Re: Algérie, le "hirak" et sa suite

Dans le monde...

Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 24 Déc 2019, 12:57

Communiqué du PT au lendemain de l'élection de Tebboune :

https://www.dzvid.com/2019/12/14/pt-la- ... evolution/
L’intérêt ne pense pas, il calcule. Les motifs sont ses chiffres. K. Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois » 1842.
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 27 Déc 2019, 21:23

Aujourd'hui (45e vendredi), des milliers de portraits d'Abane Ramdane (assassiné en 1957 au Maroc, figure "civile" de l'insurrection algérienne) dans les rues. Qui est à l'origine de ce pied de nez aux militaires ?

https://www.tsa-algerie.com/45e-vendred ... quau-bout/
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 02 Jan 2020, 11:39

LO 31 Décembre 2019 a écrit :Algérie : Gaïd Salah est mort, le Hirak se poursuit

Le 23 décembre, quelques jours après la tenue d’une élection présidentielle qu’il avait imposée malgré le rejet massif de la population, Ahmed Gaïd Salah, qui était devenu l’homme fort de l’Algérie après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, est mort à l’âge de 79 ans.

Cet ancien combattant de la guerre d’indépendance contre la France avait été nommé chef d’état-major de l’armée en 2004, par ce même Bouteflika. Gaïd Salah avait soutenu la candidature de celui-ci à un 5e mandat. C’est cette énième candidature d’un homme impotent et muet depuis des années, vécue comme l’humiliation de trop, qui a entraîné depuis le 22 février des manifestations exprimant une colère populaire longtemps contenue.

Rapidement, Gaïd Salah avait dû pousser Bouteflika à renoncer à briguer un nouveau mandat et à démissionner. Mais par la suite, toutes ses manœuvres pour tenter d’endiguer un mouvement populaire, qui continuait en exigeant la fin du « système », avaient échoué. Ni l’opération mains propres consistant à envoyer en prison un certain nombre de profiteurs trop visibles de ce système ni les tentatives de division, ni les menaces, la censure et les arrestations de militants et de manifestants, ni finalement l’élection présidentielle du 12 décembre, n’ont découragé les manifestants. Depuis septembre, Gaïd Salah lui-même à son tour était d’ailleurs devenu leur cible principale.

Les trois jours de deuil national décrétés pour les funérailles ont encore été l’occasion pour le régime de tenter de redorer un blason bien terni. La mise en scène médiatique de l’enterrement de Gaïd Salah, le 25 décembre, où on a vu des milliers de personnes accompagner le cercueil aux cris de « Armée, peuple, frères, frères », n’a cependant pas arrêté le mouvement populaire. Dès vendredi 27 décembre, les manifestants ont été de nouveau nombreux dans les rues, criant des slogans tels que « Les généraux à la poubelle et l’Algérie aura son indépendance ! », « Un État civil et non militaire ! »

La cible était désormais le nouveau président Tebboune, élu le 12 décembre pour être la nouvelle façade civile d’une armée toujours à la manœuvre. Cette façade s’est étoffée par la nomination d’Abdelaziz Djerad au poste de Premier ministre, un homme qui n’apparaît pas comme compromis dans la gestion récente du pays, mais qui n’en est pas moins lui aussi un pur produit du « système ». Djerad a fait ses preuves durant la décennie noire, tout comme le nouveau chef d’état-major Saïd Chengriha. Après la mort de Gaïd Salah, le nouveau président voudrait donner l’illusion qu’une page se tourne. Mais beaucoup de ceux qui depuis dix mois ont donné vie au Hirak (le mouvement) n’y croient pas et veulent poursuivre la mobilisation.

Les arrestations n’ont d’ailleurs pas cessé, et les droits élémentaires sont toujours bafoués. Le 20 décembre, la condamnation à dix-huit mois de prison de Mohamed Tadjadit a marqué les esprits. Surnommé le « poète du Hirak », il a été déclaré coupable d’atteinte à l’intérêt national pour ses poèmes déclamés sur les marches du Théâtre national ! Mais surtout, rien de fondamental n’a changé dans le quotidien des travailleurs et des classes populaires : quelques grands patrons sont en prison mais la loi patronale est toujours en vigueur. Quelques ministres et hauts fonctionnaires aussi ont été arrêtés, mais le pouvoir des hauts gradés de l’armée, qui ont la main sur la rente pétrolière, est intact.

