fil "interventions de La Riposte"

Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par com_71 » 16 Déc 2019, 10:37

Pour revenir sur ces illusions :
https://www.lariposte.org/2019/12/munic ... ce-ps-pcf/

notamment :

la riposte a écrit :...Là ou le PS signe une base programmatique vraiment progressiste et s’engage à se battre loyalement pour sa réalisation, une alliance peut, en principe, se justifier...


Les mises en garde de Blanqui gardent toute leurs valeurs :

On ignore la comédie des programmes ; voici comment elle se joue : En montant à l'Hôtel de Ville, on les jette au coin de la borne ; et le jour où l'on redescend les escaliers sous les coups de pied du royalisme, la botte du royalisme dans les reins, on ramasse dans le ruisseau ces lambeaux souillés ; on les essuie, on les défripe, on les retape, on les rajuste, on les promène à grand orchestre devant la foule ébahie. Qu'importe à la réaction ? Elle connaît trop la valeur de ces chiffons de papier pour en prendre souci. Elle sait d'où ils viennent et où ils retournent à un moment donné. Elle laisse tranquillement les saltimbanques en faire étalage sur les champs de foire pour la mystification des badauds.


Alors, des relations fraternelles avec les militants, du PCF ou d'ailleurs, qui restent, malgré tout, dévoués à leur classe, oui !
Mais les illusions sur les programmes des illusionnistes, non !

https://www.marxists.org/francais/blanq ... propos.htm
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 16 Déc 2019, 11:03

Salut camarades,

Contexte et perspectives de notre lutte. Un avertissement.
Le dimanche 15 décembre 2019, publié sur le site de La Riposte
Par Greg Oxley, PCF Paris 10e

https://www.lariposte.org/2019/12/conte ... tissement/

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La réforme des retraites de Macron représente une régression sociale majeure, le volet le plus récent de la politique réactionnaire mise en œuvre par les gouvernements successifs – y compris le gouvernement prétendument « socialiste » sous Hollande – depuis de nombreuses années.

Les retraites ont fait l’objet de plusieurs réformes rétrogrades, mais la réforme actuelle est la pire de toutes. Elle fera table rase du système de retraites par répartition. Elle repoussera l’âge de retraite et diminuera considérablement les montants des pensions. En bon « communiquant », Macron a pris soin de cacher la substance de sa réforme derrière un barrage de mensonges que L’Humanité dans une récente édition spéciale, a très utilement décryptée de manière détaillée. Il prétend que le système par points sera plus juste, plus « équitable ». Au contraire, il aggravera à l’extrême les inégalités, déjà flagrantes avant la réforme, en matière des retraites. Tous les calculs reprenant les différents cas de figure possibles indiquent que la réforme le démontrent. En Suède, après la mise en place d’un système par points dans les années 1990, 92% des retraités actuels auraient eu une pension supérieure avec le modèle précédent, et le nombre de retraités officiellement classés comme « pauvres » est presque deux fois plus élevé qu’en France (7.5% en France, 14.7% en Suède). Sous le système par points, les pensions tiendront compte des périodes de salaires faibles et de chômage. Plus on est au chômage, à temps partiels ou en arrêt maladie, plus on sera impacté. Les plus touchées seront les femmes, les personnes handicapées, les malades, les victimes de chômage et d’emplois précaires. Le but central de cette réforme est d’ouvrir un marché qui vaut des centaines de milliards d’euros aux banques et aux compagnies d’assurances, en poussant des millions de citoyens à contracter des contrats de prévoyance dans l’espoir de compenser les pertes.

Un vaste mouvement de grèves et de résistance populaire est en cours pour faire barrage à cette nouvelle offensive capitaliste. Au cours de 2018 et 2019, avec la grève des cheminots et puis le mouvement des « gilets jaunes », on a vu la fin du calme social relatif qui s’était installé depuis les grandes luttes de 2010. Le mouvement actuellement en cours est puissant et encourageant. Mais ne sous-estimons pas l’adversaire, surtout. Pour Macron, renoncer à sa réforme serait désastreux, car cela le mettrait en porte à faux avec ses engagements auprès des requins de la finance. S’il échoue, son gouvernement sera paralysé, comme l’était le gouvernement de Juppé après les événements de 1995. Par conséquent, pour que les grèves et manifestations actuelles aient la moindre chance de succès, elles doivent s’élargir, devenir plus massives encore, mobilisant le secteur privé, ravivant davantage les « gilets jaunes » et cherchant des renforts chez les lycéens et les étudiants à une échelle massive. Macron cherchera à diviser le mouvement, au prix de concessions sectorielles temporaires et en misant sur les directions « syndicales » fourbes et traîtres comme celle de la CFDT. Le meilleur antidote à de telles manœuvres serait de parvenir à mobiliser plus largement et ouvrir la perspective d’une issue victorieuse possible.

