Bon anniversaire, little big indian...

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Message par com_71 » 06 Fév 2020, 14:45

Yakari fête ses 50 ans: "Ce n'est pas un super-héros, c'est un petit Indien de huit-neuf ans!"
01/02/2020

Derib, créateur de Yakari, né il y a 50 ans, raconte pour BFMTV sa passion toujours intacte pour son personnage et en dévoile les secrets.

"Avec Petit Tonnerre / Tu files comme l'éclair / À travers la prairie / Où le vent souffle Yakari". Le célèbre petit indien, qui vient de fêter ses 50 ans et de sortir son quarantième tome, est l’une des têtes d’affiche de Folklorique errance, fantastique enfance. Présentée du 29 janvier au 2 février au festival de la BD d’Angoulême, cette exposition met en parallèle plusieurs héros de BD jeunesse comme Yakari, Petit Vampire, Hilda et Naruto.

L’occasion idéale pour rencontrer Claude de Ribaupierre, alias Derib, créateur de Yakari entre deux planches des Schtroumpfs dans les années 1960. Après 50 ans de carrière, Yakari n’a pas pris une ride. Ses histoires humanistes et généreuses, vendues à plus de 2,5 millions d’albums et traduites en 23 langues traduites, ont été adaptées en série à la télévision et débarqueront le 30 septembre au cinéma.

Derib, qui planche sur le quarante et unième album de Yakari, raconte pour BFMTV sa passion toujours intacte pour son personnage et en dévoile les secrets.

Yakari est né en 1964 entre deux planches des Schtroumpfs…

J’avais 20 ans et j’étais l’assistant de Peyo, notamment sur l’album Le Schtroumpfissime. À l’époque, Peyo était déjà un homme d’affaires et on ne le voyait pas avant quatre, cinq heures de l’après-midi. On passait notre temps à chercher des idées. On avait envie d’être auteur de nos propres séries. J’étais déjà passionné par les Indiens et les chevaux. Un jour, j’ai dessiné un bonhomme qui s’est tout de suite appelé Yakari. Il est resté deux ans dans mes tiroirs jusqu’à ce que je rencontre André Jobin, dit Job, futur scénariste de Yakari. La première histoire a été publiée dans Le Crapaud à lunettes, un journal pour adolescents en Suisse. On pensait n’en faire qu’une et on en est aujourd’hui à sa quarante-et-unième!

Le nom de Yakari vous est vraiment venu tout de suite?

Oui. C’était souriant comme nom. C’était gai. Ça me plaisait bien. L’avantage que Yakari a, c’est qu’il n’est pas traduit. Il s’appelle Yakari dans les 23 langues dans lesquelles ses aventures sont disponibles. C’est une bonne chose.

Pourquoi prendre comme personnage principal un Indien?

J’ai découvert les Indiens à travers deux bandes dessinées. Corentin chez les Peaux-Rouges de Paul Cuvelier a été une révélation. Il y avait une documentation extrêmement précise pour l’époque sur les costumes, les tipis et la manière dont les Indiens montaient à cheval. J’ai été aussi très marqué par l’Apache Une-Seule-Flèche dans Jerry Spring de Jijé. Jijé est un des deux grands maîtres de la BD avec Franquin qui m’a permis d’arriver où j’en suis aujourd’hui. Yakari est inspiré de Franquin, Peyo et Roba. C’est vraiment l’école belge humoristique.

On sent dans Yakari votre plaisir et votre aisance à dessiner des chevaux. Où avez-vous appris à les dessiner?

Mes premiers dessins, à l’âge de quatre, cinq ans, étaient des chevaux! Quand j’ai su qu’il y avait des chevaux de manège pas loin de chez moi, j’y suis allé avec des carottes que je leur donnais. Ils venaient près de moi et ça me permettait de dessiner des détails: les oreilles, les nasaux, l’encolure, les jambes… Quand je suis devenu plus tard propriétaire de chevaux, je les ai dessinés également, évidemment. C’est l’animal que je connais le mieux. C’était logique pour moi de faire une histoire avec les Indiens, car ce sont les meilleurs cavaliers du monde.

Yakari est adressé aux enfants, mais vous proposez des planches très audacieuses graphiquement…

Oui. Je dessine pour me faire plaisir. Je suis plus dessinateur que scénariste, bien que j’aie écrit beaucoup d’albums. J’ai besoin de m’étonner moi-même. Les découpages de planches, c’est vraiment le plaisir fondamental du dessinateur. C’est le moment où il peut s’exprimer le plus librement. Je ne m’en prive pas.

L’album consacré à Nanabozo, le grand lapin, joue avec les échelles. Yakari grandit, rapetisse... Il y a un aspect très ludique dans ses aventures.

Il faut bien se rendre compte que quand on travaille plus d’une année sur une histoire, si on ne s’amuse pas, c’est triste! Quand je commence une histoire, je m’y consacre à 100%, qu’elle soit réaliste (Buddy Longway) ou humoristique (Yakari).