Après dix mois d’une mobilisation inédite, beaucoup se demandent comment en finir avec ce système corrompu qui les écrase. Comment se débarrasser d’une caste d’officiers et d’affairistes qui ont fait main basse sur les richesses du pays ? Comment vivre librement et dignement et obtenir ainsi ce que les manifestants nomment « une nouvelle indépendance » ? Pour que le mouvement populaire débouche sur une issue favorable pour les classes exploitées, il faudra qu’elles se donnent les moyens de renverser non seulement les dirigeants actuels, mais cet appareil d’État qui est au service de la bourgeoisie algérienne et est aussi le relais de l’impérialisme, de son exploitation et de l’oppression qu’il perpétue.
Leïla Wahda
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 04 Jan 2020, 13:00

tsa 4 janvier a écrit :46e vendredi : le hirak maintient le cap

Pour le premier vendredi de la nouvelle année, le mouvement populaire n’a pas dérogé à la règle qu’il s’est fixée depuis maintenant plus de dix mois : toujours aussi mobilisé et déterminé à faire aboutir ses revendications.

Attendu comme un autre test, au regard de la nouvelle donne politique marquée par la désignation d’un nouveau Gouvernement et la remise en liberté de nombreux détenus d’opinion à l’image du moudjahid Lakhdar Bouregâa, le hirak a de nouveau montré qu’il garde le cap.

C’est en tout cas l’impression qui se dégageait de la forte mobilisation enregistrée ce vendredi dans de nombreuses wilayas du pays.

À Alger, comme toujours, la mobilisation était impressionnante, du moins plus importante que celle de vendredi passé. En milieu d’après-midi, les principales artères étaient noires de monde.

On ignore si la libération la veille, des détenus d’opinion dont certains étaient présents et accueillis en héros à l’image de Hakim Addad ou encore du poète Mohamed Tadjadit, a galvanisé le mouvement. Mais les manifestants, pour cette journée ensoleillée, sont sortis en masse pour réitérer ce qu’ils ne cessent de réclamer depuis le début du mouvement, le changement radical du système et l’instauration d’une démocratie véritable.

« Vous avez libérés les détenus, mais nous, on veut libérer l’Algérie », proclamait une pancarte déployée par un manifestant. Comme pour répondre à la désignation du nouveau gouvernement, passé presque comme un non événement, un autre brandissait une pancarte sur laquelle on pouvait lire notamment : « Vous avez choisi la provocation, nous on a choisi, la continuation ». « On ne se pliera pas ! », « On a dit que vous allez partir, où c’est vous ou c’est nous », proclament d’autres.

Déployant une immense banderole composée de drapeaux nationaux sur lesquels sont noté les wilayas du pays, les manifestants, notamment la déferlante humaine venue de Bab El Oued, n’ont pas manqué de chanter des slogans sur l’unité nationale, non sans lancer un défi aux baltaguias, ces personnes chargées de perturber les marches comme à Bordj Bou Arreridj marquée par quelques incidents, selon plusieurs sources.

« Les Algériens khawa khawa wa echaab mwahed yalkhawana » (les Algériens sont frères et unis, brande de traîtres » ou encore « Baltaguia, mrahba bikoum ou al assima testna fikoum » « Bienvenus aux baltaguis, la capitale vous attend », chantaient en chœur les manifestants.

Comme d’habitude les portraits des détenus dont ils réclament toujours la libération sont présents en force, mais également les héros de la révolution. Comme pour Abane Ramdane le week-end passé, Mohamed Khider assassiné en 1967 à Madrid a eu droit à un hommage à travers des portraits à son effigie.

Autres nouveautés : la réapparition de l’emblème amazigh déployé par un groupe de jeunes bien encadrés par les manifestants comme pour éviter d’éventuels interpellations de la part des services de sécurités déployés, comme d’ordinaire en nombre, mais impassibles.

Comme lors des vendredis précédents, les manifestants ont réitéré leur rejet de la présidentielle du 12 décembre. «Winrahi El Adala, Win Rah elqanoun, nehaw Bouteflika, djabouna Tebboune » (Où est la justice, où est la loi, ils ont enlevé Bouteflika et nous ont ramené Tebboune).

Aussi rejettent-ils le dialogue avec un président qu’ils considèrent « illégitime ». La presse, non plus, n’a pas été épargnée. « Essahafa ya echiyatine, ntouma sbabna ya el medhlouline », « Presse complaisante et indigne, la cause de notre réaction ». Ce n’est que vers dix-huit heures que les manifestants se sont dispersés dans le calme.

