Spartacus s'en est allé sur les chemins de la gloire !

Spartacus s'en est allé sur les chemins de la gloire !

Message par Gayraud de Mazars » 06 Fév 2020, 09:39

Salut camarades,

Spartacus est mort une seconde fois hier...
En souvenir de Kirk Douglas !
Mais les légendes restent éternelles...

Décès de Kirk Douglas. Mort d'une légende centenaire
Vendredi, 9 Décembre, 2016
Jean Roy, dans le journal L'Humanité

https://www.humanite.fr/deces-de-kirk-d ... ire-628161

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Le légendaire acteur américain est mort le 5 février 2020 à 103 ans. Voici ce qu'écrivait Jean Roy à l'occasion du centenaire de l'acteur.

Retour sur le parcours exceptionnel de ce géant de l’âge d’or hollywoodien qui a marqué l’histoire du cinéma avec ses rôles, notamment dans Spartacus et les Sentiers de la gloire.

(...)

Né le 9 décembre 1916 à Amsterdam, près d’Albany, dans l’État de New York, Issur Danielovitch est l’unique garçon, avec ses six sœurs, d’une famille de paysans quasi illettrés juifs d’un village du sud de Moscou, qui, poussée par la faim et l’espoir, émigre en 1910 aux États-Unis, là où l’herbe est plus verte. C’est dans ce contexte que grandit Kirk Douglas, qui, après bien des petits boulots, dont celui de vendeur de journaux à la criée, voit poindre son envie de devenir comédien, ce qui le conduit à l’Académie des arts dramatiques de New York, où, tout en étudiant Shakespeare, les classiques grecs et les comédies classiques françaises, il rencontre sa femme née aux Bermudes, qu’il épouse en 1943 et dont leur fils Michael naîtra en 1944.

Broadway ouvre ses portes à qui sait jouer tout en pouvant à l’occasion chanter et danser. Ses dons divers sont remarqués par une de ses condisciples de l’Académie, Lauren Bacall, ce qui conduit Kirk de passer de Broadway à Hollywood, où il débute en 1946 aux côtés de Barbara Stanwyck dans l’Emprise du crime, de Lewis Milestone. Puis il est face à Robert Mitchum dans la Griffe du passé, de Jacques Tourneur. Il perce en 1948 dans Chaînes conjugales, de Joseph L. Mankiewicz. En 1952, il est de la Captive aux yeux clairs, d’Howard Hawks, et en 1953 dans les Ensorcelés, de Vincente Minnelli. En 1954, il tient le rôle-titre dans Ulysse, de Mario Camerini. Puis il est face à James Mason et Peter Lorre dans Vingt Mille Lieues sous les mers, de Richard Fleischer, comme il joue le héros de l’Homme qui n’a pas d’étoile, de King Vidor. Il incarne le premier protagoniste de la Vie passionnée de Vincent Van Gogh, de Vincente Minnelli, et manie le flingue dans Règlements de comptes à O.K. Corral, de John Sturges, tandis qu’il est un viking pour Richard Fleischer. Nous sommes déjà en 1959 et le revoici en héros de western retrouvant John Sturges dans le Dernier Train de Gun Hill.

Héros de la lutte contre le maccarthysme

L’homme n’a pas peur, ce qu’il a déjà prouvé dans bien des films. Pourtant, il reste encore un monstre ultime à vaincre moralement, le maccarthysme. Il peut le faire, il va le faire, avec un film dans lequel il accepte non seulement de jouer mais que de surcroît il produira, Spartacus, de Stanley Kubrick, en 1960. La révolte de l’esclave thrace qui en a marre de galérer dans les mines libyennes permet non seulement à Dalton Trumbo de ne plus signer sous pseudonyme, mais à toutes les victimes de la chasse aux sorcières de retrouver dignité et identité. Hommage donc aux époux Rosenberg, à Charlie Chaplin, à Herbert Biberman, à Michael Wilson, à Sterling Hayden, à Dashiell Hammett, à John Garfield, à John Berry, à Jules Dassin et aux autres. Ce n’est pas une coïncidence si le ciné-club le plus militant lors du Front populaire s’appela les Amis de Spartacus.

L’année suivante, Kirk Douglas accepte de jouer dans et de produire El Perdido, de Robert Aldrich, autre jeune loup en colère. Puis, de même, il joue dans le film de l’immigré allemand Gottfried Reinhardt Ville sans pitié, coproduction germano-américaine. Puis retrouve Dalton Trumbo au scénario dans Seuls sont les indomptés, de David Miller, film qu’il produit et interprète. Tourné dans le défunt procédé Métrocolor, Quinze Jours ailleurs, de Vincente Minnelli, est une somptueuse mais paradoxalement intime production MGM qui réunit Kirk Douglas, Edward G. Robinson, Erich von Stroheim, George Hamilton, Claire Trevor et Cyd Charisse dans une étonnante imbrication des générations. C’est à la Joel (compagnie de production de Kirk Douglas) que l’on trouve le Dernier de la liste, de John Huston, film réédité mercredi dernier, qui réunit une pléiade d’acteurs, dont, outre Kirk Douglas et John Huston, on remarquera Marcel Dalio dans un petit rôle et, dans la figuration intelligente, Tony Curtis, Burt Lancaster, Robert Mitchum et Frank Sinatra. Il est aussi coproducteur et interprète de Sept Jours en mai, de John Frankenheimer.

Le poulet de San Sebastian

N’oublions pas ce choc des géants, la rencontre de John Wayne et de Kirk Douglas dans Première Victoire, film produit et réalisé par Otto Preminger, le plus célèbre pourfendeur des codes de censure hollywoodiens. Comme il ne faudrait pas oublier que Ben Barzman fut le coscénariste des Héros de Telemark, le dernier film d’Anthony Mann.

Parmi les superproductions, on compte aussi Paris brûle-t-il ?, de René Clément, sur un scénario de Gore Vidal et Francis Coppola. On se souvient du générique ayant réuni Jean-Paul Belmondo, Charles Boyer, Leslie Caron, Jean-Pierre Cassel, George Chakiris, Alain Delon, Kirk Douglas (dans le rôle du général Patton), Gert Frobe, Yves Montand, Anthony Perkins et Orson Welles.

Il faut en finir. Arrêtons donc avec l’Arrangement, d’Elia Kazan, film de 1969 dans lequel il joue et qui prouve à quel point il convient de refuser les compromissions quand le Mal tente de l’emporter sur le Bien.

Bon centième anniversaire, cher Kirk Douglas. Je n’ai pas oublié le poulet que nous avions partagé au restaurant Arzac à San Sebastian le jour de tes 80 printemps.


Fraternellement,
GdM
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Gayraud de Mazars
 
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Re: Spartacus s'en est allé sur les chemins de la gloire !

Message par com_71 » 06 Fév 2020, 12:24

Gayraud de Mazars a écrit :Spartacus est mort une seconde fois hier !


Spartacus est mort bien des fois, dont une à Berlin en janvier 1919. Mais il a toujours ressuscité !
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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com_71
 
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Re: Spartacus s'en est allé sur les chemins de la gloire !

Message par artza » 07 Fév 2020, 06:56

Etre le phénix et éviter d'être Antée :D
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