Le Secret de Petit Tonnerre (1981) est un album important. Petit Tonnerre y est seul pendant la moitié de l’histoire!

C’était original. C’était un challenge. C’est un des albums qui s’est le mieux vendu, parce qu’il interroge beaucoup les gens. Pour les amateurs de chevaux, c’est aussi amusant de lire une histoire comme ça. Avec le quarantième album, L'Esprit des chevaux, on a voulu reprendre avec Joris Chamblain, le [nouveau] scénariste, les explications des conséquences du Secret de Petit Tonnerre.

Dans Le Premier galop (1990), Petit Tonnerre abandonne Yakari!

Ça fait partie de leur jeu. Si Yakari exagère ou est trop dominateur, Petit Tonnerre reprend sa liberté pour lui montrer que ça ne fonctionne pas comme ça. Le long-métrage sera beaucoup axé sur la liberté de Petit Tonnerre. Yakari mettra beaucoup de temps avant de devenir son ami. J’ai trouvé ça super. C’est normal que Yakari soit montré avec son propre caractère, forgé par les expériences de la vie. Il y a des moments où c’est difficile. C’est important de montrer toutes ces phases. Yakari n’est pas un super-héros, c’est un petit Indien de huit-neuf ans!

La nature occupe une place très importante dans Yakari...

C’est presque le personnage principal. J’ai besoin de ce contact avec la nature et les animaux. J’ai souvent fait de grandes cases, parce que ce serait dommage de se priver de ces paysages qui ont marqué le mythe de l’Amérique. Je ne suis jamais allé aux Etats-Unis. Je me suis inspiré de documents, mais aussi du canton du Valais, en Suisse, où je passe beaucoup de temps. C’est un petit Canada! Dessiner les montagnes et l’ambiance du Valais est pour moi un très grand plaisir.

Votre objectif, avec Yakari, était-il de retranscrire le mode de vie des Indiens?

C’est encore plus fort dans [mes autres séries] Buddy Longway, Celui qui est né deux fois et Red Road. Yakari, c’est une vision poétique de l’Amérique, une vision idéale de la vie dans la nature. Dans mes autres histoires, on est très proche des Indiens Sioux, qui sont ma passion. Dans Yakari, ça reste un alibi pour raconter de belles histoires sur la nature et les animaux.

Yakari a un peu changé physiquement en cinquante ans...

Il a un petit peu grandi. Ses jambes se sont un peu allongées en fonction du dessin animé. C’était difficile pour les animateurs de faire courir Yakari avec de toutes petites jambes. D’eux-mêmes ils l’avaient un peu agrandi et je m’y suis adapté. Les héros de BD évoluent toujours. Regardez Tintin, Astérix. Ce ne sont plus les mêmes entre le premier et le dernier album de la série.

Comment faisiez-vous dans les années 1970 et 1980 pour dessiner deux albums par an dont un Yakari?

Je suis un passionné de ce métier. J’ai passé beaucoup de temps à la montagne avec mon épouse avant que nos enfants soient en âge d’être scolarisés. Là-haut, il n’y avait ni télévision, ni téléphone. Je dessinais beaucoup plus vite. Il y avait une énergie totalement différente. J’arrivais à faire entre treize et quinze pages par mois [les albums font 44 pages, NDLR] - ce que je suis totalement incapable de faire aujourd’hui. Ça m’a permis de faire deux albums par an pendant des années. Maintenant, je fais deux albums sur trois ans. Ce qui n'est déjà pas mal!

Quel est votre album préféré de Yakari?

Il n’y en a pas vraiment… Mais si je voulais être dur, je dirai que les sept ou huit premiers me plaisent beaucoup. J’aime beaucoup Le Pays des Loups, Le Premier galop, L’Étranger. J’aime bien Le Grizzly, Le Bison Blanc et Grand Aigle, bien évidemment. Maintenant que je m’y suis remis et que je collabore avec d’autres scénaristes qu’André qui était trop fatigué, je redécouvre un plaisir graphique. J’ai beaucoup aimé le 40e, L’Esprit des chevaux, et je m’amuse encore plus avec le 41e. C’est l’histoire d’un petit aiglon qui tombe dans une crevasse lors de son premier vol. Yakari doit l’aider… Je n’en dirai pas plus! J’ai pu amener plus de choses personnelles.

Souhaitez-vous que Yakari vous survive?


Je ne me pose pas la question pour le moment. (rires). Je n’ai pas tellement envie de penser à cela. Disons qu’aujourd’hui je ne serais pas tellement ouvert à ce que ce soit continué. À moins que quelqu’un me démontre par le dessin qu’il est capable de reprendre l’esprit de Yakari. Pour le moment il n’en est pas question. Mais on peut toujours changer d’idée.

Jérôme Lachasse


https://www.bfmtv.com/culture/yakari-fe ... 47075.html
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: Bon anniversaire, little big indian...

Message par com_71 » 06 Fév 2020, 14:53

Et n'oublions pas non plus Buddy Longway et Chinook.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Buddy_Longway
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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