En plus d’Alger, des manifestations pacifiques ont eu lieu à Oran, Constantine, Annaba, Blida, Tizi Ouzou, Jijel, Mostaganem, Tlemcen, Sétif, El Oued, Tizi Ouzou, Bejaia, Bouira, Chlef, Biskra, Ouargla, Adrar, Skikda, Médéa, Tébessa, Batna, Bordj Bou Arreridj, M’sila…


https://www.tsa-algerie.com/46e-vendred ... nt-le-cap/
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 04 Jan 2020, 20:57

Pour sourire un peu
https://el-manchar.com/
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par yannalan » 11 Fév 2020, 18:14

Louisa Hanoune, dirigeante du PT algérien, est passée devant la Cour d'appel militaire qui a réduit sa peine à trois ans dont neuf mois fermes, elle a donc été libérée.
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Re: Algérie, le "hirak" continue

Message par com_71 » 14 Fév 2020, 22:53

AFP•14 février 2020 a écrit :Algérie: nouvelle mobilisation populaire une semaine avant le 1er anniversaire du "Hirak"

Alger (AFP) - Plusieurs milliers de personnes ont défilé vendredi à Alger pour demander la fin du "système" au pouvoir, lors de leur marche hebdomadaire, à une semaine du premier anniversaire du "Hirak", mouvement de protestation populaire inédit qui agite l'Algérie.

Une dizaine de milliers de manifestants ont réclamé une fois encore un "Etat civil et non militaire", le slogan phare du "Hirak", et promis de "continuer jusqu'au changement" de régime, selon un journaliste de l'AFP.

"Nous célébrons une année de "Hirak", de manifestations et de marches. Et s'il faut marcher une année encore je marcherai pour mon pays", a assuré Salima, 55 ans, une professeure d'université.

"Le premier but est atteint: la libération de la parole. Maintenant on veut un changement réel", a affirmé l'enseignante.

"Durant une année de manifestations, le monde a vu qu'en Algérie il y a un peuple libre. C'est important pour notre honneur sali par (Abdelaziz) Bouteflika et sa dictature", a renchéri Ahmed, un fonctionnaire de 34 ans.

Né le 22 février pour s'opposer à la perspective d'un cinquième mandat du président Bouteflika, le "Hirak" a obtenu le 2 avril la démission du chef de l'Etat, alors au pouvoir depuis 20 ans.

Depuis, il réclame en vain une véritable rupture avec le "système" politique en place depuis l'indépendance en 1962. Il conteste l'élection à la mi-décembre du nouveau président Abdelmadjid Tebboune, un ancien fidèle de M. Bouteflika.

- "J'aime la Révolution" -

En ce jour de Saint-Valentin, affichant un grand coeur rose sur une pancarte, une jeune femme déclarait sa flamme à la "Révolution" -- surnommée la "Révolution du sourire" en raison de son caractère pacifique.

Au moins un drapeau "amazigh" (berbère), banni par l'armée des cortèges, est réapparu vendredi dans les rues d'Alger, des policiers tentant en vain de l'arracher, a constaté le journaliste de l'AFP.

Comme chaque vendredi, le cortège brandissait les portraits d'opposants détenus pour faits en lien avec le "Hirak", notamment de Karim Tabbou, un figure du mouvement incarcéré depuis la fin septembre.

Depuis le début de l'année, plusieurs dizaine de prisonniers poursuivis dans le cadre du "Hirak" ont retrouvé la liberté après avoir purgé leur peine ou avoir été relaxés.

Mais une centaine reste en détention.

Vendredi, la foule a également rendu hommage au procureur adjoint du tribunal de Sidi M'Hamed (centre d'Alger), Mohamed Belhadi, muté cette semaine pour avoir requis la relaxe pour des manifestants du "Hirak" en réclamant, dans une récente vibrante plaidoirie, une "justice indépendante".

"Non à la justice du téléphone !", ont scandé les "hirakistes", en dénonçant une hiérarchie judiciaire aux ordres accusée d'obéir aux adjurations par téléphone du pouvoir exécutif.

Les manifestants se sont dispersés dans le calme en fin d'après-midi, la police veillant à faire quitter rapidement les lieux aux derniers marcheurs.

Comme chaque semaine, des marches similaires ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, notamment à Oran, Bordj Bou Arreridj, Mostaganem, Mascara et dans la région berbérophone de Kabylie, selon les réseaux sociaux.