De manière générale, et quelle que soit l’issue immédiate de la lutte engagée actuellement, les événements que nous vivons actuellement témoignent de l’instabilité sociale qui s’installe en France et qui ne pourra que s’aggraver, compte tenu des perspectives sociales et économiques qui se présentent. Cette instabilité gagne progressivement non seulement de l’ensemble du continent européen, mais le monde entier, créant une situation dans laquelle le « populisme » et le nationalisme progresse à une vitesse alarmante. On lit et on entend souvent dire que le terme « populisme » ne veut rien dire. Mais cela veut bien dire quelque chose. Il signifie l’émergence de courants politiques qui captent et qui reflètent un changement important dans la conscience sociale des populations – ou d’une partie importante de celles-ci – qui s’est produit au cours de la dernière période et qui se caractérise par une défiance et une hostilité profonde envers les « élites », les institutions dites démocratiques, les médias et « experts » divers. Les politiciens qui surfent sur cette vague exploitent les conséquences sociales du capitalisme pour avancer leurs propres intérêts. Ils empoisonnent la conscience populaire avec le nationalisme et la xénophobie pour mieux servir, en fin de compte, les intérêts de la classe dirigeante qu’ils font semblant de contester.

Nous évoquons le problème du danger populiste et nationaliste ici parce que les enjeux des luttes pour défendre les intérêts de la population au moyen de la lutte des classes vont bien au-delà de leurs causes immédiates, et nous voudrions que tous les syndicalistes et tous les militants qui sont partie prenantes de ces luttes en soient pleinement conscients. Concrètement, dans un contexte de démolition progressive des conquêtes sociales, d’appauvrissement, de précarité accrue, de crainte et anxiété concernant ce que l’avenir nous réserve, la recherche de solutions ne peut prendre, en définitive, que l’une des deux directions possibles : celle d’une lutte de classe résolue/sérieuse qui vise à contester et détruire la puissance de la classe dominante et ouvrir la perspective d’un ordre social débarrassé de l’exploitation et l’oppression, ou alors celle qui cherche dans le mythe « national » et « racial » une façon de s’en sortir au détriment d’autres nations et races. Entre ces deux formes fondamentales de conscience politique, il y a une concurrence et une lutte dont l’issue décidera du sort de l’humanité et, compte tenu des ravages du capitalisme dans le domaine de l’environnement et l’équilibre écologique de la planète, de son existence même.

Cette vision des choses est à mettre dans le contexte des perspectives économiques mondiales telles qu’elles se dessinent pour 2020 ou 2021. Depuis la récession mondiale de 2007-2009, l’offensive majeure a été menée contre les conditions de vie et les droits des travailleurs a connu une forte accélération. Les apologistes du capitalisme expliquent la crise de 2007-2009 par la croissance exponentielle du crédit – c’est-à-dire de l’endettement – dans la période précédente. En fait, il s’agissait d’une crise de saturation des marchés (ou de « surproduction ») dont les répercussions économiques et sociales ont été amplifiée par la masse colossale de dettes contractées dans la période précédente et dont la fonction économique était de reporter aussi longtemps que possible la saturation des marchés par la création d’une demande artificielle. Les mêmes apologistes nous assuraient, au milieu de la débâcle, que les leçons apprises de cette expérience nous éviteraient de la revivre à l’avenir. En réalité, l’endettement dans le monde a augmenté de 50 % depuis 2009, avec une nette accélération de sa croissance au cours des derniers 24 mois. En 2017, la dette mondiale était de 184 000 milliards de dollars. Deux ans plus tard, elle est de 247 000 milliards, soit 240 % du PIB mondial. Toutes les institutions internationales comme la Banque Mondiale, l’OMC, le FMI, la BCE, la Réserve Fédérale, etc. envisage une nouvelle récession mondiale dans les deux ou trois années à venir, aggravée par la montée du protectionnisme et des guerre commerciales et aussi par le fait que de nombreux pays économiquement importants sont déjà en récession avant le krach attendu. Et si de nombreuses banquent pensent que les répercussions de cette nouvelle crise seront moins grave en effacement des actifs et pertes de profits, elles sont toutes de l’avis que, pour en sortir, il faudra procéder rapidement à la destruction de ce qui reste des « blocages » dans le domaine de la législation sociale, des services publics et des dépenses sociales. Ainsi, nous voyons que les capitalistes sont du même avis que nous en ce qui concerne l’avenir sous le capitalisme. La régression sociale sera bien sans fin, aussi longtemps que le capitalisme existera. Lorsque nous évoquons une guerre de classes, les politiciens et autres « experts » aux ordres arborent un sourire moqueur… C’est quoi ce langage vétuste d’un autre âge ? N’empêche que c’est bien cela qui nous attend – et à un niveau jamais connu depuis près d’un siècle. La classe dirigeante s’y prépare. Il vaut mieux s’y préparer, nous aussi.

