J'accuse

J'accuse

Message par artza » 03 Déc 2019, 09:30

Pour tout dire je trouve le film bien décevant.

Bien sur je ne m'attendais à aucun suspens mais quand même au fil de l'histoire on commence à bailler et c'est pas les galipettes adultères de Picard ni les penchants homosexuels de diplomates allemands et italiens qui réveillent l'attention.

Dujardin fait honnêtement le boulot les autres sont des caricatures voir de simples pantins, Henry un comique troupier qui s'est trompé d'emploi.

Certes l'indépendance d'esprit, l'honnêteté intellectuelle et le courage moral ne sont pas les qualités premières des officiers généraux.
Et ce service de renseignement de l'armée organisée par Courteline !

Au bout du compte cette affaire est montrée par le petit bout de la lorgnette.
Le tremblement politique que connut la France ne se voit pas.

Picard reçoit un télégramme qui lui est remis en main propre par un facteur âgé !
Télégrammes et "petits bleus" (pneumatiques) à Paris étaient présentés par des télégraphistes âgés de 13 à 15 ans.
Le comble Picard ne lui donne pas de pourboire. :shock:
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Re: J'accuse

Message par Zelda_Zbak » 05 Déc 2019, 10:28

Je boycotte à cause du réalisateur.
Blanche Gardin power :
https://www.youtube.com/watch?v=fxdROcLj0Ww
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Re: J'accuse

Message par Cyrano » 06 Déc 2019, 09:14

Blanche Gardin le dit elle-même, elle dit «pratiquement que des conneries».
Se réclamer du Blanche Gardin Power, c'est pas facile.
Elle est revenue, y'a deux semaines, sur son compte Facebook, sur cette histoire des Molières qui date de y'a deux ans maintenant:
«Bon, j'attendais de voir si le film allait marcher. Alors maintenant que j'ai vu les chiffres, je tenais à dire que je n'ai jamais attaqué ad nominem Monsieur Polanski lors de la cérémonie des Molières. J'aimerais qu'on arrête de me mettre des mots de force dans la bouche. Et Roman, si t'as un rôle pour moi je suis dispo en 2020/21.»

Bref, je vais le voir cet aprèm', le film (j'ai une réduc troisième âge). D'ailleurs, je ne fais pas gaffe non plus, mais je vais voir certainement, à l'insu de mon plein gré, plein de films dont Harvey Weinstein est le producteur.
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Re: J'accuse

Message par logan » 06 Déc 2019, 22:54

Ce forum avait moins de mansuétude pour Bertrand Cantat
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Re: J'accuse

Message par com_71 » 06 Déc 2019, 23:20

logan a écrit :Ce forum avait moins de mansuétude pour Bertrand Cantat


Sur "Ce forum", chacun intervient en son nom. Tu y as lu 3 intervenants, dont un seul seulement peut - peut-être - être taxé de "mansuétude".
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: J'accuse

Message par Cyrano » 08 Déc 2019, 10:11

Artza : « c'est pas les galipettes adultères de Picard ni les penchants homosexuels de diplomates allemands et italiens qui réveillent l'attention

A te lire, on a l'impression que ça occupe une petite partie du film et que ça pourrait réveiller. Entre nous, artza, OK, tu t'es ennuyé, mais où sont donc les galipettes? Certes, le colonel Picquart a une amante (qu'il voit bien peu souvent), mais on n'assiste à rien de rien. Le plus torride, c'est lorsque Picquart, ne dormant pas, se lève en chemise de nuit pour lire des lettres dérobées par ses services de renseignement – piètre scénario X. Et de même, les penchants homosexuels de diplomates occupent… juste le temps d'une allusion dans une phrase, rien de plus. Et aussi, voir en quelques secondes, par l'entrebâillement d'une porte, un porteur de télégramme âgé ne peut résumer le film : d'ailleurs, peut-être était-ce un militaire qui portait le télégramme?

Par contre, j'ai remarqué que lorsque le lieutenant-colonel Picquart est nommé chef des services de renseignement, on s'enquiert : est-ce que dans ses mœurs il n'y a rien qui pourrait prêter à un chantage? Etre homosexuel, pédéraste, sodomite, à l'époque était un vrai sport de combat. Au même moment, en Angleterre, le talentueux Oscar Wilde, après des procès homériques, est condamné pour homosexualité et il va écoper de deux ans d'emprisonnement dans une prison immonde.

J'ai aimé le film. Polanski a choisi de serrer au plus près les pérégrinations de Picquart, ses doutes sur la culpabilité de Dreyfus puis ses certitudes sur son innocence. On suit cela dans une lumière de tombée de la nuit, et on découvre la veulerie autiste, le cynisme, la pourriture des galonnés de l'armée. Heureusement que c'est rappelé au début du film : tout est vrai. Il n'y a rien d'exagéré, rien de caricatural à nous montrer des bouffons de généraux anti-juifs, imbus d'eux-mêmes, sacrifiant un homme et sa famille pour la beauté de l'armée revancharde. Les mêmes, quelques années plus tard, en sacrifieront des centaines de milliers avec le même cynisme.

Ce n'est pas montré par le petit bout de la lorgnette: sans la pugnacité du lieutenant-colonel Picquart, y'aurait pas d'affaire Dreyfus: celui-ci aurait pourri dans son bagne. C'est ce qu'on voit dans le film. L'affaire ne commence véritablement qu'en janvier 1898 avec le parution du texte d'Emile Zola, "J'accuse!...". Et ce texte ne peut paraître que grâce à ce qu'on voit dans le film.
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