Sans structure formelle, le "Hirak" apparaît néanmoins divisé sur la marche à suivre à l'orée de sa 2e année, notamment sur la pertinence et les modalités d'éventuelles discussions avec le pouvoir, mais aussi sur la forme que doit prendre à l'avenir la contestation.


https://fr.news.yahoo.com/alg%C3%A9rie- ... 39446.html
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le "hirak" d'Algérie

Message par com_71 » 25 Mars 2020, 17:37

Algérie : peine de prison alourdie pour Karim Tabbou, figure du Hirak

Il a été condamné le 24 mars 2020, lors d’un procès expéditif en appel, à une peine alourdie d'un an de prison ferme. Il était libérable le 26 mars.

La crise épidémique qui touche Alger n’a pas calmé les ardeurs de la justice algérienne. Karim Tabbou, opposant politique de 46 ans, était libérable le 26 mars 2020. Il avait écopé le 26 septembre 2019 d'une peine d'un an de prison, dont six mois ferme, pour "atteinte à l'intégrité du territoire national". Mais en appel, sa peine a été aggravée à un an ferme.

"L'affaire n'était pas programmée jusqu'à hier. On a été prévenu ce matin. On est venu en courant", a raconté à l'AFP Amine Sidhoum, l'un des avocats présents à l'audience du 24 mars. "On a exigé la présence de l'accusé qui avait eu une poussée de tension et était soigné à l'infirmerie du tribunal", a poursuivi Me Sidhoum. "Le juge n'a rien voulu entendre et il s'est retiré pour délibérer. En sortant, il nous annonce un an de prison. Il a changé les six mois avec sursis du premier jugement en six mois ferme", a expliqué le défenseur.

Karim Tabbou est l'un des visages et l'une des voix les plus connus du Hirak, le mouvement de protestation anti-régime qui secoue l'Algérie depuis plus d'un an.
Six mois de prison supplémentaire

Avec cette condamnation, il ne sortira donc pas de prison le 26 mars et devra attendre encore six mois de plus. Le ministère de la Justice avait pourtant annoncé le 16 mars la suspension, jusqu'au 31 mars, de toutes les audiences des tribunaux criminels et correctionnels, à l'exception de celles déjà en cours pour des personnes en détention, qui se poursuivent à huis clos.

Dans un communiqué, Amnesty International a demandé aux autorités algériennes d'"annuler immédiatement la condamnation de Karim Tabbou et d'abandonner toutes les charges retenues contre lui." "La décision de justice rendue aujourd'hui envoie un message effrayant aux manifestants, y compris aux militants politiques et autres militants de la société civile. Toute personne qui ose s'opposer ou critiquer le gouvernement sera punie", a dénoncé la directrice de l'ONG pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Heba Morayef.
Bâillonner le Hirak

M. Tabbou devait sortir de prison après avoir purgé sa peine, mais le procureur a interjeté appel à une date non précisée. Lui-même avait fait appel en proclamant son innocence, selon Me Sidhoum.

"On est abasourdi de ce qui arrive, pas seulement à Karim Tabbou mais à la justice algérienne. Cela dépasse l'entendement. On est choqué", s'est insurgé Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH), interviewé par téléphone. Dans un communiqué, la LADDH a dénoncé un "procès en catimini", estimant que "ce procès en deuxième instance a été programmé pour empêcher (Karim Tabbou) de quitter la prison".

https://www.francetvinfo.fr/monde/afriq ... tor=AL-79-[article]-[connexe]
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Re: Algérie, le "hirak" et sa suite

Message par com_71 » 18 Mai 2021, 11:02

article LO, 11 Mai 2021 a écrit :Algérie : crise sociale et réaction des travailleurs

En Algérie, les travailleurs de nombreux secteurs confrontés à l’effondrement de leur pouvoir d’achat sont entrés en lutte pour défendre leur droit à l’existence.

Ces grèves interviennent dans un contexte de crise politique ouverte depuis le déclenchement du Hirak, le puissant mouvement populaire qui en 2019 avait conduit à la démission de Bouteflika.

Toutes les tentatives de l’actuel président, Abdelmadjid Tebboune, pour faire taire la contestation et trouver une issue à la crise politique se révèlent être un échec. Après le camouflet subi lors du référendum sur la Constitution, les élections législatives anticipées qui auront lieu le 12 juin, présentées comme un gage d’une « Algérie nouvelle », semblent massivement rejetées. La libération de détenus d’opinion et la prétendue volonté de dialogue du gouvernement n’ont pas non plus empêché la reprise des marches hebdomadaires du hirak, après un an de suspension pour cause de pandémie.