En Europe « démocratique », l’érosion ou la destruction complète des conquêtes sociales du passé tendent à saper les bases sociales des régimes parlementaires, qui reposent nécessairement sur un « compromis social », sur la possibilité d’une coexistence pacifique de classes pourtant aux intérêts opposés. Cette possibilité se fragilise d’année en année. Des luttes intenses, âpres et dures nous attendent, luttes au cours desquelles toutes les idées, les programmes et les méthodes des nos organisations et de nous-mêmes individuellement seront/sortent bousculés et mis à rude épreuve. Les tendances actuellement dominantes et majoritaires dans le mouvement ouvrier et dans la société, qui sont essentiellement défensives et se limitent à diverses expédients pour atténuer les conséquences sociales du capitalisme, dans le cadre du système et sans aucune perspective sérieuse d’en sortir, se montreront inadéquates face à la réalité d’une organisation sociale qui exige et organise la régression sociale. Nos luttes défensives au quotidien sont nécessaires, indispensables, mais elles ont besoin d’un objectif d’ordre politique, d’une alternative au capitalisme. Enlever le pouvoir économique – et aussi politique, étatique – aux capitalistes est la condition sine qua non d’une transformation de la société qui permettrait une véritable émancipation sociale et des travailleurs et de tous ceux qui subissent les conséquences du capitalisme. Par contre, si ce programme – travaillé, explicité, argumenté comme il conviendrait – n’émerge pas dans et autour du mouvement ouvrier dans la période à venir, alors, inéluctablement, le désespoir qui a déjà fortement stimulé le « populisme » finira par couler plus abondamment encore dans les canaux du nationalisme, le racisme et à terme, le fascisme et la guerre.

Nous n’esquissons pas ces perspectives et alternatives dans un but académique ou journalistique. C’est avant tout un avertissement, un appel à la lutte, à l’élaboration d’un programme non seulement défensive, mais pour la transformation révolutionnaire de la société.


Fraternellement,
GdM
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 20 Déc 2019, 07:39

Salut camarades,

Élections générales britanniques : déroute pour le Parti Travailliste
Le jeudi 19 décembre 2019, publié sur le site de La Riposte
Par Jules B., PCF Paris

https://www.lariposte.org/2019/12/elect ... vailliste/

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Jeudi dernier se tenaient les élections générales anticipées au Royaume-Uni. Convoquées en octobre par le Premier ministre conservateur Boris Johnson, celles-ci devaient permettre de donner une majorité au Parlement qui puisse permettre de sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le pays sur le Brexit, depuis plus de trois ans maintenant après le référendum de juin 2016. A l’approche des élections, les instituts de sondage donnaient tous une avance « confortable » pour Johnson face au leader travailliste Jeremy Corbyn (de 5 à 12 points selon les enquêtes) ; mais tous se montraient prudents, déclarant que la marge d’erreur pouvaient faire basculer les résultats. Il n’en fut rien finalement : les conservateurs sortent grands gagnants avec 43,6 % des suffrages, tandis que les travaillistes, avec un score de 32,2%, perdent 60 sièges sur les 262 qu’ils occupaient depuis les précédentes élections de 2017.

Il apparait très clairement que ces trois dernières années de négociations d’un accord avec l’UE et de déchirement au sein du parlement britannique sur le vote de ces accords ont eu un immense impact sur ce scrutin.

Il apparait très clairement que ces trois dernières années de négociations d’un accord avec l’UE et de déchirement au sein du parlement britannique sur le vote de ces accords ont eu un immense impact sur ce scrutin. Comme le laissaient présager les élections européennes de mai dernier, avec un succès historique du parti du Brexit de Nigel Farage, les électeurs britanniques, lassés par cette comédie, ont fait le choix qui pourra y mettre un terme dans les plus brefs délais, même si ce ne sera pas dans les conditions les plus avantageuses.

Boris Johnson ne s’y était pas trompé en faisant de ce thème l’axe exclusif de sa campagne, à l’image de son slogan « Get Brexit done » (« Accomplissons le Brexit »). Pour l’aider il a également pu compter sur le parti du Brexit, prêt à se sacrifier pour lui permettre d’obtenir une majorité absolue confortable. En effet le parti de Nigel Farage a retiré ses candidats des 317 circonscriptions remportées par les conservateurs aux dernières élections, ne leur laissant ainsi plus que 3 circonscriptions à gagner pour atteindre la majorité absolue ; ce qui fait une grande différence dans un scrutin uninominal majoritaire à un tour face à l’électorat hostile au Brexit dont les voix se sont éparpillées sur les autres partis. Cela a permis aux conservateurs d’obtenir leur meilleur résultat depuis 1987 sous Thatcher.

