La colère monte contre les lois Blanquer !

La colère monte contre les lois Blanquer !

Message par Gayraud de Mazars » 03 Avr 2019, 08:44

Salut camarades,

La colère dans l'éducation Nationale contre les réformes Blanquer monte, comme on le dit à Dijon, où je réside, la moutarde monte au nez des enseignants, parents, personnels... Demain c'est la grève le jeudi 4 avril dans l'Education Nationale, gageons quelle sera massive !

Un article de l'Humanité de ce matin, qui fait sa une contre les lois Blanquer !

Éducation. Une fronde inédite bouscule les réformes Blanquer
Mercredi, 3 Avril, 2019, Olivier Chartrain

https://www.humanite.fr/education-le-mo ... tre-670237

Semaine après semaine, la colère monte dans l’éducation nationale. De la maternelle au lycée, des profs aux parents, tous cherchent des voies originales de contestation et se retrouveront demain pour une journée de grève nationale.

Le bon élève de la Macronie, si gourmand de l’école « à l’ancienne », va-t-il finir avec un bonnet d’âne vissé sur le crâne ? Voilà deux ans que Jean-Michel Blanquer avance ses pions, de la maternelle au supérieur. Deux ans qu’il surfe entre séduction du grand public et faible mobilisation du monde enseignant. Mais voilà que l’appel intersyndical à la grève (SNUipp-FSU, Snep-FSU, Snes-FSU, Snuep-FSU, Fnec-FO, CGT Educ’Action et SUD éducation) de demain, jeudi, apparaît comme une étape importante dans la manifestation d’une colère qui monte depuis des semaines. On a pu en observer les premiers signes d’ampleur lors de la journée d’action des fonctionnaires, le 19 mars, puis lors de celle de mobilisation pour l’éducation, samedi dernier, 30 mars –, où de nombreux parents d’élèves ont été vus dans les cortèges.

« On n’avait pas vu les enseignants remontés comme ça depuis des années », note la secrétaire générale du SNUipp-FSU (premier syndicat du primaire), Francette Popineau. On a surtout le sentiment que ces événements nationaux ponctuent l’ébullition qui monte à tous les étages de l’éducation nationale et qui emprunte des formes très souvent originales, témoignant du besoin de renouvellement des méthodes d’action « traditionnelles ». Professeure d’anglais au lycée Blanqui de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Sophie Mazet le formule sans prendre de gants : « La plupart des collègues disent qu’une journée de grève de temps en temps ne sert à rien. »

Du coup, à Blanqui, ils ont cherché. La démission des professeurs principaux – que la réforme du lycée et la désorganisation des CIO (Centres d’information et d’orientation) ont placés en première ligne de l’orientation des futurs bacheliers – a été une première étape. Un mode d’action choisi aussi par d’autres établissements. Puis, on est passé à l’étape supérieure : l’équipe enseignante a organisé de véritables happenings pédagogico-théâtraux devant l’établissement. Un « conseil de classe du futur », le 21 février, pour illustrer concrètement les effets de la réforme sur le quotidien et l’avenir des élèves (voir l’Humanité du 22 février). Puis, la semaine dernière, « l’enterrement » en grande pompe de l’article 1 de la loi Blanquer (celui qui tente d’imposer un devoir de réserve aux enseignants), avec cercueil et tout le décorum. Mais, s’il n’est pas unique, cet exemple est presque extrême – et il peut être à double tranchant, l’investissement considérable de l’équipe, en travail et en temps passé, pouvant vite entraîner une forme de découragement si les résultats, au moins en termes de retombées médiatiques, ne suivent pas immédiatement.

Partout ailleurs, on a choisi des formes de lutte certes originales mais moins lourdes à mettre en œuvre. « Si on n’est pas un tant soit peu originaux, on ne se fait pas entendre », confirme Caroline, enseignante au collège Albert-Camus du Plessis-Trévise (Val-de-Marne). Dans ce gros établissement (765 élèves), on est en pleine surcharge, avec des sixièmes à 30 élèves : « Intenable ! » juge la professeure. Tout aussi intenable est la réponse de la DSDEN (Direction des services départementaux de l’éducation nationale, ex-inspection académique) : « Quand on demande d’ouvrir une classe pour faire baisser les effectifs, on nous répond que, de toute façon, si cela arrivait, il faudrait qu’elle soit aussi remplie avec 30 élèves ! » Une pétition a recueilli plus de 500 signatures. La seule réponse a été cette mesure de la loi Blanquer qui, prétendant « en même temps » répondre au problème du pouvoir d’achat des profs, veut leur imposer deux heures supplémentaires par semaine : « Mais on n’en veut pas de ces heures supplémentaires ! » clame Caroline. « Ça insinue qu’on ne travaille pas assez, qu’on n’a pas de préparation de cours, de corrections… c’est méprisant ! » Du coup, une « opération sardines » a été lancée. Élèves et enseignants ont collecté des boîtes de sardines (qui, in fine, seront remises aux Restos du cœur), rassemblées le 20 mars lors d’un rendez-vous avec la DSDEN afin… « d’apporter des sardines aux huiles » ! Comme quoi la volonté de se faire entendre n’empêche pas la bonne humeur…

On peut multiplier les exemples. Occupation ironiquement rebaptisée « Nuit de la confiance » au lycée Eugène-Delacroix de Drancy (Seine-Saint-Denis), qui cumulera grève et blocage de l’établissement, jeudi. Au lycée Sophie-Germain, à Paris, un vote contre la réforme du bac a été organisé. Résultat : 91 % des enseignants sont contre. Au premier rang des impacts de la réforme qu’ils dénoncent : l’inégalité scolaire et l’impossibilité du libre choix de ses spécialités (qui remplacent les filières L, ES et S dès la rentrée prochaine pour les élèves qui seront en première) parce que, faute de moyens à la hauteur des ambitions affichées, celles-ci sont inéquitablement réparties sur le territoire. Une « liberté de choix » pourtant vantée hier encore par le ministre sur France 2, sur le ton d’une victime de fake news diffusées par des malfaisants… Du coup, une bonne partie des profs s’est engagée dans un mode d’action qui se développe comme une traînée de poudre : ils ont décidé de mettre 20 sur 20 à tous les élèves au deuxième trimestre – qui, pour les élèves de seconde, est le moment où ils doivent choisir leurs futures spécialités.

Bien entendu, comme dans tous les établissements qui ont choisi ce mode d’action, les « vraies » notes existent (et sont éventuellement communiquées aux élèves), mais elles ne sont pas transmises à l’administration. Ce qui provoque la colère de celle-ci. Ainsi, selon France Info, dans un lycée de Nantes (Loire-Atlantique) où le mouvement est suivi par 60 % des profs, ceux-ci ont reçu une lettre de leur proviseur les accusant de « faute professionnelle » et laissant même entendre que le mode d’action choisi pourrait être constitutif d’un délit ! Et il ne s’agit pas de l’initiative d’un proviseur trop zélé puisque le responsable des ressources humaines du ministère, Édouard Geffray, a déclaré que « mettre 20 sur 20 à un élève (…), cela ne lui permet pas d’identifier ses points faibles. Donc, c’est tout simplement contraire aux obligations professionnelles du professeur. Et c’est pour cela que cela mérite un rappel à l’ordre ».

