Quand a débuté votre combat politique, pourquoi ?

Rien n'est hors-sujet ici, sauf si ça parle de politique

Quand a débuté votre combat politique, pourquoi ?

Message par Gayraud de Mazars » 06 Mars 2019, 18:12

Salut camarades !

Quand a débuté votre combat en politique camarades et pourquoi ? Allez camarades, laissez votre témoignage, même court !

Allez sommairement je commence !

Depuis mes 15 ans, j'ai décidé de jurer fidélité à la Révolution socialiste !

Petit-fils de communistes des mineurs de Carmaux dans le Tarn, petit-fils de communistes espagnols des mines de plomb d'Alumbre près de Cartagena, comment d'ailleurs, aurai-je pu faire autrement sans renier ma chère classe ouvrière et ses luttes ?

On dit les communistes fidèles ! Oui, ils le sont à leur drapeau rouge et à l'Internationale ! Et demain quand les lendemains chanteront il feront autour de la Terre, le chant du monde !

A 15 ans on est un gosse, je ne savais pas tout, des écrits de Marx, Engels, Luxemburg, Lénine et Trotsky, j'ai du tout apprendre, mais je savais déjà les luttes de mes pères pour la Révolution ! Je savais une chose, que le fils d'ouvrier métallurgiste ne devrait son salut qu'à sa classe ! Oui je savais qu'au prix du sang, nos combats seraient impitoyable contre la bourgeoisie !

Allez camarades, organisons nous, agitons, éduquons la jeune garde ! Demain encore et toujours le poing levé pour en finir et abattre le capitalisme !
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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Re: Quand a débuté votre combat politique, pourquoi ?

Message par Plestin » 09 Mars 2019, 21:57

Salut camarade GdM !

Pas sûr que tu puisses avoir beaucoup de réponses, tout le monde ne jugera pas opportun de se dévoiler... Mais comme cela ne me pose pas les mêmes problèmes, rassure-toi, je ne te laisserai pas tout seul :lol:

Quand a débuté mon combat politique, ça c'est assez facile, en 1979 quand je suis entré aux Jeunesses Communistes au lycée : il a suffi qu'une amie qui y était déjà me le propose, je n'attendais que ça. Puis, confronté à maintes contradictions dans la politique du PCF, je suis parti, revenu, reparti, revenu, je voulais faire quelque chose pour changer cette société et je ne connaissais rien de "mieux" que le PCF, je ne voulais pas, en ne faisant rien, laisser le terrain libre à la droite (le PS était inexistant chez nous, bastion PC du 93 depuis longtemps) mais certaines attitudes que je ne savais pas encore qualifier de staliniennes me révulsaient. J'étais davantage gêné par ça, que par le fond politique. L'élection de Mitterrand en mai 1981 m'avait réjoui (le PCF présentait ça comme "le changement") même si ça me faisait quand même drôle de voir 4 ministres communistes en costard-cravate sous les ors de la République. Puis, un copain de lycée qui était politisé mais ne militait nulle part m'a dit : "viens, je connais quelqu'un, je pense que ses idées correspondent mieux aux tiennes", c'était une prof de mon lycée et elle était à LO ! Au même moment, en décembre 1981, c'était le coup de force de Jaruzelski en Pologne. La prof en question avec qui j'avais pris rendez-vous m'a engueulé parce que je distribuais un tract de la JC pour le soutenir (le tract expliquait que tout ce qui était dit à la télé c'était des calomnies de la droite !) "C'est pas la peine qu'on se voie pour discuter", qu'elle m'a dit ! :mrgreen: Bon, un peu plus tard je l'ai revue et on a discuté quand même... Dès janvier 1982, mon nouveau choix politique était fait et ce qu'on allait voir, les mois suivants, de la politique de la gauche au gouvernement, ne me le ferait pas regretter !

