint, historien, Université de Liège (Belgique)
Charles-André Udry, A L’Encontre (Suisse)
Mihai Varga, sociologue, Université Libre de Berlin (Allemagne/Roumanie)
Patrick Silberstein, éditeur, Éditions Syllepse, Paris (France)
Beatriz Abramides, enseignante-chercheuse, Université Pontificale de Sao Paulo (Brésil)
Valerio Arcary, enseignant-chercheur, Instituto Federal de São Paulo (Brésil)
Vera Aguiar Cotrim, philosophe, USP (Brésil)
Manuel Aguilar Mora, historien, Université Autonome de Mexico, (Mexique)
Silvia Aguilera, éditrice LOM (Chili)
Claudio Albertani, professeur, Université Nationale Autonome de Mexico (Mexique)
Jorge Alemán, psychanalyste et écrivain (Argentine/État Espagnol)
Ademir de Almeida, acteur (Brésil)
Jean Georges Almendras, journaliste (Uruguay)
Guillermo Almeyra, historien (UNAM y UAM-X/Mexique, UBA/Argentine)
Pablo Anino, économiste, Université de Buenos Aires (Argentine)
Checchino Antonini, journaliste, directeur de L’Anticapitalista (Italie)
Anthony Arnove, éditeur, Haymarket Books (ETATS-UNIS)
Eric Aunoble, historien, Université de Genève (Suisse)
Paula Bach, économiste, Université de Buenos Aires (Argentine)
Raquel Barbieri Vidal, Théâtre Colón de Buenos Aires (Argentine)
Emmanuel Barot, philosophe, Université Toulouse Jean Jaurès (France)
John Barzman, historien, Université du Havre (France)
Corrado Basile, historien, Editions Altergraf (Italie)
Jean Batou, professeur d’histoire internationale, Université de Lausanne (Suisse)
Bernhard H. Bayerlein, professeur d’études romanes, Université de la Ruhr à Bochum (Allemagne)
Elaine Behring, UFRJ (Brésil)
Hebert Benítez Pezzolano, enseignant-chercheur, Université de la République (Uruguay)
Maria Silvia Betti, enseignante-chercheuse, USP (Brésil)
Alma Bolón, Université de la République (Uruguay)
Pablo Bonavena, sociologue, UNLP/UBA (Argentine)
Mathieu Bonzom, MCF études nord-américaines, Université Paris 1 (France)
Simon Bousquet, président du Centre Culturel Gabriela Mistral (Chili)
Nick Brauns, historien et journaliste, Berlin (Allemagne)
Hernán Camarero, historien, Université de Buenos Aires (Argentine)
Pedro Campos, historien, UFRJ (Brésil)
Miguel Candioti, enseignant-chercheur, Université Nationale de Jujuy (Argentine)
Francisco Cantamutto, économiste, Sociedad de Economía Crítica (Argentine)
Aldo Casas, anthropologue, revue Herramienta (Argentine)
Paolo Casciola, historien, directeur du site aptresso.org (Italie)
Yurij Castelfranchi, sociologue, Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil)
Hugo Cavalcanti Melo Filho, juriste, Universidade Federal de Pernambuco (Brésil)
Leónidas Ceruti, historien, Rosario (Argentine)
Nora Ciapponi, militante socialiste (Argentine)
Alfonso Claverías, député de Podemos pour Huesca (État Espagnol)
Osvaldo Coggiola, historien, Université de Sao Paulo (Brésil)
Eurelino Coelho, historien, Universidade Estadual de Feira de Santana (Brésil)
Martín Cortés, enseignant-chercheur, UAB (Argentine)
Lívia Cotrim, sociologue, UPC-SP (Brésil)
Tatiana Cozzarelli, militante féministe, Left Voice (ETATS-UNIS)
Helmut Dahme, sociologue, Vienne (Autriche)
Juan Dal Maso, Casa Marx, Neuquén (Argentine)
Mercedes D’Alessandro, docteure en économie (Argentine)
Max Delupi, journaliste et acteur, Córdoba (Argentine)
Luiz Antonio Dias, enseignant-chercheur, PUC-SP (Brésil)
Ariane Díaz, UBA (Argentine)
Savana Diniz Gomes Melo, enseignante-chercheuse, Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil)
Felipe Demier, enseignant-chercheur, UFRJ (Brésil)
Juan Duarte, enseignant, Université de Buenos Aires (Argentine)
Jean-Numa Ducange, historien, Université de Rouen-Normandie (France)
Elsa Drucaroff, écrivaine (Argentine)
Andy Durgan, historien, Université de Londres (Royaume-Uni)
Samuel Farber, historien, CUNY (Etats-Unis)
Juan Fajardo, directeur de la section en langue espagnole de Marxist Internet Archive
Susan Ferguson, enseignante associée, Wilfrid Laurier University (Canada)
Grijalbo Fernandes Coutinho, juge du travail et doctorant, Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil)
Brais Fernández, magasine Viento Sur (État Espagnol)
Esteban Fernández, professeur de philosophie, Université du Costa Rica (Costa Rica)
Olga Fernández Ordoñez, fille de Carlos Fernández, garde-du-corps de Trotsky pendant son exil à Mexico (Mexique)
Wladek Flakin, historien, Berlin (Allemagne)
Leonardo Flamia, journaliste (Uruguay)
Virgínia Fontes, historienne, UFF (Brésil)
Alfredo Fonticelli, journaliste (Uruguay)
Franck Gaudichaud, politiste, Université Grenoble Alpes (France)
Daniel Gaido, historien, Université Nationale de Córdoba (Argentine)
Francesca Gargallo Celentani, écrivaine féministe (Mexique)
Alejandro Gálvez Cancino, professeur de l’Université Autonome Métropolitaine (Mexique)
Gabriel García Higueras, historien, Université de Lima (Pérou)
Manuel Garí, économiste (État Espagnol)
Diego Giachetti, historien, Turin (Italie)
Mike Goldfield, enseignant-chercheur, Wayne State University (ETATS-UNIS)
Horacio González, sociologue, ex-directeur de la Bibliothèque Nationale (Argentine)
Jorge Gonzalorena Döll, historien et sociologue (Chili)
Isabella de Faria Bretas, doctorante, Universidade Nova de Lisboa (Portugal)
Eduardo Grüner, sociologue, Université de Buenos Aires (Argentine)
Gastón Gutiérrez, journaliste, Ideas de Izquierda (Argentine)
Pepe Gutiérrez-Álvarez, Fondation Andreu Nin (État Espagnol)