Une manifestation tout à la fois de surdité et d’autoritarisme qui sonne « très ancien monde », ironise Francette Popineau qui, dans le primaire, a déjà expérimenté la méthode lorsque les enseignants ont contesté la valeur pédagogique des fameuses évaluations de CP, jugées à la fois anxiogènes et inutiles. Certains d’entre eux, raconte-t-elle, ont subi des pressions de la part des inspecteurs. Égrainant les mesures prises par Jean-Michel Blanquer depuis son arrivée, en commençant par la révision des programmes jugée injustifiée après seulement deux ans jusqu’à la loi Blanquer, la syndicaliste résume : « Cette loi sortie de nulle part pose des questions nouvelles à l’école, mais ne résout aucun des problèmes connus. Elle témoigne du fossé qui s’est creusé entre l’école vécue par celles et ceux qui la font et l’école vue depuis la Rue de Grenelle. » Elle réclame l’abandon de ce texte et estime que la multiplication du ministre en pompier de service dans les médias montre qu’il a compris que « les années de la toute-puissance sont derrière lui ». Comme dans les cortèges de samedi dernier, elle rejoint Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE (principale fédération de parents d’élèves), qui juge que « ce gouvernement ne comprend que le rapport de forces ». « Nous avons besoin, conclut-il, d’une mobilisation générale pour dire l’école que nous voulons » et non d’une réforme qui, au lycée, « ne donne pas aux jeunes les moyens de s’inventer un avenir ».
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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Re: La colère monte contre les lois Blanquer !

Message par Gayraud de Mazars » 11 Avr 2019, 09:41

Salut camarades,

Éducation nationale : la mobilisation se poursuit - Retrait des lois Blanquer !
Dans le journal de Lutte Ouvrière, le 10 Avril 2019

https://journal.lutte-ouvriere.org/2019 ... 18771.html

Jeudi 4 avril, dans de nombreuses villes, des enseignants, des membres du personnel de vie scolaire et des parents ont manifesté de nouveau contre la loi Blanquer. Le mouvement a surtout été un succès dans le premier degré.

Le principal syndicat des professeurs des écoles (la FSU-SNUIPP) annonçait 25 % de grévistes avec de fortes disparités puisqu’on comptait 70 % de grévistes à Paris et 50 % en région parisienne. Dans certaines villes, comme à La Courneuve par exemple, les enseignants étaient massivement en grève dans les collèges, lycées et écoles de la ville et le lendemain les parents étaient appelés à bloquer les écoles dès 7 h 30. Les initiatives foisonnent pour dénoncer la réforme Blanquer : parents et enseignants occupent les établissements la nuit, d’autres parents occupent symboliquement les bureaux des directeurs. Certains enseignants refusent de remonter des évaluations, d’autres mettent 20 sur 20 à tous les devoirs.

Jean-Michel Blanquer a beau tenter de désamorcer la contestation en qualifiant de « bobards » les inquiétudes des enseignants et des parents, sa réforme ne passe pas. Et pour cause, elle est un prétexte pour diminuer le nombre de postes dans l’Éducation et ce à tous les niveaux. Et il n’est guère étonnant que ce soit dans le primaire que la mobilisation réunisse aussi bien les parents que les enseignants.

Car les attaques sont nombreuses : il est prévu de faire passer un ensemble d’écoles sous le contrôle administratif d’un principal de collège, en supprimant les directeurs. Cette mesure permettrait d’enlever des décharges aux directeurs et de les renvoyer devant les classes. Et les parents savent bien que les directeurs ont un rôle indispensable d’accueil et de soutien aussi bien pour obtenir un certificat de scolarité que pour résoudre un problème plus urgent. Ce sont aussi eux qui font le lien avec les mairies en cas de dysfonctionnement.

D’autre part, alors que 97 % des enfants de trois ans sont scolarisés, l’école devient obligatoire pour les enfants de cet âge. C’est en fait un beau cadeau aux écoles privées puisque cela contraint les municipalités, sous prétexte d’égalité, à accroître leurs subventions aux écoles privées. Cela représente la bagatelle de 150 millions d’euros, que les mairies, déjà souvent étranglées par des dotations en baisse, vont devoir trouver. Mais comme le texte prévoit également de transformer l’école maternelle en jardin d’enfants, permettant ainsi de supprimer les apprentissages pédagogiques qui coûtent cher, c’est bien aux dépens de l’école publique que vont se faire ces économies !

Le texte prévoit également de recourir à des étudiants-contractuels pour remplacer les professeurs des écoles. Ces salariés sous-payés et non formés se retrouveront dans les zones les moins bien dotées, la Seine-Saint-Denis par exemple, ou certaines zones rurales. À cela s’ajoute une nouvelle réforme de la formation des professeurs des écoles, qui s’est justement dégradée de réforme en réforme.

Les parents d’élèves comme les enseignants comptent bien poursuivre leur mobilisation. Après le mardi 9, ce sera jeudi 18 avril, jour d’un nouvel appel national.

Aline URBAIN


Fraternellement,
GdM
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Re: La colère monte contre les lois Blanquer !

Message par Gayraud de Mazars » 11 Avr 2019, 09:55

Salut camarades,

Non à la répression contre les enseignants...

Tribune - Avec les syndicalistes réprimé·es du Collège République de Bobigny
Article publié le 10 avril 2019

https://www.sudeducation93.org/Tribune- ... Kk7cf5SBOY

Tribune publiée sur le site de Médiapart.

Alors que la contestation grandit dans l’Éducation nationale, le gouvernement fait le choix de la répression. Jeudi 29 mars, trois enseignant·es syndiqué·es du collège République à Bobigny ont ainsi appris la décision du rectorat de Créteil de les sanctionner : soit en les forçant à muter pour deux d’entre eux-elles, soit en ouvrant une procédure disciplinaire. Des enseignant·es engagé·es pour leurs élèves depuis 18, 22 et 27 ans à République. Toutes ces années impliqué·es dans des projets d’envergure pédagogique, de tissage territorial, social et culturel ; salué·es pour la qualité de leur enseignement : deux sont “classe exceptionnelle” - le plus haut grade dans leur corps - ; une enseignante, est à un an de la retraite.

Nous, syndicalistes, politiques, universitaires, citoyennes et citoyens, dénonçons vivement le caractère politique de ces sanctions. Les motifs affichés par l’institution cachent mal la réalité : ces enseignant·es sont sanctionné·es pour avoir contesté, ouvertement et depuis des années, les politiques de l’Éducation nationale. Des politiques qui touchent de plein fouet ce collège en éducation prioritaire « renforcée » (plus de 76 % de boursier·es !), et enlèvent chaque année des moyens aux élèves qui en ont le plus besoin. Ce sont bien ces politiques qui sont responsables de la situation du collège République, et plus généralement de la désorganisation du service public d’éducation et du creusement les inégalités scolaires.