Pourquoi, ça c'est une question plus vaste, qui renvoie à mon milieu familial et ma vie en quartier populaire. J'ai vécu quelques années dans une vieille impasse au sein d'un centre ville dégradé et insalubre, dans une ville très ouvrière de Seine-Saint-Denis. Au fond de cette impasse pavée, d'un côté, une maison, celle de mes grands-parents paternels, de l'autre, un hôtel hébergeant des travailleurs algériens. La maison à deux étages était un peu une "maison du bonheur" ou plutôt, elle l'était devenue grâce à mes grands-parents, qui hébergeaient gratuitement toutes sortes de gens, dont une famille polonaise, et bien sûr mes parents, et même mon arrière-grand-mère et son mari. On s'entendait bien avec tous les habitants de l'impasse, tous d'origine étrangère, la seule exception étant une autre famille française habitant près de l'entrée de l'impasse que l'homme bouchait souvent avec sa camionnette, ce qui empêchait mon grand-père de sortir sa voiture !

Nous étions assez pauvres mais pas miséreux. Mes grands-parents avaient tous deux longtemps été ouvriers. Ma grand-mère avait travaillé très tôt et fait toutes sortes de boulots en usine : aux piles Wonder à Saint-Ouen - les mains pleines de cloques infectées à cause des brûlures d'acide ; dans une usine de lames de rasoir à mettre sous cellophane - les mains pleines de coupures ; dans une tannerie où il fallait battre les peaux - le visage et le corps couvert de poussière et de saletés ; dans une boyauderie où il fallait laver les boyaux au jet d'eau avec les pieds dans l'eau - les pieds pleins d'engelures en hiver, côtoyer les asticots qui grouillaient en été, et l'odeur de merde épouvantable toute l'année qui ne partait pas avant plusieurs jours même en se lavant ; mais, après guerre, la joie de faire grève avec les copines (espagnoles pour la plupart) et d'être déléguée CGT à une époque "où c'était facile de gagner", selon elle. Mon grand-père, né en Algérie d'un père Juif ayant rompu avec sa famille et d'une mère fille de colons petits agriculteurs ou enseignants (dont certains au PC algérien, torturés avec Henri Alleg, je les ai retrouvés ces jours-ci dans le fameux "Maîtron" !), venu en France adolescent dans les années 1920 pour trouver du travail (mais rien ne correspondait à sa "formation" en bijouterie), travaillant dans plein d'entreprises, dont Citroën, puis receveur dans les autobus de ce qui n'était pas encore la RATP, ouvrier aux ateliers de Championnet (Paris 18è) pendant la guerre etc. et adhérent du PCF et militant à la CGT.

Je ne les ai pas connus ouvriers : ils avaient déjà décidé d'ouvrir un petit commerce. D'abord une épicerie, qui fit rapidement faillite, puis une mercerie située à 200 m de l'impasse, qui rapportait peu vu qu'ils étaient bien trop généreux avec leurs clients... Dans l'arrière-boutique, mon grand-père faisait un peu de bijouterie (des briquets), je me souviens qu'il y avait des pièces à tremper dans le vitriol ; j'ai su plus tard que c'était un boulot "au noir" en sous-traitance pour un bijoutier et que c'est grâce à cela que la famille n'a manqué de rien. L'arrière-grand-mère n'avait jamais travaillé et n'avait rien en retraite, donc pour pouvoir vivre elle avait pris un travail à domicile : de la sous-traitance en bijouterie fantaisie pour le compte d'une grande maison parisienne. Bien entendu, elle n'aurait jamais pu faire tout le boulot si tous les membres de la famille, même moi et mon frère de temps en temps, n'avaient mis la main à la pâte. Il s'agissait de faire des colliers, ou de coller à l'Araldite des fermoirs sur des grosses broches illustrées de dessins de Toulouse-Lautrec : la Goulue etc. et d'emballer chaque pièce sous cellophane. Le mari de mon arrière-grand-mère, qui nous aimait comme ses propres petits-enfants, avait été toute sa vie ouvrier mais, infirme et alcoolique, il s'était fait virer d'un peu partout. Confit dans le tabac et l'alcool, il avait en général le vin mauvais, mais jamais avec moi ni mon frère, et souffrait d'une spectaculaire bronchite chronique.