Dans ce contexte de Brexit occultant toute autre considération, [Corbyn] n’a pas réussi à imposer ses thèmes

En face, l’échec est cuisant pour Corbyn puisque le Parti Travailliste n’avait jamais connu une telle déroute depuis la Seconde Guerre Mondiale ; à tel point qu’il a annoncé qu’il quitterait prochainement la tête de la formation qu’il dirige depuis septembre 2015. L’élan qu’avait suscité son programme pour son accession à la tête du Parti, notamment parmi la jeunesse dont les adhésions avaient été massives durant cette campagne, ne lui a pas permis de déjouer les pronostics. Dans ce contexte de Brexit occultant toute autre considération, il n’a pas réussi à imposer ses thèmes : taxation des grandes fortunes et des multinationales, construction de 150 000 logements sociaux, moyens supplémentaire pour le NHS (acronyme de National Health Services, que nous traduisons ici par “service public de santé”), nationalisation de l’énergie, de l’eau, de la poste et des transports ferroviaires, revalorisation salariale pour la fonction publique, abrogation des frais d’inscription à l’Université… La publication, quelques jours avant le scrutin, dans le Daily Mirror d’une photo prise dans un hôpital de Leeds montrant un enfant allongé par terre pendant plusieurs heures en attendant des soins a pourtant mis en lumière l’état critique du NHS suite aux différentes coupes budgétaires promulguées par les Conservateurs durant la dernière décennie. Malgré cela, les médias dominants ainsi que les adversaires politiques de Corbyn ont centré les débats sur des thématiques qui lui étaient défavorables.

Tout d’abord, une prétendue complaisance vis-à-vis d’éléments antisémites au sein du Parti. Cette campagne médiatique contre Corbyn, entamée depuis qu’il dirige le Parti Travailliste et alimentée également par des élus de l’aile droite blairiste du Parti afin de l’affaiblir, l’avait poussé l’année dernière à déclarer que la lutte contre les actes antisémites était sa priorité. Loin d’éteindre le déferlement de calomnies, celles-ci se sont à nouveau invitées dans les débats, notamment par l’intermédiaire d’Ephraim Mirvis, grand rabbin du Royaume-Uni, soutenant que l’élection de Corbyn représentait un danger pour la communauté juive.

Un deuxième élément est la menace d’une sécession de l’Ecosse, ce qui a d’ailleurs conduit Johnson à déclarer pendant la campagne que Corbyn était une marionnette manipulée par Nicola Sturgeon, leader du Parti Nationaliste Ecossais SNP. Car si une victoire travailliste pouvait être envisagée, celle-ci n’aurait probablement pas été à la majorité absolue ; cela aurait pu contraindre Corbyn à chercher le soutien du SNP pour former un gouvernement, soutien que Sturgeon aurait conditionné par l’organisation d’un second référendum sur l’indépendance de l’Ecosse.

Même sans cela, le très bon score réalisé par le SNP (45% des suffrages écossais et 48 des 59 sièges attribuables), surtout au détriment des candidats travaillistes, a conduit Sturgeon à mettre la pression sur Johnson en réclamant un nouveau référendum d’indépendance.

Enfin, dans le contexte de cette campagne, la position défendue par Corbyn sur le Brexit a joué en sa défaveur. Son programme prévoyait de renégocier un nouvel accord avec l’UE d’ici le début de l’année 2020, qu’il aurait ensuite soumis à un référendum avec comme alternative une annulation du processus de Brexit, donc un maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE. Corbyn avait également indiqué qu’à titre personnel il resterait neutre dans la campagne pour ce référendum, tandis que les travaillistes auraient voté en interne sur l’option qu’ils auraient défendu. Le flou entretenu par le leader travailliste sur cette question s’est transformé en véritable boulet qu’il aura dû trainer durant toute la campagne, attaqués par tous ses adversaires, et Boris Johnson le premier notamment durant les débats télévisés, sur ce talon d’Achille. La stratégie derrière cette option, en gardant les deux options sur la table, était de rassembler au-delà du clivage brexiters/remainers.

Malheureusement pour lui, cela nécessitait beaucoup de pédagogie et d’explications sur les conséquences qu’auraient eues l’un et l’autre choix. Or, particulièrement dans une campagne éclair pour des élections anticipées, le message simple de Boris Johnson a été beaucoup plus efficace et mieux compris.

Le Parti Travailliste va désormais, dans les mois à venir, traverser un moment crucial : le retrait de Corbyn ne signifie pas que l’aile droite va reprendre automatiquement les commandes du Parti.