Une fois de plus, celles et ceux qui se battent pour une société solidaire sont ainsi attaqué·es. Un cap a encore été franchi récemment avec l’interdiction des manifestations, la brutalité de la répression policière, le passage de milliers de gilets jaunes au tribunal, mais cela fait des années que les attaques vont crescendo contre les collectifs ou les individus combatifs et combatives dans les entreprises et les administrations : à Goodyear, Continental, Téfal, Air France, La Poste, au ministère du Travail, et aujourd’hui au collège République de Bobigny…

Nous dénonçons donc vivement la répression grandissante du mouvement social, dans la rue comme sur le lieu de travail. Nous apportons notre solidarité aux syndicalistes du collège République de Bobigny, ainsi qu’à l’ensemble des victimes de la répression du mouvement social, appelons aux mobilisations de soutien à venir et demandons à ce que toutes les sanctions, déguisées ou non, soient définitivement abandonnées. La répression ne fera pas taire le mouvement social !


Liste complète des signataires :

Élu·es :

Eliane Assassi, sénatrice PCF de Seine-Saint-Denis, présidente du groupe CRCE
Dominique Attia, conseillère départementale, adjointe au maire de Montreuil à l’Éducation
Clémentine Autain, députée France insoumise de Seine-Saint-Denis, Ensemble
Julien Bayou, Conseiller régional EELV
Bélaïde Bedreddine, Vice-Président PCF du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis
Mohammed Ben Yakhlef, conseiller municipal de Villeneuve-Saint-Georges
Esther Benbassa, sénatrice EELV de Paris
Patrice Bessac, maire de Montreuil
Jean-Pierre Brard, maire honoraire et membre honoraire du Parlement
Marie-George Buffet, députée PCF de Seine-Saint-Denis
André Chassaigne, député PCF du Puy-de-Dôme, président du groupe GDR
Eric Coquerel, député France insoumise de Seine-Saint-Denis
Alexis Corbière, Député France insoumise de la Seine-Saint-Denis
Taylan Coskun, conseiller régional PCF d’Île-de-France
Elsa Faucillon, députée PCF des Hauts-de-Seine
Fabien Gay, sénateur PCF de Seine-Saint-Denis
Pascale Labbé, conseillère départementale de Bobigny-Noisy-le-Sec
Bastien Lachaud, député France insoumise de Seine-Saint-Denis
Annie Lahmer, conseillère régionale Île-de-France (groupe AES)
Philippe Lamarche, adjoint au Maire PCF de Montreuil
Capucine Larzillière, élue municipale France Insoumise à Montreuil
Didier Mignot, conseiller régional PCF d’Île-de-France
Bénédicte Monville, Conseillère régionale Île-de-France (groupe AES), élue à Melun et à la CAMVS (écologie sociale – LFI)
Corinne Morel Darleux, Conseillère régionale Rhône Alpes
Danielle Obono, députée France insoumise de Paris
Mathilde Panot, députée France insoumise du Val-de-Marne
Stéphane Peu, député PCF de Seine-Saint-Denis
Catherine Peyge, maire de Bobigny de 2006 à 2014
Fabien Roussel, député du Nord, secrétaire national du PCF
Sabine Rubin, députée France insoumise de Seine-Saint-Denis
Abdel Sadi, conseiller départemental Bobigny/Noisy-le-Sec
Florian Vigneron, adjoint au Maire PCF de Montreuil

Militant·es et responsables d’associations, syndicats, organisations politiques, citoyen·nes :

Pouria Amirshahi, directeur de Politis
Philippe Ardonceau, éleveur, syndicaliste Confédération paysanne
Nathalie Arthaud, Lutte Ouvrière
Hanane Atmani, militante FSU Territoriale 93
Christine Bailly, militante FSU Territoriale 93
Samira Belkacemi, militante FSU Territoriale 93
Olivier Besancenot, NPA
Eric Beynel, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires
Dominique Blivet, secrétaire national de SUD Rural Territoires
Françoise Boscu, éleveuse, syndicaliste Confédération paysanne
Bettina Boulanger, militante FSU Territoriale 93
Didier Bourgoin, co-secrétaire général de la FSU Territoriale 93
Anne-Claire Boux, co-secrétaire EELV Paris 18
Pilar Bovet, militante FSU Territoriale 93
Matthieu Brabant, secrétaire national de la Ferc-CGT
Henri Braun, avocat
Ian Brossat, tête de liste PCF aux élections européennes
Florence Carrique, militante EELV
Catherine Chabrun, militante pédagogique et des droits de l’enfant
Nara Cladera, Solidaires Comminges
Mathieu Colloghan, artiste-peintre
Jean Columeau, militant FSU Territoriale 93
Michel David, éleveur, syndicaliste Confédération paysanne
Guillaume Davranche, Alternative libertaire Montreuil
Cédric de Mondenard, président FCPE Montreuil
Sandra Demarcq, Solidaires Finances publiques Paris
Adèle Dorada, Alternative libertaire
Simon Duteil, Union syndicale Solidaires
Patrick Farbiaz, Ecologie sociale
Marina Floccari, militante FSU territoriale 93
Julien Fonte, co-secrétaire général de la FSU Territoriale 93
Frédérick Genevée, Président du Musée de l’Histoire Vivante de Montreuil
Pierre Gernez, secrétaire des amis du Musée de la Résistance nationale de Seine Saint Denis
Cécile Gondard-Lalanne, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires
Guillaume Goutte, militant du Livre-CGT
Raymond Gurême, interné « nomade »
Boualem Hamadache, secrétaire général SUD Conseil départemental 93
Rémi Hamon, Union locale CGT Lorient
Lucie Houlbrèque, Alternative libertaire
Michel Husson, économiste, conseil scientifique d’Attac
Nadia Khélifi, co-secrétaire de la section SUD Culture BnF
Arlette Laguiller, Lutte Ouvrière
Marleine Lefevre, éleveuse, syndicaliste Confédération paysanne
Sarah Legrain, France insoumise, Parti de Gauche
Jean-Yves Lesage, animateur du Blog des Communistes libertaires de la CGT
Thierry Lescant, secrétaire de Solidaires Val-de-Marne
Oliver Lozat, syndicaliste Solidaires-STCPOA
Idir Madadi, militant FSU territoriale 93
Christian Mahieux, Solidaires Val-de-Marne
Jean-Marie Marchand, co-secrétaire fédéral de la Fédération SUD éducation
Delphine Marion, militante FSU Territoriale 93
Gaëlle Martinez, déléguée générale Solidaires Fonction publique
Boris Mellow, co-secrétaire de l’Union Locale Solidaires des 5e-13e arrondissements de Paris et d’Ivry-sur-Seine
Jean-Pierre Mercier, CGT PSA
Erik Meyer, Fédération SUD-Rail
Samir Mile, porte-parole de l’association La voix des Roms
Daniel Obled, maraîcher, viticulteur, syndicaliste Confédération paysanne
Annick Odru, Docteur vétérinaire, association Promnésie
Stéphane Ortega, animateur du site Rapports de force
Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic
Patrick Perles, maraîcher, syndicaliste Confédération paysanne
Carine Picard Niles, Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt
Christine Poupin, NPA
Philippe Poutou, NPA