Alejandro Horowicz, sociologue, UBA (Argentine)
Srecko Horvat, philosophe (Croatie)
Claudio Katz, économiste, UBA (Argentine)
Paul Le Blanc, professeur d’histoire, La Roche College, Pittsburgh (Etats-Unis)
Renato Lemos, enseignant-chercheur, UFRJ (Brésil)
Gabriela Liszt, chercheuse au CEIP León Trotsky (Argentine)
Antonio Liz, historien, Madrid (Etat espagnol)
Diego Lotito, journaliste, IzquierdaDiario.es (État Espagnol)
António Louçã, historien et journaliste (Portugal)
Cynthia Lub, docteure en histoire, Université de Barcelone (État Espagnol)
Filippo Del Lucchese, Université Brunel (Royaume-Uni)
Eduardo Lucita, membre de Economistas de Izquierda (Argentine)
David McNally, professeur d’histoire, Université de Houston (Etats-Unis)
Javier Maestro, enseignant-chercheur, Université Complutense de Madrid (État Espagnol)
Matías Maiello, sociologue, Université Nationale de Buenos Aires (Argentine)
Rosa Maria Marques, économiste, PUC-SP (Brésil)
Josefina L. Martínez, journaliste et historienne (État Espagnol)
Jamila M.H. Mascat, philosophe, Université de Utrecht (Pays-Bas)
Claudia Mazzei Nogueira, enseignante chercheuse, Université Fédérale de Sao Paulo (Brésil)
Reginaldo Melhado, juriste, Universidade Estadual de Londrina (Brésil)
Demian Melo, historien, UFF (Brésil)
Luciano Mendonça, historien, UFGG (Brésil)
Esteban Mercante, économiste, rédaction de Ideas de Izquierda et la Izquierda Diario (Argentine)
Massimo Modonesi, historien, sociologue et politiste, Université Autonome de Mexico (Mexique)
Rodrigo Quesada Monge, historien retraité (Costa Rica)
Warren Montag, Occidental College, Los Angeles (Etats-Unis)
Luís Carlos Moro, avocat du travail (Brésil)
Antonio Moscato, historien, Université du Salento-Lecce (Italie)
Bill V. Mullen, enseignant chercheur, Purdue University (ETATS-UNIS)
Lucía Nistal, enseignante-chercheuse, UAM (État Espagnol)
Rosana Núbia Sorbile, historienne, IFSP (Brésil)
Ángel Oliva, enseignant, Université Nationale de Rosario (Argentine)
Antonio Oliva, enseignant, Université Nationale de Rosario (Argentine)
Pablo Oprinari, sociologue, coordinateur de Ideas de Izquierda (Mexqiue)
Joel Ortega Juárez, professeur de journalisme retraité, Université Autonome de Mexico (Mexique)
Pelai Pagès, enseignant-chercheur, Université de Barcelone (État Espagnol)
Gilbert Pago, historien, ex directeur de l’IUFM de Martinique (Martinique)
Ugo Palheta, sociologue, Université de Lille (France)
Jaime Pastor, politiste, Université Nationale d’Enseignement à Distance (Etat espagnol)
António Pavón Cuellar, psycologue et philosophe, Universidad Michoacana de San Nicolás de Hidalgo (Mexique)
Ariel Petruccelli, historien, UNCo (Argentine)
Charles Post, sociologue, Université de la Ville de New York (CUNY) (Etats-Unis)
Pablo Pozzi, historien, Université de Buenos Aires (Argentine)
Stéfanie Prezioso, professeure d’histoire internationale, Université de Lausanne (Suisse)
Sean Purdy, historien,USP (Brésil)
Gastón Remy, économiste, Université Nationale de Jujuy (Argentine)
Fábio Resende, acteur (Brésil)
Gloria Rodríguez, enseignante-chercheuse, Universidad Nacional de Rosario (Argentine)
Darren Roso, chercheur indépendant, Melbourne (Australie)
Andrea Robles, éditrice, Editions IPS-CEIP (Argentine)
Carlos Rodríguez, journaliste, Página 12 (Argentine)
Gloria Rodríguez, enseignante-chercheuse, Université Nationale de Rosario (Argentine)
Gonzalo Adrian Rojas, enseignant-chercheur, Universidade Federal de Campina Grande (Brésil)
Alicia Rojo, historienne, Université de Buenos Aires (Argentine)
Fernando Rosso, journaliste, La Izquierda Diario (Argentine)
Pierre Rousset, Europe Solidaire et sans Frontières (France)
Maxwell Santos Raimundo, acteur et musicien (Brésil)
Franklin Jones Santos do Amarante, animateur culturel (Brésil)
Alejandro Schneider, historien, UNLP/UBA (Argentine)
Gustavo Seferian, juriste, Universidade Federal de Lavras (Brésil)
Joseph Serrano, doctorant, UC Berkeley (ETATS-UNIS)
Paulo Slachevsky, éditeur LOM (Chili)
Laura Sotelo, enseignante-chercheuse, Université Nationale de Rosario (Argentine)
Héctor Sotomayor, enseignant-chercheur, Université Autonome de Puebla-BUAP (Mexique)
Jorge Luiz Souto Maior, USP (Brésil)
Ted Stolze, philosophe, Cerritos College, Norwalk (ETATS-UNIS)
Fabiane Tejada, enseignante-chercheuse, Universidade Federal de Pelotas (Brésil)
Juliana Teixeira Esteves, juriste, Universidade Federal de Pernambuco (Brésil)
Jean Baptiste Thomas, MCF études hispaniques, Ecole polytechnique, Paris (France)
Iuri Tonelo, éditeur de Esquerda Diário, doctorant en sociologie, Unicamp (Brésil)
Charles-André Udry, A L’Encontre (Suisse)
Edison Urbano, directeur de Ideas De Esquerda (Brésil)
Paula Varela, politiste et enseignante, Université de Buenos Aires (Argentine)
Mihai Varga, sociologue, Université Libre de Berlin (Allemagne/Roumanie)
Livia Vargas González, philosophe, UCV-UFOP (Vénézuéla/Brésil)
Omar Vazquez Heredia, docteur en sciences sociales, UBA (Vénézuela)
Miguel Vedda, enseignant-chercheur, Faculté de Philosophie et Lettres, Université de Buenos Aires (Argentine)
Romero Venancio, philosophe, Universidade Federal de Sergipe (Brésil)
Gabriel Eduardo Vitullo, enseignant-chercheur, Universidade Federal do Rio Grande do Norte (Brésil)
David Walters, éditeur de Marxist Internet Archive
Florian Wilde, historien, Berlin
Rolf Wörsdörfer, enseignant-chercheur, Université Technique de Darmstadt (Allemagne)