L’aile droite blairiste du Parti n’a pas attendu avant de rejeter la faute sur Corbyn et son programme trop «radical». Présentant le programme le plus à gauche que le Parti ait connu depuis des décennies, Corbyn s’est effectivement attiré les foudres des classes favorisées et des médias dominants, qui le présentent comme un dangereux marxiste depuis des années. En dépit de cela, les mesures qu’il portait (arrêt des politiques d’austérité, renationalisations etc…) auraient pu trouver un écho favorable au sein des classes populaires. Mais face à la machine médiatique et au ras-le-bol des britanniques sur l’interminable processus du Brexit, il n’aura jamais réussi à en faire un enjeu central de la campagne. Le Parti Travailliste va désormais, dans les mois à venir, traverser un moment crucial : le retrait de Corbyn ne signifie pas que l’aile droite va reprendre automatiquement les commandes du Parti. Soutenu par une large base de militant, notamment parmi la jeunesse et les syndicats, le programme de Corbyn ne pourra pas être juste déchiré et jeté à la poubelle. Il faut maintenant espérer que, dans cette crise que traverse le Parti et dans le processus qui va désigner une nouvelle direction, cette base se mobilise énergiquement afin de garder le même cap. Car les travailleurs britanniques vont durement subir la politique réactionnaire de Boris Johnson, et ils auront besoin d’un parti doté d’un programme capable de combattre cette régression sociale


Fraternellement,
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par com_71 » 20 Déc 2019, 09:00

la riposte a écrit :Présentant le programme le plus à gauche que le Parti ait connu depuis des décennies, Corbyn s’est effectivement attiré les foudres des classes favorisées et des médias dominants, qui le présentent comme un dangereux marxiste depuis des années. En dépit de cela, les mesures qu’il portait (arrêt des politiques d’austérité, renationalisations etc…) auraient pu trouver un écho favorable au sein des classes populaires. Mais face à la machine médiatique et au ras-le-bol des britanniques sur l’interminable processus du Brexit, il n’aura jamais réussi à en faire un enjeu central de la campagne.


Toujours la même potion électoraliste !
À qui s'adresse cet article ? Aux politiciens bourgeois de la gauche travailliste ? Accusés de ne pas avoir su bien envelopper leur "programme de gauche" de toute façon destiné à être foulé aux pieds par les uns ou par les autres, après les élections.

Et, cerise sur le gâteau :
la riposte a écrit : Il faut maintenant espérer que, dans cette crise que traverse le Parti et dans le processus qui va désigner une nouvelle direction, cette base se mobilise énergiquement afin de garder le même cap.


Espérons au contraire que les travailleurs, en Grande-Bretagne, prendront le cap des luttes massives et déterminées, ce qui ne figure pas, bien au contraire, dans la feuille de route des politiciens travaillistes, toutes tendances confondues.
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par pietro2 » 20 Déc 2019, 18:53

RAPPEL DU TEXTE DE BLANQUI de com71 (en conclusion )

On ignore la comédie des programmes ; voici comment elle se joue : En montant à l'Hôtel de Ville, on les jette au coin de la borne ; et le jour où l'on redescend les escaliers sous les coups de pied du royalisme, la botte du royalisme dans les reins, on ramasse dans le ruisseau ces lambeaux souillés ; on les essuie, on les défripe, on les retape, on les rajuste, on les promène à grand orchestre devant la foule ébahie. Qu'importe à la réaction ? Elle connaît trop la valeur de ces chiffons de papier pour en prendre souci. Elle sait d'où ils viennent et où ils retournent à un moment donné. Elle laisse tranquillement les saltimbanques en faire étalage sur les champs de foire pour la mystification des badauds.
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 28 Déc 2019, 09:54

Salut camarades,

Blanqui a écrit :On ignore la comédie des programmes


Les avancées révolutionnaires des travailleurs en lutte valent mieux que cent programmes aussi révolutionnaires soient - ils...

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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 09 Jan 2020, 12:35

Salut camarades,

Voici la teneur du tract que les camarades de La Riposte diffuseront dans les manifestations ce 9 janvier 2020 !
Pièces jointes
tract lr 20.JPG
tract lr 20.JPG (161.33 Kio) Consulté 1844 fois
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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 02 Fév 2020, 07:02

Salut camarades,

La Poste s’illustre seulement dans la répression
Le 1er février 2020, Par la rédaction du journal La Riposte

https://www.lariposte.org/2020/02/la-po ... epression/

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Depuis le 5 décembre, les facteurs de Versailles ont rejoint leurs camarades cheminots, de la RATP, de la santé, de l’énergie et bien d’autres dans la lutte contre la réforme des retraites. Cependant, à la différence des autres corps de métier, la direction de la Poste des Yvelines est une fervente militante du Macronisme.

Le 6 février 2020, 5 facteurs de Versailles, syndiqués à la CGT (dont un membre du CHSCT) sont convoqués à un entretien préalable pouvant aller jusqu’au licenciement. Comme c’est coutume à la Poste, les faits qui leur sont reprochés ne sont pas notés sur la lettre de convocation. Cependant, ce n’est pas un hasard que ce soit ces 5 grévistes qui sont convoqués. En parallèle de la lutte contre la régression faite sur notre système de retraites, ils ont fait reculer la Poste de Versailles en les forçant à recréer deux tournées de facteurs.