Christine Rebatel, Alternative libertaire
Fabienne Rebérioux, association Promnésie
André Roch, Commandant Forces Française de l’Intérieur, Chevalier de la légion d’honneur
Claire Rol-Tanguy, militante associative
Théo Roumier, syndicaliste, revue Les Utopiques de l’Union syndicale Solidaires
Eddy Talbot, Fédération SUD PTT
Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac
Olivier Sagette, président de Droit au logement Est-Ensemble
Henri Salou, président de l’association Mémoires partagées
Véronique Salou Olivares, écrivaine, présidente de l’association 24 août 1944
Fatna Seghrouchni, co-secrétaire fédérale de la Fédération SUD éducation
Mélanie Vandecasteele, éleveuse, syndicaliste Confédération paysanne
Stéphane Warot, éleveur, syndicaliste Confédération paysanne


plus suit beaucoup de signatures de militants syndicaux !

Fraternellement,
GdM
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L’école, de Jules Ferry à nos jours...

Message par Gayraud de Mazars » 24 Avr 2019, 14:51

Salut camarades,

L’école, de Jules Ferry à nos jours : la jeunesse rangée derrière le drapeau de la bourgeoisie
Lutte de Classe n°199 - mai 2019

https://mensuel.lutte-ouvriere.org//201 ... 19075.html

Le 12 février dernier, l’Assemblée nationale adoptait un amendement à la loi Pour l’école de la confiance (loi Blanquer), rendant obligatoire « la présence du drapeau tricolore, du drapeau européen ainsi que des paroles du refrain de l’hymne national dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degrés, publics ou privés sous contrat », amendement déposé par le député Éric Ciotti, connu pour ses positions réactionnaires, et soutenu par le ministre de l’Éducation nationale, Blanquer. Ce n’est pas la première fois que l’injonction est faite aux enseignants de réveiller le sentiment patriotique dans le cœur de la jeunesse scolarisée. On peut même dire que chaque ministre s’y est employé, de Chevènement et ses envolées patriotiques, à Najat Vallaud-Belkacem, ministre socialiste sous Hollande, qui assignait à l’histoire scolaire la mission de rappeler « les heures glorieuses de notre passé » (11 mai 2015) et de transmettre notre « récit national » (24 avril 2015), en passant par Vincent Peillon déclarant, à sa prise de fonction au ministère de l’Éducation nationale en 2012, que « nous devons aimer notre patrie ».

L’école publique a certes quelque peu changé depuis les années 1880 et Jules Ferry, qui voulait transformer chaque écolier en patriote, en futur soldat prêt à mourir pour la France. Mais, sur le fond, l’idéologie qu’elle diffuse reste la même. Les ministres de l’Éducation successifs, de droite comme de gauche, ne cessent de le répéter : l’école doit apprendre le respect des « valeurs de la république ». Il faut entendre par là celles que la bourgeoisie veut inculquer aux plus jeunes. Comme du temps de Jules Ferry, ceux-ci doivent être formés dans l’idée que riches et pauvres, exploiteurs et exploités, ont les mêmes intérêts. Tous devraient être unis derrière le drapeau français et respecter l’ordre bourgeois.

L’école de Jules Ferry : la nation à la place de Dieu

La nécessité de donner un minimum d’instruction aux enfants des classes populaires ne s’imposa à la bourgeoisie française qu’à la fin du 19e siècle. Elle avait de plus en plus besoin de trouver sur le marché du travail une main-d’œuvre ayant un minimum d’instruction, c’est-à-dire sachant lire, écrire et compter. Dans le contexte politique de l’époque, les bourgeois républicains ne tenaient pas à ce que cette instruction populaire soit dominée par le clergé. Et pour cause : dans ces années 1880, les institutions républicaines étaient loin d’être solidement installées. La république avait été proclamée le 4 septembre 1870, mais elle n’avait été instituée qu’en 1875. L’Église était tout entière du côté de ceux qui souhaitaient une restauration monarchique. L’État devait donc se charger de développer l’éducation des enfants des classes populaires indépendamment de l’Église, en finançant la construction d’écoles dans chaque commune et en les remettant dans les mains d’instituteurs rémunérés par lui, d’instituteurs qui seraient les « hussards » de la république.

Député républicain à la fin du second Empire, ennemi acharné des ouvriers communards en 1871, Jules Ferry mena le combat qui aboutit aux lois de 1881 et 1882 rendant l’école gratuite, obligatoire et laïque, animé par la volonté d’éloigner la jeunesse des classes populaires de l’influence de l’Église, mais aussi de celle du socialisme. « Si cet état de choses se perpétue, disait-il pour expliquer son combat contre l’emprise de l’Église catholique sur l’école, il est à craindre que d’autres écoles se constituent, ouvertes aux fils d’ouvriers et de paysans, où l’on enseignera des principes diamétralement opposés, inspirés peut-être d’un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 24 mai 1871 » (allusion à la Commune de Paris). On le voit, ses préoccupations étaient celles d’un politicien soucieux du maintien de l’ordre bourgeois dont il était un fervent défenseur.

L’école laïque a été créée pour être un instrument de pouvoir dans les mains de la bourgeoisie. À côté de l’enseignement destiné aux futurs cadres de la société capitaliste afin d’en faire ses défenseurs, l’école primaire, celle des classes populaires, était conçue pour les dresser à respecter cette société d’exploitation. Il fallait les ranger derrière le drapeau tricolore, celui de la bourgeoisie. Jules Ferry remplaça dans l’éducation Dieu par la nation.

Les conseils aux membres de l’enseignement dans l’instruction primaire datant de 1883-1884 sont significatifs de ces objectifs. « Servir son pays est un devoir et un honneur, pouvait-on lire. Les maîtres n’oublieront pas que c’est surtout par l’étude de l’histoire nationale, où se rencontrent si souvent les mots de patrie et patriotisme, qu’ils arriveront à faire l’éducation de ce patriotisme. » Tout, dans les programmes, fut donc orienté dans ce sens. Le canevas d’un sujet de composition proposé au cours élémentaire le 16 août 1884 est édifiant. « À l’hôpital de Toulon, un jeune sergent subit une amputation pour une blessure subie au Tonkin. Le blessé se réveille, regarde la plaie : “Il vaut mieux cela qu’être prussien”, dit-il. Le sergent était de Metz. » Le tour de France par deux enfants, manuel de lecture incontournable de la jeunesse sur plusieurs générations, devait faire vibrer la fibre patriotique au travers des aventures de deux petits Lorrains qui, fuyant l’occupation prussienne de 1870, passaient clandestinement la frontière, parcourant la France à la recherche de leur oncle. « Soyez tranquilles, nous demeurerons les enfants de la France : nous quitterons Phalsbourg pour aller là-bas, nous resterons français, quelque peine qu’il faille souffrir pour cela », assuraient les héros du livre. On ne pouvait que conclure au nécessaire retour de l’Alsace et de la Lorraine dans les frontières françaises.