Organisations politiques, premiers signataires
Nicolás del Caño, Myriam Bregman, Emilio Albamonte, pour le Parti des Travailleurs pour le Socialisme (PTS-Argentine) ; Santiago Lupe pour le Courant révolutionnaire des Travailleuses et des Travailleurs (CRT-Etat espagnol) ; Sulem Estrada, Miriam Hernandez et mario Caballero, pour le Mouvement des Travailleurs Socialistes (MTS-Mexique) ; Ángel Arias, pour la Ligue des Travailleurs pour le Socialisme (LTS-Venezuela); Javo Ferreira, Violeta Tamayo et Elio Aduviri pour la Ligue Ouvrière Révolutionnaire pour la Quatrième Internationale (LOR-CI, Bolivie) ; Juan Cruz Ferre, pour Left Voice (Etats-Unis) ; Simone Ishibashi, Diana Assunção et Maíra Machado pour le Mouvement Révolutionnaire des Travailleurs (MRT-Brésil) ; Stefan Schneider, pour l’Organisation Révolutionnaire Internationaliste (RIO-Allemagne) ; Damien Bernard, Daniela Cobet et Juan Chingo pour Révolution Permanente (France) ; Sebastián Artigas pour le Courant des Travailleurs Socialistes (CTS-Uruguay) ; Dauno Tótoro pour le Parti des Travailleurs Révolutionnaires (PTR-Chili) [Fraction Trotskyste pour la Quatrièmle Internationale (FTQI), à l’origine du réseau en six langues (allemand, anglais, catalan, espagnol, français et portugais) des journaux en ligne La Izquierda Diario]