La répression syndicale à la Poste comme ailleurs est un véritable fléau pour notre classe. Même si dans l’immense majorité des cas (plus de 80%) portés aux prud’hommes, La Poste perd systématiquement, elle s’acharne à s’absoudre du Code du travail pour casser les camarades et par conséquent les mouvements sociaux. La liste des représentants syndicaux de SUD et de la CGT frappés par la répression syndicale depuis la privatisation de l’entreprise ne cesse de s’allonger. Une action au Tribunal de Grande Instance contre l’entreprise pour discrimination syndicale devrait être envisagée de la part de la fédération SUD et CGT.

En attendant ce jour, nous appelons tous les camarades disponibles à aller soutenir Eduardo, Gil, Nicolas, Adrien et Vincent, facteurs à Versailles pour un Rassemblement de soutien jeudi 6 février 2020 au 3 avenue du Centre à Guyancourt à 9h15. Soyons nombreux pour soutenir nos camarades.


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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 06 Fév 2020, 07:54

Salut camarades,

Des primes pour les non-grévistes
par Eric Jouen, PCF 76
Le jeudi 6 février 2020, publié sur le site de La Riposte

https://www.lariposte.org/2020/02/des-p ... grevistes/

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Alors que certains cheminots recevaient leurs bulletins de paie à 0 euro de la part d’une SA (société anonyme), anciennement Société Nationale des Chemins de Fer, d’autres se voyaient attribuer une prime pour fait de….non-grève. La direction affirme sans ambages vouloir « remercier les personnels pour leur implication dans la continuité du service public » et les inviter à un « moment convivial ».

De source syndicale, les primes versées vont de 300 à 1500 euros, une véritable provocation de la part de la direction quand d’autres se retrouvent sans rien, avec des coups de matraque et le souvenir des gaz lacrymogènes en guise de prime pour s’être opposés au projet de réforme des retraites de toutes et tous.

Alors que la direction ne cessait d’expliquer à qui voulait la croire qu’il fallait vendre des actifs (comprendre démanteler l’entreprise SNCF) et réaliser des économies drastiques, ou de justifier la non-augmentation des salaires par le déficit de l’entreprise, il apparaît que tout d’un coup il y a de l’argent pour inciter à ne pas faire grève, à la manière de ce qu’il s’est fait dans l’Education Nationale.

Les militants les plus mobilisés ont constaté une forte présence des forces de l’ordre : blocages de distributions de tracts sur la voie publique, confrontations sur les piquets de grève, puis maintenant menaces, gardes à vue, assignations en justice…

On ne peut pas dire que le gouvernement aux ordres des capitalistes ait lésiné sur les moyens pour tenter de briser les militants les plus déterminés, avec dans les tuyaux une possibilité évoquée par des sénateurs de réquisitionner des grévistes à l’avenir.

L’autre face consiste maintenant à récompenser ceux qui ne participent pas au mouvement contre la réforme des retraites. Et pour la direction de la SNCF, peu importe s’il a fallu multiplier les heures supplémentaires pour assurer un trafic le plus normal possible, avec les risques que cela comporte en matière de sécurité.

Les syndicats ont déjà fait savoir qu’ils vont lancer des procédures judiciaires contre la direction de la SNCF. Car selon la Cour de Cassation, attribuer une prime aux salariés qui n’ont pas participé à un mouvement de grève est une pratique discriminatoire. Lors d’un mouvement de grève, l’employeur (article L2511-1 du Code du travail) ne doit ni sanctionner les grévistes ni favoriser ceux qui n’ont pas participé au conflit. Attribuer une prime aux salariés qui, en plus de leur travail, ont accepté de remplacer leurs collègues le temps de la grève est une pratique illicite.

Ce qui fait honneur à certains bénéficiaires de ces primes, c’est qu’ils aient annoncé qu’ils les reversaient dans une caisse de grève.

Diviser le camp des travailleurs a toujours été une base pour les exploitants. Pas de règne sans division pourrait-on dire. A nous de convaincre les salariés qu’ils partagent tous le même sort et que seule l’unité pourra faire que l’ensemble des salariés puisse remporter une victoire.