Le petit Lavisse, manuel d’histoire paru en 1876, best-seller de l’école primaire de Jules Ferry, qui fut réédité jusqu’en 1950, assenait sa propagande tricolore à toutes les pages. « Vous avez le devoir de vous instruire, parce qu’un citoyen ignorant est incapable de servir son pays. […] Soyez patriotes ! » proclamait-il. Les élèves découvraient leurs « ancêtres les Gaulois ». « Autrefois notre pays s’appelait la Gaule et les habitants, les Gaulois », pouvait-on lire dans l’ouvrage destiné au cours élémentaire première année. « Il y a deux mille ans, la France s’appelait la Gaule », affirmait celui destiné au cours moyen. Pour donner un fondement plus ancien à la nation française, on tordait le cou à la vérité historique. On apprenait aussi à célébrer la bravoure des croisés s’emparant de Jérusalem en 1099 et à applaudir au massacre des milliers de Turcs au nom de Jésus-Christ, parmi bien d’autres hauts faits d’armes de la France.

La loi du 28 mars 1882 mit la gymnastique et les exercices militaires au nombre des matières d’enseignement. Le décret du 6 juillet 1882 créa des bataillons scolaires, transformant les enfants en apprentis soldats. L’article 9 précisait : « Le bataillon scolaire ne pourra être armé que de fusils conformes à un modèle adopté par le ministre de la Guerre et poinçonnés par l’autorité militaire. Ces fusils, dont la fabrication sera abandonnée à l’industrie privée, devront présenter les trois conditions suivantes : n’être pas trop lourds pour l’âge des enfants ; comporter tout le mécanisme du fusil de guerre actuel ; n’être pas susceptibles de faire feu même à courte portée. Les fusils seront déposés à l’école. » « Pour la patrie par le livre et par l’épée » était la devise des plus guerriers de ces bataillons scolaires destinés à préparer les enfants à défendre le sol de la patrie. Le manuel général de l’instruction primaire datant de 1905 à destination des instituteurs précisait que l’école primaire devait enseigner « l’obligation absolue pour les jeunes Français d’accepter les sacrifices que lui commandera son pays, fût-ce celui de sa vie ». L’école de Jules Ferry fut bien en première ligne pour défendre le retour de l’Alsace et de la Lorraine dans les frontières nationales et les conquêtes coloniales. Les manuels défendaient la colonisation comme un progrès. Les massacres de populations, le pillage des richesses, tout cela était justifié au nom de la prétendue grande œuvre civilisatrice de l’empire colonial français. Les jeunes esprits étaient ainsi préparés à l’Union sacrée de 1914.

La bourgeoisie créa des écoles de formation pour les instituteurs, dont l’objectif de moralisation des futurs ouvriers était clairement affiché. Il fallait éduquer les enfants de la classe ouvrière dans le respect des valeurs bourgeoises afin qu’ils se rangent plus tard derrière leurs exploiteurs. Ainsi, on trouve dans le journal pédagogique du Pas-de-Calais du 9 janvier 1883 ce conseil de l’inspecteur d’académie, un certain M. Beurier : « Il faut mettre en garde nos enfants, fils d’ouvriers, contre les théories égalitaires qui hantent souvent les ateliers. Elles font grand bruit et la question de la propriété reste l’une des plus complexes et des plus discutées. [...] Sans être de profonds théoriciens, il vous sera facile de montrer à vos élèves : 1. L’impossibilité de partager les biens entre tous et de donner à chacun selon ses forces et son mérite. 2. La nécessité d’assurer au travail la stabilité du capital créé par lui. C’est enlever au travail son plus puissant stimulant que d’admettre l’extinction de la propriété avec le travailleur. »[1] On ne peut pas dire plus explicitement la volonté du pouvoir de tenir la jeunesse ouvrière le plus éloignée possible des idées socialistes.

Le mouvement ouvrier socialiste et l’école de la république

Dix ans après la Commune de Paris de 1871, durant laquelle les ouvriers parisiens avaient instauré leur propre pouvoir durant huit semaines, le mouvement ouvrier se relevait en effet de la répression sanglante qui y avait mis fin. Les idées socialistes, marxistes, gagnaient des couches plus larges de la classe ouvrière et… des enseignants eux-mêmes.

Nombre d’entre eux bataillèrent pour obtenir le droit de se syndiquer et rejoignirent le combat de la classe ouvrière pour son émancipation. Des instituteurs socialistes écrivaient ceci dans la revue L’Émancipation de l’instituteur en février 1908 : « L’État peut-il permettre qu’on le critique dans son principe, dans ses institutions ? Non, car il éduque, comme l’Église, en vue de sa conservation, de sa justification, et il est obligé de limiter ce développement de l’esprit de recherche d’examen, essentiellement scientifique ; comme l’Église, il donne à ses idées un caractère de chose sainte : patrie, propriété, loi, armée. »[2] Le journal Le socialiste du 30 décembre 1906 proclamait que l’enseignement voulu par la république pour les enfants des prolétaires était « un dressage pour la subordination »[3].

Malgré tout, l’apprentissage systématique de la lecture et de l’écriture facilita la diffusion des idées véritablement socialistes au travers de nombreux ouvrages, tracts, journaux diffusés par les militants socialistes. Mais le mouvement ouvrier d’alors ne s’en remit pas pour autant à cette école de la république pour éveiller les consciences. Il créa, dans le cadre des Bourses du travail fondées à l’initiative de Fernand Pelloutier en 1886, des bibliothèques, des cours destinés aux ouvriers, au sein desquels étaient discutés les mécanismes de l’exploitation, les moyens de s’en libérer et l’idée que les travailleurs n’ont pas de patrie. Le 10e congrès de la CGT d’octobre 1908 déclarait : « Nous savons quels germes tenaces a jetés, dans nos cerveaux, l’enseignement néfaste de l’école cléricale ou de l’école laïque. La classe ouvrière fut et continue à être instruite contre elle-même. L’éducation syndicale est tout à faire. » Lorsque les syndicats d’instituteurs votèrent leur adhésion à la CGT, le 29 mars 1907, le pouvoir en place y vit une déclaration de guerre… de classe. Georges Clemenceau, alors président du Conseil et ministre de l’Intérieur, déclarait quelques semaines plus tard : « La très grande majorité du Parti radical n’admettra pas que les instituteurs de France s’embrigadent derrière les révolutionnaires partisans de l’action directe, du sabotage, de la violence et de la grève générale, débaucheurs de l’armée et blasphémateurs de la patrie. » (cité dans le journal Le Temps du 31 mars 1907). Ces instituteurs menaient effectivement une active propagande antimilitariste, et nombre d’entre eux furent révoqués pour cela.