Giacomo Turci, Scilla Di Pietro, Fraction Internationaliste Révolutionnaire (FIR)-La Voce delle Lotte, Massimo Civitani, SI-Cobas, coordination de Rome (Italie)

Romina del Plá, Néstor Pitrola, Jorge Altamira, Marcelo Ramal, Gabriel Solano, membres de la direction nationale du Parti Ouvrier (PO) d’Argentine.

Rafael Fernández, Natalia Leiva, Lucía Siola et Nicolás Marrero, membres de la direction nationale du PT (Uruguay)

Philippe Poutou, Olivier Besancenot, Alain Krivine et Christine Poupin, pour le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA, France).
Gaël Quirante, Sud Poste 92, Anasse Kazib, Sud Rail et Vincent Duse, CGT PSA Mulhouse, Nouveau Parti Anticapitaliste (France).

Nathalie Arthaud, porte-parole nationale, Arlette Laguiller, Armonia Bordes et Chantal Cauquil, anciennes euro-députées, pour Lutte Ouvrière (France)

Guilherme Boulos, ancien candidat à l’élection présidentielle pour le Parti Socialisme et Liberté (PSOL) et coordinateur du Mouvement des Travailleurs Sans-Abri (MTST) (Brésil)

Marcelo Freixo, député fédéral du PSOL pour Rio de Janeiro et Tarcisio Motta, conseiller du PSOL de Rio de Janeiro (Brésil).

Pour le Mouvement Gauche Socialiste (MES) : Juliano Medeiros, président national du PSOL, Luciana Genro, ancienne candidate à l’élection présidentielle, députée pour le PSOL, Roberto Robaina, direction nationale du PSOL, Israel Dutra, secrétaire RI du PSOL, Pedro Fuentes, rédacteur en chef du site Izquierda em Movimento, membre de la direction du MES, Fernanda Melchionna, David Miranda, Sâmia Bomfim, députés fédéraux du PSOL (Brésil)

Pour le Courant Socialiste des Travailleurs/PSOL : Babá, conseiller de Rio de Janeiro, Pedir Rosa, dirigeant du SINTUFF et du CST/PSOL, Rosi Messias, membre de la direction exécutive du PSOL et de la direction nationale du CST/PSOL (Brésil).