Si leur persistance malgré la répression exprime la détermination des « hirakistes », l’ampleur des marches s’est cependant considérablement réduite. L’espoir de changement suscité par le mouvement a débouché sur une certaine désillusion. Les forces politiques qui agissent en son sein, des démocrates du PAD aux islamistes du Rachad, affirment toutes vouloir dégager le « système » et construire une « Algérie libre et démocratique », mais sont en fait respectueuses d’un ordre social qui écrase la population. Elles sont indifférentes aux luttes des travailleurs qui tentent d’imposer leurs droits syndicaux et qui luttent pour leur survie.

Officiellement, au moins 500 000 travailleurs auraient perdu leur emploi en 2020, sans qu’aucune allocation vienne compenser la perte de salaire. Avec la flambée des prix et la dévaluation du dinar d’un quart de sa valeur, le pouvoir d’achat s’est effondré. Près de la moitié des onze millions de travailleurs gagnent moins de 30 000 dinars (175 euros) et beaucoup gagnent bien moins.

Aussi, dans le secteur public, les luttes pour les salaires se sont multipliées durant le mois de ramadan. Employés communaux, personnel de santé, personnel de l’éducation, de la Poste, des impôts et pompiers… ne se résignent pas à faire les frais d’une crise qui les pousse inexorablement vers la misère. Le journal El Watan rapporte les propos d’un employé communal en grève, payé 18 000 dinars (85 euros) et qui n’a pas vu la revalorisation de 2 000 dinars promise par Tebboune. Ses collègues embauchés dans le cadre d’un dispositif d’insertion sont payés entre 5 400 DA et 11 000 DA. « Que puis-je acheter pour mes enfants avec cette misère de 5 400 DA ? » dit l’un d’entre eux.

Parties de la base ou à l’initiative de syndicats locaux, ces grèves se sont propagées malgré les directions syndicales, dont les travailleurs se méfient, en particulier celle de l’UGTA qui est un fidèle soutien du pouvoir.

C’est hors du cadre syndical que la grève des enseignants s’est étendue, comme la très populaire grève de la protection civile. Les pompiers n’ont cessé d’être sur le front, avec la pandémie, la multiplication des incendies et les inondations, et ils ont dit qu’ils en ont assez de gagner un salaire de base inférieur au salaire minimum, pour des semaines qui dépassent les 40 heures. Excédés de ne pas toucher les primes qu’on leur doit, de devoir travailler 80 heures de plus gratuitement, ils ont bravé l’interdiction de manifester qui leur est faite, se heurtant aux forces de répression.

Face à cette effervescence sociale, le pouvoir a suspendu 230 pompiers, en les accusant de « complot contre le pays ». L’armée est même sortie de sa relative réserve. Dans les colonnes de sa revue, El Djeïch, elle a estimé que « la multiplication des mouvements de grève et de protestation observés ces derniers jours sur la scène nationale vise à provoquer la rue et à généraliser le chaos afin de faire échec aux prochaines élections législatives ». Les protestataires sont accusés de trahison et d’être poussés « par des partis hostiles à l’Algérie ».

Des menaces de guerre civile sont ainsi brandies, afin de créer un climat de peur et de tenter d’éteindre l’incendie social qui couve. Elles ne suffiront peut-être pas à l’empêcher de s’étendre.

Leïla Wahda
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Re: Algérie, le "hirak" et sa suite