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Re: fil "interventions de La Riposte"

Message par Gayraud de Mazars » 12 Fév 2020, 06:49

Salut camarades,

Rendre la pauvreté encore moins visible qu’elle ne l’est déjà : la stratégie du gouvernement Macron
12 février 2020, sur le site de La Riposte
Par Chloé STEPHAN, PCF Rouen

https://www.lariposte.org/2020/02/rendr ... nt-macron/

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La politique économique et fiscale menée depuis l’arrivée à l’Elysée d’Emmanuel Macron a-t-elle fait augmenter le nombre de personnes pauvres en France ? Les mesures fiscales engagées en 2018 ont été nombreuses : hausse de la CSG, allègement de la fiscalité des plus riches par la transformation de l’ISF, gel du point d’indice des fonctionnaires, baisse des cotisations patronales et salariales et la baisse des APL. Les premiers résultats statistiques sur l’évolution du taux de pauvreté en France en 2018 publiés par l’INSEE en octobre 2019 sont sans appel : une hausse record sur un an du taux de pauvreté et un creusement des inégalités sociales, sous l’effet de la politique fiscale du gouvernement qui a favorisé les plus riches, et qu’il s’agit désormais de rendre le moins visible possible pour tenter d’atténuer la crise sociale majeure qui s’ancre aujourd’hui dans le paysage français.

En effet, dans l’un de ses derniers communiqués de presse, l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale (ONPES) publié en octobre 2019 « Comprendre l’augmentation exceptionnelle du taux de pauvreté estimé en 2018 » abondait les estimations de l’INSEE. L’observatoire écrivait ainsi: « Il faut donc considérer comme très probable la hausse exceptionnelle estimée en 2018 du taux de pauvreté monétaire au seuil de 60% du niveau de vie médian qui passerait de 14,1 à 14,7% entre 2017 et 2018, soit un accroissement de près de 400 000 personnes sous le seuil de pauvreté. Cet accroissement est exceptionnel au regard de la longue période. En se reportant 20 ans en arrière, une augmentation d’ampleur comparable n’a été observée qu’en 2005 (+0,5 point) et en 2010 (+0,7 point). Le choc de la crise économique des années 2008/2009 est généralement considéré comme responsable d’une hausse structurelle du taux de pauvreté de l’ordre de 1 point, ce qui donne une mesure de la variation estimée pour un an entre 2017 et 2018. Les deux tiers de l’accroissement du taux de pauvreté, soit 0,4 point, seraient dus aux effets négatifs de l’évolution des prestations sociales. Tenant compte de la neutralisation de diverses mesures, c’est à la baisse des allocations logement dans le parc social que l’on devrait cette hausse de 0,4 point du taux de pauvreté. Un tiers de la hausse estimée du taux de pauvreté serait dû à l’accroissement des inégalités de revenus primaires, attribuée à titre principal à la croissance des revenus financiers avant impôt, l’année 2018 ayant été en effet une année de forte hausse des actifs financiers détenus par les ménages les plus riches et de leurs rendements».

Il est à préciser que ces données n’intègrent pas la réforme de l’ISF qui a bénéficié aux ménages les plus aisés. Si elle avait été prise en compte, elle aurait eu un effet à la hausse sur les indicateurs d’inégalités. D’une certaine manière, cette estimation souligne indirectement l’importance de disposer d’indicateurs quantitatifs fiables pour mesurer la pauvreté. Or depuis le 1er janvier 2020, avec la disparition de l’ONPES, c’est un acquis majeur de la loi d’orientation du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions, loi fondatrice des politiques publiques en matière de lutte contre la pauvreté, qui s’ajoute au tableau de chasse du gouvernement Macron pour « réduire » la pauvreté ou plus simplement ne plus la voir.

Cet observatoire indépendant et autonome, qui réalisait un travail unique en Europe, de collecte de données, d’analyse et de compréhension des mécanismes économiques et sociologiques qui sont à l’origine du développement de la pauvreté, est désormais absorbé par le Conseil National de Lutte contre l’Exclusion (CNLE). Le souci affiché du gouvernement par cette action serait de « rationaliser » les différentes instances pour les rendre plus « efficaces » dans le cadre de la transformation des administrations centrales. Se voulant rassurant, un communiqué du ministère des Solidarités et de la Santé précise que le comité “sera, comme l’était l’Onpes, un lieu de croisement et de partage des savoirs, tourné vers une meilleure prise en compte des personnes concernées”. Mais comment lutter efficacement contre la pauvreté si l’on se prive de moyens de mieux la connaître ? De plus, si l’on observe l’ensemble des politiques de casse de l’État social menées par le gouvernement depuis son arrivée au pouvoir en 2017, nous avons de fortes raison de douter de la sincérité des propos tenus, qui font appel à la même stratégie de manipulation et de mensonge institutionnalisés déployée depuis 2017. L’objectif recherché est bien de «casser le thermomètre» pour ne plus voir l’état du malade. Dans ce cas, la méthode n’est pas nouvelle. Le gouvernement d’Edouard Balladur avait supprimé en 1993 le Centre d’Etudes des Revenus et des Coûts dont les rapports avaient mis en évidence la montée des inégalités et de la pauvreté. L’organisme qui lui avait succédé – le Conseil de l’Emploi, des Revenus et des Coûts – a ensuite vu son action s’éteindre à petit feu (supprimer cette instance aurait sans doute été trop voyant à l’époque) pour disparaître définitivement en 2009 après le départ de son président, Jacques Delors. A cette époque, il s’agissait de jeter un voile pudique sur la montée des inégalités de revenus.