Alan Woods, Tendance Marxiste Internationale (TMI), rédacteur en chef de In Defence of Marxism, et Rob Sewell (TMI), rédacteur en chef de Socialist Appeal (Grande Bretagne)

Juan Carlos Giordano et Mercedes Petit, membre de la direction nationale de Gauche Socialiste, (IS, Argentine) ; Orlando Chirino, Parti Socialisme et Liberté (PSL, Venezuela) ; Enrique Fernández Chacón (UNIOS, Pérou) ; Enrique Gómez Delgado, Mouvement au Socialisme (MAS, Mexique) [Unité Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale (UIT-QI)]

Alejandro Bodart, Sergio García, Celeste Fierro, Vilma Ripoll, Guillermo Pacagnini, Mariano Rosa pour le Mouvement Socialiste des Travailleurs (MST) d’Argentine et pour Anticapitalistes en Réseau-IV Internationale

Brais Fernández (Viento Sur) ; Paula Quinteiro (deputée au Parlement galicien) ; Manuel Garí (économiste) ; Raul Carmago (député à l’Assemblée de Madrid) ; Jesús Rodríguez (économiste); Ángela Aguilera (députée au Parlement andalou) ; Ana Villaverde (députée au Parlement andalou); Mari García (députée au Parlement andalou); Sonia Farré (députée au Parlement espagnol). [Anticapitalistes, Etat espagnol]

Franco Turigliatto, ancien sénateur pour le Parti de la Refondation Communiste, membre de la direction nationale de Gauche Anticapitaliste (SA-Italie)

Thiess Gleiss, membre de la direction nationale de Die Linke et Lucy Redler, membre de la direction nationale de Die Linke et porte-parole de SAV (Allemagne)

Edgard Sanchez, membre de la direction nationaledu Parti Révolutuionnaire des Travailleurs (PRT, Mexique)

Roman Munguia Huato, Ismael Contreras Plata pour la Ligue d’Unité Socialiste (LUS) et pour le Mouvement de reconstruction du syndicat enseignant (Mexique)

José Luis Hernández Ayala, Pedro Gellert, Heather Dashner Monk, Marcos Fuentes, Emilio Téllez Contreras y Héctor Valadez George, membres de la Coordination Socialiste Révolutionnaire (CSR, Mexique)

Collectif Communisme et Liberté (CCeL) de Rio de Janeiro (Brésil)

Comuna, Rio de Janeiro (Brésil)
Byrrh
 
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Re: Trotsky Saison 01 Episode 01...

Message par com_71 » 21 Fév 2019, 10:27

Le WSWS (peu avare lui-même de calomnies envers différents militants du mouvement troskyste) a publié un résumé de quelques réactions :
traduction automatique a écrit :Quelques historiens ont critiqué la série après avoir vu les premiers épisodes. Konstantin Skorkin, auteur d'une importante étude sur les opposants victimes de Staline, a écrit un article intitulé "La série" Trotsky "est devenue le prochain ouvrage de pseudo-histoire de Channel One."

Joshua Rubenstein, auteur de la biographie de 2011, Leon Trotsky, a déclaré en septembre: «Je suis intrigué par l'idée que les producteurs placeraient Trotsky au centre du récit et non Lénine. Je me demande quelle est leur intention en plaçant une figure explicitement juive comme Trotsky au centre de l'histoire. "Il a poursuivi:" S'ils disent que Trotsky était derrière l'exécution du tsar [comme le film le suggère], ce n'est tout simplement pas vrai. Lénine et Sverdlov ont exécuté le tsar… S'ils disent que c'est Trotsky, je remets vraiment en question leurs motivations, car il s'agit d'un point très sensible. … Trotsky a toujours voulu traduire le tsar en justice et faire fonction de procureur. […] Le tsar est une figure honorée par l'Église orthodoxe russe. Dire qu'un Juif était derrière son exécution est une accusation très incendiaire. "

Aleksandr Reznik, qui a écrit deux livres sur Trotsky, a résumé les problèmes de la série; "En substance, les problèmes de "Trotsky" se succèdent: 1) mépris du contexte historique, 2) interprétation tendancieuse des événements, et 3) distorsion généralisée des faits". Etant donné que le feuilleton a joué en évidence sur Channel One, Reznik conclut que les créateurs de Trotsky «assument la responsabilité de la falsification de l'histoire devant un public immense».

Comme Trotsky l'a écrit il y a quatre-vingts ans, le mensonge est le ciment idéologique de la réaction sociale et politique. Les intérêts et la survie même de l'oligarchie capitaliste au pouvoir, telle la bureaucratie stalinienne dont elle est issue, dépendent du mensonge.
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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