Bien que mon frère, moi et mes parents ne soyons pas restés longtemps dans cette impasse (nous avons vécu dans une cité HLM que l'on trouvait de tout confort !) c'était notre lieu de référence, nous y étions tout le temps, presque tous les week ends et même des fois en semaine. Le jeudi (puis plus tard le mercredi), il n'y avait pas école et mon grand-père ou ma grand-mère venait nous chercher pour nous garder. On s'amusait, on travaillait un peu pour aider l'arrière-grand-mère (mais on n'était jamais obligés), je lisais, mon frère bricolait dans le petit atelier que s'était constitué mon grand-père au rez-de-chaussée... On regardait la télé et, quand l'arrière-grand-mère voyait des politiciens de droite à la télé - Barre, Poniatowski, Lecanuet ou autre - elle brandissait un poing vengeur et s'exclamait : "Ah ! Les pourris !" C'était là toute sa conscience politique, mais c'était déjà pas mal. Une bonne personne, peu instruite mais qui se réjouissait de m'offrir des livres dès qu'elle le pouvait. Gravement malade du coeur, elle est morte en 1977, d'une infection nosocomiale, dans la clinique privée vers laquelle le médecin de l'hôpital public, intéressé, l'avait redirigée, ce qui m'avait révolté.

Mes parents, eux, travaillaient : mon père, ouvrier qualifié, d'abord à la SAVIEM (aujourd'hui Renault Trucks mais l'usine a disparu), puis dans l'aéronautique dans les Hauts-de-Seine où il est devenu dessinateur industriel (et plus tard, reconverti comme analyste programmeur quand l'informatique a fait son apparition) ! Ma mère, papetière puis travaillant dans l'imprimerie (comme presque toute la famille du côté maternel, où les mentalités étaient toutefois plus individualistes) comme secrétaire de fabrication (organisant le passage des travaux sur les différentes machines), surexploitée : un salaire très bas tout en assurant les fonctions de son chef de fabrication qui, lui, bien payé, passait son temps à construire des petites Tours Eiffel en allumettes ; et le patron de cette PME, fier de ses belles voitures de sport qu'il changeait régulièrement. Sa mère était l'ancienne patronne. Un jour que le patron félicitait ma mère pour son travail, en présence de sa propre mère ex-patronne, celle-ci l'a regardé d'un ton méprisant en lui disant : "imbécile !" Sous-entendu, on ne félicite jamais un employé...

Dans la cité HLM où nous habitions, mon père militait au PCF et vendait l'Huma dimanche, comme je l'ai déjà raconté, et parfois je l'accompagnais. Il militait aussi beaucoup à la CGT dans son entreprise (mais un peu englué dans la gestion de son CE...)

Donc, sans qu'il y ait vraiment d'élément déclencheur, j'étais mûr pour un engagement politique quand mon amie de lycée m'a proposé d'adhérer aux JC...
Plestin
 
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Re: Quand a débuté votre combat politique, pourquoi ?

Message par Gayraud de Mazars » 10 Mars 2019, 07:43

Merci camarade Plestin ! C'est passionnant à lire...

Fraternellement,
GdM
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Re: Quand a débuté votre combat politique, pourquoi ?

Message par artza » 10 Mars 2019, 09:33

Tout est question des circonstances au fil du temps.

Il y avait l'Algérie, l'Algérie et encore l'Algérie, le 13 mai 1958, "la Question" et la disparition de Maurice Audin, les "porteurs de valise", les 121 et de l'autre côté "le pronunciamento d'un quarteron de généraux en retraite", l'OAS.
Pour finir octobre 61 et ensuite Charonne. Ces deux événements m'ont fait définitivement tomber dans le chaudron trotskyste.
J'avais commencé aux JC, et rencontré pas mal de gars aux AJ.