Mais, en août 1914, dirigeants du Parti socialiste et de la CGT se solidarisèrent avec leur bourgeoisie en acceptant la guerre comme juste et nécessaire. Ce fut le début de l’Union sacrée, et la quasi-totalité de ces instituteurs rentrèrent également dans le rang.

Le pouvoir ouvrier issu de la révolution russe de 1917 reprit la tradition révolutionnaire du mouvement ouvrier. Il s’attela à la tâche immense de lutter contre l’analphabétisme, dans ce pays que le tsarisme avait maintenu dans l’arriération. Il réussit à réorganiser le système scolaire, montrant les immenses possibilités pour l’éducation d’une société libérée du carcan capitaliste.

L’école « tricolore » toujours

Pour en revenir à la France, peut-on dire que les fondements de l’éducation ont changé depuis Jules Ferry ? L’école n’est pas un îlot isolé, elle reflète la société, les courants qui la traversent. Il y a certes eu depuis des évolutions positives sous l’influence de mouvements sociaux. En mai-juin 1968, l’éducation fut contestée pour son conformisme par la jeunesse lycéenne et étudiante, et par nombre d’enseignants. Dans le domaine de l’enseignement de l’histoire, par exemple, le « roman national », ce récit patriotique édifié par les historiens du 19e siècle qui avait marqué cet enseignement durant des décennies, fut alors remis en cause. Mais, comme le souligne l’historien Nicolas Offenstadt dans un texte intitulé À bas le roman national : « Les courants contestataires, les débats publics et la réflexion historiographique n’empêchent pas le récit national de perdurer. Il imprègne encore l’enseignement scolaire, la muséographie, la vulgarisation scientifique. »

« L’école est le creuset de l’unité nationale, là où se forge le sentiment d’appartenance à une seule communauté de destin. » Ce n’est pas une citation de Jules Ferry, mais un extrait d’une lettre émanant du ministère de l’Éducation nationale de 2015. Du primaire au lycée, des générations de fils et filles d’ouvriers, d’employés, de chômeurs, d’enfants d’immigrés de troisième génération ou de sans-papiers continuent de s’entendre répéter qu’ils ont bien de la chance d’être ainsi intégrés dans ce « creuset ».

L’école puise encore dans l’histoire, passablement revisitée, des arguments susceptibles d’exalter la fierté d’appartenir à cette communauté nationale. L’étude faite par Suzanne Citron[4] d’un grand nombre de manuels, parmi les plus utilisés, sur plus d’une soixantaine d’années, le met en lumière. On retrouve, des années 1920 aux années 1980, les récits des exploits de figures emblématiques de héros peints en bleu-blanc-rouge, de Vercingétorix à Jeanne d’Arc, en passant par Charles Martel.

L’édition de 1931 du manuel d’histoire de France de Lavisse expliquait par exemple aux élèves du cours moyen : « Vercingétorix est mort pour avoir défendu son pays contre l’ennemi. [...] Tous les enfants doivent se souvenir de Vercingétorix et l’aimer. »[5] Trente ans plus tard, les propos sont plus retenus, mais l’invention d’une prétendue patrie, la Gaule, présentée comme l’ancêtre de la France, demeure : « Retenons le nom du Gaulois qui a si vaillamment défendu sa patrie », lit-on dans l’Histoire de France éditée chez Armand Colin en 1962. Le personnage de Charles Martel, chef militaire des Francs qui vécut au 8e siècle, est un autre exemple. Le manuel Lavisse de 1924 explique : « Charles Martel est dénommé ainsi car il a écrasé, comme avec un marteau, les ennemis qui ont envahi la Gaule. » Dans les manuels datant de 1985, Charles Martel est toujours décrit comme un héros. Le livre d’histoire destiné au cours moyen intitulé La France au fil du temps, édité chez Nathan en 1985, présente les choses de manière assez semblable, attribuant toujours aux Arabes le rôle négatif d’envahisseurs. « En 732, les Arabes venus d’Espagne arrivent en France – la nation française existait donc, d’après les auteurs – [...]. Charles Martel dirige l’armée des Francs contre l’envahisseur. Il réussit à repousser les cavaliers arabes et en retire une grande gloire. »

L’exaltation des conquêtes coloniales, de la « plus grande France », a perduré au travers de l’enseignement de l’histoire et de la géographie jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie en 1962. L’impérialisme français était présenté comme civilisateur, ses conquêtes comme légitimes. Le Lavisse expliquait à destination des écoliers du cours élémentaire en 1931 : « Les pays que nous possédons sont vingt fois plus vastes que la France. […] Des hommes blancs comme nous dans l’Afrique du Nord, des hommes noirs dans d’autres parties de l’Afrique, des hommes jaunes en Indochine. Partout la France enseigne le travail. Elle crée des écoles, des routes, des chemins de fer, des lignes télégraphiques. La France a le droit d’être fière de ses conquêtes. » Aujourd’hui, on ne trouverait certes plus de tels résumés. Mais, soixante-dix ans après cette édition du Lavisse, le président Chirac déchaînait la polémique en proposant que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord », article 4 de la loi du 23 février 2005, certes finalement supprimé devant les protestations d’historiens et d’enseignants. Les crimes de l’impérialisme français ne sont toujours pas dénoncés clairement dans les manuels scolaires. Les massacres commis par le gouvernement français en 1945, pour réprimer les manifestations à Sétif et à Guelma en Algérie, ne sont pas toujours évoqués, tout comme la pratique de la torture par l’armée française durant la guerre d’Algérie. Les manuels renvoient trop souvent dos à dos l’impérialisme français et le FLN, le colonisateur et ceux qui aspirent à ne plus être colonisés. Ainsi, dans le manuel destiné aux élèves de terminale baccalauréat professionnel (Editions le Robert), on peut lire : « Face aux « événements », la France réagit par des opérations de maintien de l’ordre ; les nationalistes algériens sont qualifiés de “fellaghas” et l’action entreprise est dite de “pacification” [les guillemets sont censés marquer une certaine distance par rapport aux termes utilisés à l’époque par le gouvernement français]. Dans les deux camps, la lutte provoque des excès, massacres, attentats, représailles, tortures. »

Le mensonge par omission est en quelque sorte une autre manière de s’arranger avec l’histoire et de dédouaner l’impérialisme français de toute responsabilité. Dans les programmes d’histoire en place à la rentrée 2011 et destinés aux élèves de première série générale, sous l’intitulé « La guerre au 20e siècle », il est proposé d’aborder les deux conflits mondiaux ensemble. La Première Guerre mondiale, « l’expérience combattante dans une guerre totale », et la Deuxième Guerre mondiale, « guerre d’anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes », sont étudiées, comme les intitulés le montrent, essentiellement sous l’angle du coût humain. Certes, les guerres engendrent de terribles souffrances. Mais elles ne tombent pas du ciel. Ignorer purement et simplement les causes de ces conflits permet surtout de ne pas expliquer qu’ils ont été provoqués par les affrontements entre impérialismes.