Message par com_71 » 18 Mai 2021, 11:39

Datant du 21 avril, un article sur la page facebook de "Voie ouvrière pour le socialisme".
Droit de réponse à l'article de Révolution permanente, tendance du NPA
Dans votre article au sujet du Hirak intitulé ''Algérie. Luttes sociales contre processus électoral : le hirak toujours à l’épreuve du régime", vous avez rapporté ceci: "Jugeant que le hirak est en recul et ne permet pas de mettre en lumière les revendications sociales des travailleurs en raison de la présence des tendances petites-bourgeoises démocrate-libérales ou islamistes, ce GROUPUSCULE estime que l’heure est carrément à abandonner le mouvement".
Tout en vous invitant à lire ou à relire nos textes, disponibles sur notre page Facebook, nous tenons à récuser ces attributions schématiques, erronées et sectaires que vous tentez de coller à notre politique.
Premièrement, ne nous sommes pas de ceux qui quittent un navire qui prend de l'eau et nous ne sommes jamais détournés des mouvements parce qu'ils sont ''en recul", tout comme nous n'investissons pas les mouvements parce qu'ils sont à la mode. Nous avons été les seuls à rester fidèles au combat de la classe ouvrière et tenté avec nos moyens de "GROUPUSCULE" de rendre visibles les luttes des travailleurs qui se battent en-dehors du Hirak depuis au moins, octobre 2019. Pourtant, ces luttes étaient en recul et surtout moins attractives pour les médias de la bourgeoisie et les révisionnistes de ''l'unité démocratique".
Deuxièmement, nous n'avons pas "abandonné" le mouvement" en raison de la présence des tendances petites-bourgeoises démocrate-libérales ou islamistes". Ça serait ridicule et sectaire. Nous avons salué, dès le 1er mars 2019, l'adhésion massive de la petite bourgeoisie citadine et paysanne dans le Hirak. Si nous nous battons contre les illusions petites bourgeoises, ne nous sommes pas aussi sectaires que vous voulez le faire croire. Nous sommes toujours convaincus que l'une des tâches de la classe ouvrière est de gagner, sous sa direction, ''les couches moyennes", sans quoi la victoire de la révolution est quasiment impossible, comme l'avait démontré, maintes fois, l'histoire du mouvement ouvrier.
Loin de ces raccourcis, nous avons à chaque étape du mouvement populaire pris position contre les manœuvres du régime et celles des notabilités qui se sont imposées à sa direction. Nous avons averti sur l'hémorragie populaire et sur l'essoufflement du mouvement depuis juin 2019. Nous avons révélé combien ce hirak détourné, était discrédité dans les milieux populaires et ouvriers bien avant l'échec cuisant de la grève générale du 8-12 décembre 2019. Nous avons appelé à l'élaboration d'un programme pour fédérer les luttes et nous avons organisé un carré sous notre identité politique dans l'espoir de montrer une autre voie à ceux parmi les travailleurs qui se sont laissés tremper par la perspective du régime ou ceux qui se laissent embrigader par les dirigeants autoproclamés du Hirak.
Si nous nous sommes démarqués du Hirak, c'est parce que nous considérons, loin de vos raccourcis presque calomnieux, que ce mouvement est devenu un FRONT de la bourgeoisie dont la politique est anti-ouvrière et pro-impérialiste, un FRONT répulsif des masses populaires dont les choix tactiques, stratégiques et organisationnels ne relèvent pas de l'amateurisme des dirigeants, mais d'une politique bourgeoise qui a pour objectif d'exclure notre classe de la scène politique afin de perdurer l'hégémonie de la bourgeoisie dans l'opposition. Le refus d'intégrer les revendications démocratiques, sociales, économiques des masses, le rejet de tout débat et la répression même de la manifestation féministe un 8 mars, définissent parfaitement les contours politique de ce qui reste du hirak. Les leçons de la "révolution permanente" ne sont pas de belles formules dédiées à la déco des textes.
Nous refusons d'être une caution de gauche à cette direction bourgeoise, mais libre à vous de lui apporter votre soutien, gonfler les chiffres et même participer à leur propagande faussement radicale et à leur surenchère de victimisation tout en confortant ces larbins qui parlent au nom du "Peuple" algérien.
Nous sommes, pour notre part, toujours sur la perspective de construction d'une alternative ouvrière et populaire que nous avons revendiqué depuis le début du mouvement et cette perspective ne pourra pas se construire dans les minuscules et impopulaires marches du vendredi qui drainent moins de 20 000 personnes au niveau national ou dans les marches caricaturales dites étudiantes qui mobilisent à peine 400 personnes dans la capitale et une poignée de marcheurs à Bejaia et Tizi Ouzou. Cette perspective se fera dans les centaines de luttes ouvrières qui se déclenchent quotidiennement dans toute l'Algérie en opposition au "hirak" et à sa politique.
Salutations militantes.
Voie ouvrière pour le socialisme

https://www.facebook.com/Ennahdj/
L'article auquel il est répondu ci-dessus.
https://www.revolutionpermanente.fr/Alg ... -du-regime

@Cyrano : "l’absence d’une stratégie clairement révolutionnaire et socialiste ne lui [le PST] permet pas de faire de démonstrations en mesure d’impacter la subjectivité des masses populaires et de changer le cours des événements". Ça te parle, ça ? ;)
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