Comme le chantait Bruand "on prend des habitudes à 15 ans, pis on grandit sans qu'on les perde". :D
artza
 
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Re: Quand a débuté votre combat politique, pourquoi ?

Message par Gayraud de Mazars » 10 Mars 2019, 18:38

Salut camarade artza !

artza a écrit :Pour finir octobre 61 et ensuite Charonne. Ces deux événements m'ont fait définitivement tomber dans le chaudron trotskyste.


Merci de ton témoignage ! Pour la guerre d'Algérie, je n'étais pas né, mais je me doute que ta génération militante en a été profondément marquée !
Quant au chaudron trotskyste, j'avais 15 ans aussi !

Fraternellement,
GdM
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Re: Quand a débuté votre combat politique, pourquoi ?

Message par yannalan » 11 Mars 2019, 12:06

Moi, je ne suis pas tombé dedans quand j'étais petit, je suis né en Algérie coloniale où j'ai vécu jusqu'en 67, puis en Afrique de l'Ouest. Chez moi tout le monde était fonctionnaire colonial ou militaire, comme beaucoup en Corse ou en Catalogne-Nord. Je me suis intéressé à la politique française en 69 aux élections et j'avais trouvé Duclos sympathique. J'ai rejoint les JC et l'UEC quelques années, mais l Programme Commun m'a rapidement énervé et ce qui s'est passé au Chili a démontré pour moi la vanité de ce genre d'espoir électoral. J'hésitais entre PCMLF et PCR(ml), mais par les Comités Chili, j'ai fait connaissance de la LCR que j'ai rejointe. J'y suis resté quelques années, en opposition d'abord avec le courant proche du SWP, mais aucune envie de passer à l'OCI... J'ai fini par m'en éloigner et je n'ai plus milité que syndicalement.
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Re: Quand a débuté votre combat politique, pourquoi ?

Message par Gayraud de Mazars » 11 Mars 2019, 18:07

Salut Yannalan,

yannalan a écrit :J'ai fini par m'en éloigner [LCR] et je n'ai plus milité que syndicalement.


C'est déjà beaucoup de travail la lutte syndicale, quand on s'y met vraiment ! Le syndicalisme reste une école de classe ! Merci de ton témoignage, mon camarade...

Fraternellement,
GdM
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Re: Quand a débuté votre combat politique, pourquoi ?

Message par Zelda_Zbak » 12 Mars 2019, 08:23

Le syndicalisme reste une école de classe !

Mouais... Je ne sais pas si tu dirais ça Yannalan ?
Au boulot, les syndicalistes ne parlent quasiment QUE de déroulement de carrière, car les syndiqués sont ceux qui veulent toutes les billes dans les arcanes des listes d'aptitude, tableaux d'avancement, détachement et autres promotions... Bien sûr, je ne leur jette pas la pierre (Pierre), car c'est la seule façon d'augmenter son salaire un peu plus vite pour payer la baraque ou la pension alimentaire aux enfants après le(s) divorce(s)... signe des temps, les travailleurs sont plus pauvres à cause de ces 2 grands phénomènes : - Sur région parisienne et régions chères, un immobilier inabordable, et partout, les hausses des divorces qui font des familles recomposées. Les gens sont plus exigeants en amour, mais le paient cher... On ne regrette jamais le prix de la liberté. :D Quant à mes parents qui ont choisi de vivre en couple stable avec un immobilier à 1000 euros le m2 à l'achat, ça va pour eux, merci. Mais c'est une autre génération. :D

Mais pardon, je suis hors-sujet. Les ex, c'est comme ça, c'est hors-sujet et ça parle à tort et à travers. :mrgreen:

Je voulais juste préciser ici pour revenir au sujet, que mes raisons pour avoir débuté l'engagement politique - 20 ans de LO bon an mal an - (je n'ai pas vécu beaucoup de combats) sont aussi présentes que les raisons de l'avoir arrêté. Engagée ? parce que j'étais révoltée et que je voulais changer la société. Désengagée ? parce que bien qu'étant toujours révoltée et voulant toujours que la société change dans ses fondements, j'ai besoin de sentir que l'étincelle est là pour alimenter la révolution. J'aime souffler sur des braises et pas sur de la paille, fut-elle sèche. En attendant, je reprends ma liberté pour profiter de ma vie qui est si courte. Je suis à peu près certaine de me relancer à fond si j'ai la conviction que l'étincelle est dans la place. A part ça, j'ai un ADN d'anar, mais je me soigne. D'abord parce que LO m'a bien fait progresser. :D LO restera toujours ma famille de coeur, que je me prenne le bec avec ou pas. Anarchie vaincra !
Quand je serai à la retraite, pas avant dix ans, je compte m'engager pour aider les SDF, qui ont à mon avis dans leur immense majorité des pathologies psy non soignées (beaucoup de bipolaires par exemple). Et les soins psy, c'est pour les riches.
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Re: Quand a débuté votre combat politique, pourquoi ?

Message par Byrrh » 12 Mars 2019, 10:19

Zelda_Zbak a écrit :
Le syndicalisme reste une école de classe !

Mouais... Je ne sais pas si tu dirais ça Yannalan ?
Au boulot, les syndicalistes ne parlent quasiment QUE de déroulement de carrière, car les syndiqués sont ceux qui veulent toutes les billes dans les arcanes des listes d'aptitude, tableaux d'avancement, détachement et autres promotions...

En effet... Pareil là où je bosse.
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Re: Quand a débuté votre combat politique, pourquoi ?

Message par Gayraud de Mazars » 12 Mars 2019, 10:28

Salut Zelda !

Merci ma chère camarade pour tes souvenirs !

Petit point à éclaircir cependant...

Zelda_Zbak a écrit :
Le syndicalisme reste une école de classe !



La signification des syndicats ne se limitait pas, cependant, à leur fonction de défense des intérêts économiques immédiats des travailleurs. Au contraire, Marx et Engels y voyaient une "école de guerre" – un lieu où l’expérience des luttes conduirait naturellement à l’éveil politique de la classe. Ils citaient comme exemple la campagne des syndicats anglais pour la réduction de temps de travail – une campagne qui les amena logiquement à participer à l’agitation pour l’extension du droit de vote. Des dirigeants des syndicats anglais siégeaient même au Conseil Central de l’Association Internationale des Travailleurs, dont Marx était le principal animateur. (Ce fut à cette époque – la fin des années 1860 – que les syndicats commencèrent à se structurer en France).

Cependant, Marx dut admettre que la réalité du mouvement syndical était loin de confirmer tous ses pronostics. Ainsi, en 1866 il fit adopter par le Conseil Central de l’Internationale une résolution qui critiquait les syndicats ainsi :

"Les syndicats s’occupent trop exclusivement des luttes immédiates. Ils n’ont pas assez compris leur pouvoir d ‘action contre le système capitaliste lui-même... A part leur œuvre immédiate de réaction contre les manœuvres tracassières du capital, ils doivent maintenant agir sciemment comme foyers organisateurs de la classe ouvrière dans le grand but de son émancipation radicale. Ils doivent aider tout mouvement social et politique tendant dans cette direction".

Comme le précisait Nicolas Riazanov...

Karl Marx et les syndicats

https://www.marxists.org/francais/riaza ... dicats.htm

"Les syndicats ne sont, comme Marx l’avait déjà exposé dans Misère de la Philosophie, que des centres d’organisation de la classe ouvrière, la forme primitive de son organisation de classe et nullement les centres d’organisation, les premières cellules de la future société socialiste. Le mouvement syndical n’est qu’une des formes, un des degrés de l’organisation du prolétariat dont le but est de faire de celui-ci la classe dominante. Ecoles du communisme, étendant son influence à tous les producteurs, les syndicats constituent la base la plus large et la plus solide de la dictature du prolétariat c’est-à-dire du prolétariat organisé en tant que classe dirigeante."

Fraternellement,
GdM
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