Comprendre le monde… pour le changer

L’école publique a progressivement permis à de plus larges couches de jeunes des classes populaires d’acquérir une certaine culture, et par là même une certaine ouverture sur le monde. Elle a même représenté, pour des générations de jeunes, un lieu d’émancipation, en les soustrayant au moins partiellement aux carcans des traditions, des religions, et ce particulièrement pour les filles. Mais elle reste un moyen pour la bourgeoisie de contrôler, ou du moins de tenter de contrôler les esprits. Et elle le restera tant que la bourgeoisie sera au pouvoir. Alors, il est à souhaiter que les bases intellectuelles et culturelles que l’éducation donne dans ce cadre bourgeois aux jeunes de milieux populaires les aident à comprendre le monde, dans le but de le changer.

14 avril 2019

[1] Mona Ozouf, L’école, l’Église et la République 1871-1914, pp. 81-82.
[2] Mona Ozouf, op. cit., p. 210.
[3] Ibid., p. 211.
[4] Suzanne Citron, Le Mythe national : L’histoire de France revisitée, 1987.
[5] Ibid., p. 53.


Fraternellement,
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Re: La colère monte contre les lois Blanquer !

Message par Gayraud de Mazars » 04 Mai 2019, 10:53

Salut camarades,

En Côte d'Or, le collège de Sombernon est en lutte !

Malaise social au collège de Sombernon : une pétition en soutien aux enseignants circule sur internet
jeudi 2 mai 2019, Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Bourgogne

Plus de 2300 personnes ont signé une pétition sur internet en soutien aux enseignants du collège de Sombernon. Ils dénoncent les méthodes de management du chef d'établissement et demandent au rectorat de ne pas sanctionner deux de leurs collègues qui sont sous le coup d'une procédure administrative.

Une grande banderole dans la manifestation du 1er mai à Dijon, une pétition déjà signée par plus de 2300 personnes sur internet et partagée sur les réseaux sociaux : la souffrance du personnel du collège Jacques-Mercusot à Sombernon commence à se voir. Les professeurs dénoncent un manque de dialogue avec leur chef d'établissement et s'indignent du fait que deux de leurs collègues soient sous le coup d'une procédure administrative.

C'est à la rentrée 2017, avec l'arrivée d'un nouveau Principal dans le collège que l'ambiance se dégrade d'après les professeurs. Des témoignages, remis au rectorat, évoquent des pressions pour accepter des heures supplémentaires, du chantage sur les carrières, des emplois du temps qui changent au dernier moment ou encore des interventions verbales agressives devant les élèves et les enseignants. En juin 2018, 25 enseignants sur les 32 de l'établissement envoient un courrier au rectorat pour alerter sur leur situation.

Pour Isabelle Cheviet, du SNES-FSU en Côte-d'Or, les témoignages des enseignants de Sombernon se recoupent avec ceux "d'une autre équipe d'un autre établissement de l'académie, dans lequel était ce chef d'établissement juste avant d'arriver à Sombernon."

Deux enseignants convoqués au rectorat

A la fin de l'année 2018, une commission d'enquête administrative a été envoyée dans le collège Jacques-Mercusot. La restitution de cette enquête le 12 avril dernier n'a pas convaincu les enseignants du collège, qui estiment dans un tract que leur souffrance n'a pas été entendue et qui affirment que deux de leurs collègues ont été "désignés comme boucs émissaires".

Ces deux enseignants, d'après le SNES-FSU, ont été convoqués au rectorat et on leur a signifié qu'ils risquaient des sanctions. "On a déjà eu un précédent il y a quelques mois dans l'académie, souligne Isabelle Cheviet, avec une enseignante qui avait été convoquée pour avoir écrit un pamphlet, et puis il y a des exemples plus récents, en Normandie ou en région parisienne. On leur met sous le nez des mutations d'office, ce sont des exemples qui se multiplient alors qu'on ne voyait pas du tout ça avant. On a peur que ce soit l'application de l'article 1 de la future loi Blanquer. Cet article dit que l'enseignant a un devoir d'exemplarité et qu'il ne doit en aucun cas, en gros, dire du mal de sa hiérarchie."

Le rectorat affirme que "la situation de ce collège est suivie depuis plusieurs mois avec beaucoup d’attention" et qu'à la suite de l'enquête administrative, la rectrice _"a étudié la mise en place d’un accompagnement de l’établissement et d’_un certain nombre de mesures afin de rétablir un climat de travail serein et apaisé, propice aux apprentissages."


Pour signer la pétition en ligne et soutenir les collègues :

https://www.change.org/p/collectifprofs ... mbernon-21

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Dernière édition par Gayraud de Mazars le 04 Mai 2019, 11:16, édité 1 fois.
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Re: La colère monte contre les lois Blanquer !

Message par Gayraud de Mazars » 04 Mai 2019, 11:13

Salut camarades,

La banderole du collège de Sombernon, à la manifestation du 1er mai 2019...

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Re: La colère monte contre les lois Blanquer !

Message par Gayraud de Mazars » 18 Juin 2019, 10:52

Salut camarades,

Bon article du NPA sur les luttes dans l'Education Nationale...

Non M. Blanquer, ce n’est pas “Business as usual”

https://npa2009.org/actualite/education ... ness-usual

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Suicide d’une directrice d’école...

Message par Gayraud de Mazars » 02 Oct 2019, 10:13

Salut camarades,

Vive émotion dans le monde de l'Education Nationale [personnels, parents] et notamment dans le 93, suite au suicide d'une directrice d'école. D'ailleurs une grève à l'appel des organisations syndicales de l'Education Nationale est programmée le 3 octobre dans le 93 demain, Le SNUipp-FSU 93 avec l’intersyndicale appellent les collègues à être en grève massivement ce jour là et au rassemblement devant la DSDEN 93, lieu de la tenue du CHSCT.


Suicide d’une directrice d’école : l'Education nationale responsable
Brève de Lutte Ouvrière, le mardi 01/10/2019

https://www.lutte-ouvriere.org/breves/s ... 34753.html

Début septembre, Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, avait claironné une « rentrée réussie ». Mais elle ne l’a pas été pour la directrice d’une école maternelle de Pantin, en Île-de-France, qui a choisi de se suicider dans son école, peu de temps après la rentrée. Pour expliquer son geste, elle a envoyé des courriers à ses collègues dénonçant la responsabilité de l’Éducation nationale.