L’ONPES a engagé dernièrement des travaux aussi importants que ceux qui avaient traité de l’invisibilité de certaines populations qui, bien que pauvres, n’apparaissent pas dans les statistiques publiques et ne font donc pas l’objet de politiques spécifiques. La décision de sa suppression renvoie dès lors à la volonté de brider une expression indépendante sur des sujets aussi sensibles que celui des inégalités économiques, sociales, territoriales, éducatives, de santé ou de logement. Loin d’être anecdotique, rappelons que la pauvreté frappe une personne sur dix en France soit 9,3 millions de personnes. Le taux de pauvreté indique la part de la population vivant avec des revenus représentant 60% du revenu médian. En France le revenu médian s’établit en 2018 à 1 710 euros mensuels. On est donc pauvre au sens statistique, en deçà de 1 026 euros par mois. Plutôt jeune, vivant en famille, peu diplômée, ouvrière ou employée : voici le portrait-robot d’une personne pauvre. La moitié des pauvres ont moins de trente ans, autant disposent au maximum du brevet des collèges, un quart vivent au sein d’une famille monoparentale. Il est à noter par ailleurs, qu’un tiers des pauvres sont des enfants parce que leurs parents disposent de revenus insuffisants.

Les données de 2015 publiées par Eurostat positionnaient la France en 3ème position des pays d’Europe présentant un taux de pauvreté parmi les plus bas derrière les Pays-Bas et la Finlande. Selon Oxfam, la France grâce à son « Etat-Providence » était l’un des pays où l’argent était le plus généreusement redistribué des riches vers les pauvres. Mais elle connaît actuellement, sous l’impulsion de la politique capitaliste agressive menée par le gouvernement Macron un phénomène d’accélération de la casse de l’État social instauré depuis l’après-guerre par le Conseil National de la Résistance. Tout le pare-feu social réformiste mis en place est en train de sauter et de creuser le fossé entre les plus riches et les plus pauvres. Oxfam révèle dans son rapport « services publics ou fortunes privées », qu’en 2018 la fortune des milliardaires de la planète a augmenté de 12% représentant un gain quotidien cumulé de 2,2 milliards d’euros, tandis que la richesse de la moitié la plus pauvre de la population mondiale soit 3,8 milliards de personnes a chuté de 11%. Et on constate qu’en 2018 notamment, qu’après les Etats-Unis, la France est le pays qui a connu la plus forte progression du nombre de millionnaires. Aujourd’hui, 8 milliardaires français possèdent autant que les 30% les plus pauvres dans la population, suivant une tendance qu’ont empruntée nombre de pays riches avant elle. Alors que la société capitaliste est globalement plus riche, elle est incapable d’offrir une vie meilleure au plus grand nombre. Les mouvements sociaux de ces derniers mois ont remis avec force sur le devant de la scène l’accroissement des inégalités et la dégradation des conditions de vie des travailleurs les plus pauvres. Les statistiques ne sont là que pour confirmer un phénomène réellement et concrètement vécu par les populations. Les effets de l’offensive capitaliste implacable menée par Macron en France continueront de provoquer des secousses de mobilisations sociales. Plus que jamais, seules des mobilisations massives et une solidarité sans faille de toutes les composantes de la classe ouvrière et des couches exploitées et appauvries de la petite-bourgeoise pourront mettre en échec l’action du gouvernement. Toute perspective de lutte véritable pour réduire la pauvreté ne peut s’envisager désormais que par un renversement du système capitaliste actuel, en expropriant les propriétaires qui possèdent les grands leviers de l’économie et qui concentrent toujours plus la richesse produite collectivement par l’ensemble des travailleurs entre leurs mains. La conscience de classe précédemment abandonnée avec la chute de l’URSS regagne peu à peu du terrain face à ce « retour vers le futur » d’un capitalisme agressif d’avant-guerre. En effet, selon le baromètre GreenFlex de 2019, 57% des Français veulent changer de modèle économique : considérant que le modèle est à bout de souffle, les Français sont désormais majoritaires à réclamer un changement complet du système (Il y a deux ans, ils n’étaient que 30% à avoir cette certitude). A juste titre, comme le soulignait Marx, ce n’est pas la pensée qui fait la conscience mais les conditions matérielles d’existence.


Fraternellement,
GdM
"Un seul véritable révolutionnaire dans une usine, une mine, un syndicat, un régiment, un bateau de guerre, vaut infiniment mieux que des centaines de petits-bourgeois pseudo-révolutionnaires cuisant dans leur propre jus."
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Gayraud de Mazars
 
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