Dévouée et appréciée, elle s’est dite épuisée par le travail que rajoute sans arrêt l’administration aux équipes enseignantes, sans leur donner les moyens matériels et humains pour en venir à bout. Enseignants, parents et habitants se sont retrouvés pour exprimer leur tristesse mais aussi leur colère.


Le SNUIpp du 93, fait d'ailleurs signer cet appel...

https://plus-jamais-ca.fr/

Suicide de notre collègue Christine RENON, directrice à Pantin : plus jamais ça !

« Plus jamais ça ! »

Le geste désespéré de Christine le samedi 21 septembre, directrice de l’école Méhul à Pantin, bouleverse toute notre profession.

Par un courrier adressé à quelques personnes, notre collègue décrit le difficile exercice de son métier d’enseignante et de sa fonction de directrice. Elle y explique l’impossibilité de faire face, au quotidien, à l’ensemble de ses responsabilités malgré son profond attachement à sa mission, ses élèves et leurs familles comme à ses collègues. Sa lettre explique comment cette impossibilité de faire face a conduit à son épuisement puis à l’irréparable pour mettre un terme à sa souffrance devenue insupportable.

Avec les organisations syndicales SNUipp-FSU, SE-Unsa, Sgen-CFDT, CGT-Educ’action, Sud-Education, en signant cette pétition, j’exprime ma plus vive émotion et mon soutien aux proches de Christine ainsi qu’à ses collègues, aux élèves et aux familles de son école, et exige qu’un chantier portant sur les conditions d’exercices de nos métiers à l’Education Nationale soit ouvert en urgence afin d’obtenir des mesures concrètes d’amélioration de nos conditions de travail.

Cette signature s’ajoute à l’expression de mon émotion et de mon soutien jeudi 3 octobre, jour des obsèques de Christine Renon, par une marque personnelle ou collective de deuil, un moment de recueillement dans mon école avec l’ensemble de mes collègues, les autres personnels de l’école, les parents d’élèves, les élu.es …ou dans le cadre des initiatives prises dans les départements (rassemblements, interpellations, grève...).

Par cette signature je réclame une toute autre qualité de vie au travail et je refuse que le travail engendre des situations de souffrance au quotidien, notamment par des demandes, des prescriptions et autres injonctions, le plus souvent dans l’urgence qui font perdre le sens de nos métiers. Un tel drame ne doit plus se reproduire.


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Re: La colère monte contre les lois Blanquer !

Message par Gayraud de Mazars » 06 Oct 2019, 08:57

Salut camarades,

La colère gronde dans le monde enseignant, le suicide de Christine Renon, c'est l'eau qui fait débordé le vase... Des rassemblements ont eu lieu dans tout le pays, particulièrement suivi dans le 93... 60 % de grévistes selon le SNUIpp dans le 93 !

Ils étaient 3 000, jeudi, à Bobigny, professeurs des écoles, du secondaire, et quelques parents d’élèves… massés devant l’inspection académique de Seine-Saint-Denis où se tenait, à partir de 14 heures, un CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) extraordinaire, à la demande des syndicats.

Alors c’est raté pour #pasdevagues. Elle est là, la vague. Une vague de douleur et de colère, soulevée par le suicide de Christine Renon, directrice d’école de Pantin (Seine-Saint-Denis).

Enseignants en colère
Brève de Lutte Ouvrière, le vendredi 04/10/2019

https://www.lutte-ouvriere.org/breves/e ... 34826.html

Après le suicide de Christine Renon, directrice d'école à Pantin, les enseignants étaient appelés à se mobiliser jeudi 3 octobre, jour de ses obsèques. La grève a été très suivie en Seine-Saint-Denis, avec 43 % de grévistes, selon le ministère de l’Education.

Mais un peu partout, professeurs des écoles, enseignants de collège et de lycée, parents d'élèves, se sont rassemblés pour exprimer leur colère. Ils dénoncent des conditions de travail devenues de plus en plus insupportables, au fil des années et des réformes qui s'accumulent pour rogner sur les moyens humains et matériels.

​Le ministre Blanquer a annoncé la création d’un comité de suivi de la situation… pour attiser la colère ?


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Re: La colère monte contre les lois Blanquer !

Message par Gayraud de Mazars » 12 Oct 2019, 04:32

Salut camarades,

Oui, la colère monte, comme on dit à Dijon, la moutarde nous monte au nez !

Enseignement : les raisons de la colère
Dans l'hebdomadaire de Lutte Ouvrière n°26710, le 9 Octobre 2019

https://journal.lutte-ouvriere.org/2019 ... Fg1UX_2mbU

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Le suicide de Christine Renon, directrice d’école à Pantin, a déclenché une vague de colère parmi les enseignants et aussi parmi les parents.

Dès le 26 septembre, les parents d’élèves de l’école ont écrit au ministre Blanquer pour l’interpeller sur le « cri d’alerte » de la directrice, affirmer leur détermination « à poursuivre les combats de Christine Renon » et lui demander des comptes sur le sous-effectif et le manque de formation du personnel d’animation et d’éducation, dénoncés dans la lettre.

Le 1er octobre, une pétition syndicale d’hommage à Christine Renon, dénonçant les conditions de travail des enseignants, a recueilli près de 120 000 signatures en cinq jours. Jeudi 3 octobre, jour des obsèques de Christine Renon, partout en France des milliers de professeurs d’école, de collège et de lycée ont fait grève et se sont rassemblés devant les rectorats ou inspections d’académie, avec prises de parole combatives relayées par la presse. Le même jour, des directeurs d’école de Pantin ont bravé leur devoir de réserve et publié une tribune dénonçant leurs conditions de travail.

Tous dénoncent l’épuisement professionnel des enseignants qui, seuls face à des classes toujours plus surchargées, sont censés pallier le manque d’infirmiers, de médecins scolaires et d’assistants sociaux. Ils dénoncent aussi leur sentiment d’impuissance face aux situations parfois tragiques des élèves, liées au pourrissement de cette société en crise. Certaines prises de parole, comme à Cahors, ont élargi le problème du sous-effectif à celui des hôpitaux, des Ehpad, des crèches, des pompiers, rappelant la destruction de centaines de milliers de postes de fonctionnaires par les gouvernements successifs.

Face à l’expression de cette colère, le ministre de l’Éducation nationale et le recteur de Créteil ont fini par sortir de leur silence. Le premier, en essayant de cantonner le problème à celui du statut des directeurs d’école, dont il s’est dit « prêt à discuter ». Le second, en adressant aux enseignants de l’académie de Créteil un mail écrit dans la langue de bois habituelle : « La mission qui est la nôtre, transmettre des savoirs et des valeurs, est la plus grande des missions républicaines. À ce titre, la nation vous doit protection et soutien. » Ces mots, perçus comme une hypocrisie supplémentaire, n’ont fait que raviver l’exaspération !

Julie LEMÉE


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